J'ai eu de très mauvais échos du dernier film de Sofia Coppola, et force est de constater qu'ils avaient en partie raison : on est loin ici de la force émotionnelle de Virgin Suicides et du génial Lost in Translation, plus intimistes. Le pari était audacieux, trop peut-être, même pour une réalisatrice si talentueuse : on a la désagréable impression qu'elle même ne sait plus si son film est une biographie de Marie-Antoinette ou la transposition d'une jeune adolescente moderne à l'époque de Louis XVI. De là découle un film terriblement confus, sujet à pas mal de lieux communs et d'approximations historiques (ce qui en soi n'est pas un drame), qui, ajoutés à un postulat d'origine bancal, conduisent à ce désagréable constat d'un film mal maîtrisé, qui part dans tous les sens : on voit Marie-Antoinette faire ses caprices, faire la bringue, danser, tromper son mari (il ne manque que les cabinets royaux). Le film part dans tous les sens et devient de fait brouillon et pénible sur certaines longueurs. Néanmoins, tout n'est pas à jeter : l'interprétation de Kirsten Dunst, tout en justesse (savant mélange de retenue et d'expressivité) porte le film et le sauve de la médiocrité. La Dauphine, intermédiaire entre une femme enfant écrasée par le poids de la fonction et une adolescente superficielle, constamment assoiffée de plaisirs en tout genre et ce au mépris de tout ce qui dépasse sa propre personne (d'où l'ambiguïté, fascinante du personnage). Jason Schwartzmann, fait rare, ne brille que par intermittence et apparaît plus souvent comme un homme avec le charisme d'une huître en polyester que comme un chef d'état. La musique, entraînante et moderne, s'articule mal avec le protocole guindé de Versailles, le contraste ici semblant mal passer. Bref, Marie Antoinette est un film tout juste moyen, certes acidulé et audacieux, mais finalement trop maladroit pour convaincre réellement. Assez décevant dans l'ensemble.