Mille et un jours
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Mille et un jours" et de son tournage !

Les motivations de Frédéric Laffont

"Pendant plusieurs années, j'ai voyagé au Proche et au Moyen-Orient, j'y ai noué des relations avec les uns et les autres (...) En septembre 2000 débute la seconde Intifada. Très vite, les commentateurs parlent de guerre, et le décompte des des victimes tient lieu d'analyse (...) La superficie d'Israël et de la Palestine est équivalente à celle de la Bretagne. Que des milliers de journalistes soient là en même temps, sur un aussi petit territoire, soulève de nombreuses interrogations. "Que voir d'autre que la guerre quand on est là pour la raconter ?" s'interroge la photographe de mon film. Des mots comme "spirales de la haine" ou "escalade de la violence", voilà trois ans que je les entends. Je les trouve vains et dangereux (...) Si je retourne à Jérusalem en octobre 2000, c'est en réaction à cette "guerre" présentée comme une fatalité."

Zones de guerre

Frédéric Laffont, dont le travail a été salué par plusieurs récompenses, notamment en 1987 le prestigieux prix Albert-Londres, remis au meilleur reporter de l'année, a souvent réalisé des documentaires dans des pays en guerre. Citons Beyrouth, des balles et des ballons en 1992 ou Sarajevo dans le silence des canons en 1996. Il dirige par ailleurs avec Christophe de Ponfilly, réalisateur de Massoud l'Afghan et lui aussi distingué par le prix Albert Londres, l'agence Interscoop, et une société de production baptisée... Albert Films.

Fiction et réalité

Pour Mille et un jours, Frédéric Laffont a eu recours une voix off. Cette narratrice est une photographe, un personnage inventé par le cinéaste : "Cette photographe n'est pas moi, elle n'est pas non plus Jérôme Delay, dont les photos ponctuent mon récit", explique-t-il. "Cette photographe est fictive. Cependant, tout ce qu'elle dit est vrai - vrai dans le sens de la vérité journalistique - je peux mettre des dates et des noms en face de toutes ces histoires. Tout ce qu'elle raconte, Jérôme ou moi, comme beaucoup de reporters, l'avons vécu."

Le cinéaste et l'olivier

Le réalisateur évoque les interrogations qui ont été les siennes au moment d'aborder ce tournage : "L'idée d'un long-métrage pour le cinéma est (...) née d'un questionnement sur l'image. Le "réel" ne s'impose pas de lui-même à la caméra. Filmer un olivier par exemple soulève de nombreuses questions : à qui appartient cet arbre, qui l'a planté, qui va cultiver les olives, qui vendra l'huile, pourquoi est-il encore debout et pas arraché, qui le surveille, où sont les barrages, etc. ? Le questionnement est encore plus complexe quand il s'agit d'êtres confrontés à des enjeux de vie et de mort."

Un scénario lu par Rachida Brakni

En janvier 2002, dans le cadre des lectures de scénarios proposées par le Festival Premiers Plans d'Angers, la comédienne Rachida Brakni avait lu le script de Mille et un jours, qui n'était pas encore tourné. L'actrice est remerciée au générique du film.

Des raisons d'espérer ?

Depuis le début du tournage, la situation au Proche-Orient ne s'est pas vraiment améliorée, mais le cinéaste livre un message d'espoir : "Je peux vous dire qu'entre octobre 2000 en juin 2003, les raisons de désespérer, et de la paix et du film, ont été nombreuses. Plus rares aussi, les moments où l'on se disait : la paix est proche, le film n'a plus lieu d'être. Il fallait une oeuvre qui tienne cette distance-là, qui tout en parlant du présent, soit un tant soit peu intemporelle (...) Mais c'est quoi la paix ? Ce n'est pas seulement un projet humaniste, on ne fait pas la paix parce que soudainement on découvre l'humain en l'Autre. La paix, c'est surtout un choix stratégique, réaliste, lié à l'usure, à la fatigue, à la souffrance. En cela, oui, je pense que la paix avance et que les murs qu'on dresse contre elles n'y pourront pas grand-chose", estime-t-il.

Un livre, un film

En 2002, Frédéric Laffont a écrit sur le même thème un livre intitulé Mille et un jours, mille et une nuits.

Shéhérazade

Le titre du film Mille et un jours évoque les Contes des Mille et une nuits. Le réalisateur raconte le lien entre cette oeuvre et son travail : "Pendant le tournage, lors d'un de mes retours à Paris, j'ai été voir une exposition au Louvre sur Shéhérazade, dont le sous-titre était "Une histoire qui n'a ni début ni fin", révèle-t-il. Cela correspondait tellement à mon film ! Ni introduction, ni conclusion. A travers des histoires de survie, ma narratrice, comme Shéhérazade, raconte sa propre survie. Histoire de l'évolution d'un regard : une photographe fait le choix de l'espoir."

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