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Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Mike Leigh signe ici un film assez prenant et intense en émotions, quoique trop long sur la fin (les scènes au tribunal auraient quand même pu être abrégées). Le réalisateur nous amène même au bord des larmes à plusieurs reprises. Il nous peint la vie de cette famille anglaise sans prendre parti. Imelda Stauton est excellente dans ce rôle de petit bout de femme énergique et généreuse. Elle est appuyée par de bons seconds rôles, avec notamment Alex Kelly. La reconstitution de l'époque est très réussie. Au final, un assez bon film.
Le film est bon, le ton juste. L'atmosphère des années 50 de l'angleterre est très bien restituée, ainsi le spectateur pénétre peu à peu dans ce monde remplie de conventions, de tabous et de non-dits. Cette femme, Vera, écoute son coeur et fait preuve d'humilité; elle fait donc ce qu'elle croit juste. Le réalisateur ne juge pas, ne prend pas parti, le spectateur se retrouve donc libre de penser ce qu'il veut sur ce thème si dérangeant qu'est l'avortement. On se retrouve alors comme désemparé, on pèse le pour et le contre. Ce film fait réfléchir et cela est bon signe.
J'ai trouvé la première partie un peu longue. Mais le film est beau, charmant avec un rendu et des acteurs irréprochables. Seul petit hic, je n'ai pas pu être émue, il manquait un je-ne-sais quoi...Peut-être trop de pudeur? A voir
Une première partie où l'on présente les personnages, les lieux où il ne se passe donc pas grand chose puis pendant la deuxième partie, il y a Drake qui pleure ... et qui pleure ... et qui pleure ... et qui pleure, enfin c'est chiant de la voir pleurer pendant à peu près une heure, surtout que c'est pas émoustillant.
Ce qui m'a frappé dans ce film, c'est qu'il n'y a pas à proprement parler de "méchants" (les personnages les plus antipathiques étant la "rabatteuse" qui se remplit les poches et les femmes aisées qui se font avorter quasiment par routine), les policiers en particulier semblent avoir conscience qu'ils font presque autant une sale besogne que leur inculpée...
En fait la force du film c'est (mine de rien) sa force de dénonciation de la morale absurde de cette société d'après guerre : on a d'un côté une femme admirable au "coeur en or" mais qui a failli tuer une jeune fille innocente, et de l'autre des policiers qui font leur travail pour éviter ce genre de drame mais semblent bouleversés par ce petit bout de femme et réalisent aussi la détresse des jeunes filles "aidées". A la fin, ce n'est pas Vera Drake qui reçoit son jugement, c'est plutôt la loi qui est condamnée à travers le personnage du juge, personnage implacable comme l'est la bêtise de la morale anti-abortive de l'époque.
Quel beau film! D'un bout à l'autre, on est pris par ces personnages tellement humains, vrais. Cette femme si simple, gaie, fraternelle, qui va naïvement devenir une "criminelle" selon la loi pour avoir voulu aider, avec un désintéressement total, non seulement tous les gens qui souffrent autour d'elle, le malade solitaire, la femme désaxée, sa vieille mère impotente, le jeune homme disgrâcié,mais aussi et surtout, toutes ces jeunes femmes piégées, manifestement abandonnées par les hommes responsables de leur situation. Bien sûr, les interventions de Vera sont médicalement effrayantes( malgré le soin qu'elle met à se laver les mains!) mais faites avec une telle humanité, une telle simplicité. Ce personnage candide est bouleversant.L'actrice Imelda Staunton est d'une vérité extraordinaire. Mais tous les personnages sont également vrais et touchants, servis par des comédiens qui font corps avec leur rôle. Les décors de ce drame, avec leurs couleurs ternes, donnent aussi une impression de vérité. Même les policiers, effarés devant cette coupable tellement pitoyable, sont présentés comme humains, malgré l'obligation où ils se trouvent d'appliquer la loi de l'époque. Un film qui fait réfléchir, en particulier sur la condition féminine. Elle a bien entendu évolué depuis cette époque pas si lointaine, mais la situation de ces malheureuses se débattant dans l'indifférence et la réprobation des hommes (je pense aux images du procès de Vera )a bien des échos à notre époque.
On comprend pourquoi il a obtenu le Lion d'or. Le jeu des acteurs est trés bien, l'histoire est intéressante et la réalisation est réussie... bref à voir absolument...
