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Orno13
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5,0
Publiée le 25 février 2024
Mon petit chef d œuvre, que dire de plus film muet en noir et blanc de 1924 transpiré une telle modernité dans sa mise en scène pour l epoque. Murnau par ces plans nous fait aimer ce portier dans un grand hôtel qui a l epoque un métier qui était très respecté, les mésaventures de ce grand hommes nous procurent une telle émotion qui m a fait couler des larmes à la fin qui finit quand même comme un contre de fée Un chef d d'œuvre !!
Qu'un film muet puisse être aussi captivant, c'est un régal ! Seul le jeu de l'acteur, notamment au travers de ses mimiques, avec bien entendu la manière dont la caméra s'approche du visage, nous restitue l'intensité des émotions, qui traversent les personnages. Cet homme, qui n'est que portier d'un hôtel de luxe, en tire un prestige et une reconnaissance de son voisinage. Son rôle principal consiste à saluer sur un mode assez militaire, à héler au moyen de son sifflet les taxis et à protéger les clients de la pluie à l'aide d'un parapluie. Cet homme est grandiose et d'autant plus majestueux que le personnel de l'hôtel est nombreux et extrêmement hiérarchisé. Il suffit d'une malle trop lourde, nécessitant chez ce vieil homme un temps de récupération, pour qu'il déchoit de sa position. Effectivement, un temps, il paraît vieux et exténué. Ce sera alors la descente aux enfers pour cet homme. Aucun sous-titre, juste deux courts textes au début et avant l'épilogue, tout le reste n'est qu'accompagnement musical. Du grand septième art !
Ses contemporains, souhaitant être toujours plus ambitieux au niveau de l'histoire et des personnages, multipliaient les intertitres. Devant les dégâts provoqués par ces hachages, Murnau s'est lancé le pari de réaliser un film sans intertitre, acceptant ainsi la contrainte du muet. On ne peut entendre les acteurs? Eh bien, tachons de les faire comprendre autrement! C'est là que Murnau, réalisateur déjà on ne peut plus réputé, de Nosferatu en particulier, toucha au génie. Il prend le media qui lui est offert tel quel et cherche à l'exploiter au mieux, avec ses forces et ses faiblesses. Le film, à l'histoire simple, est pourtant fort et émouvant. Pas besoin d'intertitres, on comprend tout grace aux acteurs et à la mise en scène. Ce chef d'oeuvre poussera Hollywood à tous les sacrifices pour recruter Murnau. Cela donnera L'aurore, plus grand film muet du cinéma.
Un chef-d'oeuvre qui prouve toute la virtuosité de F. W. Murnau qui, avec ses amples mouvements de caméra, créait la caméra déchaînée et impressionnait le monde entier ! En attendant, Le Dernier des Hommes est un conte magnifique et déchirant repoussant toujours les limites de la technique de l'époque, usant de surimpressions et d'effets spéciaux merveilleux.
J’aime beaucoup les films des années 1920 je crois, encore un qui m’a conquise. Le dernier des hommes de Murnau commence vraiment très bien. L’histoire racontée est intéressante et la photographie du film, ancienne avec ces tons sépia ma fait toujours un peu fondre. Ces films permettent de remonter le temps je trouve. Autrement au niveau jeu des acteurs on a une tendance à surjouer mais ce n’est pas inconfortable non plus, et la musique est très bien aussi. Le seul regret que j’aurai, si je puis dire, c’est qu’au moment où le scénariste « a eu pitié de son personnage » je me suis dis qu’il aurait mieux fait de ne pas avoir pitié et d’aller au but de façon simple mais bon ce supplément au final s’est avéré assez sympathique même si au début je ne voyais pas vraiment où il voulait en venir.
Le cinéma expressionniste allemand nous a plutôt laissé la mémoire de chef d'oeuvres fantastiques, avec "Le dernier des hommes" on le voit aussi capable de s'illustrer dans le réalisme social. On ne peut sans doute rien imaginer de plus simple et limpide que cette histoire d'employé imbu du prestige de sa livrée et rattrapé par l'age pour évoquer l'aliénation du travail salarié. Et cela sans la moindre lourdeur idéologique. C'est infiniment juste et triste. Et la réalisation de Murnau, la performance d'acteur de Jannings, sont du grand art.
Le dernier des hommes est ce qu'on peut appeler un chef d'oeuvre. Le modernisme des plans pourrait faire baver les réalisateurs actuels. L'acteur Emil Jannings incarne remarquablement cet homme à qui ôter l'habit c'est lui ôter sa vie. Il exprime toutes les émotions possibles par ses grimaces et sa façon de marcher. Ensuite certains plans sont justes ingénieux (l'hôtel qui s'écrase sur lui, le rêve lorqu'il est saoul, le vent qui le fait basculer etc). Bien qu'on pense le film terminé sur une note plus que pessimiste, on nous surpend encore avec un ton plus comique (rajouté depuis et que beaucoup ont critiqué) car le dernier des hommes est devenu le premier et se venge auprès de ceux qui l'ont humilié. Je la trouve justement intéressante car elle montre que même riche il pense aux gens qui étaient dans sa situation. Un chef d'oeuvre de plus de Murnau.
