Quelle belle surprise que ce film. Henri-Georges Clouzot ose un sujet risqué (masochisme, perversité, ...) et s'en sort à merveille. Il filme les décors, objets et corps de manière très subtil et rend érotique chaque mouvement et dialogues. Laurent Terzieff est parfait pour ce rôle et Elisabeth Wiener est pas mal non plus. Il y a plusieurs scènes qui sont des tout grand moments de cinéma.
La Prisonnière est certainement le plus singulier des films de Clouzot et le moins abordable personnellement j'ai eu du mal avec ce film bien qu'il soit difficile de ne pas être captivé car l'originalité est toujours à saluer au cinéma surtout dans le cinéma français parfois frileux. Clouzot donne l'impression de se lâcher dans un film complexe.
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3,5
Publiée le 29 novembre 2011
"J'espère quelle est jolie au moins ? C'est pas le plus important ! C'est quoi alors ? Qu'elle soit soumise !"...Dernier film du grand Henri-Georges Clouzot qui abordait pour la première fois la couleur, "La prisonnière" met en scène un photographe amateur de femmes enchaînèes avec des scènes de soumission (Dany Carrel, très impressionnante dans la sèance photo) qui portèrent un coup sèvère à la censure de l'èpoque! Très vite, le cinèma èrotique devient un vèritable genre en soi, attirant le grand public et les rèalisateurs s'enhardissent tels que Clouzot en 1968! Laurent Terzieff est particulièrement ambigu dans ses jeux pervers de la soumission et du voyeurisme! Quant à Elisabeth Wiener, elle prête sa prèsence sensuelle et connaît, en cette annèe de bruit et de fureur en France, son heure de gloire en ètant cette "prisonnière" dans une descente aux enfers de la perversion rèalisèe par un Clouzot en pleine possession de ses moyens...
Le dernier film de Henri-Geoges Clouzot est la preuve même qu'il est un réalisateur hors du commun, unique en France. Difficile de parler de ce film... "La Prisonnière" ne ressemble à rien de ce que l'on connait avant cette période, du moins en France... Plastiquement, Clouzot use à merveille de l'art contemporain pour donner un aspect visuel original au film. Tout en symétrie, haut en couleurs, aux cadres parfaits, c'est visuellement époustouflant et ça peut faire penser à du Antonioni. Et pas que dans la forme, le fond est tout aussi surprenant et osé. Le réalisateur français explore en profondeur l'esclavage dans la relation sexuelle... Tout comme le personnage de Stanislas, le photographe intellectuel rigide, incarné brillamment par Laurent Terzieff, le spectateur est voyeur. Les corps des femmes se dénudent, on les voit se dénigrer, prendre "du plaisir dans la honte"... Tout est obsédant et déstabilisant. Rien que la séquence initiale où l'on voit un homme manipuler doucement des petites figurines de femmes nues, ou encore pendant la séquence psychédélique du rêve, pendant le coma de Josée, à la toute fin du film. Une vraie perle rare.
Pour son dernier film, Clouzot choisit de prolonger sa recherche initiée dans Le Mystère Picasso, avec une nouvelle réflexion sur le regard et les images… Regard dans un premier temps du voyeur, celui qui prend les photos et qui fascine par le simple fait de poser son regard sur un corps soumis… Ce n’est d’ailleurs absolument pas un film sur le sado-masochisme comme l’ont cru certains, bernés par l’illusion d’optique créée par le réalisateur, épris d’art cinétique au point d’en délirer dans une fin très esthétique… C’est un film sur la possession engendrée parfois par l’amour, qui n’est pas sans rappeler Le Repos du guerrier, de Vadim. La différence (de taille) est qu’ici nous avons affaire à un véritable cinéaste… Laurent Terzieff et Bernard Fresson sont superbement dirigés et rendent une copie très honnête mais c’est vers Elisabeth Wiener, belle et sulfureuse, que convergent tous les regards… On se prend à regretter pour elle une carrière trop confidentielle car, au vu de sa performance ici, il est certain qu’elle méritait mieux.
Le dernier film d'Henri-Georges Clouzot est un film plus fascinant que malaisé sur le sado-masochisme. En effet, le réalisateur soigne tellement la forme de son oeuvre en y incrustant des recherches formelles (qu'il n'avait certainement pas pu mener à bien pour "L'Enfer"), notamment dans la scène du coma, ce qui le rend parfois quasi-hypnotique. Laurent Terzieff est excellent mais c'est sans conteste sur la très belle Elisabeth Wiener que Clouzot concentre son regard, et donc le nôtre, en nous la filmant et nous la dirigeant admirablement. Même si le film ne donne pas l'impression d'être entièrement abouti, c'est un remarquable final a une des plus brillantes carrières de cinéaste.
Un très "gros" film de Clouzot, ambitieux , avant -gardiste pour l'époque.. Un sujet osé et sexy pour l'année 1968, charnière.. Laurent Terzieff dans un de ses meilleurs rôles de cinéma , tout en délicatesse, en finesse: l'intellectuel introverti, un peu voyeur, qui veut jouer le mentor avec une jeune fille sur le chemin de la modernité.. Une aspiration S.M. douce , du voyeurisme soft, on est dans les années pré 70's , ou l'échangisme et les pratiques sexuelles "déviantes" ne passent pas encore en "prime" à la TV.. Terzieff qui ne voulait vivre que du sensuel tombe amoureux, et cela entrainera un dénouement tragique. L'image est superbe , d'une beauté étourdissante. Les couleurs jaillissent et l'art moderne explose. La séance du vernissage de la galerie est picturalement une merveille : un labyrinte Kafkaien. Il y a du Kubrick dans ce Clouzot, dans la recherche de la perfection du pictural et dans la tentative d' analyse des trèfonds de l'âme humaine.Un film très fort très ambitieux, malheureusement trop méconnu.. Elizabeth Wiener et Darrel sont toutes les deux mignonnes; ravissantes et parfaitement dans l'air du temps.La direction d'acteur est excellente. Du brio , de l'éléangance et une réflexion intéressante sur le thème classique de " l'amour physique est sans issue".. A voir absolument , un "must" de toute culture cinématographique..
Clouzot passe à la couleur dans ce film et ça flash. Il n'hésite pas à choquer le bourgeois avec des scènes rares pour l'époque. A voir si on n'a le temps.
Valeurs bourgeoises, bien pensant, libertés : H.G.Clouzot, grâce à superbe couple en tête d'affiche, réussit avec une intelligence et une efficacité frappantes son entreprise de démolition intellectuelle. Une oeuvre d'un intellect superieur.