Lover
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Yannickcinéphile

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4,5
Publiée le 10 novembre 2016
Aein, aussi appelé Lover, aussi appelé The Intimate est un film coréen dont je n’attendais réellement rien, et qui m’a agréablement surpris.
Le film est d’abord très beau formellement. C’est assez classique, mais le réalisateur exploite à merveille le cadre urbain dans lequel se déroulent le métrage, et aussi bien les extérieurs que les intérieurs, qui savent surprendre (la grande pièce blanche). Doté d’une photographie remarquable, affinée, avec des éclairages parfaitement exploités et un travail certain sur les reflets, Lover bénéficie du savoir-faire d’un réalisateur qui offre une réalisation d’une grande élégance, servant à merveille cette histoire d’amour. Il s’attache aux regards, aux gestes, et signe des scènes érotiques finalement sobres, dans une certaine mesure, mais qui ne manque pas de sensualité. Le tout sur une bande son subtile et très élégante, que j’ai trouvé parfaitement approprié à ce film élégant et soigné, d’une grande délicatesse visuelle.
Le scénario est très simple. Deux inconnus se rencontrent, une idylle nait, la femme est destinée à un autre, et je vous laisse découvrir la suite ! Rien de très surprenant, jusque dans sa conclusion, Lover mise tout sur l’émotion, les sentiments, l’amour, physique ou non, parfois jusqu’à une certaine violence. Conscient de la simplicité de son intrigue, le réalisateur cherche à nous faire ressentir les sentiments, et ça fonctionne rigoureusement bien grâce à la finesse de son travail. Jamais ennuyeux, Lover est un film sensible dans chaque scène, et on sent d’ailleurs le soin accordé à la perspective atmosphérique du métrage, c’est-à-dire à la représentation du vent, des bruits ambiants… C’est une succession de tableaux qui pourraient presque se passer de dialogues, et d’ailleurs il y en a finalement peu dans ce métrage, qui se suit avec un plaisir manifeste.
Le casting est au top, et il le fallait pour un film où tout passe tellement dans les regards, les gestes, les silences. Le duo Dong-Hyuk Cho et Dong-Hyeon Geum est mémorable. La seconde est particulièrement incroyable par l’expressivité qu’elle donne à des riens. Un sourire à peine esquisser signifie énormément à l’écran, et le réalisateur le saisi toujours promptement. Ce duo d’acteurs est réellement énorme ici, et avec des personnages pourtant assez clichés du genre, ils livrent un travail tellement génial qu’on oublie complètement qu’au bout du compte ils ont des rôles très conventionnels. C’est pour ma par LA découverte du film ce duo !
En somme, si vous aimez les films romantiques, mais pas eau de rose (il y a une scène notamment assez dure), et que vous aimez les films sensibles, sensitifs même, alors Lover est pour vous, c’est une pépite de ce registre. Un grand film, qui fait du bien, et il ne faut pas se braquer sur l’érotisme que certains décrivent, Lover est réellement soft, donc ne vous inquiétez pas là-dessus. J’ai hésité avec le 5, j’en resterai au 4.5 car c’est un métrage qui, s’il transcende un genre très conventionnel reprend malgré tout les conventions du genre et manque peut-être un peu d’audace là-dessus.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 5 avril 2013
Pour que je vous parle d'un film, il me faut une bonne raison. Celle qui m'a motivée à visionner Lover n'est ni le trailer -pourtant fort tentant- ni le nom du réalisateur, que je ne connaissais absolument pas. En vérité, c'est une critique virulente sur Nautiljon qui a réellement motivé ma curiosité. Cet avis, plutôt vindicatif, accuse l’œuvre de n'être que de l'érotisme un peu honteux. Bien que certains passages m'aient fait lever les yeux au ciel car ne reposant que sur des arguments fallacieux, j'ai eu envie d'y regarder de plus près :

Elle n'a jamais pris de risque dans sa vie. Elle vit depuis 7 ans avec un homme et compte se marier. Un jour, elle rencontre un homme qui lui demande de passer une journée avec lui.

