Entre les murs
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stillpop
stillpop

94 abonnés 1 444 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 février 2012
L'histoire d'une fiction tournée autour d'une expérience d'un jeune professeur dans le vingtième arrondissement.
En un mot comme en cent, j'étais obligé de voir ce film, pourquoi ?
Tout simplement parce que j'ai quarante ans, et que ce collège Françoise Dolto du petit vingtième, c'est mon lycée 22 ans plus tôt !
Il s'appelait simplement « Collège Pyrénnées » à l'époque, et la cour était en simple bitume parsemée de platanes. Autant dire que je n'ai rien reconnu dans ce panorama. Ce qui n'a pas changé, c'est la composition colorée d'une classe de cours. Dans mon siècle à moi, il y avait 24 nationalités différentes, dont au moins trois inconnues, les parents ne parlant pas français et arrivées on ne sait comment, le rectorat ne savait même pas d'où ils venaient !
Le seul mauvais souvenir que j'ai, en dehors des cours proprement dit, c'est un couteau sous la gorge d'un copain arabe en pleine cour de récré, il faut dire que je l'avais cherché, et j'ai appris plus tard qu'il était rentré en fac. J'étais plus proche de l'immigration africaine et de l'Asie, mais ce n'était pas facile de s'en faire des copains, ils travaillaient tous pour la famille ou pour les commerces d'oncles ou tantes après les cours. Le seul mot qui me vient à l'esprit pour cette immigration des années 80 à Paris, c'est courage. Pendant que le petit fils de faux bourge ne faisait pas trop d'effort et faisait son numéro pour les filles. Je me souviendrais toute ma vie de mon trio de flirt de l'époque, une juive, une portuguaise et une (mon) argentine, le premier flirt sérieux de mon début de vie. Ce collège était une sorte d'énigme posée à 100 mètres de chez ma grand mère. Tant de filles, tant de force adolescente et tant de contraintes scolaires qui m'empêchaient de m'amuser. C'était juste avant les années SIDA, et la vie des ados n'avait rien à voir avec ce que l'on subit aujourd'hui.
Il y avait une vie de village qui est décrite d'une autre manière dans le film, maintenant on parle de cité ou de quartier. Mais c'est vrai que le vingtième est un arrondissement un peu à part.
L'immigration qui réussissait le mieux était déjà l'asiatique, et ça n'a pas changé, tant est que les cambodgiens et vietnamiens de l'époque avaient la même mentalité face à la réussite et au respect du savoir que les chinois de masse d'aujourd'hui.
C'est ici que les parallèles s'effacent. Evidemment, en 24 ans, la composition pluraliste d'une classe d'un arrondissement populaire a un peu changé. On ne trouve plus que 30% de visages de souche, alors que je crois me souvenir qu'on était plus d'une bonne moitié à l'époque. Le vrai problème, c'est qu'à l'époque, les groupes de rap n'existaient pas, et les jeunes ne s'identifiaient ni à l'échec ni à la violence, qu'elle soit verbale ou physique. Ils croyaient à la réussite par le travail ou par l'étude. Et comme dans d'autres domaines, l'important, c'est parfois simplement d'y croire. Dans ce film, on sent bien que même en plein Paris, les communautés s'affrontent, sont racistes entre elles autant qu'envers les blancs ou pire, les homosexuels, sans aucun complexe, comme si vivre ensemble était si dur qu'il faille se réfugier entre soi. Même si c'est dans l'ignorance crasse et le nivellement par le bas, ou carrément par le pire, la religion.
Le film, contrairement aux craintes imaginées, fait vraisemblable, au bout des 15 premières minutes, on oublie le jeu un peu emprunté des adolescents, et on prend son pied, car regarder une histoire de société sans vedettes, c'est vraiment plaisant.
