Romy Schneider est comme toujours d'une justesse subjuguante, et la caméra nous offre des scènes et des plans soignés. Je trouve que ce film vieillit mal sur sa forme mais le fond reste universel et intemporel.
Avec Une Histoire Simple, Sautet filme les errances d'un cœur perdu dans sa liberté sexuelle et sociale et fait le choix judicieux de Romy Schneider, joyaux tantôt joyeux tantôt mélancolique qui incarne à la perfection cet état de transition inhérent à la fin des années 70. Car tout semble glisser, passer d'un état à un autre ; personne ne se reconnaît dans son passé qu'il avorte pour espérer adopter un présent où rebâtir une famille loin de la brutalité masculine, une cure de jouvence parfois impensable, souvent signe d'un nouveau départ. Notons que la violence masculine signe à la fois l'aveu d'un temps ancien et la seule réaction possible à un genre pour prendre acte de la révolution alors opérante. Beaucoup de discours vides et d'assemblages verbaux creux, beaucoup de bruits et de fureur sonore peuplent le film aux longueurs voulues, faisant d'Une Histoire Simple une œuvre-témoignage, le regard d'un cinéaste sur son époque alors en pleine révolution féministe. A défaut, peut-être, de toucher l'universalité émotionnelle qu'Un Cœur en hiver incarnera si bien.
Je crois que je ne l'avais jamais vu. Un des plus beaux films (et des moins connus) de Claude Sautet. Simple, net, précis, touchant. Et Romy (second César) toujours aussi poignante. Magnifique.
C’est simple comme la vie qu’elle voudrait avoir. Car en gagnant sa liberté elle s’aperçoit qu’autour d’elle les soucis des autres retombent sur elle aussi. Le portrait est beau et touchant par sa recherche de l’amour et sa tendresse.
Un réalisateur qui sait filmer ses personnages avec tendresse et sensibilité, sans jamais juger. Pas le meilleur Sautet certes mais un beau film qui scrute avec justesse les mœurs de la société de son époque. Cesar de la meilleure actrice pour la merveilleuse Romy.
"Une histoire simple". Tout était dans le titre. Pourquoi j'ai toujours aimé le cinéma de Claude Sautet ? Parce que c'était un cinéma intelligent, nuancé et délicat. C'était un cinéma qui, fort des trois qualités énumérées précédemment, savait parler des choses de la vie avec une simplicité désarmante. Et, le plus important de tout : c'était un cinéma français jusqu'aux bout des ongles. Tout ce qui est montré ici n'est ni plus ni moins qu'une radiographie de la société française de 1978. Tout sonne juste. Quiconque l'ayant connue s'y retrouve instantanément. Le troquet, les Gauloises et les Gitanes fumées à table ou au comptoir, les verres de perniflard. S'ajoutait au tableau un fait nouveau : le chômage de masse. Et comme d'habitude, Sautet peut compter sur des acteurs qui donnent le maximum. Le trio Schneider/Crémer/Brasseur est parfait. C'était un exemple parmi d'autres de l'époque de ce qu'était le vrai et bon cinéma social français.
CE QUE JE CROIS. Le mouvement féministe en marche avec Marie, Anna, Esther et les autres. La vie c'est demain. Sautet comme d'habitude décrit les peines de la figure sociale avec son histoire endommagée par une réflexion critique d'une liberté indomptable. Françoise Giroud a du aimé.
J’avoue être quelque peu imperméable au cinéma de Claude Sautet : cette chronique bavarde qui décrit la vie de votre voisin et de ses amis, avec ses amours fluctuantes, ses problèmes de boulot, ça ne passionne pas et on se sent étranger au propos. Ne parlons pas, dans les années 70 de tous ces gens le verre et la clope à la main, vraiment pénible. Reste le casting, mais c’est peu.
Une histoire simple. Comme tous les films parigos parisiens, ce film reste très nombrilisme. Mais là ce film reste très bien réalisé et très bien interprèté. C'est l'oeuvre de Claude Sautet. Les figurants restent très bien gèrés, en particulier dans les cafés parisiens. Le scénario se focalisent sur l'immense Romy Schneider. Le film prend automatiquement de l'ampleur. Des phases arrêtées sur son extrème beauté. Il y a Claude Brasseur et Bruno Cremer, des classiques du cinéma français. Une ambiance sobre et un rythme assez lent. De très bons dialogues. Un très bon boxe office, avec 2,5 millions d'entrée. Le charisme de l'actrice principale.
La vie de Marie n’est pas un long fleuve tranquille et donc pas non plus une histoire si simple. Marie est une femme moderne et indépendante ; elle avorte de son amant, seule à l’hôpital avant même d’avoir actée sa séparation ; elle a un fils de 16 ans d’un premier mari avec lequel elle est en toujours en bon terme. Après « Vincent, Paul… » ; Sautet met la femme, sa condition et ses nouvelles aspirations au cœur du film. On est en 1978, le débat sur l’avortement vient d’être clos, le divorce n’est pas rentrée dans les mœurs ; Sautet accompagné par Dabadie au scénario propose un vrai portrait avant-gardiste de femmes modernes de cette époque. Marie se saisit à pleine main de cette liberté même si parfois on la sent perplexe devant autant de possible. Et c’est ce portrait de femmes résolument indépendantes et modernes qui est avant-gardiste dans ce film et qui en fait un témoignage fort d’une époque. Après ce n’est pas le meilleur Sautet ; réalisateur qui recycle ici sans trop d’envergure ses vieilles habitudes : alcool, clopes, bar enfumés, verres claquants sur le zinc, caméra observant derrière une vitre ou à travers un miroir, cadres supérieurs dans leurs maisons de campagne, repas de groupe,… Et tout ceci sans entrain. Là où il excelle dans ce film ; ce sont dans les scènes assez muettes où regards, postures, gestes prennent une dimension supérieure au texte. Quand sa caméra s’éternise, Romy Schneider offre une intention, une intonation, une expression riche de sens ; une palette de jeu inouïe qui lui valut le César. Bruno Crémer, du côté masculin, est le seul à rivaliser d’autant de nuances en face d’elle. La scène sous le porche sous la pluie ; première scène dans laquelle Schneider/Cremer se croise ; est d’une intensité rare tout en étant pauvre en dialogue. Aussi des phrases de rupture dont fait partie la lettre adressée par Marie à Serge sont cinglantes et intelligentes ; se démarquant d’un flot de banalité. A voir comme le témoin d’une époque. tout-un-cinema.blogspot.com
J’adore Romy Schneider mais dans ce film pas tant que cela. Elle parait fade et son jeu n’a pas l’air naturel, tout comme celui des autres acteurs en général. Le film me paraît complaisant.
La vie, les rencontres, les amours, les drames... Un film bien français, mettant les femmes et les sujets féminins en exergue, un rôle sur mesure pour Romy Schneider toute en naturel, et l’occasion d’apprécier une des rares apparitions de la regrettée Sophie Daumier au cinéma.
Dans ce long-métrage qui valut à Romy Schneider un César mérité en 1979, Claude Sautet développe les thèmes simples et humains qui lui sont chers : l'amour, l'amitié, le travail, le sens de la vie, la place de chacun dans la communauté. Sa brochette de personnages est tendre et attachante. Ce beau "film de femmes" offre par ailleurs une photographie intéressante de la société française de la fin des années 70, en particulier des évolutions liées à la loi Veil sur le droit à l'avortement.