La Montagne sacrée
Note moyenne
3,7
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91 critiques spectateurs

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Nicothrash

468 abonnés 3 309 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2015
Et bien, pour mon premier Jodorowsky on peut dire que j'ai été servi ! On part déjà sans indication de temps ni de lieu dans un univers visuellement complétement dingue avec pour seule explication eh bien rien ! C'est donc du "démerde toi mon grand avec ça" et sincèrement, au vu du début, je m'imaginais déjà ma critique incendiaire sur ce ramassis de bêtises sans aucun sens, mais pour cela il fallait bien aller au bout ... 2 heures de ça ... Et puis à force de persuasion et surtout d'attention, croyez le ou non mais j'ai commencé à apprécier et même à aimer ce foutoir quasi incompréhensible. J'insiste sur l'attention car elle doit être absolument de tous les instants afin de bien saisir la critique sociétale du réalisateur dans son trip totalement halluciné. Absolument tout y passe, religion, armée, colonisation, patriotisme, matérialisme, médias, luxure et j'en passe, c'est une véritable orgie de messages, les symboles religieux en prennent vraiment pour leur grade ainsi que les sciences, il est d'ailleurs plus aisé d'adhérer aux messages qu'aux choix artistiques car il faut s'attendre à tout, c'est violent, scatto, malsain, le sexe y tient une place prépondérante également mais surtout c'est emprunt d'un mysticisme et d'un ésotérisme rarement reproduit au cinéma. Passé le temps d'adaptation nécessaire à tout néophyte, le métrage devient vraiment envoutant et déroutant, c'est une véritable expérience à vivre, éreintante certes car difficilement accessible et foncièrement pessimiste mais unique en son genre et particulièrement subversive. Le message hippie-anarchiste-écolo ne plaira forcément pas à tout le monde mais il a le mérite d'exister, d'ailleurs je n'y adhère moi-même pas, l'Homme est détestable, ok, mais de là à cesser toute évolution et de retourner quasiment à l'ère primitive, très peu pour moi. En revanche cette idée des 7 institutions, ces forces en place qui dirigent le monde, ça, ça me va ! Ainsi que cette fin en pied de nez. En plus de cette réalisation folle et de cette multitude d'idées saugrenues et improbables sur quasiment chaque plan du métrage, encore plus impressionnant quand on regarde le budget dérisoire au départ. Plein de choses à voir, plein de choses à ressentir dans ce que l'on peut qualifier d'oeuvre d'art et comme pour toutes oeuvres d'art, la subjectivité est reine ... Une chose est certaine en tout cas, je me garde cette "Montagne sacrée" dans un coin et me la réserve pour un prochain visionnage, indispensable.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 octobre 2012
Dès les premiers instants Jodorowsky plonge le spectateur dans un délire visuel hallucinant. Religion, mysticisme, sexualité, guerre font parties des nombreux thèmes que touche ce film. L'esprit hippie est présent, chaque plan et séquence est doté d'une symbolique très forte mais n'essayé pas de trop analysé ou donné un sens a ce que vous voyez tant ce film est riche et complexe. Les dernières minutes sont un peu moins puissantes.
Uncertainregard
Uncertainregard

