Du Pialat pur jus pour ce polar plus réaliste qu’héroïque. Manifestement très documenté, le film, à l’époque de sa sortie, dépoussiérait le genre en collant à la réalité du terrain, celle de flics parisiens. Réalité peu reluisante : violence banalisée, arrangements avec la légalité, relents machistes et racistes. Et surtout : relations troubles avec avocats, voyous, prostituées… Le réalisateur aborde tout cela avec son souci de vérité habituel. Ça donne un film brusque, rugueux, chaotique. Peuplé de personnages borderline. Un film sans frontières distinctes. Et comme souvent chez Pialat, on a aussi affaire à des êtres empêtrés dans leurs mensonges ou handicapés des sentiments. Ce paysage humain heurté et tourmenté a ses fulgurances magnifiques et ses moments plus faibles. Certains dialogues ne sont pas bien audibles. Mais l’ensemble demeure fort. Porté par des acteurs qu’on sent sur les nerfs et parfois épuisés par un tournage qui, comme souvent sous la direction de Pialat, ne fut pas une sinécure.
Un très bon film policier français de Maurice Pialat. Gérard Depardieu joue un rôle de flic à merveille. Le réalisateur montre le côté sombre et brutal du milieu policier.
Un film policier qui vaut surtout pour les belles prestations de Gérard Depardieu et Sophie Marceau. Le scénario est un peu fade à mon gout, cela manque de rebondissements. L'atmosphère générale du film est un peu déprimante.
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3,5
Publiée le 21 janvier 2021
Il est loin le temps où Gèrard Depardieu se retrouvait plusieurs fois en garde à vue dans les commissariats de sa folle jeunesse! Ici il joue le rôle du flic Mangin qui tourne autour d'une jolie mythomane que joue la jeune Sophie Marceau! Nous sommes chez Pialat donc policier atypique, maîtrisè et parfaitement jouè! Le rèalisateur rèussit là où d'autres auraient èchouès! A savoir suggèrer ces sentiments presque inexprimables entre Mangin et la mystèrieuse Noria! Le meilleur de "Police" ? L'atmosphère du commissariat et ces plans rapprochès entre Depardieu et Marceau! Flics, voyous, avocats, trafic de drogue, filles, prostituèes...Pialat rèinvente le polar même si les codes du genre sont pris en considèration! Scènario remarquable de Catherine Breillat qui s'est totalement investie dans ses recherches...
Si cette histoire de deal de drogue et de règlements de compte est anecdotique, 'Police' s'en sort néanmoins grâce à son approche naturaliste, dans laquelle Depardieu et Marceau excellent.
Une histoire assez classique, ou un inspecteur poursuit une fratrie, operant dans le milieu de la drogue. La dessus vient se greffer la compagne d'un des freres emprisonnés, dont il tombera éperdument amoureux, allant jusqu'a transgresser certaines règles. Depardieu se démène pas mal, mais malgré cela, on a du mal a croire a autant de conivence entre l'avocat des voyous et cet inspecteur.
Le Police de Pialat attaque avec des airs monolithiques ; tout est solide et imposant, que ce soit Depardieu, les murs ou les portes. On croirait que tout prend plein de place, comme si le film voulait être le témoin non dégrossi de ce qui se trame dans les commissariats français. Armé d'une spontanéité monstrueuse qui s'immisce jusque dans les scènes les plus longues et complexes, ce menhir porté par Depardieu semble jeter un regard hautain vers le passé et les euphémiques films policiers produits jusque là. Parfois, il est vrai, Police est trop brut pour être vrai ; les lapsus et les interruptions donnent un caractère pas forcément souhaité à l'ouvrage, comme si le réalisateur avait tenu à tourner chaque scène en une seule prise, raisonnement dont l'évidence nous prouve pourtant la fausseté.
Les menhirs s'érodent comme toutes les pierres, mais hélas celui-ci est usé à la livraison. Il dure cent-treize minutes, au bas mot vingt-trois de trop. Le regard jeté sur le passé devient vague, les concessions à ce qu'il paraissait mépriser se multiplient ; Police devient le vilain petit canard des thrillers à la française, celui qui arrive après tout le monde pour reprendre les canons et les revoir à sa sauce, comme si le film s'était dit « hé, je suis bon, je vais en faire plus ». La partie finale, d'où ont disparu les signes qui étaient distinctifs jusque là, tisse des romances réchauffées et des revirements de situation par trop familiers. Un coup de baguette dramatique, et boum, une fin qui vient faire l'ablation d'une prolongation superfétatoire. L'idée n'était ni bonne ni mauvaise, seul le traitement valait le coup.
Bon film policier français, sombre et authentique, pas très populaire malgré un super casting pour l'époque. Il est évident que le film "Polisse" réalisé par Maïwenn a été en grande partie pompé sur ce film.
