Memories of Murder
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520 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 10 juillet 2017
la forme est plutôt bien fait alternant noirceur suspence scène comique et tentions, mais le fond n'est pas la car trops de longueurs enquête mal ficelé et à la fin on ce dit tout ça pour ça
Anne M.
Anne M.

88 abonnés 663 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juillet 2017
Cette semaine, c’est l’occasion de voir ou de revoir ce film sud coréen sorti en 2003.

L’histoire se déroule en 1986, et se conclut en 2003. Elle s’inspire de faits réels : de crimes imputés à un tueur en série jamais arrêté par la police.

Amateurs des séries policières comme « les experts », « esprits criminels », « NCIS » et autres fictions qui voient se résoudre des crimes complexes en moins de 40 min chrono en main grâce à des équipes à l’efficacité redoutable et aux méthodes rigoureusement scientifiques, vous serez foncièrement déçus ou frustrés par « memories of murder ».

Et pourtant il y a énormément à voir et à dire sur ce film considéré par beaucoup comme un chef de file du thriller coréen.

Loin de moi toute complaisance liée à des considérations exotiques. Le cinéma coréen est riche de plusieurs thrillers mémorables. (Je pense à « the chaser », « strangers » ou encore « mother »

L’intrigue se situe dans la province sud coréenne avec ses industries, ses mines et sa ruralité : cet univers provincial et joliment filmé, au besoin devient le cadre des crimes et des poursuites policières.

Ensuite, le climat est lui aussi un acteur important du film, les journées pluvieuses et sombres servant de décors aux meurtres. A l’opposé, le film débute par une scène champêtre ensoleillée quasi idyllique, avec un enfant impertinent qui imite un inspecteur …si ce n’est que celui-ci découvre le corps d’une victime.

Les policiers du coin, des brutes aux aspects burlesques, avec un côté superstitieux, trafiquant au besoin les preuves, se voient secondés par un inspecteur venu de Séoul, aux méthodes plus rigoureuses. Celui-ci va cependant être contaminé progressivement par la violence de ses collègues.

L’enquête finit par avancer, mais les manques de moyens scientifiques de la police coréenne vont freiner le cours des choses.

Quelques scènes d’anthologie : le meurtre de la femme sous la pluie près de l’usine, l’observation du pervers au soutien gorge sur une scène de crime, la course poursuite de nuit, la scène à la mine, les deux scènes sur les rails … Des coups de maître assurément.

L’ensemble est un film complexe et original, parfois drôle malgré le réalisme de la tragédie qui se joue, dans un décor pas du tout décoratif, avec un constat social acerbe. Il y a du suspense, des frustrations (pour tout amateur de polar), mais aurait-il pu en être autrement ? Et une réalisation magistrale !

Pour davantage d'articles mon blog : larroseurarrose.com
tixou0

790 abonnés 2 046 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 juillet 2017
Une intrigue qui aurait sans doute pu donner quelque chose de pas mal (avec une non-fin habile). Sous d'autres cieux. Mais là, franchement... Ne suis jamais entrée dans ces "Memories of Murder", cultivant la noirceur pour la noirceur (comme la pluie, pour la pluie) - sauf avec malaise (la femme coréenne, du moins en 1986, et zone rurale... quelle pauvre condition..), et même dégoût (que de violence gratuite chez ces policiers bas-de-plafond... même le "gars de Séoul" qui vient à leur emboîter le pas, et même à surenchérir...). Quant au jeu ampoulé des interprètes, l'indulgence de départ cède rapidement devant l'énervement.... Quelques jolis cadres au positif : bien peu au bilan, même simplement formel (on pourrait par exemple déplorer le montage souvent incohérent) ! Me demande s'il n'y aurait pas quelque forme d'aveuglement (voire de snobisme) à porter aux nues le cinéma asiatique, juste parce qu'il est asiatique !...
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juillet 2017
Ressortie le 5 juillet de ce chef-d'oeuvre du polar contemporain et du cinéma sud-coréen. Bong possède une maitrise innée du suspense et des codes du genre policier, mais son ambition en franchit les frontières habituelles. Cinéaste-enquêteur bien plus efficace que les policiers dépassés qu’il met en scène, il exhume avec méthode les errements de la police coréenne rurale au mitan des années 1980, soit à la fin de la dictature militaire. Film policier, Enquête sociologique, réflexion sur la culpabilité, ce film est tout cela à la fois. A ne pas manquer. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Cinememories

