Je ne suis pas un grand admirateur de Claude Sautet mais en plus dans Garçon il est en petite forme. Le film ne raconte pas grand chose, il laisse juste Yves Montand faire son numéro de vieux beau à un point tellement exagéré que je n’ai pas cru à son personnage et me suis rapidement désintéressé de ce qui pouvait lui arriver. En revanche les seconds rôles et Jacques Villeret en tête sont plutôt bons malheureusement ils sont vampirisés par Montand et la manière de le filmer de Sautet qui les laisse en arrière plan. Techniquement parlant ça n’est pas terrible non plus, beaucoup de plans sont bâclés notamment les scènes de voiture qui semblent d’un autre âge. Il y a quand même bien mieux à voir si on veut découvrir le réalisateur (un mauvais fils par exemple qui est le meilleur que j’ai vu à ce jour).
3 étoiles pour ce film qui analyse les rapports humains. Un rôle taillé pour yves montand qui est très à l'aise (comme toujours) ce n'est pas le grand film mais se laisse regarder
Ce n'est surement pas le meilleur film de C. Sautet ni même le plus connu, mais cela reste une bonne mouture. Y. Montand avec sa fougue et son sens du rythme en impose dans son rôle de serveur: les scènes où il sert les clients dans la brasserie sont très rapide grâce à lui. En opposition, J. Villeret, rondouillard, jovial et un peu plus mou fait un très bon contre-balancier et tous les deux forment une jolie paire. Le scénario de J. L. Daboudie est assez peu intéressant: un ancien danseur de claquettes qui se reconvertit en garçon de café, puis décide de créer un parc d'attraction sur un terrain en bord de mer hérité de son père, tout ça en gérant une multitude de petit problèmes notamment ses problèmes de cœur. C'est donc du Sautet et rien que pour ça, ça vaut le détour.
Comédie romantique et typique des années 70 et 80 faisant la part belle à Yves Montand qui crève l’écran dans un rôle proche de celui de César et Rosalie. Elégant, positif, simple mais efficace dans sa structure, un vrai film de Claude Sautet. Nostalgie d’un temps où le cinéma français savait envoyer des ondes positives sans tomber dans le lourd dingue et le cliché.
La très bonne idée est d'avoir centré l'histoire dans le milieu de la restauration. Les scènes de restaurants sont très bien filmées et les acteurs-serveurs tourbillonnent devant la caméra dans une chorégraphie cinématographique amusante. Yves Montand toujours aussi délicieux et charmant dans un rôle fait pour lui. Après on ne sait pas trop où l'histoire veut nous mener et on finit le film avec l'impression d'avoir passé un bon moment mais sans trop savoir ce qu'on a voulu nous raconter finalement
Claude Sautet, bien plus performant pour ses films noirs et/ou dramatiques (« Un mauvais fils » n'est pas loin), nous sert ici une oeuvre légère. Nous sommes donc devant quelque chose d'assez inégal : une romance trop mélancolique ou un drame social pas assez tragique. L'oeuvre centre son intrigue dans le milieu de prédilection de Sautet : les bars ! Bon si les acteurs sont excellents, le film m'a paru fort simple au niveau de son histoire et de sa conclusion qu'on devine très vite ! Le plus intéressant dans l'oeuvre, ce sont finalement les quelques séquences basées sur les différences sociales notamment la petite discussion « dispute » autour d'un souper. Les quelques débats entre Villeret et Montand passent bien également... J'avais plus de mal avec la romance qui se montre malheureusement centrale. Le film demeure amusant de bout en bout même si jamais transcendant.
Irradiante Nicole Garcia, Montand plutôt bien, Villeret parfait, Bernard Fresson à la présence énorme, mais finalement un film qui a plus vieilli que je ne croyais, malgré la maestria et le regard humaniste de Claude Sautet, cinéaste français parmi les grands de mon panthéon personnel.
Une dizaine d'années après César et Rosalie et Vincent, François, Paul... et les autres, Claude Sautet retrouve une dernière fois Yves Montand pour Garçon ! où ce dernier, un ancien danseur devenu garçon de café, rêve de construire un parc d'attractions en bord de mer.
Yves Montand est ici en terrain connu tant son personnage fait penser à celui de César dans César et Rosalie, que ce soit dans les gestes ou le caractère. Sautet braque sa caméra sur lui et, dès la première séquence dans le café, nous immerge dans sa vie où l'on naviguera entre femmes, amis et rêve. Peu à peu, il va se concentrer sur une relation naissante entre lui et Claire, qu'il avait jadis connue et qu'il retrouve, et espérer partager ses souhaits, et sa vie, avec elle.
