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    Che - 1ère partie : L'Argentin
    note moyenne
    2,9
    2421 notes dont 410 critiques En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
    répartition des 410 critiques par note
    59 critiques
    118 critiques
    37 critiques
    95 critiques
    72 critiques
    29 critiques
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    410 critiques spectateurs

    JeremGar
    JeremGar

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    1,0
    Publiée le 9 avril 2011
    L'Histoire (avec un grand H) en vaut la peine! Le combat de ces hommes face à un gouvernement est courageux et historique mais en ce qui concerne le film, celui-ci ne met pas du tout en valeur cette Histoire. On s'ennuie fermement!
    Cluny
    Cluny

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    3,5
    Publiée le 16 octobre 2012
    Steven Soderbergh a le grand privilège (même s'il ne le sait pas) d'être le premier réalisateur à avoir eu quatre fois les honneurs des Critiques Clunysiennes, et il y a de fortes chances qu'il porte le record à cinq d'ici trois semaines. C'est dire que c'est un cinéaste prolixe, et le rappel des quatre titres ("Bubble", "Ocean Thirteen", "The good German" et "Che") suffit à illustrer son éclectisme.

    Devant la première partie de son diptyque consacré au Che, la critique est assez partagée, notamment celle de gauche : L'Humanité trouve qu'il "n’en finit pas de nous ennuyer", Libé pense qu"on n'en sait guère plus sur le héros que si le cinéaste avait filmé une statue en plan fixe", alors que Jacques Morice dans Télérama estime que " Le film pourrait durer des jours, on ne le sentirait pas, heureux d'être ainsi enrôlés." La plupart des critiques défavorables insistent sur la fragmentation de la narration qui rend l'histoire incompréhensible, sur l'absence de dimension idéologique qui réduit le récit à une suite d'affrontements, et sur la perfection "ripolinée" et "kitscho-sovietique" (dixit René Solis dans Libé) de la reconstitution.

    Ces remarques ne sont pas complétement fausses, mais elles ne suffisent pas à mes yeux à justifier un rejet du film de Soderbergh. Au contraire, elles expliquent l'intérêt de sa démarche, si loin du biopic hollywoodien à la mode : la principale source d'inspiration du scénario a été le récit du Che lui-même. J'ai donc exhumé du fin fond de ma bibliothèque "Souvenirs de la guerre révolutionnaire", Maspéro, 1967, préface de Robert Merle. Même si Soberbergh a forcément fait de nombreuses coupes, il a puisé dans les écrits de Guevara de nombreux détails : la mort d'Eligio Mendoza, traversé par une balle à El Uvero, juste après avoir proclamé que son image sainte le protégeait, les dernières volontés d'El Chino demandant un prêtre avant d'être fusillé par les guerilleros ou la photo devant le drapeau du M-26-9 souhaitant la bonne année 1958.

    Oui, la narration est complexe, basée sur un montage parallèle entre les images en noir et blanc de la visite du Che à New York en décembre 1964 pour y prononcer un discours à l'ONU, des images d'archives sur les années qui ont précédé le débarquement de Las Coloradas et le récit chronologique, mais ponctué d'ellipses, depuis le débarquement jusqu'à la victoire de Las Villas. Elle insiste plus sur des personnages (Camillo Cienfuegos, Roberto Rodriguez "el Vaqueirito" ou Ciro Redondo), sur la quotidienneté de la guérilla, faite de marches épuisantes, de coups de gueules et de crises de rire, des contraintes de l'intendance et du recrutement, que sur une volonté didactique d'expliquer les enjeux politiques et tactiques.

    Ce souci de partir du détail pour illustrer un tout se manifeste dans la façon de filmer ; Soderbergh part souvent du très gros plan (un cendrier plein pour annoncer une réunion politique, des rangers au ras du sol pour illustrer la difficulté de la progression) avant de le situer dans un plan d'ensemble. Quand le Che passe un savon à son lieutenant Joël Iglesias coupable d'avoir oublié de relever ses hommes, la caméra ne montre que ce dernier, coupant la tête du Commandante.

