Dire que j'adore Costa Gavras est un euphémisme surtout quand je vois de telles œuvres au service de l'engagement politique. Tout simplement magistral, de la mise en scène à la direction d'acteurs, tout est réuni pour en faire un grand film qui mérite entièrement son OSCAR de meilleur film étranger. Donner des mentions spéciales ici n'a pas de sens tant tous les acteurs sont formidables mais Jean-Louis Trintignant crève l'écran avec une classe extraordinaire. Chef d'œuvre du maître des films incisifs, un véritable pamphlet contre le fascisme et le nationalisme.
Nous sommes fin des années 60, cest la grande mode des films politiques ou lon dénonce le totalitarisme sous toutes ses formes.
Tous les rouages de lappareil régnant (en loccurrence dans ce film le régime des colonels en Grèce) sont corrompus de haut en bas du plus riche au plus pauvre.
Ce député opposant au régime en place « Z » (Yves Montand ) est gênant, il dénonce les impostures, il faut léliminer en « plombant » dabord par des opposants déterminés sa réunion politique puis ensuite le frapper traîtreusement et sauvagement à la fin de celle-ci dans lindifférence des responsables de la police. Le coup porté est fatal, Z subit un choc jugé comme un cataclysme cérébral qui entraîne sa mort.
Lenquête minutieuse menée par un petit juge (Jean-Louis Trintignant) intègre et motivé démantèlera tout lappareil incriminé en inculpant pour assassinat les principaux cadres du régime en place, ce qui laissera planer lespace dun moment un semblant de justice.
Z est lévènement de la fin de cette décennie 60,70. Il inaugure un cycle de plusieurs films politiques sur les abus de pouvoir de régimes quel quil soit, Il y aura ensuite « laveu, état de siège, Sacco et Vanzetti ».
Ce genre est nouveau, cest un cinéma libéré, limage est alerte, le ton soutenu. Il interpelle les consciences, il remue et projette les esprits dans une refonte des opinions reçues, nous sommes en 1969 un an après les évènements de 68, cela se voit sur lécran par la liberté de certains comportements (surtout ceux du juge).
La censure cède du terrain devant la détermination de certains intellectuels qui dénoncent les dérives politiciennes.
Tous les personnages de la garde prétorienne de Z sont jeunes, dynamiques, investis dans des idées politiques nouvelles qui bousculent de vieux dirigeants rivés sur leurs sièges de dominants. Le monde change, il faut tenir compte de la contestation émise dans un premier temps par un homme courageux remarquablement encadré.
film choc, ton volontairement humoristique pour denoncer l'assassinat d'un homme politique avant l'arrivée des colonels en Grèce, des acteurs au service d'un film qui dénonce, un triomphe totalement justifié.
Un très bon film à mi-chemin entre l'enquête policière et le film politique. Montant et Trintignant (méconnaissable derrière ses lunettes) sot parfaits. Le tout jeune Perrin aussi. La partie la moins réussie du film (si on considère sa portée politique) est celle concernant la vie privée du personnage du Docteur (Montant). Elle n'apporte rien au film. De même, la liaison entre les 2 parties du film (l'assassinat et l'enquête) est un peu étrange. Mais ça ne gâche pas le plaisir !
Une bonne idée de la toute-puissance des lobbyes & du communautarisme " obligatoire " ( Ici en l'occurence ; des apprentis-nazillons ) à l'intérieur des grandes villes et dans un régime de dictature : Le passage sur le conditionnement larvé, et la redondance absolue de la propagande est - par exemple - admirable entre autres qualités de ce film et nous fait évidemment oublier très facilement qu'il s'agit d'une fiction; quand on exepte une durée un peu longue, et un coté n'évitant pas certains clichés faisant dater l'histoire...
Il y a trente ans, la première fois que j'ai vu Z , je l'aurais moi aussi classé comme le meilleur film de Costa Gavras, qui excellait dans ce genre de thriller politique, surtout que le film démonte le scénario du complot comme une enquête policière, avec un Jean Louis Trintignant, remarquable dans cet emploi de juge, falot en apparence mais intègre et honnête et Yves Montand, en leader charismatique et pacifique, dans un rôle assez court... Au milieu d'une galerie de seconds rôles particulièrement savoureux ( Georges Géret, Pierre Dux, Marcel Bozzuffi ), le film pèche pourtant, avec le recul, par son côté film à thèse dénonciateur et didactique...
