Avec Baby Blood, Alain Robak coécrit et réalise un film horrifique français aussi inattendu, qu'efficace. L'histoire nous fait suivre Yanka, une jeune femme de vingt-trois ans, qui est la maîtresse du directeur d'un cirque, un homme colérique et brutal. Seulement, un jour, un léopard est accueilli comme nouveau pensionnaire au sein de la ménagerie et est retrouvé mort la nuit même par une mystérieuse forme de vie qui habitait les entrailles du fauve et qui, désormais, s'introduit dans le corps de la jeune femme. Le lendemain, Yanka se retrouve enceinte d'un être sanguinaire qui la pousse au meurtre pour assouvir son insatiable soif de sang humain. Ce scénario s'avère prenant à visionner tout du long de sa durée de près d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue gagnant en qualité au fil des minutes, basculant de plus en plus dans l'horreur et le macabre. En effet, ce récit maléfique donne lieu à des scènes de mises à mort franchement sanguinolente. L'ambiance se veut cruelle et sanglante et cela est réussi. L'ensemble est porté par une femme intrigante jouée par Emmanuelle Escourrou, dont la plastique généreuse est bien mise à profit. Elle est entourée par une distribution comportant beaucoup de ses victimes comme François Frapier, Rémy Roubakha, Christian Sinniger, Jean-François Gallotte, Thierry Le Portier, Roselyne Geslot, Jean-Yves Lafesse et Alain Chabat. Tous ces rôles entretiennent des relations de prédateur à proie et sont soutenus pas des dialogues de bonne facture. Mais le rapport le plus étrange et malsain est bien celui entre la femme enceinte et son fœtus qui lui parle et avec qui elle communique. Leurs échanges sont vraiment déstabilisants. Sur la forme, la réalisation d'Alain Robak s'avère bonne. Surtout, sa mise en scène évolue dans des lieux variés finissant toujours souillés par des hectolitres d'hémoglobine. Ce visuel rougeâtre est accompagné par une b.o. signée Carlos Zeitoun, dont les compositions sont dans le ton de l'action et en accord avec les images. Cette possession prénatale s'achève sur une fin à la hauteur du propos, venant mettre un terme à Baby Blood, qui, en conclusion, est une bonne surprise méritant d'être visionnée.