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4,0
Publiée le 12 janvier 2025
C'est une plongée dans les bas-fonds de New York avec un Christopher Walken omniprésent, silhouette fantomatique au sein d'un univers qu'il tente de reconquérir après un long séjour en prison. Si ses méthodes sont des plus discutables (et c'est un doux euphémisme : il s'agit d'un gangster se conduisant comme un gangster), il cherche à faire le bien. Il voit bien que la pauvreté a envahi les rues. Que la municipalité ne veut pas financer un hôpital dans les quartiers pauvres de la ville. Alors, il se dit que c'est à lui de prendre le relais (d'ailleurs, il s'appelle Frank White). Quand je le vois déambuler dans la ville, prendre le métro, marcher dans la rue avec les autres new-yorkais, il a l'air...ailleurs, déconnecté. Comme si ce monde n'était pas le sien, qu'il ne sera jamais accepté par la population et qu'il était condamné à la criminalité, à vivre en marge de la société. On peut aussi s'intéresser à ce groupe de policiers (mené par David Caruso et Wesley Snipes) qui tente de le faire tomber quitte à enfreindre les règles. C'est une ville gangrénée par le trafic de drogue, la prostitution, la misère, les exécutions sauvages entre les différentes communautés. C'est dur, froid, clinique. Et un des meilleurs films de Ferrara.
Une vraie déception pour moi. Je dois dire que j'ai beaucoup de mal avec le style Ferrara. Malgré un C. Walken immense et un casting particulièrement brillant, le film se contente d'aligner les scènes de carnages, sans jamais vraiment développer ses personnages. Tourné avec un petit budget, le film offre tout de même quelques belles séquences, avec des lumières et des cadrages assez flamboyant qui donnent à voir un portrait complètement baroque de la ville. Visuellement, le film est indéniablement une grosse claque. Mais l'histoire ne m'a pas captivé, avec ce gangster qui veut construire un hôpital pour enfants mais qui tue sans vergogne tout ceux qui se dressent ou pas sur son chemin. Alors parce que ce tueur sans pitié veut sauver des enfants, ça le rend plus attachant. J'ai toujours trouvé ce genre de poncifs un peu stupide et paresseux, permettant ainsi de créer un lien empathique sans trop se forcer. Désolé, mais il me faut plus. Ferrara avait 30 minutes en plus sous le coude mais en l'état, cette version plus orientée vers les tueries et une déferlante de sexe et de sang sans aucune réflexion derrière est bien frustrante. D'autres critiques sur
Revoir « The King of New York » en 2025 est toujours un très grand plaisir grâce au casting des premiers aux nombreux très bons seconds rôles et bien sûr grâce à Christopher Walken habité par ce personnage de psychopathe. Mais c’est aussi un très bon scénario et une mise en scène marquante d’Abel Ferrara, filmant les pires quartiers de New York comme personne et ayant un certain talent pour filmer les scènes d’agression ou de poursuite dans les wagons de métro. Ce n’est pas la même vision du grand banditisme que Scorsese (« Les Affranchis » sorti la même année) ou Coppola (« Le Parrain, 3e partie », sorti lui aussi la même année que « The King of New York ») mais ces visions se complètent et se répondent.
