Entre thriller et drame, Costa-Gavras nous plonge sans vergogne dans le quotidien de million de français face au chômage et aux tracas de la vie en général. Sauf José Garcia décide que ça ne se passera pas comme ça pour lui, il va par tous les moyens faire en sorte de demeurer le seul candidat plausible au poste de ses rêves. Ce pourrait être pris comme une comédie dramatique mais le ton est sacrément sombre et peu de choses prêtent à rire ici. Le réalisateur offre un rôle improbable à Garcia qui se fait un plaisir de transformer l’essai de fort belle manière. Le Couperet appuie là où ça fait mal et les dérives de son personnage principal ne semblent pas tant irréelles lorsque l’on voit le chemin que prend l’humanité ces derniers temps. Un sacré film que ce Couperet proposé par Costa-Gavras qui marque durablement et donne à réfléchir, bien joué.
Entre suspense et humour noir, voici un excellent thriller social au scénario surprenant et toujours très actuel, avec un casting au top, José Garcia en tête, très bon dans son rôle. Une bonne surprise.
Ce nouveau Costa-Gravas tranche dans le vif sans ménagement. Le jeu des acteurs est excellent, la mise en scène du maître est irréprochable. La faille vient du message distillé judicieusement au gré des répliques, et toujours « en situation », mais qui semble cependant nous être asséné sans nuance : le chômage est un mal qui nous frappe tous et nous transforme en prédateurs féroces. Ouch!
Loin d'être horifié par les exécutions sommaires de ce jobless killer, on se prend de sympathie pour la compassion avec laquelle notre héros abrège les affres et tourments de ses compagnons de chômage. Métaphore de l'apreté de la la lutte que se livrent les cadres sup pour décrocher le "job", et sachant qu'il n'y aura à la fin qu'un seul élu, commence pour José Garcia, étonnant de détermination, un chemin christique qui doit le conduire à réunifier son clan, sa tribu, sa famille, en retrouvant le "job", celui qui le fera de nouveau exister socialement, autant dire exister tout court. Car l'enjeu n'est pas de trouver du travail pour vivre et faire vivre sa famille (des compagnons d'infortunes qui ont des jobs de transition se suicident), mais retrouver le statut social qui redonnera à ses yeux et aux yeux des siens, sinon un sens, au moins le droit d'exister dans cette société. Les effets sont certes marqués (la recurrence des pubs pour les voitures, les maisons, le sexe, ...qui apparaissent sur des abribus, des camions) mais c'est pour mieux appuyer la démonstration. La morale n'est plus "tu ne tueras point", "tu ne voleras point", ce qui ne tracassent pas trop notre heros, mais "tu ne seras pas au chomage", qui est le péché ultime. Les policiers qui viennent l'interrogent ne le malmènent pas trop jusqu'au moment où José Garcia, leur souhaitant de trouver au plus vite l'assassin, se voit répondre: "on travaille ...", ahhh quelle terrible coup de poignard, qui renforce encore davantage sa détermination à continuer et à finir le job, quel paradoxe! Bien réalisé, bien interprété, on sort un peu effrayé de cette fable sociale, par son accuité et son réalisme.
Costa-Gavras dénonce et fustige le monde ultra-concurrentiel de l’entreprise ainsi qu’une société capitaliste basé sur le profit avec l’histoire d’un cadre au chômage qui pour retrouver un emploi décide de tuer ses concurrents potentiels. Parfois maladroit, pas toujours crédible le film offre à José Garcia un surprenant rôle à contre-emploi. Navigant entre cynisme et naïveté, trop sérieux pour être crédible, mais pas assez second degré pour être drôle l’ensemble au final déçoit malgré ses qualités.
