Aein, aussi appelé Lover, aussi appelé The Intimate est un film coréen dont je n’attendais réellement rien, et qui m’a agréablement surpris.
Le film est d’abord très beau formellement. C’est assez classique, mais le réalisateur exploite à merveille le cadre urbain dans lequel se déroulent le métrage, et aussi bien les extérieurs que les intérieurs, qui savent surprendre (la grande pièce blanche). Doté d’une photographie remarquable, affinée, avec des éclairages parfaitement exploités et un travail certain sur les reflets, Lover bénéficie du savoir-faire d’un réalisateur qui offre une réalisation d’une grande élégance, servant à merveille cette histoire d’amour. Il s’attache aux regards, aux gestes, et signe des scènes érotiques finalement sobres, dans une certaine mesure, mais qui ne manque pas de sensualité. Le tout sur une bande son subtile et très élégante, que j’ai trouvé parfaitement approprié à ce film élégant et soigné, d’une grande délicatesse visuelle.
Le scénario est très simple. Deux inconnus se rencontrent, une idylle nait, la femme est destinée à un autre, et je vous laisse découvrir la suite ! Rien de très surprenant, jusque dans sa conclusion, Lover mise tout sur l’émotion, les sentiments, l’amour, physique ou non, parfois jusqu’à une certaine violence. Conscient de la simplicité de son intrigue, le réalisateur cherche à nous faire ressentir les sentiments, et ça fonctionne rigoureusement bien grâce à la finesse de son travail. Jamais ennuyeux, Lover est un film sensible dans chaque scène, et on sent d’ailleurs le soin accordé à la perspective atmosphérique du métrage, c’est-à-dire à la représentation du vent, des bruits ambiants… C’est une succession de tableaux qui pourraient presque se passer de dialogues, et d’ailleurs il y en a finalement peu dans ce métrage, qui se suit avec un plaisir manifeste.
Le casting est au top, et il le fallait pour un film où tout passe tellement dans les regards, les gestes, les silences. Le duo Dong-Hyuk Cho et Dong-Hyeon Geum est mémorable. La seconde est particulièrement incroyable par l’expressivité qu’elle donne à des riens. Un sourire à peine esquisser signifie énormément à l’écran, et le réalisateur le saisi toujours promptement. Ce duo d’acteurs est réellement énorme ici, et avec des personnages pourtant assez clichés du genre, ils livrent un travail tellement génial qu’on oublie complètement qu’au bout du compte ils ont des rôles très conventionnels. C’est pour ma par LA découverte du film ce duo !
En somme, si vous aimez les films romantiques, mais pas eau de rose (il y a une scène notamment assez dure), et que vous aimez les films sensibles, sensitifs même, alors Lover est pour vous, c’est une pépite de ce registre. Un grand film, qui fait du bien, et il ne faut pas se braquer sur l’érotisme que certains décrivent, Lover est réellement soft, donc ne vous inquiétez pas là-dessus. J’ai hésité avec le 5, j’en resterai au 4.5 car c’est un métrage qui, s’il transcende un genre très conventionnel reprend malgré tout les conventions du genre et manque peut-être un peu d’audace là-dessus.