Véritables montagnes russes cinématographiques, ce King of New-York fait cohabiter le grandiose et le ridicule, dans un mélange bâtard pas si éloigné de son propos, mais néanmoins complètement handicapant pour une oeuvre dont on doit supporter les séquences ratées pour pouvoir (un peu, et pas autant qu'elles le mériteraient) profiter des bonnes. Par passages, cela dit, le film flirte vraiment avec le génial. Cette ouverture, d'abord, longue, portée par un synthé planant et le regard de Christopher Walken, toujours si nébuleux qu'on croirait presque y voir un univers entier. Toujours aussi démoniaque qu'angélique, l'acteur avait de quoi placer ce long-métrage sur la dangereuse barrière de la fascination. La scène du métro, où Walken retrouve son avocate et amante le temps d'ébats hors du temps et du Monde, poursuivait cette sensation ténue et d'autant plus accaparante (car fragile et volatile) que tout était réuni pour faire de cette figure un véritable centre d'attraction, dans un New-York jusque là filmé comme un terrain de chasse autant que comme un piège. Puis rapidement, tout s'écroule dans un melting-pot complètement bancal, bien que toujours un rien fascinant, lors de l'apparition des hommes de main de Frank White, un gang de blacks gangstas ridicules amenés par un Lawrence Fishburne pire encore. De ce moment, et presque jusqu'à son épilogue, on se coltine alors un grand bazar où les personnages sont trop associés à un type identitaire (l'irlandais, le noir, le chinois, le latino) pour ne pas y voir quelque chose de volontaire. Là encore, il y avait quelque chose à creuser. Chris Walken avait déjà construit avec Max Zorin (le bad guy de Dangereusement Vôtre) et sa relation avec la féline May Day, un lien imaginaire très fort avec la communauté noire ; je vais encore devoir me préciser avant de paraître raciste, ce commentaire ne souhaite mettre personne dans une case, simplement signaler que l'origine artificielle du personnage (plus ou moins issu d'une expérience) alliée à la première JB girl noire de l'Histoire donnait au couple l'apparence de deux rejetés qui se trouvaient en marge du reste du Monde. Ce parrain blanc à l'entourage tout droit sorti du Bronx donnait fugacement la même impression de chercher loin des sentiers battus quelque chose perçu de lui seul, un mirage à sa seule portée. Creuser cette veine aurait pu donner au film des allures de pastiche du film de mafia, où toutes les divisons identitaires propres à la N-Y fictive qu'on connait par le biais du genre sont présentes mais parfois étonnamment mêlées et déformés, comme dans une dissonance géante. Tout ça n'est quand même pas une excuse pour la montagne de caricature qui fait petit à petit son nid, et le tapage incessant de fusillades trop longues et pas assez préservées pour moi, qui m'attendait à quelque chose de bien plus mythifié. De même, Ferrara, ici dans ce qu'on peut voir comme un diptyque sur la rédemption avant son très réussi Bad Lieutenant, exploite trop peu les facettes intimes de Frank White, qui croit qu'une seule idée juste l'absout de tout le reste, comme si pour éviter le purgatoire, le bien était une simple fin, et non un moyen dont on n'est jamais certain qu'il suffise. Mais les dialogues et la symbolique dont on pourvoit le parrain sont beaucoup trop limités pour laisser accès à la profondeur du personnage, pourtant très étudié par la caméra. Walken a beau exprimer avec son génie des émotions à vif, qui paraissent flotter à la surface de son visage comme des ondes sur une eau troublée, impossible de déchiffrer son jeu et d'y ancrer l'empathie nécessaire. Les deux tiers du milieu de King of New-York sont ainsi, truffés d'erreurs et de fautes de goût. L'épilogue, qui retourne au travail d'ambiance du début (très belle idée que cette confrontation dans le métro, qui rappelle comme en écho à l'ouverture que tout le long, seuls l'amour et la mort ont eu de l'importance), retrouve une certaine grâce mais désormais, il manque à cette conclusion le poids et la consistance que le reste du film ne lui ont pas donnés pour venir chercher plus profondément. Inachevé et inabouti, je préfère donc garder de King Of New-York l'image du film qu'il aurait pu être.
Dans une scène a priori anodine, deux gangsters regardent Nosferatu, de Murnau, au cinéma. Au moment où l'un s'apprête à partir, l'autre lui lance : "Tu devrais rester, ils passent Frankenstein ensuite !". Dans le film de Ferrara, Nosferatu le vampire est évidemment Frank White, parrain de la drogue tout juste sorti de prison et qui porte bien son nom puisqu'il est joué par un Christopher Walken opaque et hiératique, et dont les dents -évidemment- sont ce qu'il a de moins blanc. Le vampire, c'est celui qui s'abreuve du sang des autres, et ici White n'absorbe pas le sang mais adopte quelquefois les attitudes, les codes et les pas de danse (toujours avec une classe folle, charisme hypnotisant de Walken oblige) des Noirs, ses parfaits opposés. La créature de Frankenstein, elle, est la population new-yorkaise, Salad bowl dont les composantes se retrouvent presque toutes parmi les flics et les voyous : afro-américains, donc, mais aussi latinos, Italiens, Chinois, Irlandais... À partir de ces deux pôles, Ferrara réalise un film somnambulique et glacé, hanté par un goût du décadent et du dandysme assez somptueux. Même quand le film s'oriente davantage vers un registre plus classique de film de gangsters, sa violence radicale et sa stylisation formelle le maintiennent toujours à des hauteurs élevées, où trône donc le "King" Frank White, figure ambiguë, mi-ange mi-démon, en quête d'une étrange rédemption mais voué à une éternelle solitude.