Il reste étonnament trois acteurs qui sortent du lot, le petit noir bouffon de la classe avec son sourire en 16/9ème et sa ressemblance avec un acteur de série B américain, le « méchant » noir qui se tatoue un verset du Coran sur l'épaule et qui explose bien les plombs, mais surtout la noire un peu ronde, avec sa sensibilité à fleur de peau, sa parano si bien rendue, et sa rebellion touchante.
Le mérite du film, c'est de brosser un portrait d'une jeunesse qui n'est plus éduquée, qui n'a que des questions et aucune réponse, surtout de la part d'un corps professoral encore plus perdu que les jeunes, venu d'une province tranquille pour atterrir dans la fosse aux lions.
L'autre mérite, c'est de montrer toutes les lacunes de formation, toute la lâcheté du héros, ce prof qui n'est même pas capable de mettre le hôla quand des africains se permettent des propos racistes sur l'antillais en cours, ou les lancers de piques entre marocains et noirs. Sans parler de sa propre xénophobie, ne serait-ce que religieuse. Et toute cette déontologie rêvée à la Française qui donne bien du mal à ce gauchiste quand il est confronté à d'autres types de civilisations plus pragmatiques.
Bref, et ce n'était pas gagné, un très bon film, rafraichissant, angoissant et intéressant. Sur l'école, ses profs, son administration, ses règles et cette génération qui fera la France de demain, sans doute très désenchantée.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 13 janvier 2012
Entre les murs tient plus du reportage ou de la télé-réalité que du film pur et dur, et c'est une qualité. Les acteurs jouent si bien que l'on oublie totalement que tout est joué.
Il est également paticulièrement représentatif de la vie d'aujourd'hui, chez les collégiens notamment : marques de vêtements, intérêt pour le foot chez les garçons, langage, cosmopolitisme... Le problème que représentent une langue différente et qu'il faut assimiler, les parents qui parfois ne savent pas lire, les situations irrégulières des familles, etc. Ce sont des problèmes de notre société d'aujourd'hui, et il est bon qu'un film le fasse remarquer, car personne ne semble s'empresser de fournir des solutions.
Le rapport entre le professeur et ses élèves est intéressant en ce qu'il est souvent placé dans une position délicate, et les élèves également. Mais comment savoir quoi faire, quand on ôte aux futurs professeurs toute formation pédagogique?
Entre les murs est donc avant tout une fiction qui soulève de profondes interrogations : comment vivre tous ensemble, quel est l'avenir de l'école, etc.
Le problème est qu'il est assez long et que l'absence de musique et d'actions font qu'il faut s'accrocher pour aller jusqu'au bout.
Mais malgré tout, un bon film.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 5 octobre 2012
Un film très frais, très documentaire, où pour le coup le (co)scénariste (François Bégaudeau) sait de quoi il parle, étant lui-même prof en zep. L’atmosphère de classe est clairement maitrisée avec un verbe très affuté et un échange prof-éleve dynamique. Du coup l’immersion est totale et le film gagne en justesse. Deux prix (et quels prix !) pour cette adaptation : une Palme et un César.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 363 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 décembre 2011
Superbe film, qui tient d’ailleurs plus du reportage, au réalisme impressionnant et d’une grande humanité. Une œuvre sociale subtile, comme on en fait peu, qui interpelle, accroche, malmène mais aussi fait sourire et même rire, avec des acteurs amateurs époustouflants de naturel. Notre “Agité du Château” et ses ministres de l’Éducation nationale, cancres d’entre les cancres, auraient dû s’en inspirer avant de lancer leur politique de destruction de l’enseignement en France !
Pleymo210
Pleymo210

