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Un visiteur
5,0
Publiée le 1 mai 2008
Incroyable. Vraiment, après avoir vu pratiquement tous les films de Murnau, il est celui qui m'a le plus touché et emerveillé! Quelle réalisation ! J'aime beaucoup les travellings de Murnau, on a l'impression qu'ils sont chancelants et ils donnent un rendu vraiment pas mal! En pleine vague de l'expressionnisme, on ne peut qu'être entraîné par ce film: ce travail sur l'expression peut laisser les gens septiques, il m'a particulièrement convaincu! La musique est aussi très bien choisie ! Non vraiment je suis plus que sous le charme de Murnau!
Un film peut être un peu long, quelque inter-titres n'aurait pas été de trop, car il est assez facile pour les nons habitués, de s'y perdre, mais "Le Dernier des Hommes" restera le film qui révolutionna la prise de vue. L'histoire est assez bonne, est l'intèprétation de Emil Jannings est excellente !
Vertige de mise en scène et prouesse narrative, Le Dernier des hommes transforme la déchéance d’un homme en expérience sensorielle d’une intensité rare. Avec une caméra libérée de toute contrainte, F. W. Murnau invente un langage fluide où chaque mouvement épouse la subjectivité du personnage. L’interprétation bouleversante de Emil Jannings donne à cette chute sociale une dimension tragique, presque physique. L’absence quasi totale d’intertitres renforce la puissance visuelle du film, qui raconte tout par l’image, le rythme et la sensation. De cette modernité formelle naît un chef-d’œuvre du cinéma muet, d’une audace et d’une expressivité toujours stupéfiantes.
Sublime. L'histoire d'un homme, ou plutôt l'incroyable déchéance d'un viel homme qui avait fondé sa vie sur rien, sur un emploi de portier dans un hotel de luxe. Mais tout métier mérite sa retraite, même si elle oblige à se regarder en face. Terrible, émouvant et grandiose.
C'est une histoire tragique qui peut arriver à n'importe qui. D'une réalisation intimiste et du jeu intense d'Emil JANNINGS, on espère que ce n'est pas le "Dernier des Chefs - d' Oeuvres".
J’ai eu la chance de voir ce film lors d’une séance ciné concert avec le groupe Mygük. L’acteur jouant le portier de l’hôtel dégage quelque chose d’extraordinaire. On s’attache immédiatement à lui. Ce film nous offre une véritable leçon de cinéma : aucun dialogue et intertitres. Tout est dans le visuel et nous ne nous ennuyons pas un seul instant.
Alors que ses contemporains se sentaient obligés d'offrir un intertitre toutes les 2 minutes, Murnau a révolutionné le cinéma en suprimant ceux-ci. On découvre donc un film plus mur que Nosferatu, mais moins fort que l'aurore, le dernier des hommes est (malgrès un rebondissement tiré par les cheveux de la part du scénariste, Carl Mayer) un grand film, fort, sur la destruction de l'homme par la société.
Dés les premiers instants du film, Emil Jannnings semble tout droit sorti d'un dessin animé avec sa bonhomie sympathique et ses imposants favoris. La figure récurrente de la porte vitrée qui laisse entrevoir une foule sous la pluie battante met une distance entre nous et ce personnage imposant et respectable, une bien belle vitrine... Jusqu'à ce que la caméra la traverse (plan semblable au plongées de Citizen Kane) jusqu'à cet homme, pathétique et intime (grâce à la caméra subjective), sans pitié, Murnau s’emploie à un réalisme sociale implacable et cruelle. Plus que jamais le "travelling est affaire de morale". L’expressionnisme caractéristique de l'artiste, par surimpression oniriques, ensemble de gros plans moqueurs et scènes floutées enfonce le clou de la subjectivité et de l'identification dans la chute. Un oeuvre profondément sceptique dont la fin secondaire se décridibilise par le changement radicale de ton radicale.
Très riche par ses thématiques, ce drame ordinaire peint la déchéance physique et sociale d'un homme désormais trop vieux pour assumer pleinement sa charge. Satire de l'indifférence et du dédain manifestés envers les vieillards ainsi que les classes sociales défavorisées le récit (sans aucun intertitre hormis la précision du scénariste) montre aussi la jalousie, la méchanceté, les médisances de voisins satisfaits de la chute d'un des leurs. Rappelant l'importance du vêtement ou plutôt du costume, le réalisateur use de symbolisme pour renforcer la pertinence de son propos liminaire tout en prouvant une maîtrise absolue de la mise en scène, plans, lumières, effets de caméra exprimant autant la situation que les sentiments du héros. D'ailleurs, c'est malheureusement le jeu ampoulé de Emil Jannings, d'autant plus excessif que sa gestuelle et la musique soulignent déjà sa situation pathétique, qui empêche une connexion émotionnelle avec le personnage. Quant à la fin décriée, elle ne prétend pas à la vraisemblance mais espère renforcer l'appel à la bienveillance et à l'humilité - tout en rompant évidemment la tonalité et s'érigeant davantage en fantasme qu'en dénouement effectif. La leçon d'un cinéaste!