C'est un face à face, à la fois d'un réalisme fou et d'une grande violence, qui ouvre "Police". Ce dernier nous introduit Mangin, policier machiste et un brin rustre, interprété par un Depardieu grandiose.
Mais il est important de mettre les choses au clair : "Police" ne parle pas de police, ou tout du moins en parle avec peu d'intérêt. Et cela se révèlera être le grief majeur pouvant être adressé à Pialat : inscrire sa romance au sein d'un récit policier qui dessert complètement l'émotion. En effet, la narration de cette partie de l'intrigue ne se constitue au final que de signaux offrant une linéarité tout sauf nécessaire. C'est donc un découpage de polar, déjà profondément inintéressant, mais surtout classique, qui entoure le noyau dur du long-métrage, empêchant à la relation Mangin/Noria de se déployer pleinement au sein du récit.
Cependant, malgré la frustration de ne pas voir cette relation au plus haut de son potentiel dramatique, Pialat la filme avec une beauté renversante. La mise en scène du cinéaste s'efforce constamment de les isoler : dans l'espace tout d'abord, les obligeant à se rapprocher physiquement, mais aussi dans le cadre, à l'image de cette scène dans le commissariat où le couple se cache des collègues pour laisser libre cours à leurs pulsions. Les passages exprimant des sentiments complexes et changeants s'enchainent donc, le couple étant le miroir l'un de l'autre, Mangin faisant tomber sa carapace pour montrer le coeur d'un homme meurtri, là où Noria se révèle plus froide que ce qu'elle laisse penser. Enfin, les dialogues, tous d'une très grande beauté, finissent d'inscrire l'oeuvre dans une émotion palpable (la première fois que Mangin exprime ses sentiments envers Noria) que l'on regrette de ne pas être la seul préoccupation de Pialat.
"Police" est donc un film à la fois complexe et riche, porté par le souffle romantique d'un grand cinéaste, qui est malheureusement parasité par une intrigue artificielle et problématique.
Depardieu tient presque tout le film sur ses épaules pendant quasiment un bon tiers tandis qu'avec ses collègues, il cuisine les immigrés impliqués dans le trafic d'héroïne. Plus vrai que nature, Police parvient à convaincre durant ce laps de temps, filmé comme un documentaire. Marceau encore toute jeunette est encore maladroite mais grâce à Gégé, elle arrive malgré elle à quelques instants de flamboyance alors qu'Anconina en avocaillon foireux se révèle étonnant.
Puis, c'est la descente dans le trou de la médiocrité, des invraisemblances en pagaille, des personnages incohérents et un scénario qui part en vrille. Le documentaire devient d'une lourdeur infinie qui semble ne jamais finir, on s'ennuie à 100 sous de l'heure dans cette léthargie creuse et regrettable faite d'abrutissantes lenteurs jusqu'à la fin -enfin !- décevante et sans ambition.
"Police", s'il avait pleinement assumé de ne pas être un polar, aurait pu être un grand film. Mais une intrigue assez peu intéressante et à peine écrite de trafic de drogues existe bel et bien, piétine plus qu'elle n'avance, au rythme de personnages qui évoluent moins qu'il ne ressentent des sentiments contradictoires et ambigus. Sans scénario classique avec péripéties faisant passer des paliers au récit, "Police" est un film qui plonge tranquillement mais progressivement dans l'intime, se resserrant dans une magnifique deuxième heure autour de la relation Mangin-Noria, campés par les sublimes Gérard Depardieu et Sophie Marceau, qui vaut pour ce qu'elle dit de la complexité des sentiments, de la virilité comme un moyen de masquer sa propre fragilité et de la sensualité d'une femme triste, déchirée et perdue. Après une première heure quelque peu décevante qui peine à satisfaire avec sa suite de saynètes inégales, "Police" décolle donc enfin sans pour autant renier son faux rythme qui traduit l'amertume et la mélancolie de ses personnages, in extremis émouvants.
"Là, pendant un instant, j'ai cru que je t'aimais, mais en fait non, c'est ridicule..." L'inspecteur Mangin, sous ses allures machistes, est un type sensible, fragile et même un peu paumé. Humain en somme. Mais d'une humanité vibrante, profonde, bouleversante, comme on en voit presque jamais au cinéma. Pour arriver à ce degré de vérité et donc d'émotion, il faut autant le talent inouï de Depardieu que la formidable capacité de Pialat de tirer le meilleur de ses acteurs, de les amener dans une zone où il n'y a plus de jeu, seulement de l'incarnation. Ainsi, Marceau, Anconina, Bonnaire et les autres sont d'une crédibilité et d'un naturel rarissimes, à tel point qu'on ne saurait dire s'ils aimantent la caméra par leur justesse ou si c'est elle qui les met en valeur, les sublime en révélant justement leur authenticité. Là où le film est aussi très fort, c'est qu'en dépit d'un rythme et d'une narration à la fois nonchalants et fiévreux qui ont peu à voir avec ce que le cinéma offre habituellement, il parvient à monter en puissance, à faire croître notre intérêt et notre empathie pour les protagonistes. En effet, si la première partie, qui s'attache surtout au quotidien des flics et aux scènes d'interrogatoire, est déjà puissante, c'est la seconde, où l'on s'intéresse essentiellement aux affres sentimentaux des personnages, qui permet au film de s'élever vers des hauteurs émotionnelles insoupçonnées. On peut finalement résumer le film en disant qu'il ressemble à son héros ( et donc à Depardieu): trivial et désespéré, rude mais beau. Inoubliable.