603 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 juillet 2017
Après « Baking Dog », le coréen Joon-Ho Bong met de côté la comédie pour mettre en scène un polar d’exception. S’inspirant des faits réels où les crimes, ainsi que le tournage, ont eu lieu, il s’agit d’une affaire qui résonne comme inaboutie dès lors. Le premier Serial Killer ne laisse que dégâts et désolation sur son passage, enchainant les victimes sur un rayon de deux kilomètres… Rien que le contexte de l’enquête suggère bien des doutes, sachant que toutes les forces titanesques ont été mises en place pour mettre un terme à ce drame.

Pour commencer, on nous baigne dans cet univers sinistre de la Corée du Sud. A la fin des année 80, la situation politique entre les deux Corée est tendue. Et alors que le décor est rural, on insiste fortement sur le quotidien des civils, formés à affronter l’éventuelle menace du Nord. Pourtant, on regarde attentivement ces paysans, ces ouvriers, ces policiers. A aucun moment, on ne ressent de la crainte et de la sincérité. La culture occidentale y est certainement pour quelque chose, ou il peut s’agit de cette période post-guerre qui induit un relâchement général. Ces habitants, loin de la capitale et de l’urbain, vivent et se contente de ce qu’ils ont à leur portée.

Vient alors le nœud temporel où le profilage est inconnu des détectives déjà présents. Ils répondent aux noms de Doo-man Park (Song Kang-Ho) et Cho Yong-koo (Roe-ha Kim). Le premier fonctionne à l’instinct et le second avec ses pieds, littéralement. Ils emploient des méthodes archaïques, digne de la corruption pour arriver à leur fin. On passe des interrogatoires musclés à l’usurpation même de sa propre motivation. Park développe tout de même peu à peu une expertise, cas d’école, et qui aura le mérite d’être irrationnel par moment. C’est dans ce genre de moment que l’intrigue induit chez le spectateur le sentiment qu’il faut exploiter au maximum chaque piste. Mais la réalité est une histoire qui ne dépend pas de lui, mais de ces seuls protagonistes, entêtés à qui ont affectionne tout de me le succès.

De plus, le manque de technologies, auxquelles ils ne sont pas familiarisés les empêche d’avoir l’esprit critique. C’est sans doute ce que le metteur en scène induit inconsciemment dans son cadrage et rythme. Inoffensif de départ, on pousse alors à l’attachement et la compréhension de cette équipe. Les enjeux sont réels, et on insiste bien sur le contraste qu’illustre les cadavres au beau milieu de champs vides, où le vent glisse sans cesse et sans remord. Par ailleurs, énormément de plans fixes, quelques fois coexistant avec des plans séquences d’une lourdeur prononcée. Le recul est donc apporté par le détective urbain Tae-yoon Seo (Kim Sang-kyung) qui vient faire avancer les choses. Tout au long du récit, on dresse alors le portrait du criminel. Il est patient, méthodique et serein. Tout porte à croire qu’il est comme tout individu que l’on croiserait quotidiennement. Le plus ordinaire de tous est donc le mieux placer pour organiser ses crimes, malgré ses habitudes psychotiques. On ne part pas avec grand-chose dans cette affaire qui peine souvent à proposer des indices ou des preuves irréfutables. Les suspects s’accumulent alors et beaucoup de contradictions viennent semer un doute permanent chez les enquêteurs.