Chef d'oeuvre, l'arrivée de la dictature décryptée et disséquée. Après ce film, on ne pourra plus dire "je ne savais pas". Distribution éblouissante (Montant, Dener) emmenée par un Jean Louis Trintignant magistral dans le rôle du petit juge. On oscille entre la tragédie et la comédie (dans ce registre un grand Julien Guillomard).
Après deux films ayant servi d'échauffement, mais laissant déjà apparaître une réelle maîtrise, ça y est, Costa-Gavras monte le curseur et signe le premier film de sa célèbre trilogie politique. "Z" est un film extrêmement courageux. En effet, Costa-Gavras critique férocement un régime qui n'est alors en place que depuis deux ans : le régime des Colonels qui, pendant sept ans, de 1967 à 1974, en plus d'exercer une dictature de tous les instants, a mis la Grèce en poussière sur le plan social et économique. Une sombre période dont les Grecs ne se sont jamais réellement relevés. En plus de cette junte militaire (Costa-Gavras s'emparera à nouveau du sujet quatre ans plus tard, mais en situant son histoire en Amérique du Sud), ce sont aussi les privilèges de la police qui sont montrés du doigts. Sur le fond, "Z" est un film extrêmement riche. Et son titre, d'ailleurs très énigmatique trouve sa signification tout à la fin. Quant aux acteurs, en réalité, Yves Montand n'apparaît que très peu de temps. Tout repose sur les épaules de Jean-Louis Trintignant. Lequel est tout bonnement excellent dans ce rôle de juge d'instruction acharné. Pour son meilleur rôle. A forte portée politique, deux autres films suivront: "L'Aveu", dénonçant les procès Staliniens et "Etat de siège", dénonciation des dictatures militaires d'Amérique du Sud qui avaient pour mécène, et ça n'étonnera personne, les Etats-Unis. Tous deux sont très bons, mais "Z" reste le meilleur des trois.
Une forte conviction pour dénoncer les méthodes d’un régime réactionnaire (colonels grecs). Mise en scène efficace malgré quelques invraisemblances criardes. Trintignant parfait en petit juge intègre.
Ou comment montrer que le pouvoir organisé n’existe que pour écraser, soumettre et asservir les peuples, à part quelques épisodes transitoires et illusoires de justice, souvent très vite noyés, sous les regards complices d’un international indulgent. Inspiré du régime de la Dictature des Colonels en Grèce dans les année 60-70, et au travers de l’enquête de l’assassinat d’un opposant politique, on découvre progressivement les méandres corrompus d’une société qui doit son implacable tenaille sociétale à la complicité despotique et criminelle de la Police, la Justice, la Gendarmerie, l’Armée, l’Education et même la presse, sans compter autant de citoyens et de groupuscules achetés ou créés artificiellement. Synthèse désespérante d’un concert dont les instruments se nomment trafic d’influence, esprit tribal, intimidation, corruption, meurtre, manipulation des foules, propagande, novlangue, sabotage, immoralité, et que même l’esprit authentique de justice et de courage ne semble pas pouvoir émousser.
Un énorme film politique avec un suspense digne à la Hitchcock. Le film qui montre la montée en puissance de la police et des militaires, qui prennent le pouvoir peu à peu. C'est pour ça que il font assassiner le député (mème si il est laisser supposé que les américains ni soit pas non plus étranger). J'aime particulièrement la scène ou il appelle tout les militaires pour dire qu'ils sont en état d'arrestation et que ça tue leur orgueil. Heuresement la grèce en vrai à finit par sortir de ça. Costa-Gavras réalise bien son récit et Yves Montand, Trintignant et Perrin joue très bien.
Inteporel. Un film riche et politique qui n'a pas pris une ride et qui nous rapelle, malgrè nos continuelles plaintes, que nous avons de la chance de vivre en France. En bonus un festival d'excellents acteurs tous connus (même les 2nd roles, dont on connait au moins le visage à défaut du nom !).