On connaît plus Maurice Pialat (mort en 2003 à 78 ans) comme réalisateur que comme peintre, et pourtant son talent d'artiste se devine à certains cadrages et à la manière de placer sa caméra, même en des lieux qui suscitent plus la claustrophobie que ceux de David Hamilton ! On sent d'autre part qu'à 60 ans quand il a réalisé ce film, le réalisateur ne craignait plus rien ni personne ! La manière dont il montre un flic qui joue le funambule entre la légalité et le banditisme était osée pour l'époque ! Un film pas comme les autres qui sans égaler Hitchcock, vous tient en haleine ! La musique est volontairement sobre et joue ainsi mieux son rôle, et le casting est un chef d'oeuvre de distribution. Pïalat n'avait pris aucun risque avec ce caméléon du spectacle qu'est Depardieu ! L'idée de lui faire jouer le rôle principal avec Sophie Marceau était géniale et leur tandem dans le style "Je t'aime, moi non plus" est admirable ! Anconina, trop souvent cantonné aux seconds rôles, nous fait aussi une composition empreinte d'intérêt et de réalisme. Un seul regret : la multiplicité de scénaristes (cinq !) qui font que l'histoire manque d'une "patte" dont l'empreinte aurait scellé plus fortement le récit de cette histoire. Contrairement à la réalisation, le scénario manque de personnalité et se disperse de trop. Autre regret : celui du ministère de l'intérieur : malgré le chômage, ce film n'est pas fait pour susciter des embauchages dans la Police ! willycopresto
Police est un film un peu à part dans le parcours de ce cinéaste, il transpose là son cinéma dans un commissariat, du moins dans un premier temps, il y rejoue ces plus grands tours.
Astucieusement, il s'enferme avant de prendre l'air, il y coffre dans son début toute sa brutalité, son humour, ses meilleures vacheries avant de s'extirper pour une autre de ses madeleines, une tristesse tout aussi électrique. Maurice Pialat à constamment en ligne de mire le rapport de force, il y'a dans sa main mise à la fois une force et une fragilité dans le mouvement qui moi me touche droit au cœur. Oui, avec toute sa folie confondu, avec l'amour de son texte, il me provoque une émotion que lui seul fabrique.
Police n'est pourtant pas très fin, des perquises au gnons, le film est féroce. Néanmoins, comme toujours chez Pialat, la structure laisse de la place à l'égarement, c'est aussi ce qui déroute et laisse glisser cette symphonie poétique qui jaillit inéluctablement. Une singularité qui persiste, une authenticité motrice pour un monde si distinct ...
De cette plongé dans la Police l'ont retient ses mouvements fou d'une caméra libre de sa rotation, une fluidité somptueuse qui sublime le réalisme naturaliste de son chef d'orchestre. Il draine dans sa course les limites et barrières étroites entre " représentants de la loi " et " truands " et toutes les magouilles de leurs croisement. Les lignes sont plus fines pour le coup. Les perceptions sont chahutés et éructent, galvanisent même le rythme de ce long métrage qui fille à toute allure.
Gérard Depardieu, dans un registre qui lui colle tant démontre une fois de plus qu'il est un Grand chez les Grands. Le petit sourire en coin qu'il partage avec Sophie Marceau dans la voiture après sa déclaration d'amour au niveau du milieu du film est vraiment une scène que j'adore. Cette dernière aussi fait d'ailleurs un sacré numéro. Ses coups de Trafalgar rendent chèvre tout un tas de mecs qui ne la prenaient pourtant pas pour une petite très maligne de prime abord ... Richard Anconina est l'autre vrai révélation de Police. Son petit manège, ses combines, son sens de la dérision avant son gros coup de stress sont des passages incroyables ! Les autres noms à l'affiche mérite eux aussi une attention tant ils participent à l'aventure.
Police est encore plus beau lorsqu'on le retrouve après une longue absence. Je place celle-là ici, un peu pour justifier cela : " Tu es déjà aussi dur que les gens qui ont vécu ! "