Une Comédie Dramatique, coécrite et mise en scène de très belle manière par Costa-Gavras. Même s'il n'est pas toujours crédible, son scénario nous sert un Thriller noir d'une froideur extrêmement efficace. Après " L’aveu" et "Z", le réalisateur Franco-Grec, cinéaste engagé pourfendeur des injustices, reste fidèle à ses convictions. Il nous conte en effet une histoire humaine menaçante, dénonçant la société capitaliste dont les sociétaires dirigent les grandes entreprises. Bien soutenu par Karin Viard qui interprète son épouse dans ce film, José Garcia débordant de crédibilité, se révèle remarquable dans son rôle de parano radical.
Un film qui traite d'un sujet grave et qui tape juste la majeure partie du temps. Je trouve la psychologie du personnage de José Garcia ainsi que sa façon de pensée sur les entretiens d'embauche très proche de la réalité. Le film est particulièrement bien aidé par la prestation impeccable à contre-emploi de José Garcia. Ce film porte effectivement un message très vrai et universel, mais Costa Gavras ne peut pas s'empêcher d'y intégrer des dialogues à la con et démago comme c'est pas possible, qui pourrait être tout droit sorti d'un discours de Mélanchon ou Poutou (ce qu'il amplifiera quelques années plus tard pour le capital...). Pour autant, le couperet reste un film agréable à suivre.
Ce film est complètement surestimé. Pour un thriller, c'est vraiment sans surprise et très répétitif. La satire socio-économique est d'une lourdeur indigeste, tous les clichés qu'on nous montre depuis quarante ans sur le monde de l'entreprise sont là. Le personnage que joue José Garcia est d'une prétention et d'une morgue démesurés; il ne pense pas un instant à se reconvertir, je connais beaucoup de gens licenciés qui ont retrouvé un travail dans une autre branche et ne s'en portent pas plus mal. Le reportage avec le type qui se flanque par la fenêtre en direct est surréaliste, la police est d'une invraisemblable incompétence. Quant à la soi-disant dénonciation du racisme, je n'ai pas compris si le thérapeute plaisantait ou était sérieux. Et la fin, c'est un nouveau cycle qui commence, tous les cadres sup chômeurs deviennent soit des victimes ou des serial-killers ? Et pour finir, j'avais déjà vu ce film et l'avais complètement oublié.
Perle du cinéma français, le couperet, est un film qui dénonce avec une force incroyable un des grands maux de notre société moderne, le chômage, la peur maladive de perdre son emploi, la recherche d'emploi et le poids énorme que cela pèse sur la vie des travailleurs et sur leur famille. Cela peux mener au drame familial, à la dépression, à l'addiction, au suicide ou à la folie. Un peu décalé, sujet à l'exagération et à l'irréalisme, probablement volontairement, ce film situé entre drame et humour noir nous fait réagir et nous pousse à trouver un chemin pour nous préserver de cette vulnérabilité dont l'homme est finalement la seule vraie cause et sa propre victime. Karin Viard dans le rôle de l'épouse de Bruno Davert est particulièrement émouvante. Quant à Jose Garcia, dans ce rôle inhabituel pour lui, est vraiment très convaincant. C'est même la grande surprise de ce film et une des clés de son succès.
J'ai vu ce film hier et j'y repense encore aujourd'hui. Sa réalisation et son interprétation sont impeccables. L'acuité du regard de Costa-Gavras m'a vraiment impressionné dans la justesse des situations qu'il met en scène et qui concourent toutes à la ligne de fond de son propos. La réalité économique actuelle pourrait donc accoucher de monstres prêt à tout pour sauvegarder l'intégrité et le bonheur de leur clan. Stupéfiant de voir avec le recul que ce comportement est proche de celui qu'éprouve ce père quand son fils est pris en flagrant délit de vol. Les acteurs sont à l'unisson et José GARCIA m'a vraiment épaté dans un rôle à la psychologie fouillée et bien travaillée. Ce film soulève également la marmite sociale de sentiments refoulés qu'expriment ponctuellement le garagiste ou le PDG alcoolo s'ils venaient à perdre leur travail ; et que josé GARCIA met en application avec un méthodisme qui fait froid dans le dos. L'équation devient limpide : la monstruosité économique dans un monde qui cultive l'individualisme engendre la monstruosité humaine. Il n'est pas contre la société qui est responsable de sa situation : il tient à s'y maintenir et cette fin selon lui justifie tous les moyens, quitte à devenir un prédateur pour ses semblables. Karin VIARD est parfaite dans son rôle d'épouse ancrée dans la réalité matérielle et affective que son mari a déserté pour devenir le prédateur implacable et schizophrène indifférent à ce qui ne touche pas son trip . Seule la fin un peu facile m'a gâché le plaisir mais peut-être était-ce un ultime réflexe du réalisateur pour nous dire que tout cela, ce n'est que du cinéma. Merci au cinéma français de nous servir ce genre de film éloigné des daubes manichéennes et moralisatrices malheureusement bien trop envahissantes .
