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karo K.
8 critiques
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3,5
Publiée le 6 septembre 2022
Luminosité de la jeune Simone Signoret qui contraste avec le décor poisseux et brumeux du port d'Anvers. Le scénario est assez convenu sauf pour la très belle fin de vengeance que je ne divulgâcherai pas ! mais les acteurs exceptionnels: Bernard Blier, Jane Marken toujours aussi épatante. Simone Signoret est éclatante de beauté et de talent. Un must
Archétype de film noir à la française en sortie de guerre, voir ce long métrage présente surtout le double interêt historique de voir Signoret, svelte et jeune, sur la route de la notoriété - et elle remplit déjà bien l'écran- et la reconstitution en studio de décors maritimes brumeux et inquiétants. Pour le reste, le capitaine italien n'est pas assez typé, B. Blier n'est pas Gabin, le scénario prévisible même si c'est la loi du genre, et Allegret peine à mettre en scène le règlement de compte final. TV septembre 2022
Film noir d’après-guerre qui vaut surtout pour ses 2 principaux interprètes, Simone Signoret et Bernard Blier. Ambiance poisseuse et interlope d’un grand port avec ses marins et ses prostituées. J’apprécie moins le choix de Marcelo Pagliero, un peu trop vieux pour le rôle de l’amant, quant à Marcel Dalio, avec ses 60 kilos tout mouillés, il fait sourire dans un rôle de dur, Simone Signoret mesurait une tête de plus que lui… Un grand classique mais pas un grand chef d’œuvre, la fin est très attendue.
« Dédée d’Anvers » offre son premier grand rôle dramatique à Simone Signoret. Elle entre dans le monde sombre d’Yves Allégret qui avec une sobriété et une rigueur exemplaire met en scène l’univers sordide de la prostitution dans le port d’Anvers. Le réalisateur évite tous les écueils : pas de voyeurisme, ni de complaisance. De même, lorsqu’il s’attache à l’aspect humain incarné par les filles et leur patron, il ne tombe jamais dans le larmoyant, y compris dans une fin qui s’y serait fort bien prêté. Cette retenue permet au trio central d’exprimer tout leur talent. Marcel Dalio joue de manière convaincante un minable souteneur, lâche, veule et stupide, face à un Bertrand Blier épatant de naturel et d’équilibre, entre humanité et autorité, désintéressement et gestion de son business. Mais c’est surtout Simone Signoret qui monopolise (magnétise) l’attention. Belle comme jamais, elle arrive à atténuer sa classe naturelle par une démarche de godiche, ce qui la rend encore plus touchante, malgré sa froideur apparente. Au crédit également une direction d’acteur qui ne néglige aucun second rôle. Enfin, grâce à des décors très réalistes de Georges Wakhévitch et une photographie bien dépressive de Jean Bourgoin le cinéaste réalise un de ses grands films, avec une ambiance qui oscille entre morne et morose. Par contre, compte tenu de l’incapacité à scripter correctement la violence, la suggestion dans ces scènes aurait avantageusement remplacé leur côté explicite mais raté. Clairement, Allégret n’est pas William Welleman ou Fritz Lang.
très bon film avec son ambiance bien brumeuse,la scène de bagarre est magnifique ,et bernard blier magistral ,la photo est superbe avec ses éclairages , il y a un coté le jour se lève; un film dramatique et sombre mais un très beau film .
Le film vaut surtout par sa distribution: B. Blier, S. Signoret, Dalio (tous les trois sauvent pour ainsi dire le film) ; et bien entendu par ses images superbes qui créent l' atmosphère propre à ce genre d' oeuvre. L' histoire est noire mais sans grand intérêt: on imagine dès le début qu' elle finira mal. Le rythme est parfois trop lent; les dialogues plutôt pauvres et la diction de Pagliero (l' amant italien de Signoret) nuit à l' ensemble. A voir toutefois sans hésitation.
