Retour dans le cinéma de Maurice Pialat, avec l’un de ses classiques : Police. Un titre sobre, pour un film sobre, pas mauvais, bien qu’il ne mérite pas vraiment à mon sens l’enthousiasme dont il est généralement l’objet. La faute avant tout à l’histoire. Si pour une fois le réalisme de Pialat tend à être convaincant (encore que certaines scènes caricaturales viennent un peu affaiblir cette impression), tout n’est pas top. La narration très linéaire et très monolithique devient vite assez ennuyeuse et donne une impression de platitude. Le manque de vrais rebondissements est aussi assez gênant pour un film de près de deux heures. Et encore une fois Pialat offre une sortie peu concluante, frustrante, et on peut le dire, décevante. Dans l’ensemble le réalisateur tend à réussir son intention quasi-documentaire, mais il y a des ratés. Le casting est bon, emmené par un Depardieu solide et plutôt sobre, qui fait face à Sophie Marceau dans un rôle sombre, loin de La Boum, et dans lequel elle se trouve être plutôt convaincante elle aussi. Les acteurs sont dans l’ensemble au point, avec quelques futurs noms connus dans des seconds rôles, comme Artus de Penguern, mais les personnages ne sont pas tous très attrayants. Leur côté excessif parfois ne colle pas franchement avec la volonté réaliste de Pialat, et c’est dommage. Visuellement si le réalisateur ne se départit pas de sa photographie grisâtre toujours assez décevante, pour autant l’ambiance est assez convaincante, assez sombre, et la bande son solide ne manque pas de baigner l’ensemble dans une tonalité singulière. Il y a une petite touche de mélancolie et de gravité que le film ne parvient pas pleinement à saisir, le réalisateur restant quand même engoncer dans une mise en scène minimaliste et dans une approche documentaire qui ne permet pas de faire passer toutes les émotions et les sentiments. Police est donc un Pialat plutôt bon, mais pas encore à la hauteur de la réputation du réalisateur à mon sens. On sent de bonnes choses, mais trop éparses au milieu d’un film un peu vain, et un peu plat. 3.
A sa sortie en France, il fut le meilleur succès public du réalisateur et les conditions de tournage lui ont été très favorables : il a pu avoir assez de temps pour tourner et disposait de gros moyens techniques, qu’il s’agisse de lumière, de techniciens, ou de décors. Pourtant, Police ne dispose pas d’une qualité fictionnelle importante.
En effet, Maurice Pialat cherche à filmer le réel du travail de policier dans un commissariat. Ainsi, entre les actions de nos personnages principaux, vient s’ajouter de temps à autre en avant ou en arrière-plan, des interrogatoires qui ne nous concernent pas. On peut tout aussi bien rentrer dans une discussion qui n’aura aucun intérêt pour la suite du film, ou bien des arrestations de personnages n’ayant aucun lien avec l’histoire. Maurice Pialat veut capter la réalité qu'incarnent les policiers et les truands, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il en a fait venir certains, qui ne sont pas du tout acteurs. On pourrait ainsi presque croire à un docu-fiction. A travers ce reflet de réalité donc, il cherche aussi à installer une sorte de brutalité permanente, qu’il s’agisse des policiers parfois un peu violents, ou bien du monde cruel du gangstérisme. Cette brutalité semble omniprésente à travers les plans qui se succèdent au fur et à mesure que l’enquête avance, et des dialogues très rapides et virulents des personnages. Mais entre ces moments de violence, des scènes assez innocentes disposant d'une musique en fond sonore, chose qu'il n'y nulle part ailleurs dans le film, viennent s'ancrer dans le récit. Le film est donc plutôt beau et réaliste, sans pour autant transcender l'écran.
