Entre le ciel et l'enfer
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Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2018
Quand on parle d'Akira Kurosawa, on pense rarement, en premier lieu, à son film "Entre le ciel et l'enfer". Et pourtant, celui-ci gagne à être connu puisqu'il s'agit, selon moi, d'un de ses meilleurs longs métrages. Ce thriller aux accents de films noirs se compose d'un excellent scénario qui nous entraîne en plein dans une enquête policière haletante. Kurosawa maintient un suspens dans cette intrigue parsemée de rebondissements. L'aspect psychologique des personnages y est également très travaillé et est parfaitement mis en valeur par les acteurs eux-mêmes. Pas (ou presque) de fausses notes pour cette oeuvre cinématographique de haute volée.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 décembre 2015
C'est dans un luxueux appartement de Tokyo qu'une réunion a lieu entre divers membres importants d'une fabrique de chaussures. C'est aussi à ce moment-là que l'on annonce que le fils de l'un d'eux a été kidnappé.

C'est d'abord au cœur d'un appartement de Tokyo que nous entraîne Akira Kurosawa avec Entre le ciel et l'enfer, un appartement où une réunion va être interrompue pour annoncer l'enlèvement du fils de l'actionnaire principal, point de départ d'une oeuvre divisée en trois actes. Mettant d'abord ses protagonistes face à l'enlèvement et la façon dont, avec la police, ils vont le résoudre, il s'intéresse après à l'enquête en question, en rapport avec les énormes enjeux financiers de la boîte puis enfin dans les bas-fonds et l'obscurité de Tokyo. C'est dans la noirceur que Kurosawa puise pour mettre en scène son récit, une noirceur que l'on retrouve à tous les niveaux mais surtout dans l'humain et sa nature.

D'abord un bijou d'écriture, Entre le ciel et l'enfer met en scène une intrigue parfaitement bien ficelée, sombre et audacieuse, sachant nous entraîner dans divers ressorts scénaristiques inattendus mais très bien gérés. D'une incroyable justesse, les personnages sont consistants, notamment le chef d'entreprise et Kurosawa arrive à en tirer l'ambiguïté, l'humanisme de certains ou la noirceur pour d'autres. Il alterne bien entre l'intrigue, les personnages et ses thématiques sociales et nous plonge au coeur d'une société japonaise corrompue et de plus en plus inhumaine et met en opposition le ciel, symbolisé les hommes d'affaires en haut de leur gratte-ciel et l'enfer lorsqu'il nous plonge dans les bas-fonds miséreux de Tokyo. Il met l'homme face à ses peurs, inquiétudes, morales et étudie le comportement de chacun lorsqu'ils seront face à d'importants dilemmes.

Passant d'un inquiétant et étouffant huis-clos aux bas-fonds de Tokyo, Kurosawa orchestre son récit avec talent, passant bien d'un personnage et d'un thème à un autre, ne commettant aucune faute de rythme et nous transportant aux plus près des protagonistes. Il met en place une atmosphère sombre, inquiétante et oppressante, capable de faire ressortir toute la profondeur des personnages et enjeux et nous immergeant au mieux dans ce Tokyo qui fait froid dans le dos. Tendu de bour en bout, il n'oublie pas non plus l'intensité dont les sommets sont des modèles du genre et nous tient en haleine toute la durée du récit. Devant la caméra, les interprétations sont excellentes et en particulier l'acteur fétiche de Kurosawa, Toshirô Mifune dans la peau de Gondo.

