"I find the impossible far more interesting."
Toujours écrite par Michael Hirst (en collaboration avec William Nicholson, co-scénariste du Gladiator de Ridley Scott, 2000) et réalisée par Shekhar Kapur, cette suite d'Elizabeth commence avec plus de couleurs encore, une emphase de costumes et quelques contre-plongées, pour magnifier Cate Blanchett dans l'un des rôles qui ont fait connaître son inestimable talent au grand public, celui de la Reine Vierge, Elizabeth Ière, 9 ans après le premier volet.
D'une Renaissance se débarrassant encore mal des scories du Moyen-Âge, on pénètre immédiatement les Temps Modernes grâce à l'apparition de Sir Walter Raleigh, pirate revenu des Amériques après avoir fondé ce qui deviendra la colonie de Virginie en l'honneur du statut marital de la Reine. Si Cate Blanchett incarne à la perfection les doutes et les élans d'Elizabeth Ière, si Geoffrey Rush est plus que convaincant en maître espion dévoué, si le reste de la distribution joue proprement, on regrettera que le bellâtre fadasse du film précédent, Joseph Fiennes, ait été remplacé dans un rôle assez similaire par un autre bellâtre fadasse, Clive Owen.
Quoi qu'il en soit, le résultat final est assez réussi si l'on fait exception des raccourcis historiques : un sérieux mélange dans les dates et les événements, comme le mariage secret de Raleigh et de Bess et l'invasion avortée de l'Invincible Armada, et la disparition de personnages pourtant avérés comme Robert Dudley ou William Cecil. Enfin, on regrettera aussi l'absence totale de références culturelles, l'Âge d'Or recouvrant une période qui a vu éclore bon nombre d'artistes, au premier rang desquels Shakespeare.
Sans être un chef d'oeuvre, ce deuxième volet de la vie d'Elizabeth Ière est un film à la fois beau et intelligent.