Cet infâme petit lèche-cul de réalisateur nous pond un film (si on peut appeler ça un film!), qui n'est ni plus ni moins qu'un fayotage géant de 2h (et oui quand même!) adressé à nos chers politiciens et à nos chères féministes soixante-huitardes hystériques (excusez-moi du pléonasme), dans le seul but de flatter leur petit orgueil frelaté. Bonjour l'autocongratulation. Dans la série "je caresse dans le sens du poil les puissances au pouvoir" Un film qui ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes, et qui équivaut à gueuler "vive les pd!" à la gay pride ou "dehors les arabes" à une réunion du FN. Bonjour la prise de risque. La haute voltige du film engagé! Un certain sketch des inconnus me revient alors en mémoire ("t'as pas peur des conséquences?"). Bref, un film qui manie avec des sabots monstrueusement énormes l'autosatisfaction, la complaisance et surtout la facilité. Le résultat? Mielleux à souhait, bon à faire pleurer dans les chaumières. En résumé une daube inondée d'une arrogance cynique et dédaigneuse, visant à enfler encore plus (si cela est possible) le complexe de supériorité des uns et l'ego déjà surdimensionné des autres. Bref, un film à fuir comme la peste, vos nerfs ne s'en porteront que mieux!
Après le chef d'oeuvre d'émotion pure que représente "All or nothing", on attendait bien mieux du nouveau Mike Leigh. Le film est d'une grande qualité esthétique et morale, mais le cinéaste, sans doute par peur de tomber dans la sensiblerie, a rendu son film froid et glacial. Il est donc difficile d'être ému devant "Vera Drake", ce qui est un comble au vu du sujet traité, qui appelait justement l'effusion de larmes. Le cinéaste décrit tout d'abord de manière méticuleuse le microcosme familial du personnage principal, dressant ainsi un portrait de la société anglaise des années 50. Puis, il confronte son personnage à la justice et c'est là que le film devient moins intéressant car son personnage ne fait plus que larmoyer pendant une heure, ce qui est franchement lassant. L'erreur du cinéaste est d'avoir créé un personnage trop bon, trop charitable, trop tout... Elle en perd de sa saveur et on préfère largement les personnages secondaires, finalement mieux caractérisés et plus ambigus. Au total, face à un sujet trop évident, Leigh s'est pris les pieds dans le tapis. Mais, attention, cela demeure un bon film, tout de même.
Un excellent film ! Mike Leigh ne nous livre pas une reconstitution de la Grande-Bretagne des années 50 : c'est la quintessence-même de cette période qu'il a réussi à retranscrire avec une justesse inimaginable. On sent que l'euphorie de la victoire sur les nazis a laissée peu à peu la place à une morosité progressive due aux difficultés que rencontre dans leur vie quotidienne une génération finalement plus traumatisée par la guerre qu'elle ne veut bien l'avouer. Tout cela étant bien évidemment amplifié dans les "classes laborieuses", où des gens, en plus de reonstuire un pays, doivent reconstruire leur vie. Mais comme si tout cela ne suffisait pas, Mike Leigh transcende son message pour en faire un film universel sur l'implacabilité de la loi premièrement et de la justice ensuite. Tous les protagonistes du film sont finalement victimes de leurs rouages implacables : Vera, sa famille, les policiers, les jeunes filles "aidées". Le réalisateur nous montre aussi comment la situation peut être foncièrement différente suivant le milieu social dont on est issu : mais tout cela sans juger et sans forcer le trait. Et puis, ce film est aussi une formidable galerie de personnages secondaires qui sont tous admirablement interprêtés et tous inoubliables. Mais, bien sûr, la palme revient au personnage de Vera Drake, petit bout de femme au coeur énorme qui traverse les difficultés du quotidien en fredonnant, un rayon de soleil dans cette grisaille d'après-guerre que le voile implacable de la justice viendra couvrir. Un film profondément humain et pudique.
Un film saisissant qui réussit pleinement à restituer les tabous, les mentalités étriquées et l'hypocrisie de l'époque. L'interprétation est magnifique, qui emporte l'adhésion du spectateur
Pendant les deux tiers du film, Mike Leigh plante superbement le décor. Les personnages sont dessinés avec beaucoup de vigueur, ils sont crédibles, attachants et interprétés de façon irréprochable. Sans jamais sombrer dans le voyeurisme, le réalisateur arrive à montrer avec beaucoup de justesse le drame vécu par ces jeunes filles « qui ont besoin d’aide », et on en ressort avec une vision assez exacte du problème de l’avortement, et de l’avortement clandestin en particulier. C’est déjà beaucoup, mais malheureusement le film ne propose pas grand chose de plus que ce tableau social, et sa dernière partie n’est pas à la hauteur des espoirs suscités. A partir de l’arrestation de Vera, l’intrigue est très convenue. Elle ne sait rien proposer d’autre qu’un conflit classique : Vera et sa compassion contre la rigueur de la loi. Le drame familial n’est que survolé, ce qui est d’autant plus décevant que Mike Leigh s’était révélé un virtuose de ce type de situations dans certains de ses films précédents (Secrets and Lies). C’est très larmoyant, et cette inondation lacrymale a du mal à masquer le manque de matière. On en ressort avec un vrai goût d’inachevé. Dommage…