    Certaines scènes ne se trouvent pas dans les écrits du Che, comme la prise d'un poste batistain où on le voit tirer un coup au but avec son bazooka, alors que quand il évoque cette arme, c'est pour souligner qu'ils n'avaient pas de munitions, ou la rencontre, réelle celle-là, avec celle qui allait devenir sa femme, Aleida March jouée ici par Catalina Sandino Moreno ("Maria, pleine de grâce"). A l'inverse, Soderbergh a choisi de faire des ellipses dans un récit déjà long : ainsi, on retrouve Guevara en train de se faire plâtrer le coude, et on apprend quelques instants plus tard que c'est parce qu'il a voulu faire "le malin sur les toits". Ce choix du morcellement et de l'élasticité de la narration empêche l'ennui qu'aurait suscité une linéarité chronologique.

    De ce puzzle émerge un Che Guevara assez proche de ce qu'en ont rapporté les témoins : perpétuellement soucieux de la valeur de l'exemple jusqu'à en devenir injuste et méprisant, convaincu de la force de l'action politique conjointe à l'action militaire (deux conditions pour rejoindre ses troupes : amener son fusil et savoir lire et écrire ; quand un de ses hommes s'effondre après une marche forcée, la seule injonction du Che suffit à le relever pour faire ses devois de maths), son mélange d'humanité et d'intransigeance. Benicio Del Toro, couronné à Cannes pour ce rôle, donne vie avec subtilité à la complexité de celui qui n'était pour beaucoup qu'un poster dans une chambre d'ado ou une icone sur un t-shirt.
    http://www.critiquesclunysiennes.com
    Jean-Marie S
    Jean-Marie S

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    2,5
    Publiée le 13 novembre 2012
    Le Che Ernesto Guevara méritait-il un autre traitement que celui que lui a offert le touche à tout Steven Soderbergh. Pour cette première partie, ma réponse est oui tant on touche ici à une mise en scène désincarnée à la limite du documentaire avec la froide distance que l'on connaît au cinéma de Soderbergh. On voit directement le contraste entre ce traitement général chronologique de la révolution Cubaine et le séjour Américain du Che entre interviews, diners mondains et interventions à l'ONU. Benicio Del Toro, grand acteur qu'il est, mange littéralement la caméra par son charisme. Cela donne une impression finale mitigée car Che est un film nécessaire et abouti avec un discours fort, mais la distance mise entre Soderbergh et le spectateur est un sérieux frein à l'empathie que pourrait créer un tel monstre didactique.
    🎬 RENGER 📼
    🎬 RENGER 📼

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    2,5
    Publiée le 19 janvier 2009
    Premier opus du diptyque biographique consacré à la lutte au pouvoir de Ernesto Guevara, dit « Che ». Steven Soderbergh retrace ici la vie du jeune médecin argentin aux côtés de Fidel Castro et des rebelles cubains de 1952 à 1959, de la conquête au renversement du pouvoir en passant par son allocution aux Nations Unies. Soderbergh ne nous facilite pas la tâche avec sa mise en scène déstructurée et sans chronologie, on passe de l’un à l’autre ajoutant en plus de cela, des interviews filmées en noir & blanc. Si le film accuse quelques longueurs disgracieuses et pour le moins gênantes, le cinéaste nous offre tout de même de beaux moments que ce soit dans la jungle où à Santa Clara, de superbes plans, une belle qualité photo et bien évidemment, d’excellentes interprétations tant au premier qu’au second plan, dont bien sur : Benicio Del Toro, alias Che, qui reçut lors du 61ème Festival de Cannes, le Prix de la Meilleure Interprétation Masculine, une récompense amplement méritée tant celui-ci incarne à la perfection son personnage !
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    2,5
    Publiée le 26 janvier 2009
    J'aime le Che et ce qu'il représente, bien que je ne sois pas un inconditionnel, j'attendais ce film et surtout l'interprétation de Del Toro, qui est la seule chose qui peut permettre au film d'oser prétendre plus qu'à une première partie d'un TV film… En effet, le film se veut neutre… neutre… il n'y a aucune considération politique, ses idées ne sont mêmes pas énoncées, comment se faire une idée du personnage emblématique de la révolution cubaine si on ne peut même pas connaître ses idées, ici il n'y a qu'une successions de scènes parfois très discontinuent qui perturbent le récit entrecoupée de fausses images d'archives (elles très réussies).
    Christoblog
    Christoblog