141 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 avril 2011
Mon 1er Jodorowsky...whaou...rarement vu plus déglingo dans le 7ème art. Le Christ et un homme tronc (ou presque) font une reconstitution dans un cirque en plein air de l'invasion des conquistadors en crapauds en Amérique du sud...le messie grimpe au sommet d'une tour où un alchimiste lui montre comment obtenir de l'or par la distillation des ses excréments...voici un aperçu de l'imagination débordante de ce réalisateur qui a dû consommer un peu trop de peyolt. Malgré le côté totalement absurde voir incompréhensible de ces scènes provoquantes, choquantes et souvent drôles, l'on perçoit une véritable trame d'histoire et une véritable réflexion sur des thèmes aussi divers que variés: religion, guerre, sexe, industrie...etc...et le tout se suit grace à une excellente bande son. Côté réalisation, j'ai trouvé beaucoup de similitude avec Pasolini mais j'ai vraiment eu du mal avec le montage frénétique, sans transition, limite supportable. Un film intéressant...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 juin 2008
Ce chef d’œuvre de transgression frappe d’emblée l’esprit en débordant d’imagination et d’idées pratiquement à chaque plan dans un univers complètement burlesque. Cependant, ce film surréaliste étant constitué en majeur partie d’une suite de scènes provocantes et blasphématoires, il est clair qu’il est loin d’être accessible à tous et peut s’avérer très choquant pour les croyants par son mélange de nudité et de profanation religieuse. Sa narration très libre, enchaînant une multitude d’idées et de symboles dans des compositions d’images assez baroques est cependant organisée en trois actes très marqués où le réalisateur prend un malin plaisir à détourner les icônes religieuses. L’histoire débute avec un homme aux allures christiques qui après avoir perdu la Foi en parcourant une ville pleine de bizarreries, va pénétrer dans l’antre d’un l’alchimiste qui dès lors va le prendre comme disciple. Le deuxième acte toujours très surréaliste se compose de séquences décrivant les univers plutôt décadents de sept grands maîtres représentant les autres planètes du système solaire. Puis dans la dernière partie, l’homme aux allures de messie ainsi que les 7 personnages sont enfin prêts à recevoir l’enseignement de l’alchimiste vers la véritable illumination et ils vont devoir gravir une montagne sacrée pour en déloger les Dieux qui y habitent. Dans sa description de la conquête du suprême, La Montagne Sacrée est sans conteste un hommage foisonnant à la liberté et à la libération de l’esprit par rapport à n’importe quel conditionnement néanmoins on peut regretter que ce film rempli « d’images » semble stigmatiser surtout le religion chrétienne (et pas les autres) et outrepasser une dimension spirituelle au delà des dogmes religieux lorsque l’on sait que le réalisateur est imprégné de mysticisme. Mais le propos du trip n’est pas là puisque le récit nous informe que plutôt de viser l'immortalité, mieux vaut se concentrer sur la réalité qui nous entoure.
vivien-b
vivien-b

65 abonnés 206 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 avril 2014
Peut-être un des films les plus bizarres que j'ai vu. Mais entre ses multiples scènettes trash, ses trips mystiques, ses délires scato entre les castrations et les excréments se cache un grand film, profondément métaphysique, profondément déroutant, déjanté, planant mais surtout profond tout court. Une étrange expérience... N'empêche qu'à l'avenir j'essayerai de m'éloigner le plus loin possible de la vision d'un vieil homme nu qui arrose un homme de son lait sortant de ses seins en forme de têtes de tigre. Et ce n'est pas le moment le plus WTF du film. Oui, on est à ce niveau.
ForestEnt
ForestEnt

4 abonnés 224 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 décembre 2008
Si vous avez deux heures à perdre à la non-fin d'une non-quête de non-personnages, il vaut mieux jouer à world of warcraft.
Nico591
Nico591

54 abonnés 800 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 décembre 2014
Lorsque l'on regarde un film d'Alejandro Jodorowsky, il faut faire abstraction de toute notion de rationalisme et de narration cinématographique classique.
Car ses films ressemblent plus à des œuvres d'art totales, faisant même penser parfois à de véritables performances artistiques sous LSD.
Mais tout ce ce délire visuel est un moyen pour Jodorowsky pour contester, dénoncer, voire même choquer sous forme métaphorique et philosophique la religion, la politique, les armes ou encore les sectes.
Si le film ne laisse pas indifférent, il peut néanmoins laisser circonspect bon nombre de personnes comme moi même qui n'ai pas décelé tous les messages laissés dans le film.
Reste cependant que ce que fait cet homme est unique en son genre, et ne ressemble à aucun autre cinéma.
GabbaGabbaHey
GabbaGabbaHey