54 abonnés 499 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 décembre 2011
La principale force de "Entre les murs" est la réalisation de Laurent Cantet qui frôle le documentaire. De plus le casting est en grande partie amateur se qui donne énormément de réalisme au film. Le "talent" de ces jeunes acteurs se veut surement en partie par le fait qu'il joue probablement un peu leurs rôles. Si cette immersion dans un collège d'un quartier difficile de région parisienne s'avère passionnante et très démonstrative on peu néanmoins s'interroger si Laurent Cantet n'a quand même pas dénoncé quelques choses à travers son film. Plus précisément le laxisme de l'éducation, un professeur qui ne se défend pas face aux accusations , des professeurs qui autorisent le ricanement des deux "pétasses" et un directeur qui évite à tout prix que l'évènement ne fasse de vagues. Si "entre les murs" est d'un réalisme quotidien on peut néanmoins se demander si Cantet à véritablement voulu qu'observer la vie quotidienne de cette classe .
bigyann
bigyann

7 abonnés 421 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 décembre 2011
Conté à la manière d'une tragédie grecque, entre les murs interpelle, questionne, mais ne laisse jamais indifférent. Faux documentaire, vrais interrogations : Laurent Cantet pose les bons problèmes des maux de notre société et restitue parfaitement l'échec de notre système éducatif.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 7 décembre 2011
Film pas mal avec de bons moments et des expressions amusantes. C'est un peu pedago à mon gout mais c'est un documentaire. Par contre la palme d'or alors faut que l'on m'explique. Beaucoup de gens l'on regardé grâce à cette palme. Mais sinon, je ne pense pas qu'il aurait ce succès qui a mon goût est un peu démesuré
Loskof

421 abonnés 688 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 novembre 2011
Comme d'habitude une palme d'or qui ne vaut pas son titre, ou plutôt qui le vaut tant les critères pour l'obtenir sont misérables. Le problème du film vient de son parti pris. Et oui on a bien dis "film". Si entre les murs avait un documentaire il aurait facilement mériter 3 ou 4 étoiles tant il relate bien les problèmes de l'éducation nationale à faire face à des élèves qui n'en ont rien à faire. De ce côté, Entre les murs est très réussi, ne rajoute rien voire enlève un peu à la réalité. Le seul problème c'est qu'ici, o à affaire à un film et qui dit film dit scénario, jeu d'acteurs, suspens.. et là, il n'y a tout simplement rien! ça fait certes réel puisque c'est filmé comme une documentaire mais ça n'en est pas un donc la démarche est vicieuse car elle pourrait cacher les défauts de cette production. Or des défauts il y en a plein. Il n'y a pas de scénario, juste une succession d'éléments ayant un vague rapport les uns les autres ne présentant aucune évolution dans l'histoire. L'écriture est très pauvre, les répliques de l'enseignant sont à pleurer. Quant au jeu d'acteurs on touche parfois le fond avec les autres professeurs. On finit par s'ennuyer devant cette fresque pas si bien écrite et lassante dans les situations qu'elle propose. La critique d'éducation nationale et de ses élèves est très juste mais on parle de cinéma et cela ne suffit pas du tout à faire un bon film.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 11 novembre 2011
Palme d'or, Palme d'or. Forcément, c'est le tout premier argument pour convaincre d'aller voir et d'aimer le film, moi, je n'ai pas vraiment saisi d'où elle est tombée. Forcément, savoir qu'un film est fortement récompensé influence toujours la critique ; la mienne, négative au départ, ne le sera que plus. Film, plutôt documentaire, le problème étant qu'il ne se présente pas comme tel. C'est un film, donc. D'où le fait que je m'attendais à un bouleversement, une avancée, une bouffée d'espoir ou au contraire une fin choquante à souhait, histoire d'appuyer le propos et marquer les esprits, mais Entre les Murs se cantonne à une série de joutes sans beaucoup de liens entre elles, du fait qu'on oublie tout ça assez rapidement. On ne saura jamais ce qu'il est arrivé à la famille Hang, le coup du pétage de câble n'arrive que tout à la fin, après une succession de plus d'une heure trente de scènes fort semblables, quand le mot d'ordre est insolence des élèves et tentatives de dialogues du prof'. Non, je ne me suis pas ennuyée, mais ce point-là m'a fortement déçue, mettant directement ce film dans une catégorie bien inférieure que d'autres sur l'éducation ou les quartiers difficiles que j'ai pu voir. Donc, Cantet a décidé de se cantonner au réalisme pur sans réelle structure scénaristique. Bien. Là encore, léger froncement de sourcils. Je n'ai jamais été dans une classe banlieusarde française, dans une école considérée comme difficile, pourtant, ou l'éducation nationale française est réellement au plus bas et je dois donc m'attendre à croiser ces voisins du sud ne sachant même pas ce que signifie le mot "désormais", ou le non-documentaire force le trait et n'est pas franchement des plus objectifs. Des prof' tous pro-PS (merci, Monsieur Politiquement Correct !), des élèves tous insupportables. Et pas tellement stupides. Un objectif du film, apparemment, montrer que ces jeunes ont un esprit vif, surtout en ce qui concerne faire du chahut, même si je dois dire que l'histoire de la fille adorant du Platon mais incapable de tirer quoi que ce soit d'un Anne Frank me laisse perplexe. Et celle d'un professeur expliquant qu'il est inutile de savoir où est l'Autriche car ce pays n'a aucun intérêt donne surtout envie de hurler d'indignation. Sur le coup, qui se fait manger par qui ? Qui est victime et qui est fautif, dans ce système ? Personne ? Tous ces élèves, pourtant aussi doués que n'importe qui d'autre, sont-ils voués à la "médiocrité" par simple volonté de ne pas se laisser enfermer dans ce système de respect à sens unique, alors que pourtant les professeurs sont présentés comme des "gentilstoujoursprèsàparler" ? En même temps, comment peuvent-il avoir envie de se sortir les doigts du cul, si on ne les pousse pas en avant ? Alors, c'est la faute des méchants professeurs de familles françaises, ayant presque honte de l'être devant leurs élèves étrangers contre qui on ne fait pas de racisme, mais qui par contre critiquent à tout va les "purs français" (merci, Monsieur Politiquement Correct, bis !) ? Elle est où, la logique, alors ? Jeunes gens, c'est un documentaire, il ne fait que vous montrer les faits, n'entre pas plus profondément dans le propos avec quelques scènes ou dialogues plus significatifs, il n'a pas de parti pris. Ah, mais non, c'est un film, en fait !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 25 septembre 2011
C'est un film tout d'abord bien dirigé par son réalisateur, avec des dialogues intéressants et des situations bien construites. Mais il manque d'un rôle majeur à mon avis. On n'en s'endors pas en regardant, mais on ne bouge pas trop non plus. C'est un bouquet de situations bien résolues mais assez prévisibles. De toute façon, il vaut le coup le voir.
Candice L
Candice L