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    2,0
    Publiée le 22 juin 2010
    Avec Mesrine, puis Guevara, le biopic devient dyptique.
    On espère que cela ne deviendra pas une habitude visant à doubler les recettes tout en délayant le propos.
    Car autant le film de Richer était comme un TGV fonçant vers son point de fuite (connu dès les premières images) autant celui de Soderbergh est un tortillard qui tourne en rond sans qu'on sache exactement d'où il part et où il se dirige.
    Les entrelacements d'époques, particulièrement confus au début du film, sont à ce titre exemplaires : leur sens profond reste caché. Toute la campagne cubaine du Che est montrée sans âme, sans envergure.
    La mise en scène est paresseuse, la narration approximative, le montage paraît avoir été fait sur un coin de table. Les scènes sensées être spectaculaires (des exécutions, des viols, des trahisons, des combats) sont filmées sans conviction, sans relief.
    Finalement c'est comme si toute l'énergie de Soderbergh et de Del Toro s'était épuisé avant que le film commence, dans le travail qu'ils ont du réaliser pour convaincre les studios du bien fondé de leur projet. Le résultat est bizarrement plat et sans émotion.
    D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
    lucyinthesky4
    lucyinthesky4

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    3,0
    Publiée le 24 juillet 2010
    Sans être fascinant, un bon film sur ce qu'est la Révolution (à savoir : c'est beaucoup d'ennui pour un petit peu d'exaltation). Soderbergh se place à bonne distance d'avec son personnage. On peut regretter la neutralité du ton adopté par le cinéaste - reconstitution historique presque académique - mais en même temps, pouvait-il pencher davantage d'un côté ou de l'autre (hagiographie ou condamnation totale) ? Je ne le pense pas. Le scénario est correct, mais je n'ai pas vu la nécessité de la construction en flash back qui génère une voix off parfois redondante. En outre, on n'échappe pas à quelques longueurs. Mais le rythme, le grand intérêt du sujet, la mise en scène solide et l'interprétation convaincante de Benicio del Toro assurent un bon spectacle non dénué de profondeur.
    norman06
    norman06

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    4,0
    Publiée le 7 janvier 2009
    Les deux parties n'ont pas la même unité stylistique, en dépit de la cohérence du projet et de l'équipe technique similaire. Le premier volet est davantage lyrique, et sa construction l'apparente à un biopic à la Oliver Stone, mais avec davantage d'épure et sans les surlignements narratifs propres aux productions hollywoodiennes. Le deuxième récit a une allure plus documentaire, certaines rixes étant même filmées caméra à l'épaule. Sans doute le film décevra-t-il ceux qui s'attendaient à un grand spectacle historique ou une allégorie politique, Soderbergh restant relativement neutre face à cette légende d'Amérique latine. Mais par ses ruptures de ton et sa construction déroutante, le film s'apparente davantage aux expérimentations du réalisateur (« Bubble ») qu'à ses blockbusters médiatisés (« Ocean's Eleven »).
    Cinephilegirl
    Cinephilegirl

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    2,5
    Publiée le 19 janvier 2009
    Je dois bien avouer que ce premier volet sur la vie du "Che" ne m'a pas particulièrement emballé...
    Le début du film annonce d'ailleurs la couleur: un méli-mélo d'images et de faits qui abhorre toute idée de chronologie. Passées les vingt premières minutes qui se complaisent dans ce système, l'intrigue est déjà plus fluide. Jusqu'à l'apparition d'une nouvelle ellipse, puis d'une autre, qui démontrent vraiment, si besoin en était encore, que l'ensemble est très fouillis.
    Les considérations politiques qui emplissent le métrage m'ont laissées un peu perplexe (et pourtant, ce n'était pas faute d'essayer de comprendre) puisque bien qu'ayant étudié cette page de l'Histoire qu'est la coexistence pacifique (et tout le tralala)au lycée, les divers points de vue des personnages er toutes les contradictions qui fleurissent dans "Che" à ce sujet étaient un peu assommantes.
    Néanmoins, ayant vu le film en VOST, j'ai pu apprécier à leur juste valeur le jeu des comédiens (tous plus excellents les uns que les autres) et il convient de reconnaître que le prix d'interprétation obtenu à Cannes par Benicio Del Torro est pleinement justifié.
    Malheureusement, malgré ces bons points et quelques scènes bien sympathiques qui parsèment le film, la sauce ne prend pas et l'ensemble demeure vraiment confus.
    Cependant, cette petite déception ne m'empêchera guère de courir en salles découvrir le second volet du diptyque... Car, après tout, le film m'a suffisamment intrigué pour me donner envie de voir la suite.
    totoro35
    totoro35