Ainsi, on s’amuse dans cette aventure. On s’amuse à vouloir gagner, chercher la vérité sans réellement l’atteindre. On frôlerait presque le statut de fiction par moment, mais chaque rebondissement nous fait oublier à quel point la loi de Murphy représente une force naturelle et spirituelle indéniable. Bien que le récit construit une belle chambre à idées, on réinvente le genre du polar sur des soupçons d’émotions, notamment de frustration. Dès lors, l’implication reste totale et on ne se prive pas d’éprouver de l’empathie. Face à autant d’inégalité, caricature sociétale d’une Corée divisée au cœur même de sa culture, on ne peut que se placer dans le cœur des plus faibles. Toute la réflexion de ce film consiste à savoir identifier cette catégorie, de comprendre comment le dominant opère et appréhende ce monde cruel.

Dorénavant, « Memories Of Murder » est incontournable dans les grandes enquêtes du grand écran. Son réalisateur relève le niveau du cinéma coréen qui conforte sa place dans le domaine du thriller. Il s’agit d’un choc de culture qui porte le thème de la violence à son comble. Joon-Ho Bong joue ainsi avec les codes du polar et installe un ton sombre, décalé et burlesque qui reflète avec nostalgie l’hystérie des acteurs. Il dépeint, avec générosité, le symbolisme d’un genre en pleine renaissance !
EWEN j
EWEN j

18 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juin 2017
Un des tout meilleurs Bong Joon-oh ! Avec un très bon rythme et une enquête haletante, ce film aura réussi à me couper le souffle et m'empêcher de respirer ! À part quelque clichés (notamment au niveau des personnages) le film arrive à convaincre autant par son écriture que part ça mise en scène et son esthétisme léché, un très bon film, excellent.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 14 juin 2017
Excellent film spoiler: , aboutissant à un monumental dilemme entre rigueur morale et intime conviction : comme un poisson pris au bout de l'hameçon, le malheureux se débat, faut-il le remettre à l'eau, faut-il en finir ? Scène poignante.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 11 juin 2017
Un thriller dont on sort décontenancé : véritable fin ouverte, chaque visionnage invitera le spectateur à réinterpréter certains détails, voire à en découvrir de nouveaux - il se rapproche ainsi, selon moi, du Mulholland Drive de D. Lynch. Au-delà de l'enquête, Joon-ho Bong dépeint une Corée séparée entre un monde rural, où tout le monde se connaît, avec ses superstitions et ses suspicions de voisinage, et celui de la ville, l'un prenant de haut l'autre. Le film peut ainsi mélanger les genres, alternant entre scènes comiques et dramatiques (les scènes d'interrogation menées par Park Doo-Man sont à cet égard extrêmement burlesques). On a donc un duo entre deux policiers aux méthodes radicalement différentes, bien que l'un finisse par déteindre sur l'autre face à la violence à laquelle ils sont confrontés, et surtout l'échec de leurs méthodes respectives. Ici, on dirait presque que Joon-ho Bong se moque des thrillers américains avec leurs méthodes scientifiques dignes d'un épisode des Experts... échec des analyses, échec du "profilage", les personnages n'ont plus que leur instinct pour traquer le tueur. Il y a donc une véritable finesse dans les plans qui suggèrent l'identité du tueur, ainsi que les détails de l'enquête... bref, à voir et à revoir.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 19 avril 2017
Avoir aussi peu de moyen, c'est quand même aberrant, pour un service qui est censé défendre son pays. Je me mets à la place des enquêteurs, il y a de quoi devenir fou. Ceci dit, ils ont pas pris les plus futés, hormis l'inspecteur, cela en devient même comique :D Mais même avec un scénario assez classique, les coréens arrivent à y mettre une intrigue, cette sensibilité qui nous tiendra en haleine. En tout cas, ce film ne finira pas dans mon Top film Coréen, ils ont fait beaucoup mieux. :) Malgré cela, ce long métrage est réussi.
🎞️  DaeHanMinGuk 🎬
🎞️ DaeHanMinGuk 🎬

