Ah si seulement c'était Terrence Malick qui avait réalisé « Avatar »... Quoiqu'il n'eût eu aucune raison de le faire : plus de 4 ans auparavant il nous avait déjà offert un magnifique film sur l'amour, la différence, la nature (encore et toujours) dans leurs plus simples appareils, sans extraterrestres bleus, sans images de synthèses, sans fascination pour les grosses explosions et fusillades en tous genres, sans cours de morale. Et pour un résultat bien plus heureux. Comme quoi il est possible de faire beaucoup avec peu, n'en déplaise à Mr Cameron. « Le Nouveau Monde » est peut-être le film le plus contemplatif, le plus épuré, et en cela le plus déstabilisant du génial cinéaste américain. Certes, il ne s'agit pas de son meilleur long métrage, la faute à un fond moins riche qu'auparavant et un Colin Farrell peu inspiré. Mais quelle sensibilité! Une beauté simple, évidente et grandiose à la fois, une poésie de chaque instant... Et puis quelle B.O.! La musique est choisie avec goût et acuité, la bande sonore est maîtrisée à la perfection. C'est toujours avec grand plaisir que je me plonge dans les films imaginés par Mr Malick, et une fois de plus je ne suis pas déçu : tous les sens en éveil, j'en ressors émerveillé. Il n'a pas son pareil pour filmer la nature, sans lui greffer pour autant le message écolo de service. Le cinéma de Malick est viscéral, instinctif, sauvage. Il a toujours cherché à représenter la liberté, et par la même occasion les liens qui enchaînent l'homme à sa condition et son malheur. « Le Nouveau Monde » ne fait pas exception. Il s'empare d'une histoire déjà vue et revue, qui plus est d'un conte connu de tous, mais nous emmène loin, très loin, dans les vastes étendues vierges et hostiles de l'Amérique comme au plus profond de nous-mêmes. Alors malgré ses défauts, je ne peux qu'admirer ce long métrage et être reconnaissant envers Terrence Malick pour ce sublime voyage (et vive la jeune et jolie Q'orianka Kilcher, âme du film!). A voir sans hésiter! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/