Si Garçon ! est loin d'être l'un des films les plus mémorables de Sautet, notamment à cause d'un manque de dramaturgie fort, il n'en reste pas moins un film maitrisé de bout en bout, intéressant à plus d'un titre et mis en scène avec justesse et intelligence. Le metteur en scène de Classe tous risques étudie bien ce personnage, le rendant même attachant et tout le long intéressant grâce à ses dilemmes, objectifs et rencontre. La galerie l'entourant est pleine de vie et il bénéficie de l'apport de chacun, qu'il soit minime ou non. C'est surtout sa vie qu'il met en avant, et la vie en général avec les dilemmes qui vont avec, ce que l'on retrouve souvent chez Sautet et qui est encore très bien traitée, donnant à l'oeuvre un sentiment de temps qui passe et qu'il faut faire les bons choix aux bons moments.
On retrouve toute la justesse et sobriété de Sautet, ne tombant jamais dans un quelconque excès tandis qu'il capte à merveille le contexte de son film, tant dans la ville de Paris que les questionnements d'Yves Montand. D'ailleurs ce dernier porte le film sur ses épaules dans un rôle qui semble écrit sur mesure pour lui, sachant parfois se faire drôle mais aussi ressortir l'émotion de son personnage, souvent à travers un simple regard ou geste, montrant à nouveau quel immense acteur il était. Il est plutôt bien entouré, notamment par Nicole Garcia, Rosy Varte, Bernard Fresson ou un sobre Jacques Villeret.
Si Garçon ! n'est pas forcément un film majeur de l'immense Claude Sautet, il n'en reste pas moins une oeuvre très appréciable, notamment pour sa façon de filmer la vie, toujours remarquable et d'une grande justesse et intelligence, ici emmené par un Yves Montand à son aise, comme souvent.
Très joli film sur la vie, sur les rencontres. Très tendre et doux sur l'amour et les déceptions. Un vrai plaisir de voir Montand et une belle réussite.
"Garçon!" est considéré comme un film mineur dans l’œuvre de Claude Sautet. Sans doute à cause d'une certaine légèreté à laquelle l’auteur des « Choses de la Vie » et d’ « Un mauvais fils » n’avait pas habitué son public. Tout le monde se délecte en parlant de Sautet, de sa formidable capacité à rendre l’ambiance des brasseries, cafés et restaurants; endroits où s’expriment le mieux les petites et grandes choses de nos vies symbolisées dans le film par un couple de clients de la brasserie que l'on suit furtivement à quatre reprises à différentes étapes de leur relation . Il est donc paradoxal que « Garçon ! » où Sautet rend spécifiquement hommage à ses lieux de prédilection dans lesquels il a placé beaucoup de scènes phares de ses films soit à ce point mésestimé. Peut-être parce que Sautet lui-même avait quelques ressentiments envers « Garçon ! » qu’il n’avait pu mener complètement à sa guise, devant passer sous les fourches caudines des exigences de Montand alors au fait de sa gloire qui très soucieux de son image avait dans un premier temps refusé d’apparaître en « loufiat », puis imposé un substrat intellectuel et des conquêtes féminines assez peu crédibles à son personnage. Il ressort pourtant de ce mélange de contraintes une formidable ode à la vie et un touchant portrait d’une profession que l’on côtoie tous les jours sans vraiment en comprendre l’essence profonde, bâtie sur une solidarité sans faille qui permet au navire qu’est un restaurant d’arriver tous les jours à bon port. Une unicité de pensée et d’action que matérialise parfaitement Sautet, donnant à voir un ballet dont la chorégraphie se réécrit tous les jours grâce aux danseurs que sont les serveurs qui se faufilent entre les tables, le bras tendu au-dessus de leur tête où subsistent la frénésie du service et les soucis du quotidien qu’ils retrouvent le soir venu alors que les jambes ne demandent qu’à se reposer des petits pas incessants de la journée. Montand joue donc Alex, chef de rang dans une brasserie parisienne autrefois danseur de claquettes qui la soixantaine venue semble attendre avec un fatalisme teinté d'inquiétude le lent déclin qui s'annonce. Pour pallier à sa solitude, il a recueilli chez lui Gilbert (Jacques Villeret) un jeune collègue empêtré dans une histoire sentimentale inextricable l'amenant à gérer simultanément deux foyers. Séducteur (encore une exigence scénaristique de Montand