La façon de filmer est magistrale, la lumière extraordinaire, l'inventivité de la mise en scène et les effets de caméra magistraux (la marque de l'expressionisme est partout présente), l'acteur principal vibrionnant et truculent dans son joli costume de groom. Le conte, puisque c'en est un, ne nécessite quasiment pas de cartouche d'explication ou de dialogue de par la fluidité du scénario et du montage. Remarquons le aussi pour un film muet, la musique qui accompagne colle pour une fois assez bien à l'histoire et sait se faire oublier. Alors pourquoi cette petite déception en fin de spectacle ? Je pense que Murnau nous donne à voir un film avant tout moral, passionnant d'un point de vue historique (l'Allemagne entre les 2 guerres au milieu de la trop courte république de Weimar) mais datée et dont le comportement des acteurs n'est pas toujours simple à décrypter un siècle après. Objectivement notre super groom ne peut plus effectuer ses tâches quotidiennes au risque de se briser le dos. Allons plus loin, la direction du palace Atlantic serait fautive si elle le laissait poursuivre son activité professionnelle et elle lui trouve un emploi de substitution moins prestigieux mais elle ne le licencie pas. Evidemment il n'y a pas de conduite du changement ni l'accompagnement en reconversion de poste qui prévaudrait aujourd'hui (enfin, supposons le). Non ce qui choque aujourd'hui à mes yeux ce sont les réactions de ses voisins et de sa propre famille, moqueurs, cruels, culpabilisateurs. On est loin de la solidarité au sein du monde ouvrier qui se développe en France à la même époque. Duvivier n'aurait jamais pu tourner ses histoires en Allemagne. Le scénario du film par contre pourrait constituer une anthologie intéressante expliquant la montée aux extrêmes, quelques années avant l'arrivée au pouvoir du nazisme, comme Haneke s'y est employé dans son "Rubans blanc". A mes yeux le dénouement inattendu, digne des Marx Brothers est bienvenue, atténue la pesanteur voire la "lourdeur" morale ressentit tout au long de l'histoire. Sans trop en dire on peut facilement rire de la déconvenue de la direction de l'hôtel, histoire de l'arroseur arrosé en quelque sorte, tous les protagonistes, riches comme pauvres sont entrainés dans un rire communicatif qui semble sellé le temps de la comédie, une bien fragile unité.
La dernière image ? Toute la séquence d'introduction à l'entrée de ce Grand Hôtel sous une pluie battante est tout simplement fantastique dans la façon de faire surgir du sens sur un premier plan, deuxième et même troisième plan etc. La verticalité étant également exploitée avec ces trombes d'eau qui s'abattent sans discontinuer... Y sont présents tous les ingrédients d'un grand film noir et l'on est immédiatement dans l'ambiance.
J'adore ensuite ce plan au petit jour sur la façade de l'immeuble où vit notre héros. Hitchcock s'en est-il inspiré pour Fenêtre sur cour ? Fort possible... On a envie d'y croire. J'ai d'ailleurs relevé que Le Dernier des Hommes était un de ses films préférés.
J'adore aussi ce moment puissant où le vieil homme tout fier dans son costume découvre l'invraisemblable... Il vient d'être remplacé. La séquence qui suit offre une leçon de cinéma sur le point de vue. D'abord extérieur depuis le bureau du Directeur puis au plus près de notre héros qui derrière ses lunettes essaye de décrypter la lettre lui annonçant sa... mutation.
Et l'on arrive naturellement au déni et à sa difficulté à assumer ce nouveau statut (le déclin) en famille et dans son immeuble voire dans son quartier. C'est ainsi que démarre la séquence la plus moderne du film. Après avoir subtilisé la tenue qu'il était censée rendre à son employeur, la fête se profile et ne sera là que pour oublier au fil d'une séquence en partie tournée en vision subjective (révolutionnaire pour l'époque on l'imagine) qui permet de décrire ses petits rêves du moment... Fantastique segment.
Evidemment, après ça, il faut pouvoir faire illusion en partant de chez soi (toute la thématique dramatique de l'Adversaire prend racine ici), se résoudre à prendre ses fonctions malgré son état et opter pour la dissimulation qui mène directement à la déchirante séquence de la consigne à la gare.
Fatalement, votre épouse, un lendemain de fête, ne manquera pas de venir vous apporter du réconfort, découvrant par là-même le pot-aux-roses... Là encore, sacré moment où lui se voit la regarder le regardant par au-dessus à l'entrée des toilettes...
S'ensuit une longue séquence dans le voisinage exploitant la rumeur et la façon dont elle se propage comme un feu de poudre. Extraordinaire moment là encore.
Puis la nuit s'invite, les lumières de la villes, et notre homme confirme quelque part entre l'Hôtel et la consigne être pleinement devenu la fameuse pièce d'ajustement (Les Temps modernes avant l'heure).