56 abonnés 833 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 septembre 2011
Un très bon film, plein de vérités et de réalisme. Un scénario intéressant qui montre lles problèmes que rencontre l'éducation en France, et comment professeurs et élèves les traversent.
Xavi_de_Paris

364 abonnés 2 856 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 juillet 2020
Sorte de chronique politique sous forme de pamphlet, "Entre les murs" est une démonstration brillante, réaliste au possible, ne pouvant que laisser le spectateur pantois. Ce film césarisé est un constat terrible sur le quotidien d'une ZEP parisienne, ses problèmes, le travail du prof devant une classe. Indispensable.
Aulanius
Aulanius

227 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 août 2011
Quel film d'hypocrites, c'est affolant ... pendant près de deux heures, on peut voir tout et son contraire. Quand je vois dans les "secrets de tournages" que les jeunes acteurs ont fait preuve d'improvisation, je peux dire que ça crève les yeux. J'ai moi même été dans un collège très sensible et j'ai jamais vu de telles situations. Là ou je trouve la principale contradiction, c'est dans le fait que le film se veut ultra-réaliste voire limite documentaire et que d'un autre côté tout est exagéré. Mais alors là ou je tombe des nues, c'est de voir que "Entre les murs" ait été Palme d'Or au Festival de Cannes 2008, on se fou de la gueule de qui ? Cependant, François Bégaudeau m'a carrément bluffé, se que je n'aurai jamais pensé. Certaines émotions arrivent à s'immiscer parfois et le jeu des adultes est remarquable. La fin est carrément ridicule au vue de l'ensemble de l'histoire mais bon, je mets quand même la moyenne. 10/20.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 19 août 2011
Qui n'a jamais rêvé de filmer sa classe ? Ce film est fascinant. On ne peut s'empêcher de croire que c'est un documentaire. C'est filmé de telle sorte que l'on devient nous aussi élève de cette classe ; un élève qui aurait le pouvoir de se retourner et d'observer les autres à l'insu de tous. D'ailleurs, on s'attache vite à nos camarades, on a déja des chouchous, et personnellement, j'aurai bien aimé passé quelques heures de cours de plus avec eux :-). Les jeunes acteurs ne tombent pas dans la caricature, ce qui aurait pû être le cas. Une très belle réussite !
pi93joe
pi93joe

16 abonnés 521 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 août 2011
C'est pas un film, c'est un documentaire ! Beaucoup trop lent et des scenes sans aucun INTERET ! Mais l'idée de départ et l'objectif du film sont honorables...
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