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Un visiteur
3,5
Publiée le 10 mars 2013
Au cœur de la Grande Bretagne des années 50 Portrait singulier de Vera Drake, criminelle pour certains, héroïne au grand cœur pour d’autres Imelda Staunton est bouleversante de vérité et de justesse
C'est trop long ! Pourquoi diable vouloir faire un film de deux heures sur un sujet dont le tour a été fait en 90 minutes ? Alors d'accord, les acteurs sont bons, la première partie de l'histoire est très bien et plutôt intéressante mais la deuxième partie est assomante au possible ! Des pleurs, de la niaiserie en veux-tu en voilà qui finissent par totalement nous dégoûter du film. A voir jusqu'à l'entracte.
Peut etre par peur du pathos, Mike Leigh n'autorise aucune émotion, et son film est un objet glacé d'où ressort heureusement une direction d'acteurs impeccable.
La vie n'est pas rose pour Vera Drake dans cette Angleterre, guindée et machiste, d'après guerre. Et malgré la lourdeur de sa tâche, elle trouve toujours le temps de venir en aide à ces pauvres jeunes filles désespérées, victimes des hommes, de la bêtise de la loi et de ceux qui l'appliquent. Le tableau dressé de cette époque, pour qui, comme moi, ne l'a pas connu, est saisissant, la direction des acteurs (tous excellents) est remarquable. La fin n'est peut-être pas tout à fait à la hauteur du reste du film, mais peu importe. Pour nous qui sommes nés, si je puis dire, avec la loi sur l'avortement, quelle leçon de replonger dans l'enfer de toutes ces femmes obligées de subir l'opprobre du système... quel "bonheur" de ne plus avoir à subir ça. Ce film fait réfléchir et ce n'est déjà pas si mal. En sortant de la séance, bizarrement, je n'arrêtais pas de penser "Merci Madame Simone Veil..."
Une première partie où l'on présente les personnages, les lieux où il ne se passe donc pas grand chose puis pendant la deuxième partie, il y a Drake qui pleure ... et qui pleure ... et qui pleure ... et qui pleure, enfin c'est chiant de la voir pleurer pendant à peu près une heure, surtout que c'est pas émoustillant.
Ce qui m'a frappé dans ce film, c'est qu'il n'y a pas à proprement parler de "méchants" (les personnages les plus antipathiques étant la "rabatteuse" qui se remplit les poches et les femmes aisées qui se font avorter quasiment par routine), les policiers en particulier semblent avoir conscience qu'ils font presque autant une sale besogne que leur inculpée...
En fait la force du film c'est (mine de rien) sa force de dénonciation de la morale absurde de cette société d'après guerre : on a d'un côté une femme admirable au "coeur en or" mais qui a failli tuer une jeune fille innocente, et de l'autre des policiers qui font leur travail pour éviter ce genre de drame mais semblent bouleversés par ce petit bout de femme et réalisent aussi la détresse des jeunes filles "aidées". A la fin, ce n'est pas Vera Drake qui reçoit son jugement, c'est plutôt la loi qui est condamnée à travers le personnage du juge, personnage implacable comme l'est la bêtise de la morale anti-abortive de l'époque.
Le film est bon, le ton juste. L'atmosphère des années 50 de l'angleterre est très bien restituée, ainsi le spectateur pénétre peu à peu dans ce monde remplie de conventions, de tabous et de non-dits. Cette femme, Vera, écoute son coeur et fait preuve d'humilité; elle fait donc ce qu'elle croit juste. Le réalisateur ne juge pas, ne prend pas parti, le spectateur se retrouve donc libre de penser ce qu'il veut sur ce thème si dérangeant qu'est l'avortement. On se retrouve alors comme désemparé, on pèse le pour et le contre. Ce film fait réfléchir et cela est bon signe.
Belle reconstitution d une époque où les femmes n'étaient pas à la fête tous les jours. Ce genre de bon film permet de ne pas oublier de remercier encore Simone Weil chez nous et toutes celles qui ont eu le courage d'oeuvrer pour qu'une loi autorise les interruptions volontaires de grossesse.
Très bon film, tout en retenue sur ce tabou que seules les femmes peuvent comprendre. Parallèlement aux agissement de Véra, dans des chambres miteuses, sur des femmes en détresse vivant souvent seules, issues de la classe ouvrière ou de la classe moyenne, le réalisateur choisi aussi de nous montrer comment un avortement pouvait se dérouller par des voies plus ou moins illégales quand on avait de l'argent (grâce à des médecins complices et avides d'argent). Parallèle qui nous montre à quel point la légalisation de l'avortement fut plus que nécessaire pour l'égalité des femmes et la préservation de leur santé. Le procès de Véra, n'est pas un procès médiatique, il est un exemple parmi tant d'autres. Ce film diffère sur celui de Chabrol ("une affaire de femme") qu'il n'y a ici aucune morale de faite, juste un constat. Les acteurs sont aussi remarquables et nous donnent un bel exemple d'une famille ordinaire des années 50. Film à montrer aux jeunes générations, pour faire comprendre que ce qui nous semble si durablement acquis a coûté la liberté voire la vie de nombreuses femmes.
Mike Leigh signe ici un film assez prenant et intense en émotions, quoique trop long sur la fin (les scènes au tribunal auraient quand même pu être abrégées). Le réalisateur nous amène même au bord des larmes à plusieurs reprises. Il nous peint la vie de cette famille anglaise sans prendre parti. Imelda Stauton est excellente dans ce rôle de petit bout de femme énergique et généreuse. Elle est appuyée par de bons seconds rôles, avec notamment Alex Kelly. La reconstitution de l'époque est très réussie. Au final, un assez bon film.
Pourquoi faire compliqué quand la simplicité garantit une oeuvre pure, sans stéréotypes et autres obligations ? Bravo à l'actrice et à sa formidable interprétation de Vera. Une intrigue belle, émouvante, quelques fois drôle... et jamais commerciale. On envie presque les sentiments purs et généreux qui unissent cette famille. Le film a eu une diffusion et un retentissement discrets (cette même discrétion qui plane au fil de l'intrigue), comme réservé à ceux qui ont caché maladroitement leurs larmes à l'issue de la projection.
Quel beau film! D'un bout à l'autre, on est pris par ces personnages tellement humains, vrais. Cette femme si simple, gaie, fraternelle, qui va naïvement devenir une "criminelle" selon la loi pour avoir voulu aider, avec un désintéressement total, non seulement tous les gens qui souffrent autour d'elle, le malade solitaire, la femme désaxée, sa vieille mère impotente, le jeune homme disgrâcié,mais aussi et surtout, toutes ces jeunes femmes piégées, manifestement abandonnées par les hommes responsables de leur situation. Bien sûr, les interventions de Vera sont médicalement effrayantes( malgré le soin qu'elle met à se laver les mains!) mais faites avec une telle humanité, une telle simplicité. Ce personnage candide est bouleversant.L'actrice Imelda Staunton est d'une vérité extraordinaire. Mais tous les personnages sont également vrais et touchants, servis par des comédiens qui font corps avec leur rôle. Les décors de ce drame, avec leurs couleurs ternes, donnent aussi une impression de vérité. Même les policiers, effarés devant cette coupable tellement pitoyable, sont présentés comme humains, malgré l'obligation où ils se trouvent d'appliquer la loi de l'époque. Un film qui fait réfléchir, en particulier sur la condition féminine. Elle a bien entendu évolué depuis cette époque pas si lointaine, mais la situation de ces malheureuses se débattant dans l'indifférence et la réprobation des hommes (je pense aux images du procès de Vera )a bien des échos à notre époque.