241 abonnés 2 473 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 janvier 2017
Ce film est original car il ose montrer l'incompétence et l'impuissance de policiers, des erreurs humaines qui sont préjudiciables à l'enquête et, en conséquence, une enquête qui piétine faute d'indices, de témoins ou de preuves exploitables ... Ce film ne nous montre pas deux flics incompétents "qui gagnent toujours à la fin" (NaNaNaNaNaNa) comme le "Starsky et Hutch" sorti récemment au Cinéma mais une approche plus réelle de la police face à des crimes sexuels non élucidés. Ici, aucun miracle, aucun événement providentiel à attendre du scénario pour faire progresser l'enquête. Ce film est basé sur l'histoire réelle, en 1986, du premier serial killer de Corée du Sud, un pays dépassé par l'affaire car très peu habitué à la délinquance et à de telles atrocités. Les policiers n'ont donc pas été à la hauteur pour résoudre ces premiers cas. Pour ne pas accabler les policiers de Corée du Sud, on peut facilement faire un rapprochement avec les affaires traitées dans les médias en France, actuellement : jusqu'à peu de temps, de nombreux viols et meurtres de jeunes filles sont restés inexpliqués et seulement maintenant on arrive à rapprocher ces actes de leur auteur. Ce film est vraiment original car il montre des policiers confrontés à une nouvelle sorte de délit, inconnu jusqu'alors, pour lequel leurs méthodes traditionnelles (l'interrogatoire musclé et la création de fausses preuves) se révèlent inopérantes. Il ose nous montrer des policiers dépassés par les événements en nous laissant entrevoir que, parfois, le mal peut triompher du bien : tout sauf une morale à l'américaine, en somme ! Quel film américain ou français pourrait être aussi négatif envers sa police ? Pourtant, en Corée du Sud comme ailleurs, les bavures policières existent et les criminels sont parfois plus intelligents que les policiers.
Malgré un climat très tendu lié à l'enquête policière, l'humour ne manque pas dans ce film tellement le raisonnement de l'enquêteur principal dépasse les limites de l'imaginable. Ne manquent pas non plus les moments de grande détresse des policiers confrontés à des choix cornéliens : spoiler: doit-on tuer soi-même un homme qui semble coupable mais contre qui il n'existe aucune preuve ? doit-on signer une décharge pour faire amputer son collègue qui n'a aucune famille ?
Un film qui ne vous laissera pas indifférent et qui vous changera des films policiers américains.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 janvier 2017
Ce cinéma coréen sort des sentiers battus. Les héros parfaits n'existent pas ici. Seul des anti héros, peureux, corrompus, fainéants sont à l'affiche et essayent tant bien que mal de trouver un coupable. J'ai du mal à différencier ce film de The strangers tant mes similitudes sont frappantes
Roub E.

1 320 abonnés 5 405 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 avril 2018
Memories of Murder a tout du film somme. Polar, comédie, œil sur une époque, horreur, buddy movie. C’est un petit miracle car tout fonctionne et donne un ton au film hyper particulier et en même très naturel car ressemblant à la vie rassemblant une multitude d’émotions. J’avais trouvé excellent son remake espagnol qui reprenait la même histoire pour parler d’autre chose. Malgré le fait que justement je connaissais l’histoire j’ai été captivé du début à la fin, par cette enquête qui parle d’un pays à la croisée de l’hyper urbanisation et de l’ouverture sur le monde et en même temps de tradition et de ruralité. Une petite merveille.
Anonymous :)
Anonymous :)