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    3,0
    Publiée le 9 septembre 2012
    N'étant pas révolutionnaire pour un sou et n'ayant pas de poster du Che punaisé au-dessus de mon écran plasma, je ne connais pas grand chose à la vie et à l'oeuvre du grand Che Guevarra. Je ne m'attarderais donc pas sur la véracité des faits énnoncés ici, d'autres le feront mieux que moi. Un temps sous le viseur de Terrence Malick, ce biopic peu conventionnel a finalement attérit dans les bras de Steven Soderbergh, cinéaste prolifique capable du meilleur ("Traffic") comme du pire ("Ocean's thirteen"). Grandement aidé par le scénariste Peter Buchman, dont l'immense travail de recherche est à saluer, le cinéaste va proposer deux films, le premier nous narrant l'ascension de Guevarra quand le second s'attardera sur sa chute, le tout formant une immense fresque de plus de quatre heures. On saluera le bon goût de Buchman et de Soderbergh de ne pas verser dans les pièges de la biographie facile, les deux compères proposant un récit non-linéaire, alternant entre la visite du Che aux Nations-Unies en 1964 et son parcours, débutant non pas dès sa naissance ou sa jeunesse mais au moment où il décide de rejoindre l'armée de Fidel Castro, évacuant également toute histoire d'amour stérile qui aurait ralentit un rythme déjà bien lent. Car s'il y a un reproche que l'on peut faire à cette première partie, c'est bien son rythme neurasthénique, le film montrant principalement des guerilleros crapahuter dans la jungle pendant plus de deux heures. Heureusement, la mise en scène de Soderbergh est solide, proposant de superbes images et ne répondant pas aux sirènes de la caméra tremblotante illisible lors des quelques séquences d'action. On ne peut que saluer également la prestation de Benicio Del Toro qui en impose sérieusement en Che tout en composant un personnage humain, avec ses doutes et ses failles. Cette première partie est donc intéressante dans ce qu'elle montre du Che, son fonctionnement, sa façon de mener des troupes, même si l'on reprochera son extrême lenteur et la froideur qui émane de l'ensemble, en espérant que la seconde partie soit un peu plus prenante.
    Nico2
    Nico2

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    4,0
    Publiée le 15 janvier 2009
    J'eus un profond regret quand Terrence Mallick abandonna ce film pour tourner le sublime Le Nouveau Monde, car sa vision de ce personnage intrigant et controversé qu'est le Che aurait été intéressante. Pourtant, à voir le film de Steven Soderbergh, on peut tout de même en avoir une vague idée, tant sa réalisation fait penser à celle de Mallick. Plutôt que de privilégier le spectaculaire et la reconstitution, Soderbergh livre un film étrange, lent et contemplatif. Il ne tourne pas une biographie du Che mais propose plutôt une analyse pour comprendre comment ce personnage est-il devenu un symbole. Les paysages cubains sont très beaux, valorisés par le format Scope, et participent au charme du film, l'usage de la caméra à l'épaule permet de renforcer la proximité avec les personnages. Soderbergh propose plus au spectateur de vivre une expérience plutôt que de montrer le quotidien de ces révolutionnaires cachés dans une jungle, défendant une cause qu'ils jugent justes. La partie historique est effacée pour ne laisser que le personnage évoluant vers un but qu'il s'impose. En parallèle de la campagne cubaine, Soderbergh présente un séjour du Che à New York en 1964 avec reconstitution d'interviews et du discours à l'ONU. Le choix du noir et blanc et d'une image granuleuse renforce le côté images d'archives reconstituées. Benicio Del Toro, quant à lui, livre une performance formidable comme à son habitude, et son prix d'interprétation remporté à Cannes est, à mon avis, moins une reconnaissance de sa performance en Che qu'une récompense pour son travail depuis de nombreuses années. Che est donc un film intrigant, bien que souffrant de longueurs certaines, qui mérite le coup d'oeil et laisse présager une seconde partie intéressante.
    Flying_Dutch
    Flying_Dutch

