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Gérard Delteil
257 abonnés
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2,5
Publiée le 2 août 2013
La première partie du film manque beaucoup de rythme et est assez répétitive. La seconde est meilleure et la fin assez ingénieuse. Sur le fond, on entre ou on n'entre pas dans ce mélodrame politico-familial. Pour ma part, la prestation de Jessica Lange ne m'a pas convaincu. Sur le fond du sujet abordé : les anciens bourreaux fascistes et nazis recyclés aux Etats Unis (ou ailleurs) et devenus des "gens comme tout le monde", le film n'apporte pas grand chose. Certes Costa-Gravas prend soin d'égratigner les Etats Unis qui ont eux-mêmes largement fait appel aux anciens nazis dans leur combat contre l'URSS, mais ce n'est ici qu'un aspect très secondaire, qui peut même passer inaperçu de nombre de spectateurs. De plus, les Etats Unis emploient eux-mêmes dans d'innombrables régions du monde des méthodes barbares qui n'ont pas grand chose à envier à celles des Croix Fléchées hongroises de sinistre mémoire. Leurs leçons de morale démocratiques et humanistes à l'occasion du démasquage de quelques résidus de la seconde guerre mondiale ne sont donc que pure hypocrisie. Costa Gravas le sait bien entendu, mais insiste peu sur cet aspect pour se concentrer sur le drame de cette femme qui découvre le passé de son père. Plutôt que de se contenter d'une dénonciation convenue d'épouvantables bourreaux, il serait beaucoup plus intéressants de montrer comment des sociétés, des régimes politiques et des situations produisent de tels monstres.
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1,5
Publiée le 22 avril 2021
Le réalisateur Costa-Gavras n'est qu'un exécutant pour ce thriller d'actualité qui pose la question suivante que savons nous vraiment de nos parents. Mais le film ne sert à rien si ce n'est à obliger le public à attendre 130 minutes pour que Jessica Lange découvre ce qui aurait dû être évident dès le départ à savoir que son père est un ancien criminel de guerre nazi qui est brutal et sadique. Lange joue le rôle d'une avocate qui défend son père au tribunal mais comme la question d'un éventuel conflit d'intérêts n'est jamais soulevée il est difficile d'accorder beaucoup de foi à ce qui suit essentiellement des témoignages répétitifs et des témoins surprises plus un détour pittoresque de Chicago à Budapest. Toutes les preuves irréfutables contre lui n'ébranleront pas la conviction illogique de Lange que son père est innocent mais le scénariste de pacotille Joe Eszterhas commet une erreur fatale pour tout scénario de mystère en laissant le public en savoir plus que ses personnages à l'écran. Music Box est un échec c'est un drame simplement banal gonflé par le faux sentiment de son propre prestige...
Un récit de procès qui se teinte d'une enquête, d'un drame familial et d'une étude de relations filiales pour questionner de façon classique mais assez efficace par sa pudeur la connaissance des siens, l'identité, le traumatisme. Incarnée avec force par Jessica Lange, l'héroïne avive notre intérêt quoi que la nervosité et l'émotion soient absentes. De bonne facture, avec un propos porteur, mais trop fade pour nous marquer durablement.
Un bon mais pas un beau film pour moi.Mon absence de plus d'enthousiasme vient du manque d'émotions que véhicule se film et les personnages et que je trouve les scènes du procès barbantes mais c'est du bon cinéma malgré tout.Et les dernières minutes,nous permettent de saisir la signification du titre.
Un film de procès assez classique et qui manque de rebondissements. Jessica Lange joue très bien mais on n'arrive pas à se passionner pour cette histoire. On a l'impression de tout connaitre dès le départ. J'en attendais beaucoup plus.
Cette histoire de recherches sur le passé d’un homme, accusé d’appartenance à un parti Hongrois nazi et de crimes contre l’humanité est bien moyenne : les dimensions psychologiques sont trop superficielles et les scènes d’interrogatoires des témoins lors du long moment du procès répétitives, le tout filmé de manière bien académique. Mais, malgré une incohérence de scénario (aucun doute n’est émis sur l’authenticité des documents produits à Budapest par l’avocate alors que cette question était centrale jusqu’alors !), la dernière partie, où l’on comprend le titre, est plus réussie, ce qui fait que le film laisse une trace.
Il manque un petit quelque chose pour que ce soit vraiment prenant. Néanmoins la fin était presque inespérée et est parfaite comme elle est. Je l'ai vu en VF et l'accent du père/accusé est franchement pénible.
Un très bon film de prétoire, Jessica Lange est excellente surtout dans la dernière partie du film. Le dilemme entre l'amour paternel et des possibles crimes contre l'Humanité (je ne dis pas si il est vraiment le criminel) est vraiment intéressant. Tout le long du film le spectateur est dans le doute, passionnant, même si parfois le film semble un peu plat.