67 abonnés 533 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 août 2016
Considéré comme l'un des meilleurs films Coréens de cette décennie, "Memories of Murder" a rapidement acquis une grande notoriété auprès de la communauté des cinéphiles. Pour son deuxième film, Bong Joon-ho frappe fort avec un film d'époque, une comédie noire de pays sous-développé, qui plus est inspiré de faits réels qui ont secoué la Corée du Sud dans les années 80. Le scénario nous plonge dans les campagnes arriérées de Corée où des femmes sont mystérieusement assassinées et où des flics aux méthodes opposées enquêtent sur le terrain au gré des indices relevés. L'intrigue sert de base solide au long-métrage et va permettre au réalisateur de montrer le quotidien d'enquêteurs sans moyen, dépassés par les événements et plus soucieux de leur plan de carrière que de la résolution de l'énigme (fabrication de fausses preuves, interrogatoires musclés). La direction des acteurs constitue un gros point fort entre un Song Kang-ho parfait en flic bourru qui va se découvrir au fil de l'enquête une véritable âme de flic, et Kim Sang-kyung, très à l'aise en citadin sûr de sa force. Ces deux personnages, fondamentalement opposés, vont permettre de conter le choc de culture entre le policier de la ville et celui de la campagne, dans un drame social ingénieusement pensé. Porté par une réalisation franchement exceptionnelle, faite de plans serrés très longs et de travellings épurés, ainsi que par une excellente bande-son, le film nous prend aux tripes avec cette recherche de ce serial killer. Modèle de réalisation et de narration, "Memories of Murder" propose une plongée fascinante dans la Corée du Sud dans une ambiance moite. Bong Joon-ho a eu la brillante idée de délaisser les artifices dans la mise en scène (souvent propres au cinéma asiatique), ce qui permet de faire naître une véritable proximité avec les personnages. Avec sa noirceur sans cesse contre-balancée par une ironie constante, à l'image de la scène d'ouverture bordélique, "Memories of Murder" est un grand polar Coréen à la fois émouvant et touchant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 août 2016
très très bon film, bien mené, laisse une porte ouverte à la fin, mais j'en dis pas plus, désolé. à voir absolument pour les amateurs du genre.
Barry.L
Barry.L

37 abonnés 136 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juillet 2016
C'est bien connu, les tueurs en série ont toujours inspiré le cinéma. Le Zodiac, Landru, Jack l'éventreur... tous ont eu droit à une adaptation cinématographique. Ici, Bong Joon-ho se penche sur ce tueur sud- coréen, qui assassina et viola dix femmes dans un rayon de deux kilomètres, de 1986 à 1991. De ce fait d'hiver, le réalisateur en a tiré un film remarquable et inattendu.

Dossier? Peut-être, mais pas de la manière dont on l'entend. Le film retrace certes la traque de ce meurtrier par quelques flics, mais on aurait tort de le comparer par exemple au "Zodiac" de David Fincher (excellent, par ailleurs) qui, lui, est un véritable dossier. Dans ce film, une liberté totale dans ces deux heures s'offre à nous, car Bong Joon-ho se livre non pas à un dossier véridique, mais à un dossier de la mémoire. Est-ce que ces événements se sont-ils vraiment passés? Est-ce que la rivalité entre les flics existait-elle? Peu importe, c'est comme cela que l'histoire nous est racontée.

"Memories of murder" correspond aussi à une descente. Une descente en enfer pour ses personnages, ses spectateurs, pour tous. Un lent crescendo a lieu et s'opère au rythme des morts. La chose qui frappe dans ce film, c'est l'évolution. Les personnages évoluent, leurs convictions se fissurent, leur véritable visage apparaît... Traitement identique fait au caractère de l'intrigue. Le film amorce un véritable looping: un début (assez calme) ponctué de scènes comiques (comme celle du sauna) qui bascule lentement dans une deuxième partie tragique où les meurtres se démultiplient.