Tout en livrant un inquiétant et effrayant constat social sur le Japon, Kurosawa met en place une intrigue redoutablement bien ficelée et sonde l'âme humaine et ses ambiguïtés à travers une oeuvre sombre, oppressante, faisant froid dans le dos et tout simplement brillante.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 février 2019
Entre le Ciel et l'Enfer est à mes yeux un des films de Kurosawa les plus palpitants ! Comme j'ai pu l'écrire dans d'autres critiques c'est dans le registre Policier qu'il me bluffe le plus particulièrement, celui-ci n'échappe pas à cette règle. Il rejoint L'Ange Ivre et Chien Enragé avec aisance aux rang de mes longs métrages fétiches ! Autre particularité de cette création, son découpage proche de Vivre, autre film que j'avais beaucoup aimé. A l'inverse de ledit film mentionné celui-là commence par un huit-clos et se termine par une traque, le rythme étant sans arrêt bousculé on ne peut qu’être happé par cet intrigue. Le casting est tout autant inspiré, Toshiro Mifune et ces collègues sont renversants, l'ultime séquence m'a spécialement marqué ... Autre point d'emballement, la musique. Jamais une composition musicale chez le cinéaste Japonnais ne m'avais fait autant d'effet, elle s'intègre à ravir dans l'ambiance chaotique de ce long métrage. J'avais fait une petite pause avec les films de Kurosawa après être passé en deçà avec Sanjuro, me voilà pleinement remotivé pour découvrir les quatre derniers films de ma collection à savoir Barberousse, Dodes'kaden, Kagemusha et Ran ! Un sacrée programme.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2014
Si son enquête policière semble mettre longtemps à se mettre en place, c’est parce qu’Entre le ciel et l’enfer n’est pas uniquement un film noir classique. Débutant dans les coulisses d’une intrigue financière occulte au cœur du patronat d’une entreprise de chaussures, puis dans le salon de l’un de ses millionnaires, se retrouvant victime d’un rapt et d’un lourd dilemme moral, la première partie du film est entièrement centrée sur le mode de vie prospère du nanti incarné par Toshirô Mifune. La suite est au contraire une plongée, via les investigations de l’équipe de policiers menée par Tatsuya Nakadai, dans les quartiers défavorisés de la ville. Cette distinction entre les populations fortunées et pauvres du Japon passe par un changement de mise en scène, avec notamment une modification de la place occupée par les personnages dans l’espace, les uns jouissants de cadrages larges tandis que les autres sont enfermés dans des cadres bien plus serrés. La justesse du scénario, séparé en trois actes passionnants, et la réalisation soignée d’Akira Kurosawa se combinent parfaitement pour créer un suspense et un discours philosophico-social intenses, digne d’un alter-égo nippon d’Alfred Hitchckock.
Blog Be French
Blog Be French

48 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 juillet 2014
Le film met des plombes à se mettre en place, puis on a le droit à des scènes de suspens bien travaillées pour au final retomber sur une filature interminable qui aboutit à une conclusion décevante. Inégal, "Entre le ciel et l'enfer" n'est clairement pas le meilleur film de Kurosawa... Malgré une réalisation moderne pour l'époque, les rebondissements se font maigres.

