Un an avant "Le Parrain", Al Pacino a déjà joué dans un film culte en l’occurrence "Panique à Needle Park". Le mot "Panique" ne renvoie pas ici à une quelconque catastrophe mais plutôt au langage utilisé par les drogués pour désigner une pénurie de came. Dès son deuxième film, Jerry Schatzberg signe un classique instantané, plongée hyper réaliste au sein des bas-fonds New Yorkais. Par son aspect quasi documentaire, il nous livre une sociologie de ce quartier et son groupe social. En réalité, "Panique à Needle Park" vient sonner la fin d'une époque ; loin de l'ambiance détendue, gaie et musicale des années soixante, Schatzberg dépeint des hommes et femmes à l'agonie, violents et constamment sous tension. Leur vie quotidienne se résume ainsi à de la prostitution, des overdoses et des piqures longuement filmées en plan fixe à la limite du soutenable. Le tout sans le moindre morceau musical ; une superbe introspection.
D'abord une petite précision a propos du mot panique du titre qui fait référence aux périodes durant lesquelles ,chose qui peut sembler étonnante de nos jours ,y a plus de drogues sur le marché mais on est en 1970 début de ce commerce a l’échelle industrielle.Bon sinon c'est une histoire d'amour complexe sur fond de piquouses donc c'est glauque et triste mais les dernières images laisse l'idée d'un possible sauvetage de ce couple que la drogue a détruit.Les interprètes sont très bon dont bien sur le grand Alfred Pacino dans son premier grand rôle celui d'un petit malfrat complètement accro a la poudre et a sa nana ,elle qui va plonger a son tour dans cet enfer.Beaucoup de silences,une musique rare et un rythme lent retranscrivent bien la misère de toute une population mais le coté parfois documentaire dérange et les tensions perpetuelles du couple entre piqures et prostitution finissent par lasser , ça reste un bon film sur le milieu de la drogue mais pas le meilleur.
Aujourd'hui même si le film semble un peu long par moments on s'aperçoit que concernant le sujet principal, la drogue, le scénario n'a pas pris une ride et qu'il n'a pas à rougir de la comparaison face aux productions récentes. En plus les interprétations superbes de Al pacino et Kitty Winn ajoutent une dose d'humanité absente dans beaucoup de films du genre.
Le thème de la drogue, avec l'illustration de ses pratiques et de ses addictions, avait cessé d'être tabou dans le cinéma US depuis le milieu des années 1950 (L'Homme au bras d'or, Otto Preminger). Jerry Schatzberg a ainsi pu l'aborder librement, frontalement, même si son film a quand même été interdit aux moins de 17 ans aux États-Unis. Il l'a abordé dans l'esprit du Nouvel Hollywood dont il a été l'un des fers de lance : immersion dans un milieu underground, captation réaliste, nerveuse, d'une tranche de misère sociale et de détresse humaine. Ici, pas de voyeurisme, pas de "mélodramatisation" (comme pourrait le suggérer la base-line de l'affiche), mais un regard attentif et compatissant. Ce regard l'emporte sur quelques faiblesses du scénario et valorise par ailleurs la performance des acteurs : Kitty Winn, touchante, et Al Pacino, sur les nerfs.