L'ombre anonyme des faubourgs rentre alors à reculons et se déplace sur les murs de sa cour intérieure. Le travelling qui l'accompagne sous les quolibets des voisins est inoubliable.
Evidemment le jugement est ici à l'oeuvre, essentiellement dans les angoisses de notre héros qui courbe l'échine face aux regards des proches qui lui laissent comprendre ce qui reste à faire : accepter son sort et remettre le costume volé à sa place.
Très fort alors sont les moments qui viennent la nuit dans l'hôtel où les couloirs ressemblent soudain à des cryptes, avec des airs de lieux abandonnés (moment qui fait écho à l'instant du vol). Les quelques silhouettes d'hommes sont des dormeurs devant le comptoir de la réception. Toute la ville dort. Un méfait pourrait aisément être commis...
Et là encore, Murnau marque les esprits par le truchement d'une prise de pouvoir (encore une réflexion poussée à son paroxysme sur le point de vue). Il explique ni plus ni moins qu'en temps normal le drame se serait achevé ainsi mais que grâce à Dieu (le scénariste), il en sera autrement... Le Deux Ex machina (un milliardaire reconnaissant) vient ainsi sauver des eaux notre "Boudeur" qui retrouve de la stature, de la grandeur, de la facétie, de la jeunesse pardi.
Et qui ce dernier invite-t-il à sa table pour finir ? Le fameux veilleur de nuit qui a passé l'éponge sur son forfait... Beauté du geste, comme de ce travelling final dans la salle de restaurant.
Un film extraordinaire qui a objectivement des décennies d'avance sur ce que le 7ème art deviendra...
Une fable du kammerspiel conduite avec brio par Murnau qui inventait là la caméra en mouvement , presque subjective et réalise , entre autres , une belle séquence onirique. Emil Jannings livrait ici une de ses remarquables composition . Seul petit bémol : certaines séquences , dont la finale, trainent en longueur . Dernière remarque : le film est un des premiers films muet à ne comporter quasiment pas d'intertitres ( un seul) .
Probablement en raison de cet épilogue (à mon sens inutile) rajouté à la fin du film, je n'ai pas autant apprécié "Le Dernier des hommes" que je l'aurai voulu. Si on prend le long-métrage pour ce qu'il est, on s'aperçoit immédiatement de la modernité tant formelle que scénaristique dont fait preuve en 1924 Friedrich Wilhelm Murnau : aux cadrages serrés (novateurs pour certains à l'époque), aux expressions des personnages (plus étudiées et travaillées que d'habitude), à la mise en scène soigneusement orchestrée et à l'écoute de la musique (parfois en quasi osmose avec la scène en cours), on sent que le metteur en scène allemand s'est donné du mal, comme sur chacun de ses films d'ailleurs, pour expérimenter et essayer de nouvelles techniques. Cela se voit pour l'histoire, sombre, tranchant avec le ton résolument plus léger de la grande majorité des films des années 20, qui montrent des aventures, des farces et des romanes en guise de faire-valoir. La scène finale en est la plus belle preuve et une des plus pessimistes que j'ai vues dans un film de cette décennie. Cela aurait donc été très bien si il n'y avait pas eu cet épilogue qui a tout gâché en réinventant la fin pour lui donner une tournure heureuse, nullement crédible et expédiée comme si le réalisateur n'avait pas voulu trop transgresser les codes. Dommage.
Il faut aimer la pantomime et Jannings en fait des kilotonnes en vieux portier abattu et voûté par la perte de son statut et, surtout, de son uniforme. Chaplin aurait fait plus court et plus émouvant. Mais la copie restaurée est belle et l'histoire donne à voir les mœurs et les métiers d'une époque révolue. La fin façon conte de fée gâche le film et reste grotesque.
Même s'il n'est pas le plus connu des films de son auteur, Le Dernier des Hommes tient une place fondamental dans sa filmographie : véritable laboratoire d'experimentations visuelles, ce mélodrame sans intertitre préfigure "L'aurore" mis en scène trois ans plus tard, une oeuvre considérée à juste titre comme l'un des meilleurs films de tous les temps. Le style virtuose de Murnau est d'ors et déjà éclatant : à la fois aérien et mélancolique. La photo et la lumière constituent par ailleurs un sommet d'expressionnisme : jeu sur le clair-obscur, la lumière et les contrastes, attention portée aux lignes et perspectives archictecturales... A tout cela, il ajoute des innovations personnelles qui feront date dans l'histoire du cinéma : l'utilisation inédite de la caméra subjective en est l'une des trouvailles les plus spectaculaires...
Un Murnau décevant, une oeuvre qui manque un peu d'émotion malgré un propos fort (décadence et perte de fierté d'un homme). Dommage qu'il n'y ai pas d'intertitres et plusieurs scènes ou il ne se passent pas grand chose n'était pas nécessaire. Un film avec du charme mais sans plus, j'ai vu une version longue avec un happy end pas forcément bien vu en plus.