Franchement, je n'ai pas de soucis particulier avec les scènes de sexe mais j'avoue être toujours un peu méfiante. Combien de réalisateurs, sous des prétextes ineptes, filment des scènes de fesses aussi fades qu'une soupe de navets lyophilisée ? Des séances de frottis frottas trop peu souvent motivées par autre que chose que la volonté de racoler du spectateur... Malgré ma démarche précautionneuse, je peux le dire après avoir vu Lover : à aucun moment je n'ai trouvé ces scènes déplacées ou vides. Le personnage féminin, Elle, sur le point de se marier avec résignation, rencontre un jeune homme un peu immature qui l'attire instantanément. Ce dernier lui propose alors de passer une journée en sa compagnie.

Une première étreinte passionnée amorce une relation fulgurante qui nous fera passer par toutes les étapes du sentiment amoureux. La chair est filmée plutôt joliment bien que de manière assez réaliste et nous sommes plongés sans fioriture dans cette relation adultère. Cette romance passe essentiellement par les corps tandis que les émotions explosent dans les silences et les hésitations.

L'actrice m'a particulièrement impressionnée tant son jeu exprime sans mot les affres du personnage. Curieusement elle m'a fait penser à La Princesse de Clèves. Tout comme l'héroïne de ce classique du 17ième siècle, Elle semble chercher à se sauver d'elle-même en téléphonant à son fiancé. Ce dernier, occupé, se dérobe et la jeune femme semble incapable de faire autrement que de se livrer à cette liaison intense. Néanmoins, Elle paraît ensuite se différencier de la princesse par sa capacité à vivre l'instant présent.

Comme les amants, nous avons l’impression de jouer aux montagnes russes émotionnelles : sensualité, rire, nostalgie, cruauté de la réalité, tristesse, naïveté. De la même façon les étapes des relations amoureuses semblent toutes présentes -rencontre, flirt, désir, plaisir, découverte, désillusions, ruptures, retrouvailles..., - faisant de la liaison d'Elle et de Lui une sorte de condensé de ce que peut nous proposer l'amour. Pour ma part, je me suis laissée embarquer sur le même parcours que l'héroïne : doutant avec elle et évoluant de la même façon afin d'aboutir au même choix qu'elle.

spoiler: la majorité des avis que j'ai pu lire sur Internet sont plutôt positifs et un seul point revient avec la régularité d'un métronome : beaucoup ont été déçus par la fin. J'avoue que ce n'est pas du tout mon cas. Bien entendu Elle préfère quitter le garçon et épouser son fiancé. Elle semble penser que l'amour est incompatible avec la réalité. Mon côté FleurBleueParfoisUnPeuNiaiseSurLesBords a bien un peu espéré un happy end harlequinesque mais je pense que cela aurait été à l'encontre du reste du film. Et surtout, contrairement à ce que j'aurais pu penser au premier abord, je n'ai pas trouvé la fin de Lover triste. Nostalgique, oui mais d'une manière assez tendre.


Comme tu l'auras compris ami lecteur j'ai vraiment apprécié le film dont les points forts, à mon sens, sont le scénario et le jeu de Seong Hyeon Ah -alors que celui de son collègue masculin Jo Dong Hyuk, bien qu'honorable, m'a semblé un peu fade-
La comédienne nous livre une prestation d'une grande justesse et assez subtile, particulièrement dans les scènes où le personnage confronte au miroir son ressenti dans un monologue qui passe par le seul regard.
Quant à la réalisation de Lovers, si j'ai pu en profiter sans déplaisir, j'avoue qu'elle ne brille pas par son originalité ou son audace.

Reste un très joli film qui me donne envie de continuer mon excursion dans le cinéma asiatique de ces dernières années...
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