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anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 juillet 2014
Ce film n'est pas à sous-estimer, ce n'est pas un simple film policier sur un kidnapping, c'est aussi une analyse sociale de la société japonaise qui finit par prendre un ton plus universel, un discours sur la richesse et ce qu'elle engendre via le personnage de Toshiro Mifune, un pamphlet contre les immoralités de la quête du pouvoir à travers les actionnaires, une dénonciation du fossé entre les différentes classes sociales et des jugements et raisonnements hâtifs ou simplistes à travers le personnage du kidnappeur.
L'histoire en elle-même est à la fois classique et inspirée. Classique dans son déroulement (kidnapping, enquête, résolution), dans ses dilemmes ( "dois-je payer pour un enfant qui n'est pas le mien ?" ou "dois-je payer une somme telle que je vais être ruiné, chassé de mon entreprise et de mon milieu alors que je ne suis pas vraiment concerné par ce kidnapping ?") et dans ses idées ( le kidnapping est l'un des pires crimes qui soit, ce n'est pas parce qu'on est riche qu'on est haïssable, les actionnaires sont des salopards sans cœur...). Inspirée dans sa construction (rares sont les films qui choisissent de changer complétement de personnages au cours de la même histoire), dans l'ambiguïté de ses personnages (celui de Toshiro Mifune est à la fois très humain et dur, celui du kidnappeur est troublant, aussi terrifiant que pathétique, surtout dans la dernière scène), dans la gestion de ses scène de tension (la scène est franchement brillante) et dans son ton, mêlant 'espoir (le soutien apporté à l'industriel, le fait que les deux enfants soient amis malgré leurs classes sociales différentes) et pessimisme( les bas-fonds du Japon), avec en plus des scènes à l'atmosphère très lourde appuyée par les conditions climatiques.
En résumé, ce film mérite sa place dans le panthéon des films policiers ou japonais. Je n'aurais qu'un reproche à lui faire: le rythme est parfois assez lent, surtout dans les première minutes, dans la scène du bouge et dans la séquence de l'arrestation.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2013
Un polar d'abord psychologique (pourquoi payer une rançon pour délivrer un fils qui n'est pas le sien), puis classique (les policiers recherchent leur cible), et enfin social (avec une division fracassante entre riches et pauvres): voilà ce qu'est "Entre le ciel et l'enfer". La structure du film est ambitieuse, et réclame alors une mise en scène particulièrement élaborée. Et de ce point de vue là, Kurosawa ne ménage pas ses efforts. Il effectue un travail considérable sur la disposition précise des personnages dans l'espace, sur les multiples variations de rythme, ou encore sur la musique. Le résultat n'est pas parfait, à cause d'une partie centrale, certes dense, mais où les différents points de vue forts se succèdent trop rapidement. Le film reste cependant très fort, grâce à sa maitrise et à sa richesse incontestables.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 juillet 2013
comme le dit Jean Douchet, le film est en deux parties : le huis-clos du début est filmé à sur une base de formes horizontales, avec la pièce entièrement vidée de se meubles, comme dans la plupart des maisons chinoises ! Les acteurs font les cent pas, crient, se fâchent, s'écartent des autres, reviennent vers eux, bref, l'espace est entièrement utilisé (et plus que jamais au cinéma) pour servir le côté physique de la prestation des acteurs dans ce qui devient vite un thriller psychologique aussi complexe que tortueux, avec son éternel dilemme : payer ou ne pas payer la rançon, le tout se basant de surcroît sur un quiproquos !

La seconde partie du film se constitue de la traque sans relâche du criminel, dans une jungle urbaine d'un réalisme aussi cru que saisissant, et cette seconde partie se forme sur une base de plans verticaux, notamment avec le choc des classes sociales (les riches habitent dans les hauteurs de la ville, les pauvres dans les bas-fonds, et lorsque le tueur spoiler: se rend dans un bouge pour y trouver un cobaye
, il se dresse debout au milieu de personnes crevant de pauvreté); à tel point qu'on pourrait se demander cela : si le tueur, qui semble emprisonné en lui-même, en sa terrible spirale sordide de violence, était né dans un milieu aisé, aurait-il été aussi criminel ?

Un film pour le moins troublant...
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 14 août 2013
C'est pas le meilleur policier au monde, pas le meilleur Kurosawa, on a vu meilleure réflexion et en plus la première heure est lente et le film met longtemps à démarrer... C'est un bon petit suspens mais malheureusement remplit de cliché à n'en plus finir! On en perd le fil et surtout c'est pas très original, ni très intéressant même si l'enquête est bien échafaudée... Peut-être que le "Duel Silencieux" est mieux?
shmifmuf
shmifmuf

209 abonnés 1 761 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 janvier 2013
Un des meilleurs films noirs que j'ai eu l'occasion de voir (il y a déjà pas mal d'années) et revoir (récemment). Autant sur la forme ( le noir et blanc est sublime) que sur le fond, ce film est parfait.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juin 2013
Un très bon polar social, entre le ciel (une colline au sommet de laquelle est implantée ostentatoirement la maison du chef d'entreprise) et l'enfer (les bas-fonds de la ville, où vivent les oubliés du miracle économique de l'après-Seconde Guerre mondiale). Le huis clos du début offre une belle tension psychologique, l'épisode du train est parfaitement mené, l'enquête policière est très détaillée et en cela moderne. Une scène particulièrement saisissante : la descente dans un bouge peuplé de drogués. Bémol : la fin semble un peu longuette une fois que l'on connaît l'identité du kidnappeur.
tomPSGcinema