Un film noir à la française, on pourrait même dire un film brumeux. L'intrigue est simple, d'ailleurs on croit en deviner l'issue mais on se trompe, c'est aussi un film d'ambiance, ça parle de prostitution et ça a le mérite de ne tomber ni dans le misérabilisme, ni dans l'angélisme. Blier à un rôle très complexe, spoiler: il trafique, il est le patron et veut que ça se sache mais il est humain, un rôle difficile mais parfaitement assumé, pour Dalio c'est plus simple, c'est le vilain maquereau mais il fallait qu'il le soit ainsi pour l'intrigu e, quant à Signoret, elle crève l'écran. spoiler: Les trafics dont il est questions restent évasifs, on ne saura jamais de quoi il est question, parce que le savoir n'aurait rien apporté au film, Signoret l'ignore donc nous aussi. La scène finale tire le film vers le chef d'œuvre, ça nous cloue sur place, on savait grosso modo ce qui allait arriver, mais on ne pouvait pas deviner cette fin qui a quelque chose de grandiose dans sa futilité macabre. Quasi chef d'œuvre, quasi parce que on ne comprend pas grand-chose de ce que raconte Pagliero qu'on aurait sans doute mieux fait de post synchroniser. Un très très grand film
Dédée d’Anvers est un film qui séduit, à mon sens, par sa modernité. Pas imperfectible, c’est cependant un film fort, maitrisé, qui séduit aussi par son interprétation, et son refus des personnages stéréotypés. L’interprétation est très bonne. Signoret trouve clairement un bon rôle, et elle apporte son charme froid, son jeu séducteur et glacial, à ce personnage plus trouble qu’on ne pense. Deux acteurs principaux finissent le trio : Bernard Blier, qui trouve un rôle dans ses cordes, et qu’il campe avec sobriété, sachant que ce rôle ambigu est sûrement le plus intéressant du trio mais pas forcément le mieux exploité. Marcel Dalio hérite lui d’un personnage plus classique, mais l’acteur est talentueux. Cette belle interprétation est appuyée par une histoire de qualité. Le film séduit par sa froideur, son refus total d’humour, ses situations graves, et sa fin parfaitement rodée. Sûrement que le métrage est un peu court pour amener un peu de subtilité supplémentaire, ou davantage mettre en perspective la relation parfois ambiguë entre les personnages, mais d’un autre côté la durée restreinte du film l’oblige à être dynamique et à vider les scènes en surplus. En tout cas on assiste à une tragédie de premier ordre, sans concession, et souvent surprenante. Les qualités de fond du film se retrouvent aussi dans la dimension formelle. Porté par une mise en scène audacieuse (le plan en vue subjective par exemple), Dédée d’Anvers bénéficie de l’appuie non négligeable des décors et de la photographie, pour restituer une ambiance sombre et parfois onirique (le brouillard) qui saura ravir les amateurs de films noirs. Le tout accompagné par une bande son au diapason, un peu trop discrète à mon gout mais comme beaucoup de films de cette époque. Dédée d’Anvers est un film de très belle facture, que je n’attendais pas vraiment à ce niveau, mais qui séduit des plus agréablement. Certes réservé aux amateurs de drame sombre, voilà un film précieux, qui marque, comme je le disais, beaucoup par sa modernité. On ne se sent pas dans les années 40. 4.5
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4,0
Publiée le 6 septembre 2022
Qu'on se le dise, Yves Allègret ne s'est imposè vraiment qu'avec ce classique important du drame noir qui rèvèla une de nos meilleures actrices, devenu l'èpouse du cinèaste! Simone Signoret est "Dèdèe d'Anvers" (1948), une entraineuse, une poule du « Big Moon » qui tombe amoureuse d'un beau marin italien! Et des èvènements avant qu'il ne parte vers d'autres horizons, il va y en avoir! L'hèroïne est donc partagèe entre l'amour et l'aliènation de sa condition de femme! Tout ça est très sombre et en même temps très tragique, l'essentiel du film se passe d'ailleurs près d'une zone portuaire qui est elle-même un des personnages! Remarquable composition de Bernard Blier et surtout de Dalio, en salaud parfait, mais indiscutablement vrai dans sa façon de jouer les demis-sels sans scrupules! L'ambiance est sordide et l'atmosphère troublante! De quoi rèjouir les inconditionnels du « rèalisme noir » dont Allègret a toujours ètè attachè...
Dédée est entraîneuse dans un bar d'Anvers. L'arrivée d'un beau capitaine de cargo va bouleverser sa vie... C'est par le biais de ce long métrage que j'ai pu découvrir la flimographie de Yves Allégret, et je dois avouer que son style de mise en scène m'a bien convaincu sur pas mal de séquences. Ce film noir à la française peut se vanter de possèder une histoire certes bien triste dans son style, mais qui se révèle très vite bien passionnante à suivre, grâce aussi et surtout à l'excellente tenue de son casting. En tête d'affiche, justement, on retrouve une Simone Signoret parfaite dans le rôle d'une prostituée qui finira par découvrir le grand amour aux côtés de Marcel Pagliero, qui joue le rôle d'un capitaine de cargo italien, sans oublier également la très bonne performance de Bernard Blier dans celui d'un patron du bar rugueux, et aussi de Marcel Dalio à travers le personnage de Marco qui se révèlera être un élément très important à la fin du récit. Tout est donc réunis pour passer un excellent moment de cinéma, d'autant que la photographie en noir et blanc à bien supporter l'âge du temps.
Un film de Yves Allégret qu'on pourrait croire de Marcel Carné, un film poético-réaliste sur une prostituée qui tombe amoureuse d'un capitaine... Malgré de bons acteurs dont le génialissime Bernard Blier on est déçu par le choix peu judicieux de Marcello Pagliero en Francesco, il fait un amant peu crédible vis à vis de la jeune Simone Signoret. Ca reste un drame dans la pure tradition du genre mais il manque à cette histoire d'amour la tragique passion à la façon d'un Carné ou d'un Renoir.
Cosette devenue fille de joie à Anvers. Elle s'en prend tellement dans la tronche la pauvre Dédée. Le Marco est un magnifique salaud, couard et perfide à souhait. Le personnage campé par Blier est lui-aussi très fort, viril et sûr de lui. Pourtant, l'histoire m'a moyennement plu. Sûrement ce côté "Misérables" et cette espèce de fatalité qui caractérise bon nombre de films noirs de l'époque. La petite qualité des dialogues, du moins quand on parvient à les comprendre, joue aussi beaucoup.
A voir surtout pour la prestation de Simone Signoret, Blier prend aussi une certaine épaisseur. Le scénario est moyen car il cale un peu sur la fin mais le film montre la misère et la prostitution de manière assez réaliste, ce qui sera rarement le cas dans les films de cette époque et bien après.