Meurtres commis par l'un des serials killers les plus terrifiants que le cinéma nous a livrés. On ne verra (peut-être) jamais son visage. Un être insaisissable, dont la présence hante le film et se vaporise sur ces incroyables décors ruraux (vent se levant sur des arbustes à l'évocation des meurtres). Un assassin qui ne semble exister que par les actes qu'il commet, suivant un rituel obsédant (ce meurtrier attaque des femmes habillées en rouge les jours de pluie, bercé par une seule et même chanson). Mais Bong Joon-ho refuse de nous livrer un nouveau John Doe, charismatique et bien vivant. A la limite, le tueur de "Memories of Murder" existe-t-il? On ne peut s'empêcher de se poser la question, surtout quand on connaît l'idée géniale qu'a eue le metteur en scène: confier à différents acteurs le rôle de l'assassin (enfin, devrais-je dire le rôle du dos de l'assassin). Tout cela prouve le peu d'importance du vérisme des situations. Cette incarnation du mal l'intéresse moins que les flics qui la traquent.

Deux conceptions s'offrent à nous, incarnées par les deux inspecteurs principaux. D'un côté Park Doo-Man (joué par Song Kang-ho, acteur fétiche de la Nouvelle Vague Coréenne), le campagnard, flic plutôt ripoux, prêt à tout pour obtenir un coupable et des aveux (recourt à la torture et à la menace), presque grotesque à force de considérations foireuses. De l'autre, Seo Tae-yoon, le "bon" flic, celui des villes, qui mène l'enquête consciencieusement. Une repartie qui pourrait sembler facile, mais, là encore, c'est avec grande finesse que le réalisateur décrit ses personnages. Sans jamais vraiment prendre parti, Bong Joon-ho prouve qu'il faut se méfier des apparences, que les caractères peuvent s'inverser et que l'honnêteté est mise à rude épreuve face au mal. Ces changements se nouent au fur et à mesure que la fatigue commence à se faire sentir chez les flics, au départ si sûr d'eux.

Et puis arrive alors le dénouement. Et c'est sans aucun doute l'une des fins les plus réussies du cinéma. Il y a en vérité deux dénouements: la fin et l'épilogue. Et je préfère prévenir le spectateur: il faut pouvoir contenir le trop-plein d'émotions qui se libère de ses deux scènes. La première perturbe en détruisant toutes nos convictions. Les rôles s'inversent et la violence règne, une violence d'autant plus terrible qu'elle se révèle complètement inutile. Ici, les qualités plastiques dont font preuve Bong Joon-ho et son chef op' Kim Seon-min atteignent leur perfection, notamment le temps d'un plan, dans un tunnel. Quand à l'épilogue, qui n'était narrativement parlant pas nécessaire, c'est une petite gourmandise du réalisateur, qui nous fait un pied de nez assez éprouvant. Que retient t-on finalement de cette fin ? Un profond sentiment de tristesse, presque de gâchis spoiler: car on ne saura jamais qui est le coupable (idée respectueuse du fait d'hiver). Il ne faut pas cependant s'y tromper, cette absence d'explication n'est pas gratuite et le réalisateur, qui sait que le spectateur est exigeant, nous laisse deviner, par la vacuité de l'enquête et de certaines pistes que le coupable ne sera jamais arrêté.
Cette fin n'est donc pas brusque, mais au contraire tout-à-fait logique par rapport à l'ensemble du film. Il convient de visionner plusieurs fois le film, avant de voir le caractère entièrement rationnel de l'intrigue.

Voici, en conclusion un film fort intelligent d'un réalisateur fort intelligent (et il frappa fort une nouvelle fois avec "The Host", bon film d'épouvante sorti en 2006). Intelligent parce qu'il n'est pas chose aisée aujourd'hui de renouveler le film criminel. Classique dans l'intrigue, le film délivre de splendides séquences et une description minutieuse du monde de la police coréenne. Drôle souvent, et c'est presque une aubaine, tant on risquerait d'être écrasé par la mélancolie et la nostalgie (car oui, c'est bien de la nostalgie qui semble habiter Park Doo-Man dans la dernière scène) qui perce dans ce très grand polar. A noter pour finir une émouvante partition musicale de Tarô Iwashiro.
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