La saveur de la pastèque était l'un des rares films que je n'avais pas vu jusqu'au bout car je m'endormais devant. Et finalement c'est sans doute un mal pour un bien, car je ne pense pas que lorsque j'ai tenté de le voir pour la première fois j'aurai apprécié autant que cette fois ci. Alors certes, j'ai sans doute préféré Goodbye, Dragon Inn, sans doute car il était plus court, plus concentré et que la thématique du cinéma me parlait plus.
Reste qu'on a là un film extrêmement sensuel et érotique. J'aime le climat, l'ambiance qui se dégage du film, ce côté chaud et moite, lorsque l'on voit les corps se couvrir de sueur et de pastèque, ou bien rechercher la moindre goutte d'eau, de liquide, afin de s'abreuver.
Et il y a forcément la sensualité des corps, nus ou à demi-nus, s'embrassant, se léchant, cherchant le plaisir.
Le film est à nouveau très lent, j'aime cette lenteur, cette manière de redonner du temps au temps, ça a quelque chose de morbide, de sensuellement morbide et d'autant plus avec la fin. Une fin réellement étrange, qui peut être dérangeante, mais qui parvient à garder une forme de sensualité, d'érotisme, et surtout d'intensité.
Je crois que cela fait vraiment longtemps que je n'avais pas vu film érotique aussi mortifère et peut-être la première fois que je vois un film aussi sadique dans son final tout en restant aussi sensuel malgré tout. Sadique car il y a une sorte de négation d'autrui, comme s'il n'importait pas, ou plutôt comme s'il importait que par le plaisir qu'on peut prendre de lui. Et pourtant il y a cette intensité et donc cette ambigüité, parce que l'on se place au-delà d'une quelconque morale dans cette recherche du plaisir et pourtant c'est filmé avec une intensité croissante, les cris sont de plus en plus fort, le montage est de plus en plus rapide (enfin "rapide").
Et j'aime ces derniers plans qui viennent soulager limite cette intensité et montrent bien ce qu'est la petite mort.