Film de science-fiction écrit et réalisé par Michael Crichton, Mondwest est un bon long-métrage. L'histoire se déroule à Delos, un complexe de loisirs haut de gamme offrant à ses visiteurs des expériences immersives dans trois mondes historiques reconstitués, à savoir l'Ouest américain du dix-neuvième siècle, l'Europe médiévale et enfin la cité antique de Pompéi. Ces environnements sont peuplés d'androïdes, visuellement indiscernables des humains, programmés pour satisfaire les désirs et les fantasmes des clients. Mais alors que Peter Martin, venu découvrir le parc pour la première fois accompagné de son ami John Blane, déjà familier des lieux, choisissent de séjourner dans l'Ouest américain ou la vedette de l'attraction est un cow-boy-robot conçu pour défier les visiteurs en duel et être abattu avant de revenir le lendemain parfaitement réparé, le séjour tourne mal. En effet, les androïdes connaissent une avarie qui les rends incontrôlables et vont s'en prendre à tous les visiteurs, y compris les deux amis qui vont devoir lutter pour s'en sortir vivants. Ce scénario original s'avère prenant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et demie. L'intrigue nous plonge dès les premières minutes dans ce récit mêlant futurisme et ancien temps, ce qui donne un cocktail vraiment intéressant. Et plus les minutes défilent, plus on est pris dans ce récit qui tourne à la catastrophe pour les visiteurs pendant qu'en coulisse les promoteurs tentent de reprendre le contrôle de leurs machines. Tout cela donne lieu à des scènes intenses, notamment dans sa dernière partie qui se transforme en chasse à l'homme mortelle. Le ton se veut dans un premier temps assez détendu avant de basculer dans une ambiance hautement menaçante. L'ensemble est porté par des personnages hélas pas très attachants, interprétés par Richard Benjamin et James Brolin pour les deux amis. Mais la véritable tête d'affiche c'est bien Yul Brynner, alias le cow-boy-robot au visage impassible et au corps déterminé et destructeur. Ces trois protagonistes principaux, ainsi que ceux plus secondaires, entretiennent des rapports de force. Des échanges soutenus par des dialogues plutôt anecdotiques. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère qualitative. Sa mise en scène est assez académique mais soignée. Surtout, elle évolue dans d'excellents décors mettant en avant trois époques bien différentes, au travail de reconstitution remarquable. Ce visuel d'antan est accompagné par une bonne . signée Fred Karlin, dont les compositions aux notes atypiques ont un gros impact sur l'action. Elles renforcent grandement l'atmosphère rendue oppressante. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Mondwest qui, en conclusion, est un film méritant d'être découvert.