Deuxième film du photographe Jerry Schatzberg, «The Panic in Needle Park» (USA, 1971) est l'un des films pionniers sur la drogue. Traitant de façon beaucoup plus réaliste que ne l'ont fait Danny Boyle («Trainspotting» (Grande-Bretagne, 1996)) ou Darren Aronofsky («Requiem for a dream» (USA, 2001)), «The Panic...» est tiré d'un livre et demeure le fruit de recherche faite par Schatzberg lui-même. Si les recherches autour du milieu de la drogue new-yorkaise est essentielle, c'est car elle transparaissent à l'écran. Soutenu par une caméra qui filme souvent au plus près des visages, qui vient accompagner la seringue pénétrant dans la veine, l'histoire nous atteint par la promiscuité avec le spectateur qu'installe la réalisation. On ressent Bobby (premier grand rôle au cinéma d'Al Pacino) et Helen (Kitty Winn) à nos côtés, grâce à l'acuité intense de l'oeil de Jerry Schatzberg. Loin de la diabolisation de «Trainspotting» ou de «Requiem...», «The Panic in Needle Park», vêtu d'un voile quelque peu documentaire, nous expose stricto sensus les affres de la drogue, le quotidien d'un drogué et la décente dans la dépendance. Impossible de parler véritablement de descente aux enfers ici tellement le cinéaste réussit à ne pas stigmatiser son film. Cependant ceci n'empêche pas le film d'avoir un propos anti-drogue. La fin s'en veut pour preuve, s'achevant brutalement, où la dernière réplique est : «And well... ?» : «Et maintenant... ?». Finissant ainsi son oeuvre, Schatzberg laisse le tout en ouverture, ne laissant qu'au couple de drogués la solution du cercle vicieux, sans autre issu qu'un perpétuel recommencement. La drogue ne mène nulle part, sinon de là où on vient. Pour Schatzberg donc, la drogue est tout sauf un échappatoire, c'est surtout un ancrage inébranlable dans sa condition. Enfin le film est dotée d'une photographie salie, manière classique mais efficace de transcrire le fond par la forme. «The Panic...» est un des films les plus exemplaire sur le milieu des drogués.
"Panique à Needle Park" nous fait suivre la descente aux enfers de deux junkies. C'est entre pénurie de drogue, omniprésence des flics ou encore "joie" de l'amour que ce couple va devoir survivre. C'est aussi leurs quotidiens. Par moment c'est presque un documentaire, mais c'est toujours bien fait. Le film est captivant, déjà par son ambiance morbide, et surtout réaliste (ce qui par moment fait froid dans le dos), et aussi par son suspense, l'évolution du couple est incertaine, jusqu'à une bonne fin. Par moment j'ai quand même un peu regardé ma montre, le film aurait pu être raccourcie de 15 minutes (notamment au milieu, avant la rencontre avec entre Helen et le flic), mais dans le fond ce n'est pas trop grave. Mais malgré plusieurs scènes "choc" j'ai trouvé que ça manquait un peu d'intensité dramatique, alors que le sujet est propice pour ça, même si ça reste un film fort. L'autre force du film, c'est Al Pacino, sa composition est époustouflante, que ce soit dans les moments dramatique ou ceux un peu plus heureux. La rare Kitty Winn aussi est excellente, au même titre que Pacino. Un bon film, agréablement surpris, qui fait peur par son réalisme.
Effrayante plongée dans la vie d'héroïnomanes new-yorkais. Un voyage dur et sans concession dont on se remet difficilement, qui révéla l'immense Al Pacino.
Le New York crado et sordide des années 80, des acteurs convaincants, c'est réaliste certes, mais le film dans son ensemble est d'un ennui, c'est creux, interminable, et je ne pense pas qu'il va rester dans ma mémoire.
Pour les camés, la panique n'est pas la peur. Elle est ce stade de l'addiction où quand la dope vient à manquer, ils sont prêts à tout pour avoir leur dose. Alors, "Panique à Needle Park", vraiment une histoire d'amour ? Oui, mais sans l'être vraiment. Il faut voir ce film comme il l'a toujours été : comme une peinture sans fards d'une société américaine du début des années 70 qui était alors complètement à la dérive, entraînant avec elle sa jeunesse dans une spirale infernale. Ça n'a jamais été dit, du moins pas que je m'en souvienne, mais Schatzberg réalisait un vrai coup de maître. Parce que tout en donnant à son film une allure très abrupte (et parfois presque documentaire), il arrivait à donner quelque chose d'à la fois triste et gai, à la fois beau et laid, à la fois nihiliste et optimiste, à la fois tendre et cruel. Tout ça sonne vrai, tout simplement. Et n'importe quel film se voulant être vraiment réaliste alternera toujours le blanc et le noir, y compris avec les sujets qui ne s'y prêtent pas. C'était le premier rôle de Pacino, qui déployait déjà son jeu puissant. Le début d'une grande carrière que tout le monde connaît.
