Malick, plus que jamais ici, arrive à appréhender l'infini dans les petites choses, la beauté de l’univers dans les détails, le grand amour dans ces petits gestes entre ces deux amants du nouveau monde. Son regard embrasse tout, l’essence de tout, la moindre des sensations, comme ce sentiment de plénitude et de découverte totale que transporte son ouverture sur le sublime crescendo de Wagner. Et pour cause, le film - et c’est ce dont il me parle d’ailleurs - semble atteindre l’affranchissement de toutes sortes de frontières, il capte l’univers dans son absence de limites. En cela, même bien après sa fin, l’une des plus belles au monde, le film semble ne pas s’être arrêté. Cette énergie infatigable, c’est cette étincelle d’humanité qu’il donne à voir, et qu’il partage généreusement avec son spectateur, cette fragilité, cette bonté, ces petits riens grands comme le monde. Cette étincelle, c’est aussi Pocahontas, le soleil de ce nouveau monde, comme au centre de tout. Probablement l'un des personnages de cinéma les plus touchants et les plus beaux : elle incarne comme jamais à l'écran une sorte de grâce et de pureté quasi-mystique, une espèce de bonté salvatrice qu’elle transpire de partout. Son interprète Q’Orianka Kilcher, divine, est au-delà de la performance d’actrice. Et Collin Farrell semble ici touché par la grâce, de la même manière que son personnage l’est par Pocahontas, incarnant ainsi dans la fiction l’émerveillement du spectateur face à cette incroyable jeune fille. Et la manière dont il se fait discret pour ménager un espace d'expression à sa très belle partenaire est réellement touchante. Bale et Plummer sont excellents comme d’habitude. Ce Nouveau Monde est miraculeux.