    Suivre son activité 56 abonnés Lire ses 770 critiques

    2,5
    Publiée le 13 mai 2011
    J'ai beau adoré Soderbergh et Benicio Del Toro, ce biopic traîne vraiment trop en longueur et possède tellement de scènes inutiles et soporifiques que j'ai préféré me passer de visionner la 2eme partie. Dommage, parce que Benicio Del Toro interprète Le Che de façon habité et boulverse de justesse.
    Themistocle_480
    Themistocle_480

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    4,0
    Publiée le 28 octobre 2012
    Bon petit film sur un mythe moderne, symbole de Révolution et de justice sociale, admiré à juste titre, mais aussi détourné, idéalisé, incompris...j'ai nommé Che Guevara, icône aussi populaire qu'utilisée à tort et à travers. Cette oeuvre revient sur cet épisode captivant qu'est la Révolution cubaine de 1956, évoque ses causes, son déroulement, avec quelques prolepses (ou "flash forward" si vous préférez) à l'ONU en parallèle avec l'intrigue principale; autant le dire, le point le plus fort du film est certainement son aspect historique: on y apprend beaucoup sur un sujet dense et complexe, à propos des personnages, des événements, des rapports de force...D'emblée, le spectateur est plongé dans l'ambiance qui régnait dans la Cuba des années 50, ou dans les Etats Unis des années 60; il côtoie le Che, Fidel Castro, les révolutionnaires cubains; à travers des anecdotes plus ou moins véridiques, des citations tirées tout droit de leur auteur, il parvient à s'immiscer dans leur complexe psychologie, à saisir leur philosophie, leur idéologie; il observe les inégalités sociales qui frappent durement les couches précaires de la société, s'identifie au sentiment d'injustice et de révolte qui les habite, (re)découvre le communisme, espoir de progrès vers une société plus humaine pour ces victimes de la mondialisation libérale; il assiste à cette épopée d'autant plus stupéfiante qu'elle s'est déroulée il y a un demi siècle seulement; et parvient enfin à avoir un aperçu de la situation géopolitique de Cuba, cet îlot révolutionnaire résistant encore et toujours à l'envahisseur nord-américain. Bref, rien que pour la leçon d'histoire, ça vaut le coup. Steven Soderbergh doit également être loué pour le réalisme visuel de son film: costumes, décors, détails: tout sonne vrai (les acteurs offrent une ressemblance frappante avec les Che Guevara et Fidel historiques!). Pour ce qui est du style visuel, en revanche, on ne peut qu'avoir un jugement plus mitigé. Soderbergh nous livre certes des flash-forward en noirs et blanc avec des effets de contrastes absolument sublimes; certes, les plans sur les paysages cubains ne sont pas laids non plus; certes, les quelques scènes de guérilla ne peuvent qu'être louées pour leur réalisme. Mais le réalisateur prend le parti de filmer ses prises de vue de manière absolument statiques, en changeant de plan le moins souvent possible: d'un côté, ça donne un aspect réaliste indéniable; de l'autre, cette photographie très molle plombe complètement le dynamisme de l'histoire. C'est un des autres défauts que l'on pourrait reprocher au film: malgré la chronologie non linéaire, malgré l'intérêt que le spectateur porte au récit, aux personnages, le film est lent. La quasi absence de musique, la qualité médiocre de celle-ci, n'arrange pas les choses. On ne s'ennuie pas, mais une certaine impression de lourdeur demeure au final. C'était sans doute un but de la part du réalisateur: coller au plus près de la réalité historique avec la plus grande sobriété possible. Ne vous attendez donc surtout pas à une épopée hollywoodienne avec des explosions à tous bouts de champ, des rebondissements incessants et une musique épique pour couvrir le tout: ni scènes d'actions gratuites, ni efforts pour rendre le rythme soutenu, ni musique digne d'être retenue, ni clichés habituels (une fille pour le héros...). Et cette sobriété fonctionne: on y croit. Pour aller dans ce sens, la partialité du réalisateur est néanmoins critiquable: du Che, nous retenons le révolutionnaire romantique. De Fidel, l'ami du peuple. Et ces aspects des personnages existent. Mais on a quasiment rien sur les exécutions sommaires et les répressions exercées par le régime cubain; ,certes, ces événements ont eu lieu juste après la fin du film: le réalisateur ne filme donc rien qui n'ait eu sa réalité, et ne masque aucun événements majeur dans sa logique chronologique. Néanmoins, dans le seul choix des épisodes filmés, à savoir la Révolution et les sommets à l'ONU, Soderbergh met en avant les aspects les plus favorables au régime cubain. Ne nous en plaignions pas: ce parti pris courageux pour un réalisateur américain vaut mille fois mieux que la propagande impérialiste que vomissent sans arrêt la presse étatsunienne et européenne pour justifier l'embargo que subit Cuba depuis maintenant plus d'un demi siècle. Et puis, ce film a le mérite de prendre parti: il parle de socialisme, de Révolution, d'impérialisme et de dictature, contrairement à Carnets de Voyage de W. Salles, qui effleurait à peine ces aspects. Un parfum de réalisme, des citations, des plans, des scènes, des personnages, et une histoire moderne que l'on est pas prêt d'oublier, malgré des lenteurs, des lourdeurs. Une oeuvre qui marque, en somme. Et qui nous pousse à remettre en question un certain nombre de préjugés. Par exemple, à nous demander pourquoi Cuba, contre toutes les règles de droit international et humain, subit toujours le blocus économique maintenu par les Etats-Unis...
    nestor13
    nestor13