Avec Music Box, Costa-Gavras signe un film très émouvant où il nous raconte l’histoire d’un homme accusé d’être un nazi et d’avoir commis des crimes de guerre pendant la guerre 39-45. Ce dernier est défendu par sa fille, avocate interprétée de façon remarquable par Jessica Lange. Film troublant et bouleversant par la beauté de la mise en scène et la complexité des personnages et du sujet. Seul petit bémol, un scénario qui aurait mérité dépasser largement le cadre du procès et de la relation père-fille. Un gros 3 étoiles !
Costa Gravas s'attaque ici à un sujet délicat. En effet derrière ce procès se cache la question de savoir comment des hommes si banales en apparences ont pu se transformer en monstres? Malheureusement le réalisateur ne cherche pas vraiment à répondre à cette problématique. Au contraire, il s'enferme dans une sorte de sentimentalisme dans les relations père-fille, avec une chute qui ne me convainc pas, et tend plutôt à diaboliser les anciens nazis. En somme, sur un sujet où il y avait plein de choses à dire, Costa Gravas n'est guère sorti des sentiers battus. Dommage.
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3,5
Publiée le 22 janvier 2025
Avec ce thriller psychologique, Costa Gavras ètend plus que jamais son registre en se tournant vers un public plus large! Dans "Music Box" qu'il rèalise en 1989, une avocate se confronte aux horreurs de la Seconde Guerre Mondiale! Et l'avocate en question est jouèe de façon remarquable par Jessica Lange qui dèfend corps et âme son père accusè d'être un criminel de guerre! Acteur mais aussi peintre, auteur et chanteur, Armin Mueller-Stahl est ambigu à souhait et l'intensitè de son regard en dit plus que les mots! Le moins que l'on puisse dire est que son personnage de Mike Laszlo laisse planer un doute et c'est au public, dans l'incertitude sur sa culpabilitè, qui l'amène à se demander si ce père de famille tendre et gènèreux ètait coupable ou non de toutes ses atrocitès! spoiler: Une vieille boîte de musique fera pencher la balance dans un dernier quart d'heure qui vous prend aux tripes grâce à la puissance d'interprètation de Lange! Ours d'or à Berlin en 1990...
Film fort qui mêne enquête et procès. Les deux ne vont pas de pair car la vérité met longtemps à éclater. Les personnages sont vraiment authentiques et le récit terrible. Il n’y a pas d’austérité mais une façon ample de filmer comme pour essayer de ne rien cacher à personne.
Ann est une talentueuse avocate d’origine hongroise. Un jour, le couperet tombe : son père est accusé d’être un criminel de guerre, ayant massacré des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale. Convaincue de son innocence, elle le défendra au tribunal. La trame de « Music Box » est globalement assez prévisible, du moins dans son premier et dernier acte. Mais ce n’est pas tant l’intrigue globale que ce qu’elle raconte, et comment elle le raconte, qui importe ici. D’abord, Costa-Gavras s’essaie au genre très américain du film de prétoires, surreprésenté au cinéma dans les années fin 80 / courant 90. Et il s’en sort plutôt bien, se concentrant sur l’essentiel et l’émotion pour ne pas délaisser ses personnages, délaissant les effets spectaculaires et les rebondissements hollywoodiens. Personnages au cœur du récit, avec cette femme à travers laquelle seront traitées les thématiques de la famille, et de l’identité. Et à ce niveau, le film est généreux question distribution. Jessica Lange poignante, Armin Mueller-Stall touchant dans son premier rôle aux USA, et pas mal de seconds rôles de luxe : Michael Rooker, Frederric Forest, Donald Moffat, ou Lukas Haas ! Enfin, c’est l’approche du scénario qui s’avère particulièrement moderne. Pour défendre son client et son père, notre héroïne adoptera une stratégie… complotiste ! Pointant du doigt que toutes preuves contre lui seraient les fabrications d’un Etat communiste qui cherche à le décrédibiliser en Occident. Un thème qui résonne sans mal avec l’actualité…
Le douloureux combat pour la vérité d'une avocate défendant son père accusé d'être un ex-nazi. Un thriller judiciaire au récit bien ficelé et captivant, porté par le duo impeccable Jessica Lange et Armin Mueller-Stahl.
Un scénario bien construit , on devine bien sûr très vite le propos du réalisateur , qui ne fait pas toujours dans la finesse, ce qui gâche parfois un peu le suspens , mais le film est une réussite grâce à l’interprétation magistrale des deux acteurs principaux qui arrivent à mettre de la finesse dans leur jeu et une subtilité, qui retardent le dénouement ,et le « manichéisme » flagrant du propos. Jessica Lange qui retrouve là un très beau rôle à sa mesure , qui met beaucoup de naturel dans ce rôle de fille qui adore son père mais doute de lui,et de la véracité de sa version sur la fuite de sa Hongrie communiste, mais surtout Armin Mueller Stahl, acteur allemand exceptionnel , acteur au parcours atypique , star de la TV et de la chanson en RDA, puis fuite en RFA pour 3 ans ,où il travaille avec Fassbinder , puis longue carrière à Hollywood. C’est son interprétation, toute en profondeur , en densité et subtilité, qui donne toute sa grandeur au film.