faite à Dabadie et Sautet), Alex additionne les conquêtes sans grande conviction sur sa capacité à s'engager durablement sur le long terme. Sa relation avec Claire (Nicole Garcia) change un peu la donne, Alex étant en état de fragilité en raison de la différence d'âge mais aussi de l'écart de niveau social et culturel dont il pressent qu'ils l'éloigneront inexorablement de la jeune femme. Toute cette menue détresse cachée derrière le panache et la gouaille est magistralement rendue par un scénario qui semble s'être enrichi de ses avatars d'écriture et des montages plus serrés que Sautet a effectué au fil des ans pour le rendre plus percutant. Mais encore une fois chez Sautet c'est la direction d'acteurs qui subjugue, de Bernard Fresson tout à la fois roboratif et touchant en chef cuisinier tyrannique au grand cœur, à Nicole Garcia dont le magnétisme froid est savamment distillé en passant par Jacques Villeret lunaire à souhait qui se révèle tel un Stradivarius entre les mains expertes du réalisateur. Un Villeret dont Montand toujours retors et clairvoyant craignant qu'il lui vole la vedette a fait en sorte que son rôle ne lui face pas trop d'ombre. Montand dont il faut reconnaître en dehors des petits travers de diva difficilement supportable chez le chantre de la gauche prolétarienne et humaniste, qu'il donne ici une de ses meilleures prestations, solidement tenu en laisse par un Sautet qui contrairement à De Broca ("Le diable par la queue" en 1969 ou à Pinoteau ("Le grand escogriffe" en 1977) ou) a su contenir le cabotinage frénétique qui le prend dès qu'une caméra est posée sur lui. Pour toutes ces raisons "Garçon!" est à placer parmi les grands films de Sautet dont la filmographie assez ramassée (14 films) ne souffre pas il faut bien le reconnaître de beaucoup de lacunes.
Je n'ai jamais été un hyper-fan de Claude Sautet, et ce n'est pas avec "Garçon !" que ça va s'arranger car il y a tous les défauts habituels de son cinéma (lenteur inutile du rythme, aspect technique incroyablement bâclé si on excepte les films qu'il a tournés avec Lino Ventura et l'impressionnante scène de l'accident dans "Les Choses de la vie" !!!) auxquels on peut ajouter cette fois un scénario faiblard et le fait que, si on excepte celui joué par Jacques Villeret qui arrive de temps en temps à tirer son épingle du jeu, aucun personnage n'existe réellement tellement ils sont écrasés par Yves Montand ; du point de vue des femmes notamment c'est un gâchis. Nicole Garcia n'est pas assez pétillante pour son rôle, l'excellente et partie beaucoup trop tôt Dominique Laffin apparaît trop peu, et pour Marie Dubois on a juste l'impression qu'elle fait de la figuration. Reste le charisme d'Yves Montand même si de sa part son interprétation donne un air de déjà-vu, celui de Jacques Villeret qui arrive donc de temps en temps à s'imposer, et puis une très bonne séquence d'intro dans la brasserie, lors du service alors que l'établissement est bondé, très bien filmée et très réaliste ; dommage que la suite soit très loin d'être du même acabit. Bref, on a très vite envie de demander l'addition et de partir...
"Garçon !" est une comédie douce-amère de Claude Sautet qui a pour objet principal la vie sentimentale mouvementée de Alex (Yves Montand), serveur dans un restaurant. Malgré une intrigue relativement faible, le film parvient à distraire grâce au talent de ses comédiens et à un juste équilibre entre son action principale et son action secondaire. Mais il est certain que "Garçon !", dont la fin est étrangement abrupte, aurait mérité une mise en scène plus élaborée qui aurait peut-être mieux mis en évidence ses enjeux narratifs. Un film pas déplaisant mais franchement mineur dans la filmographie de Sautet.
Un Sautet un peu raté, qui n'a ni la saveur, ni la portée sociologique du reste de sa filmographie. La faute sans doute à un scénario un peu trop plat (ça n'a jamais été la spécialité de ce réalisateur mais ici c'est encore plus flagrant). Reste la belle prestation d'Yves Montant qui illumine le film dans ce rôle de serveur vieillissant mais plein de charme. Sa performance parvient presque à éclipser tous ses autres partenaires, sauf Villeret, très convainquant dans un rôle difficile. Bref, un petit film sympathique mais tout à fait dispensable.