880 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juillet 2012
Certes, ce n’est pas le film que je mettrais dans le trio de tête dans la filmographie d’Akira Kurosawa, mais il est tout de même bien dommage que cette œuvre ne soit pas plus connue du grand public, car la mise en scène est d’un réalisme assez saisissant ce qui rend cette enquête policière assez palpitante à suivre. Toshiro Mifune est, quant à lui, bien convaincant dans un rôle qui est fait sur mesure pour lui.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2012
Je ne vais pas être très original en confirmant une fois de plus l'immense talent d'Akira Kurosawa. Comme toujours, «Entre le Ciel et l'Enfer» constitue une imposante leçon de mise en scène doublée d'une profonde réflexion sur l'homme et la société. Matérialisée et symbolisée par la gestion de l'espace (magistrale), l'histoire mouvementée du présent long métrage met en scène le riche industriel Gondo (impeccable Toshiro Mifune) aux prises avec un ravisseur miséreux, lequel a kidnappé par mégarde le fils du chauffeur au lieu de celui du chef d'entreprise... Se pose alors un dilemme cornélien : Gondo doit-il payer la rançon exorbitante exigée pour sauver le fils d'un autre, un "laquais" servile (selon lui) qui plus est? Le choix s'avérera difficile et lourd de conséquences... Mais Kurosawa ne s'arrête pas là : on suivra les protagonistes jusque dans les bas-fonds de la société, à la recherche du malfaiteur insaisissable. Juste un bémol : l'interprétation est un peu trop empesée pour avoir traversé le temps sans coup férir (surtout que Nakadai hérite d'un rôle sous-exploité). Mais sa qualité, tout comme la virtuosité de la mise en scène, la beauté de la photographie, l'intelligence du scénario et la richesse thématique du long métrage font d'«Entre le Ciel et l'Enfer» un très grand film. D'autant plus que le suspense s'avère à la hauteur de l'ambition du projet! Décidément, que Kurosawa tourne en noir et blanc ou en couleur, qu'il réalise un drame contemporain, un film noir ou une fresque médiévale, tout ce qu'il touche se transforme en or... [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Cathedrale
Cathedrale

101 abonnés 171 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 mars 2014
L'argent, la Famille, la famille, l'Argent. Entre le ciel et l'enfer, Kingo Gondo se meurt, désespère, le cerveau bouillonnant d'indécision, irradiant la maudite pièce de son appartement d'une rage démentielle. Une pièce, qu'il ne quittera jamais , une pièce où l'action se met en place, Kurosawa insérant avec une minutie d'horloger les rouages de cette grande locomotive furieuse, petit à petit, plan par plan. Fantastique, ce huis clos angoissant, appuyé d'un jeu de lumière grandiose. Plus fantastique encore le 'drop' qui s'opère en plein milieu du film, pour se concentrer sur la police. Police un peu moutonne mais efficace, concernée par les tracas de tous, c'est rare, de voir tant de flics appliqués, les stéréotypes tombent et l'enquête prend toute la place, nous sommes autorisés à tout voir, à tout analyser, on est à la limite du film interactif, avec ses pauses et ses mystères, ses poursuites et ses énigmes. Dernière partie fulgurante, grouillante de monde, plongée sans anesthésie dans un univers sombre, stone et enrobé de fumée, le ravisseur marche nonchalamment vers sa destinée funeste, les gamins, sur leur terrain de jeu pavé de billets, jamais, ne s'arrêtent de plaisanter.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 juillet 2012
Une fois passé un premier quart du film sous la forme d'un huis clos trop théâtral, le côté polar de la suite du récit est vraiment très bien. Le déroulement de l'enquête est intéressante et on y découvre ce que l'on peut appeler la police moderne (assez rarement vue au cinéma en1963). Les 20 dernières minutes sont très étranges.
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