242 abonnés 1 583 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 décembre 2010
c'est quand même impressionant ... il y a pas a dire ! Alejandro Jodorowsky a décidé pour "La Montagne Sacrée" de s'éloigner le plus possible du systeme industriel du cinéma, et est parti a l'aventure écrire son scenario, fesant surgir de son imagination des choses a peine imaginables ! De l'expression artistique libre et pure, tourné qu'avec des acteurs non-professionels, probablement le film le plus différent des auters qu'il m'ait été donné de voir, on s'en va tres tres lon dans un univers incompréhensible mais tellement beau ... Le scenario est magnifique malgré son coté tordu, et en se concentrant correctement on parvient a apprécier a sa juste valeur cette histoire hors du commmun ... Un film qui procure des sensations plutôt étranges, le genre qu'on ne ressent pas normalement devant un film, sauf que fidele a son objectif, ce film est pas come les autres, et il nous fait voir des choses ahurissantes, parfois choquantes, difficiles, extravagantes... et le tout a travers des décors toujours plus impressionant par leur beauté et leur grandeur. Une performance dans le domaine de la mise en scene, et dans le domaine de l'imagination ... un chef d'oeuvre du bizare, et un chef d'oeuvre tout court, et a part entiere ! Le genre de chose qu'il faut voir au moins une fois dans sa vie, sinon on sait pas ce qu'on rate !
Benjamin A

815 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mai 2014
Première expérience pour ma part dans le cinéma de Alejandro Jodorowsky et même si j’ai été prévenu, c’est quand même un sacré choc. Ca ressemble à très peu de choses que l’on peut voir normalement. Mais malgré tout, ce troisième film du mexicain, « La montagne sacré » où il nous fait suivre un voleur vagabond choisi par un maitre spirituel pour aller vers la Montagne Sacrée m’a plutôt bien plu.

Alors certes, c’est parfois un peu déroutant, très peu de dialogues, assez abstrait (un peu trop même), mais c’est quand même une sacrée expérience, captivante et déjanté où se mêle violence, divers symboles, religions, absurde, sexe, mystique ou encore rire, parfois un peu malsains avec plusieurs scènes marquante et qu’on n’est pas près d’oublier (tel que tout le début ou la scène finale)
L’utilisation de la musique est excellente et « La Montagne Sacré » est truffé d’idées et de trouvailles visuelles.

Si je n’y ai pas adhéré à 100%, ca reste tout de même une sacrée expérience, unique, mystique, dérangeante et mémorable qui me donne envie de découvrir d’autres films de ce réalisateur et notamment « El Topo ».
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 777 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 mai 2012
Impossible de décrire un tel film, énorme trip psychédélique et surréaliste alternant moments de grâce et passages plus scabreux. Sans aucun doute c'est le film le plus abouti et le plus ambitieux du déjanté Alejandro Jodorowsky. Les couleurs sont superbes, la mise en scène déborde d'imagination, les thèmes abordés sont nombreux quoique parfois fumeux, l'humour est grinçant... Les influences de Fellini ou de Buñuel transparaissent mais «La Montagne Sacrée» est une expérience cinématographique à voir en tant que telle. Traversé par des préoccupations politiques (intense condamnation de la dictature chilienne, dénonciation du catholicisme, critique acerbe du capitalisme et de la société de consommation...), c'est aussi un long métrage méditatif et mystique, où Jodorowsky condense une multitude d'influences religieuses à des fins didactiques. Le dénouement peut faire sourire, mais il peut tout aussi bien charmer par sa naïveté et sa sincérité. Véritable ovni cinématographique et à mon sens bien meilleur qu'«El Topo», «La Montagne Sacrée», s'il reste inégal, s'avère être un film attachant, audacieux, inspiré et totalement barré. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 mai 2012
Etant un grand fan de David Lynch et de ses films bizarres, je n'aurais jamais imaginé voir un jour un tel ovni. Ce film est une pure folie: toutes les scènes sont folles, l'histoire est dingue, la mise en scène géniale, les décors superbes. J'ai pleuré de rire à certaines scènes spoiler: Sel, qui dirige Saturne, qui veut entraîner les enfants à haïr les Péruviens, ou encore la reine de Mars qui fabrique des pistolets pour bouddhistes

Jodorowsky est un réalisateur fascinant, j'aime tout ce qu'il fait il y'a tout ce que j'aime, et celui là est à un summum, avec Santa Sangre de beauté et d'art.
Tom Bombadil
Tom Bombadil

9 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2020
Fort de la réputation sulfureuse de Fando et Lis et du succès d’un El Topo devenu rapidement culte (notamment grâce à la vogue des midnight movies), Alejandro Jodorowsky, étoile montante d’un cinéma expérimental et provocateur, se voit offrir 750 000 dollars pour son prochain film et une liberté artistique totale. Pas de producteurs, pas de critiques, pas de censure, pas d'entraves à la folie de cet artiste total qu’est Jodo.