Ne cherchez plus, c est LE bon film ou il y a Sophie Marceau. Passez cette anecdote, le film est un excellent policier, un peu vieillot dans sa représentation du commissariat, mais extrêmement moderne au niveau de ses personnages. Rarement je n ai ressenti un tel sentiment d inéluctabilité devant un film, j ai eu l impression de voir des pantins torturés, conscients qu ils marchent dans un couloir sans issus mais continuant d avancer sans chercher une autre voie, peut être parce qu elle n existe tout simplement pas. Mise en scène remarquable, au service des acteurs qui bénéficient de rôles complexes, torturés, c est du tout bon.
Porté par Gérard Depardieu et Sophie Marceau, Police de Maurice Pialat est rythmé et efficace. Le cinéaste semble offrir une grande liberté d'interprétation à ses acteurs, qui se matérialise par de nombreuses séquences brillantes, quelques autres plus maladroites. Un thème et une manière d'aborder son film qui font immanquablement penser à L627 de Bertrand Tavernier, tourné juste quelques années plus tard.
Un film sur la police, typique documentaire. Dans le genre Tavernier a fait la même chose avec L627. Réaliste et serré sauf dans quelques scènes en-dehors du bureau, comme si le spectateur faisait aussi une pause cigarette!!
Film de flics, Police, c'est avant tout une ambiance, celle d'un petit commissariat parisien. Pendant près de deux heures, différentes personnalités s'y croisent, des liens se créent, des relations mêmes. Bref, une tranche de vie, portée par de très bons acteurs, et mise en scène avec beaucoup de justesse.
Ce n'est pas un film facile à regarder je trouve. D'accord c'est du Pialat. Mais à priori on se dit qu'il y aura un peu d'action et que ce sera facile à regarder sans trop réfléchir. Mais non le scénario n'est pas si simple. Le film s'intéresse aux rapports humains, entre la police, les mafieux, et leurs avocats. Bref c'est de longs dialogues.
Mise à jour du 12/02/2019: Ce film est un peu à part dans la série des polars et policiers. Les personnages, dont Mangin en tête de liste, sont à l'image de ce qu'on attend d'une police forte, insoumise et qui enfreint un peu comme elle le veut certaines règles, pour le résultat et le chiffre. Depardieu porte le film, c'est encore l'acteur à la fois jeune et en pleine gloire, comme on l'aime quoi. Il est à la fois bourru, méchant et sensible. D'ailleurs il n'a jamais tiré sur personne. Il est aussi macho et un peu porté sur la boisson. Et de l'autre côté on a le bon Anconina en parfait avocat véreux. Et on finit avec les voyoux, avec Marceau en tête. L'histoire est simple, elle n'est pas le sujet principal du film, au contraire ce sont les personnages et leurs discussions que veut nous faire partager Pialat. Ce n'est donc pas toujours un film "facile" à regarder, c'est du Pialat si je peux dire. Et le problème c'est qu'on peut peut-être s'ennuyer au bout d'un moment...un peu plus d'action peut être aurait fait un peu de bien.
On sent tout de suite que Pialat voulez s'emparer de Depardieu pour refaire son loulou. La police est en effet qu'un faire valoir. La lumière qui est faite sur les ripoux n'est pas le premier du fait. Néanmoins, trop peu mis en valeur aujourd'hui. Il dresse le portrait archaïque d'un personnage borderline, névrosé et aimant l'action. Finalement, rien de neuf pour Gérard.
