Ce superbe western de 1942 doit beaucoup à Marlène Dietrich et à ses magnifiques tenues qui apportent beaucoup de charme. Sa traversée de la rue boueuse sur les fines planches alignées est un régal. Le ton en parfait équilibre entre comédie et drame est propre à cette époque où le noir et blanc était de loin majoritaire. Le scénario classique, bien fourni, fait une part belle aux deux femmes amoureuses de Ray Glennister mais qui ne veulent pas l’avouer. Les larmes que nous voyons apparaître, sans aucun trucage, et couler sur les joues de Cherry Malotte en disent long sur les qualités de comédienne de l’actrice. Il est rare que Randolph Scott prenne le rôle d’un salopard , roi des écumeur en la circonstance. Cela lui convient très bien, il est dommage qu’il n’en ait pas tenu plus dans sa vie. Ce western aurait du mal à séduire le public de 2014 à cause de son ambiance d’époque très caractéristique. Pourtant replacé dans le contexte de sa sortie, il est sans faute (le remake de Hibbs parait bien terne en comparaison). Enright est un remarquable metteur en scène, ses 61 films parlent pour lui . Ici, il faut admirer sa dextérité là filmer les femmes lors de leurs déplacements en intérieurs. Son sens de l’humour est réel comme le fait de prénommer Betty le fusil d’Harry Carey père ou de montrer, hors champ central, des détails comiques. Le train qui défonce les barrières et se renverse mérite d’être retenu sans oublier la bagarre finale que chaque professionnel du cinéma tient comme exemplaire.
Cette histoire autour d'une mine d'or vaut essentiellement pour son casting et donne l'impression d'avoir été tourné pour lui faire la part belle. John Wayne, Marlene Dietrich, Randolph Scott (étonnant dans le contre-emploi du rôle d'une crapule), qui seront à nouveau réunis quelques mois plus tard dans "La Fièvre de l'or noir", Harry Carey, Richard Barthelmess (dans son dernier rôle au cinéma), Margaret Lindsay (qui a un petit air de Paulette Goddard) s'en donnent chacun à coeur joie le temps d'une première partie un peu molle. La deuxième partie, qui mise beaucoup plus sur l'action, est plus rythmée, avec pour point d'orgue une bagarre de saloon d'anthologie. Une découverte pas foncièrement indispensable mais une belle découverte tout de même.
Nous sommes au XIXe siècle, en Alaska où la fièvre de l'or est à son plein, et où ma loi avec un juge et un commissaire à l'or arrivent pour mettre de l'ordre. Ils s'avèreront des personnages peu recommandables. Sinon, en plus du western, le film contient une dimension comédie sentimentale avec personnages de Randolph Scott et John Wayne qui se disputent les faveurs de Marlène Dietrich. Ce qui des éléments de comédie à plusieurs reprises, intégré dans la progression dramatique de la l'appropriation illégale des concessions de mines d'or. Le scénario est riche de nombreuses articulations, en alternant scènes dialoguées et séquences d'action, dont une longue bagarre finale dans le saloon, assez violente il faut reconnaitre. Marlène Dietrich y est sublimée par la photographie, la fameuse lumière douce qui illumine son visage à elle parmi les autres personnages, aussi des tenues magnifiques. Direction d'acteur est par contre lourde. Les acteurs font leurs boulots, mais nous ne sommes pas chez un grand directeur d'acteur : ils et elles sont professionnels et interprètent leur personnage, mais nous ne sentons aucune direction de Ray Enright. C'est très mécanique. Pas amélioré par un montage très mécanique : champ, contre champ, inserts sur un personnage en plan rapproché pour montrer ce qu'il ressent, voire gros plans. Nous sommes dans une fabrication de 1942, avec les défauts standards, avec en particulier une musique tartinée en permanence.
western assez moyen tout de même, malgré une bonne scènes de bagarre a la fin du film entre john wayne et randolph scott. Dans les mains d'un autre réalisateur ( john ford par exemple ) je pense que ce film aurait été beaucoup plus réussi.
Le film réunit Marlene Dietrich, Randolph Scott et John Wayne, et c'est là son seul mérite. Ray Enright ne semble pas avoir mis beaucoup de conviction dans la réalisation de ce film qui oscille entre le western -mais, hormis une deux bagarres de saloon, il n'en reflète guère le genre- et le drame sentimental, lequel est dépourvu de sincérité. La rivalité entre Randolph Scott et John Wayne, le premier envisageant tout de même de piquer son or puis sa femme au second, donne lieu à des péripéties peu rigoureuses et, entre les trois vedettes, à des confrontations bavardes. Paradoxalement, si le réalisateur se transporte dans le grand Nord, au pays des chercheurs d'or, son récit ne dépasse guère les limites du saloon, certes tenu par Marlene Dietrich, et se borne à de trop nombreuses scènes d'intérieur. Le couple que John Wayne forme avec Marlene (visiblement peu concernée et je ne me souviendrai que de son épouvantable coiffure) est trop futile pour qu'on lui trouve la moindre vertu romanesque ou passionnelle. A l'image d'un film aussi maladroit qu'artificiel.
Honnêtement, ma note aurait aussi bien pu être une que deux étoiles tant la vérité se trouve au fond entre les deux. Car "Les Ecumeurs" n'est pas sans quelques bonnes scènes et quelques répliques plutôt sympas, mais que tout ceci est plat au fond... L'ennui n'est d'ailleurs jamais très loin, le sommet que l'on pouvait attendre vu le trio d'acteurs n'arrivant finalement jamais, malgré un combat final plutôt réussi et quelques seconds rôles convaincants (Harry Carey Jr. et surtout Richard Barthelmess.) Bref, une oeuvre pas totalement déplaisante donc, mais loin d'être indispensable pour autant.
Une intrigue valable sauf que le début n'est pas très clair et l'association werstern, john wayne ne rhyme pas avec finesse. Des passages intéressants cependant pour un film qui souffre d'un rythme bizarre.