Très en avance sur son temps, "La Traque" de Serge Leroy nous présente un survival français (assez rare pour être souligné) avec non pas des rednecks mais des paysans bien de chez nous. Enfin, pas vraiment puisque même si l'histoire prend place dans la campagne profonde, la malheureuse héroïne est confrontée à des bourgeois qui organisent des parties de chasses le week-end, des gens qui ne sont pas "facilement soupçonnables" ; réplique qui résume finalement l'intégralité du propos du film. Pour remettre un peu de contexte, nous suivons une jeune anglaise qui cherche à louer une maison reculée. Mais durant son séjour, elle fera la malheureuse rencontre de deux chasseurs qui la violent, appartenant à un groupe plus grand se serrant les coudes. Ils traquent alors leur victime dans les bois, comme du gibier. Avec que très peu de répliques, la jeune femme n'est véritablement représentée que comme une biche aux abois alors que les chasseurs, érudits et normalement civilisés, agissent en meute mais organisent surtout une véritable battue pour mettre la main sur leur proie. Voilà, c'est "tout" ce que le film raconte mais pourtant, sur une heure et demi, on s'ennuie pas ! Car sans être explicite, le film choque de par son propos de fond (avant-gardiste, encore une fois, pour les années 70 sur la nocivité et la dangerosité de ces hommes qui peuvent agir en toute impunité mais également sur un retour à l'état sauvage qui peut resurgir à n'importe quel moment, peut importe le niveau social de la personne) et cette cruauté froide. Le film est de plus porté par de très bons acteurs, autant du côté de la victime, Mimsy Farmer, que des oppresseurs dont Michael Lonsdale, Jean-Luc Bideau, Jean-Pierre Marielle etc. "La Traque" est donc un très bon film qui n'a finalement pas prit une ride !