Librement inspiré d’un écrit inachevé de René Daumal (Le Mont Analogue), La Montagne Sacrée, sorti en 1973, rejeton filmique d’un homme sans aucune limite à son art, se révèle être une création originale totalement barrée, auréolée de mysticisme et d’ésotérisme. Un film qui défonce au bazooka les codes du cinéma traditionnel, tant au niveau narratif, technique, que émotionnel.
Quand on connaît le travail de Jodorowsky, on a l’habitude de se perdre dans un autre univers, d'être dans un monde parallèle, où les lois de la logique et de la cohérence ne sont plus les mêmes, et La Montagne Sacrée représente le paroxysme de cette distanciation avec la réalité, ce film étant le plus fou et le plus ambitieux du cinéaste, du moins au sein de ses œuvres achevées.

Prenant la forme d’une fable métaphorique, dans un monde indéterminé à un âge indéterminé, défonçant alors tous les repères du spectateur, le film conte les errances d’un sosie du christ en prise avec un alchimiste devenu son maître lors d’une initiation spirituelle. Celui-ci présente à son disciple les sept personnes les plus puissantes de la planète, chacune associée symboliquement à une planète du système solaire, et tous prêts à renoncer à tout pour le secret de l’immortalité. Secret qui se trouve au sommet de la montagne sacrée, gardé par neuf sages...

Derrière ce postulat de base, le cinéma si singulier de Jodo, psychédélique, inhabituel, où chaque plan, chaque scène est digne d’un tableau et bénéficie d’une multitude de richesses et de détails dont il est impossible de tout répertorier dans son esprit et tout comprendre au bout d’un seul visionnage.
Surréaliste à faire passer David Lynch pour un metteur en scène tout ce qu’il y a de plus bien-pensant et banal, La Montagne Sacrée est provocateur, démesuré et profondément mystérieux à s’arracher les cheveux à chaque plan. C’est un concentré de deux heures de toutes les obsessions du cinéaste, à savoir la quête initiatique d’un individu qui se détache peu à peu d’une vision étriquée de la réalité, l’élévation spirituelle et l’abandon de toute superficialité ou matérialisme au profit d’une paix intérieure, un véritable boui-boui syncrétique avec son lot de nécromancie, de mysticisme, d’ésotérisme, de symbolique religieuse et parfois païenne, de tarot, sans oublier les miracles artistiques de la nature, comme Jodo appelle les handicapés, snobés par un cinéma plus conventionnel et puritain, sublimés ici par le cinéaste chilien.

Soutenue par ces images ahurissantes, troublantes et à mille lieux d’un cinéma hollywoodien propre et conformiste, une critique virulente de tout ce qui passe par la tête de Jodo est délivrée avec fracas. Par le biais de cette quête pour l’immortalité, le réalisateur s’en prend aux colonnes fondatrices de notre société moderne, les sept individus représentant sept fondements de celle-ci à savoir le culte de l’image et de la beauté au détriment de l’être, le marchandage et à sa suite la mort d’un art devenu un produit fabriqué en série, l’endoctrinement des jeunes populations, la culture de la guerre comme lieu de commerce ou encore l’autorité extrémiste et quasi-fanatique d’une police corrompue et répressive...

Tout y passe dans ce film foisonnant d’idées complètement délirantes, d’une nuée de Marie Madeleines prostituées sortant d’une église jusqu’aux images du christ destinées à la consommation de masse, en passant par une caricature gore de l’invasion de l’Amérique du Sud par les conquistadors, cette fois ci rejouée avec des batraciens. La religion et le capitalisme étant les principales cibles d’un Jodorowski que l’on imagine sous l’emprise de psychotropes mais pas les seules.

L'élévation spirituelle et le reniement de toute idée matérielle corrompue par un système capitaliste traités par le cinéaste sont à leur zénith à la fin du film, une conclusion osée, où le réalisateur brise le quatrième mur avec fracas, basculant dans la réalité que le spectateur avait abandonné deux heures plus tôt, pour pondre un monologue digne de figurer dans les annales du cinéma. Comme si après une série de claques dans la tronche, on recevait un uppercut à l’estomac.