"Le couperet" : le licenciement et la quête d'un nouveau travail d'un cadre supérieur... . Dénonçant le capitalisme et ses dérives, Costa-Gavras ("Z", "L'aveu", "Missing"...), tout juste après son sulfureux "Amen", construit un thriller dramatique sociétal montrant ainsi encore aujourd'hui l'envers du décor : chômage, crise, mais aussi les difficultés de trouver un travail à l'image de son estime, de soi. Porté par un José Garcia ("La vérité si je mens", "Le boulet", "Fonzy"...) au cordeau dans un rôle (de tueur !!) à contre-emploi qui lui sied à merveille, "Le couperet" est aussi une histoire d'ambiance créée par le metteur en scène qui, en virtuose du cinéma, nous maintient en haleine tout le long du film notamment grâce à la présence classe et impeccable de José qui nous fait une démonstration de sa qualité d'interprétation. Les seconds couteaux (c'est le cas de le dire !), quant à eux, sont totalement appréciables : Ulrich Tukur (révélé par "Amen", il jouera par la suite dans "La vie des autres"), sensible au possible, Olivier Gourmet (Prix d'interprétation masculine à Cannes dans "Le fils" des frères Dardenne), parfait dans son personnage d'alcoolique, et Yolande Moreau (césarisée pour "Séraphine", elle côtoie Luchini pour "Dans la maison", Depardieu dans "Mammuth") prise en flagrant délit de secrétaire à la Poste ! Spectateurs, prêt à tuer ? Action ! Accord parental souhaitable. A noter : Jean-Pierre et Luc Dardenne (les réalisateurs primés de "Rosetta", "L'enfant" et plus récemment du "Gamin au vélo" !) sont les coproducteurs du métrage de Konstantinos Gavras.
Une comédie dramatique jubilatoire avec un José Garcia prêt à tout pour arriver à ses fins. On compatit presque avec ce personnage désespéré poussé dans ses derniers retranchements à cause d'un monde du travail impitoyable. Dans le même genre, "Irréprochable" fera, une dizaine d'années plus tard, beaucoup moins bien.
Jusqu'où une personne venant de perdre son boulot est-elle capable d'aller pour retrouver un emploi correspondant à son niveau ? C'est la question que pose Costa-Gavras dans « Le Couperet » mettant en scène un cadre qui se fait virer pour cause de délocalisation et qui, pour retrouver un travail, va buter tous les autres prétendants. Ce film là, pour Costa-Gavras était une occasion en or de dénoncer sans fioritures les injustices inhérentes au monde du travail. Où l'esprit de compétition est tellement poussé au maximum que ceux qui concourent finissent par littéralement, péter les plombs. Le personnage joué par José Garcia passe par tous les états. Il est un homme qui déraille par ce qu'il n'a plus de travail. Il est un homme qui progressivement, est bouffé par la rancoeur pour finalement se transformer en une véritable machine à tuer. Et aucun des autres personnages ne peut lui faire prendre le sens contraire du funeste chemin qu'il vient d'emprunter. Bien qu'acceptable et avec un propos juste « Le Couperet » manque tout de même de force, de tension. Manque que même la prestation de José Garcia ne peut compenser. Dommage, il y avait matière à faire beaucoup mieux.