En optant pour un ton documentaire via une mise en scène très épurée voire absente le réalisateur nous coupe de la réalité potentielle de ces personnages pourtant dépeints avec un lucide réalisme, n'entraînant guère de réactions au long de leurs péripéties héroïnomanes malgré les prestations impeccables d'un casting mené par un fort charismatique Al Pacino. Une mise en lumière osée pour l'époque mais surpassée depuis.
Le film colle à ses personnages comme une seringue à la peau. Al Pacino, déjà incandescent au tout début de sa carrière, crève littéralement l’écran. Mais le scénario, à force de répéter les mêmes errances et rechutes, finit par tourner un peu en rond. Reste une œuvre brute, poisseuse, témoin d’une époque et d’une descente sans issue.
New-york des années 70, la gueule de bois après l'euphorie "peace and love" de Woodstock. Un nouveau réalisateur filme au plus près la faune accro à l'héroïne, dans les appartements sordides du haut de Manhattan. Il déniche une nouvelle actrice Kitty Winn, qui méritera largement son prix d'interprétation à Cannes, au vu de sa très convaincante composition de la compagne d'un jeune dealer, joué par un nouvel acteur qui va exploser à partir de ce film. Al Pacino est monté sur des ressorts, plaisante, jure, castagne, menace et finalement cède à l'emprise grandissante de la drogue, dans un combat perdu d'avance :tenir le manque ou obtenir la came. A n'importe quel prix. Aucune musique n'accompagne des images répétitives et intolérables des piqûres faussement libératrices. Schatzberg nous épargne la violence physique de la fin tragique d'une overdose, ou d'un règlement de compte entre dealers. Maisspoiler: l'obligation de balancer aux flics est-elle une issue moins violente? Le spectateur ressort sonné, on se requinque en disant que c'était une certaine époque. Bullshit.
Les histoires d'amour finissent mal en général. Jerry Schatzberg, qui s’était déjà intéressé dans son précédent film aux dérives de la toxicomanie, retrouve avec « Panique à Needle Park » un sujet qu’il connait bien. Mais loin du strass et des paillettes du show business qui pouvaient encore donner l’illusion dans « Portrait d’une enfant déchue », « Panique à Needle Park » ressemble davantage à une plongée quasi documentaire dans le milieu des junkies new-yorkais et de leur misérable quotidien. Résolument âpre et dur, le film est ainsi une sorte de plongée ultra-réaliste dans l’univers des toxicomanes. Une sorte de descente progressive au fin fond des enfers dont Schatzberg ne nous épargnera aucun détail, aussi choquant soit-il (seringues dans les veines, incroyable scène d’overdose, femmes qui se prostituent pour payer leurs doses), qui conduira les protagonistes vers leur propre déchéance (la fraiche et douce Helen se retrouve rapidement avec le même regard vitreux et le même comportement de zombie que ses camarades) et sans aucun espoir de retour (à l’image de ce chiot qui à peine adopter préfère aller se noyer que de rester avec ses maitres). A l’opposé de l’image des sixties des hippies pacifiques et joyeux s’adonnant aux drogues douces et à la fumettes, le réalisateur signe ici un film mélancolique et désespéré, qui marque en quelque sorte la fin d’une époque. D’ailleurs, « Panique à Needle Park » trouve un étrange écho dans d’autres films du Nouvel Hollywood qui sortiront à la même époque, tel le « French Connection » de William Friedkin qui sort la même année. Il annonce aussi, de manière plus indirecte et plus insidieuse l’hécatombe à venir des années SIDA. Cette fois c’est sûr, le rêve américain est bien mort. Autant que l’idéal libertaire, pacifique et psychédélique de la jeunesse américaine.
Une plongée totale et sans concession dans l'enfer de la toxicomanie, où l'on suit les malheurs de deux paumés ( Kitty Winn et Al Pacino tous deux excellents).
J'avoue que je suis assez déçue par ce film... alors certes Al Pacino est incroyable comme d'habitude car il incarne ce personnage de toxico avec brio mais le film en lui même m'a assez ennuyé.. en fait je crois que je n'aime pas les années 70 dans le cinéma car je trouve les scènes longues, les dialogues pas très intéressant et les scénarios fort maigrelets mais bon ça n'est que mon avis... mais bon je suis quand même contente de l'avoir vu rien que pour mon Al adoré !