Troisième épisode de la série, "Resident Evil : Extinction" est le premier volet de la saga à totalement assumer la vision de Paul WS Anderson. Lui qui chapeaute l'histoire de cette adaptation depuis le début, son implication au sein de celle-ci est vraiment devenue claire à partir de ce volet. Si les deux premiers opus étaient encore des films de survie, et donc proches de l'identité de la licence, celui-ci s'éloigne complètement de la formule et se présente comme un film post-apocalyptique. Nos personnages vont ainsi évoluer dans un désert, l'ambiance n'est clairement plus horrifique et l'action est mise sur le devant de la scène (comme ce fut le cas dans le second volet). En bref, c'est ce film qui a plongé la série dans cet éloignement qu'on lui reproche tant par rapport au matériau d'origine. Pourtant, nous pouvons nous poser la question de savoir si c'est bien lui qui a amené la saga à devenir aussi ridicule que sa réputation l'entend. À cette question, je répondrai simplement que je n'en ai pas l'impression. Effectivement, je suis conscient que cet opus est tout aussi compliqué à regarder que le précédent. Mais, à mon sens, je trouve qu'il reste tout de même plus appréciable que les trois autres épisodes qui suivront. Si ce film est d'abord différent en comparaison de son prédécesseur, c'est dans sa gestion du ton, ce qui n'est pas forcément un problème en soi ! Là où ce dernier semblait vouloir développer un rythme pêchu et enchaîner les scènes d'action, celui-ci profite bien plus de son ambiance et de ses décors désertiques. Il laisse un peu plus traîner les choses pour nous plonger dans l'ambiance de ces environnements, et cette technique s'avère assez efficace dans la première partie du long-métrage. Cette approche est alors une bonne chose sur le papier, mais elle se révèle n'être qu'un joli trompe-l'œil, car beaucoup de problèmes déjà présents auparavant sont de retour. En clair : l'apparence change, mais pas le fond. J'ai parlé plus haut de ce souci de ne pas retrouver une approche horrifique, ce qui nous éloigne beaucoup de l'œuvre originale, car le tout est bien plus proche d'une production d'action. Mais on peut évidemment parler du souci commun entre le deuxième et ce troisième épisode : Milla Jovovich. Campant le rôle d'Alice, l'actrice est toujours aussi insupportable en tant qu'héroïne principale. Depuis qu'elle a complètement changé de personnalité par rapport au premier film, elle a perdu tout son intérêt. Désormais, elle n'est plus que ce personnage qui réussit chacun de ses objectifs sans problème et auquel il est donc impossible de s'attacher. Comme elle ne perd jamais et semble même être le centre de tout, il est encore compliqué de se sentir concerné par un film qui propose une héroïne jamais mise en danger. En sachant également que l'actrice l'interprète une nouvelle fois avec peu d'envie, on comprend rapidement en quoi l'action peine à nous impliquer. Elle transforme les scènes d'action en moments invraisemblables à force de tout réussir aussi facilement et dans des chorégraphies loufoques, ce qui est rapidement lassant. Quelques passages réussissent certes à être divertissants, comme le moment des corbeaux ou celui de Las Vegas, mais, même à ce niveau, j'ai la sensation que le film se plante dans ce qu'il souhaite proposer. Par exemple, j'ai été surpris de voir que le scénario prenait son temps avant d'arriver à cet aspect, moi qui m'attendais à le voir défourailler à chaque instant. Si cette approche est effectivement en lien avec ce que j'ai dit plus tôt, et que c'est une bonne chose en apparence, cela va trop durer et ce nouveau volet sera finalement très long à démarrer. Au global, pendant les 45 premières minutes, il ne se passe rien. L'exposition est à son plus haut niveau, à nous présenter ce que sont devenus nos héros depuis le précédent chapitre ou comment Umbrella survit, mais c'est tout ce que nous aurons à nous mettre sous la dent. Et honnêtement, pour un projet qui me promettait de l'action à outrance, j'aurais au moins espéré en voir davantage. Il faudra alors attendre la dernière demi-heure pour enfin découvrir un enjeu et une direction à suivre, mais sans que cela ne soit réellement satisfaisant pour autant.
Le problème est ici que l'enjeu principal semble sortir de nulle part, avec ce choix d'aller vers un endroit inconnu, simplement parce qu'Alice a trouvé un cahier abandonné quelque part et qu'il dit de se rendre là-bas, ce qui est vraiment stupide une fois présenté comme cela.
Mais au final, même après ça, le projet ne semble pas fixé, la dernière séquence choisissant de se concentrer sur tout autre chose.
En préférant se concentrer sur ce délire autour de l'Arcadia, ce troisième volet apparaît alors bien plus comme une bande-annonce du prochain épisode qu'un film à part entière. Cela renforce clairement la sensation que cette saga avance à l'aveugle, ce qui n'était pas rassurant arriver à ce stade.
Par conséquent, même si le film se sauve un peu par son idée de monde post-apocalyptique et quelques scènes d'action, il reste toujours compliqué de faire confiance à cette adaptation. Avec ce troisième épisode, nous venions juste d'assister à la dernière fois où celle-ci avait pu nous proposer quelque chose "d'acceptable". Pour conclure, la continuité des problèmes, avant la chute.