La Montagne Sacrée est plus qu’un film, c’est un voyage contemplatif et mystique, violent et psychédélique, visuellement époustouflant et à l'ambition démesurée.
Un chef-d’œuvre venu d’une autre galaxie où le LSD est roi, situé en plein dans le boom créatif des 70’s mais qui est allé au delà de n’importe quel OVNI filmique de cette période bénie, détruisant au passage des carcans hollywoodiens trop conventionnels et réducteurs à son goût.
Une expérience cinématographique complètement dingue à vivre absolument au moins une fois, à condition d’être ouvert d’esprit et enclin à être bombardé en dehors de sa zone de confort habituelle. Quant à savoir où ce film mène et ce qu’il apporte au voyageur, c’est au spectateur d’en juger, mais au final, que ce soit en bien ou en mal, ce voyage hallucinatoire signé Jodorowski ne laissera jamais indifférent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 juillet 2011
un chef d'oeuvre mystique où chaque image est un tableau qui révèle un art du questionnement.
kibruk
kibruk

196 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 juin 2021
Alors "La montagne sacrée" chef-d’œuvre sidéral ou nanar sidérant ? Pour moi la réalité est entre les deux. La démarche de Jodorowsky est évidemment purement artistique, il construit son film comme une création telle qu'on peut en trouver dans les musées d'art moderne, il est là pour ouvrir de nouvelles voies, bousculer, choquer. Et en voyant "La montagne sacrée" on se questionne comme quand on est devant une peinture, une sculpture, ou une installation qui interroge : sommes-nous devant une œuvre d'art ou est-on victime d'un fumiste qui exploite notre prétention pour nous vendre de la m.... à prix d'or ? Je ne vais pas ouvrir le débat sur ce qu'est l'art, je vais juste reconnaitre à Jodorowsky cette réussite indéniable dans "La montagne sacrée" : nous proposer des scènes visuellement choquantes et transgressives, souvent incroyablement belles, qui créent en nous à la fois un sentiment de fascination et de dégoût. Et c'est là la grande force du film, nous montrer des choses jamais vues et qu'on ne reverra plus jamais. Alors du point de vue purement visuel et aussi sonore, ce film est une pure réussite, mais le reste est un échec, il n'arrive pas à faire émerger en nous d'autres sentiments comme l'émotion par exemple. On reste finalement très passif devant tout ce fatras psychédélique, on ne fait qu'attendre la minute suivante pour voir quel délire Jodorowsky nous a pondu et si ça marche pendant une heure, supporter le concept deux heures devient pénible. Pour moi il ne faut pas prendre "La montagne sacrée" comme un film mais bien comme une installation vidéo d'art moderne qui utilise le média cinéma pour son exposition au lieu d'être présentée dans une galerie d'art ou un musée. Et c'est là toute la difficulté, on ne peut pas le juger avec les référentiels habituels, alors je l'évalue juste en fonction du plaisir instantané que j'ai pris au moment de sa vision : fascinant par moment, étonnant de bout en bout, mais beaucoup trop long et trop opaque (il faudrait des explications de Jodorowsky pour comprendre), donc globalement moyen.  
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2025
Réalisée entre le Mexique et les États-Unis, cette œuvre culte épouse un certain état d’esprit hippie, new age et libertaire des années 70. Teinté de syncrétisme spirituel, ce film dense, coloré, bourré de symboles en tous genres commence par une série de tableaux évoquant tour à tour une figure christique qui découvre les excès du monde, une société occidentale rongée par la consommation de masse et le culte de l’image, des défilés typiques des dictatures militaires d’Amérique du Sud ou encore des lézards réinterprétant des scènes de batailles. Prenant un aspect plus mordant dans une deuxième partie qui dresse le portrait de personnalités singeant le système capitaliste, mobilisant des costumes et des décors incroyables, La montagne sacrée s’achève dans une troisième partie où son titre va prendre tout son sens, alors que Jodorowsky (qui incarne l’un des personnages principaux) imposera à ses comédiens une virée de plusieurs semaines en pleine montagne, faisant s’entremêler réalité d’un tournage éprouvant et fiction la plus pure. Un délicieux final facétieux et buñuelien
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