    Suivre son activité 40 abonnés Lire ses 1 222 critiques

    4,0
    Publiée le 15 mars 2009
    "La révolution n'est pas un échec, mais beaucoup reste à faire" déclarait benoîtement Raul Castro peu avant la sortie de ce dyptique. Le frère de l'autre portait ainsi un regard un peu gêné sur les résultats de la révolution cubaine à l'occasion du cinquantenaire de celle-ci. Dans ce premier volet, Steven Soderbergh nous montre pourtant le fol espoir qui habitait le peuple de cette île des Caraïbes en portant au pouvoir Fidel Castro. D'ailleurs, plutôt que de nous montrer les visages habituels de la guerre qui se déroule normalement dans le bruit et la fureur des armes et qui charrie son lot d'horreurs absolues, le réalisateur préfère nous dépeindre une révolution tranquille, presque en pantoufles, courtoise, que celui qui est devenu plus qu'une icône mêne à bien avec un bras dans le plâtre. Tranquille, ce film l'est peut-être un peu trop, ce qui peut déstabliser celui qui est venu chercher une épopée grandiose. Qu'importe, Soderbergh a voulu faire ça à sa sauce et cela m'a plutôt touché. Il est vrai que cette oeuvre n'est pas aussi hollywoodienne que certains de ses plus grands succès ou que le très beau "Adieu Cuba" qui montrait ces mêmes évènements de manière plus mélodramatique et romantique. Au contraire, les Etats-Unis s'en prennent plein la gueule ici par nos deux chefs cubains. N'empêche qu'au moins on y vit libre et de manière prospère contrairement à La Havane. "L'histoire m'acquittera" écrivit naguère Fidel Castro. Non Monsieur, vous vous êtes royalement planté et il y a déjà bien longtemps que le monde entier vous a déclaré coupable.
    jeremie747
    jeremie747

    Suivre son activité 34 abonnés Lire ses 484 critiques

    1,0
    Publiée le 4 mai 2010
    Si le film est visuellement superbe, il n'en reste pas moins mortellement ennuyeux. Lent et creux, il résonne pendant deux heures du son lassant des mitraillettes et des slogans révolutionnaires. On a le sentiment frustrant que Soderbergh s'est attaqué à un sujet monumental et s'est finalement refusé à le traiter. Car en faisant de Che Guevara un héros idéaliste quasi-christique, il offre sur son personnage un point de vue bourgeois, très éloigné de sa réalité historique et sans le moindre intérêt. Ce que nous voyons à l'écran, ce n'est pas le guérillero cruel, le mercenaire de la révolution finalement assez médiocre qu'il fut réellement, c'est l'effigie qu'on placarde sur les t-shirts, l'icône qu'en a fait (comble d'ironie) la société de consommation. En résulte une profonde indifférence. Il reste la réalisation et nul doute que Steven Soderbergh en est un maître. Il le prouve à nouveau en filmant la jungle avec brio. Cela dit, en matière de film contemplatif dans une jungle hostile, Werner Herzog avec "Aguirre" et même Francis F. Coppola avec "Apocalypse Now" avaient déjà fait beaucoup mieux. En un mot comme en cent, épargnez-vous ce bel objet vide.
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