Il n'est pas question de mettre en cause les qualités de cinéaste de Pialat mais revoir ce film 30 ans après sa sortie est une déception par rapport à ''Van gogh'' ou d'autres de lui. Que lui a t il pris de s'intéresser à un sujet aussi médiocre? Aucun personnage n'est attachant ou enrichissant, c'est le vide intellectuel total. Il ne reste que la direction d'acteurs et la mise en scène qui se rapproche trop de celle d'un téléfilm. Depardieu est excellent, il serait difficile de dire le contraire mais Marceau n'est encore qu'une gamine inexpérimentée, elle est de plus trop ''Bon chic, bon genre''. Bonnaire y tient un rôle très effacé et Richard Anconina en fait beaucoup. Quant au scénario, c'est de la haute fantaisie et comme Pialat film l'instant plus que la continuité cela lui donne une crédibilité qui doit faire rire à la fois les membres de la police du banditisme et tous les chefs des diverses groupes vivant en marge de notre société. Un bon récit est indispensable pour faire un bon film mais il ne suffit pas qu'il soit structuré, surprenant et cohérent, il faut aussi qu'il apporte quelque chose au spectateur, quelque chose qui reste. Or que reste t-il ? Rien ou presque si ce n'est l'offre d'un verre de la part d'un malfrat libéré et pas rancunier qui sent bien qu'entre lui et un flic comme Mangin la différence est maigre.
3 monstres pour un film. Pialat au sommet de sa forme avec toujours cette facon de filmer le reel, le social, entre film et documentaire, sans artifice. Ca sent le vrai, on est dedans, c'est un polar mais aussi de vrais moments de tranches de vie d'un commissariat, presque une chronique sociale. Depardieu lui est au sommet de sa forme de Depardieu jeune, pousse a son maximum d'intensite par Pialat. Et puis Sophie Marceau, jeune, encore un peu boulotte, creve l'ecran, est charismatique dans son role de mauvaise fille mais aussi victime. Elle est belle de talent et de presence. Un tres bon film qui a un peu vieilli mais qui reste un must du cinema francais.
"T'as 18 ans et tu crois pas à l'amour?" demande Depardieu à Bonnaire (qui joue ici un petit rôle de prostituée). "Momo, qui Momo?" demande Depardieu à un truand qui le met sur un coup. "J'aime pas les ordures d'assassins de vieilles" éclate Depardieu avant d'écraser la tête d'un truand contre une table. "Quand on est dans le métier il faut toujours avoir une chemise de rechange" déclare-t'il à sa supérieure (Pascale Rocard, fraîchement débarquée, qui a serré la main dudit truand parce qu'au premier coup d'oeil on ne fait pas la différence entre un truand et un flic, pas de manichéisme.) "Ferme la porte et ferme ta gueule" dit Depardieu à Anconina lorsqu'il le surprend au lit avec Noria, la voleuse "qui n'aime pas les problèmes". Inutile de ranger "Police" dans la catégorie des polars, ce n'en est pas un; il s'agit d'un film sur le brouillage des repères, quasi de la première à la dernière minute. Il y a un humour sous-jacent, pas toujours drôle, des cadrages et mouvements de caméra d'une perfection absolue, un jeu d'acteurs hors-pair. Très grand film, frustrant à la première vision, à revoir au moins deux fois ensuite.
ce film est tout simplement superbe , un DEPARDIEU au meilleur de sa forme ; film limite documentaire la premiere demi heure on rentre dans un polar sentimental avec beaucoup de personne differente : un flic surexcité , un avocat corompu , une pute balance , une co-dileuse menteuse et j en passe beaucoup d humour et de sensualité CHAPEAU PIALAT !!!!
Avis très mitigé sur ce film. Un très bon départ avec un quasi docu-fiction sur les commissariats dans les années 80 et les liens qu'ils pouvaient entretenir avec la pègre , des acteurs très bon et crédibles (Depardieu égal à lui-même) puis arrive Sophie Marceau (que je trouve par moment inssuportable mais bon ca n'engage que moi) et le docu-fiction policier fait place à une romance impossible et casse l'atmosphère prégnante présente jusque là. A noter également quelques seconds rôles très très faibles niveau jeu et d'autres inutiles ... Petite déception car ne doutant pas du talent de Pialat je m'attendais à autre chose
Dans une première partie quasi-documentaire, "Police" fait évoluer le polar français comme peu de films l'ont fait. Puis le scénario dérive vers une romance interdite beaucoup moins intéressante où il n'y a guère plus que Gérard Depardieu, bouleversant, qui continue de faire le boulot. Un film fort mais inégal.