Michael Bay ou ma tête de turc. Depuis qu'il a engendré la trilogie la plus débile et la plus indigeste de toute l'histoire du cinéma ou encore un film catastrophe capable d'être plus nul que les navets du genre, j'ai compris que le moment a choisir pour regarder un film de Bay est un moment où on a vraiment pas envie de se prendre la tête, du genre après un exam pour déstresser...Et là j'ai été surpris par The Island, qui s'est révélé à moi comme étant juste le meilleur de sa filmo (heu...je prétend pas la connaître en entier hein, je suis pas à tendance suicidaire...). L'histoire prend agréablement son temps, posant un cadre avec clarté et précision, laissant entrevoir des pans d'indices aiguisant sans cesse notre curiosité. On entre dans les suppositions et on entrevoit ainsi bien à l'avance, avec une évidente satisfaction, le secret que cache cet étrange monde en huis clos géant qui nous est présenté. L'esthétique reprend les codes habituels de la science fiction sans la moindre originalité, du blanc en intérieur omniprésent aux tenues moulantes, mais au moins ceci est fait avec efficacité. Les acteurs s'en sortent bien, Sean Bean en réussissant à créer un méchant de blockbuster plus qu'acceptable, Steve Buscani en nous servant le même ragoût aux ingrédients douteux que d'habitude, avec un héros sympathique en la personne d'Ewan McGregor, qui n'en fait pas trop, calibrant son jeu au poil près. Oui bon après je dis pas, Scarlett Johansson est toujours aussi tarte, affichant autant qu'elle le peu son expression figée de dinde hésitante. Donc la première partie m'a semblé carrément géniale, subtile et intelligente tellement je n'attendais qu'un rabâchage de puérilité américaines s'exprimant dans toute leur splendeur. On côtoie le genre de blockbuster bien foutu représenté par I, robot ou (et dans ce cas là c'est très bien foutu) Minority Report. Mais évidemment, on est pas là pour se prendre trop les méninges, hein ? En conséquence le reste est bourré d'action. Là encore, surprise, les poursuites de Bay ne sont pas dégueulasses, loin de là. Il enchaîne des plans longs bien pêchus, certes qui n'arrivent pas à la cheville de ceux de Del Toro, mais je m'attendais à du Bay quoi : une caméra qui s'agite dans tout les sens pour que l'indigestion causée par le fond se synchronise avec la forme...Ici rien de tout cela, les effets spéciaux pyrotechniques dépotent, les nombreuses scènes d'actions sont fichtrement jouissives, bref...il n'y a que l'avalanche de clichés (ah oui les bisous sous les rayons de soleil il aime ça Bay), des nombreux trucs durs à avaler (deux péquenots qui survivent à dos de camion à des bad guys armés qui leur envoie un « frêlon de combat »...à moins qu'il y ait un message sur l'efficacité du combat à l'ancienne à ne JAMAIS négliger, mais bon, j'en doute) et des incohérences. Franchement, c'est déjà beaucoup chez Bay d'avoir une matériau de base solide parsemé sur sa surface d'éraflures de débilités et non l'inverse, alors profitez bien de The Island.