Un film de génie tout simplement. Ferrara frappe encore par sa mise en scène d'un réalisme marquant le tout rendant compte d'un malaise profond au sein des thèmes abordés. Viva Ferrara!
Ce film a pas mal vieilli mais il reste franchement agreable a regarder et plutot captivant , j'aime beaucoup l'ambiance et les decors , les acteurs principaux sont bons ( meme si les doublages francais sont pourris ) et le scenario tient bien la route . Le tout degage un certain charme , a voir
Un film de gangster assez classique qui vaut surtout pour Christopher Walken. Le scénario fait office de déjà-vu même s'il possède un certain potentiel. Potentiel foutu en l'air par la mise en scène insipide du réalisateur au style complètement froid. Même s'il y a de bonnes scènes, "King of New York" laisse pratiquement indifférent. Avec un réalisateur tel que Scorsese ou De Palma, on aurait eu un chef-d'œuvre...
Frank White (Christopher Walken) est un homme d'affaires sortant de prison. Il décide de construire un hôpital mais il n'emploie pas des méthodes légales... Le scénario est intéressant, les acteurs jouent bien. Christopher Walken réalise une bonne prestation. A noter les bonnes apparitions de Wesley Snipes, David Caruso et Laurence Fishburne. Abel Ferrara réalise un bon film!
Très beaux film d'Abel Ferrara,moi qui adore les films de gangsters,j'ai été servi par ce film.Avec un Christopher Walken magistral!!Un film qui vaut 5 /5 mais un point de moins pour David Caruso que j'ai pas aimé(question de gout)et l'image qui à un peu viellis avec le temps.Sinon amateurs de film de gangsters regardez le,il en vaut la peine
Excellente performence de Walken et des autres acteurs d'ailleurs. Dommage que son personnage ne soit pas mieux exploité et que le scénario soit un peu faiblard
Jamais un film ne m'avait laissé un avis aussi partagé que ce King of New York d'Abel Ferrara. Certaines scènes relèvent du génie (la course poursuite de nuit où Laurence Fishburne et David Caruso se livrent un duel sans merci sous un magnifique éclairage bleuté, par exemple), d'autres mériteraient de passer à la trappe (Christopher Walken dansant la tektonic juste après avoir été relâché de prison ? Le réalisateur était visiblement en état d'ébriété au moment du tournage de cette scène). Voilà donc un long métrage qui me laisse perplexe, et avec un certain goût d'insatisfaction dans la bouche car jamais auparavant un film ne m'avait autant intrigué, captivé puis dégoûté la seconde suivante. Je ne regrette pas de l'avoir vu, je regrette seulement de ne pas être capable de comprendre comment un même film peut relever à la fois du chef d'œuvre et du navet, et sans pour autant démériter ni à aucun moment remettre en cause sa notion "culte".
Très bon policier/film de mafieux. D'abord les jeux d'acteurs : Christopher Walken : superbe performance, il se met à fond dedans et vit vraiment son personnage, il est juste impressionant. Laurence Fishburne, sympa comme à son habitude, joue le rôle d'un gangsta, un peu caricatural mais marrant. A noter les présences très discrètes de Wesley Snipes et Steve Buschemi. David Caruso, je l'ai trouvé trop archétype du flic vengeur. La réalisation est plutôt cool, l'ensemble est très noir, d'ailleurs le film est plutôt sombre, les scènes d'action sont très rythmées, je ne m'y attendais pas du tout, agréable surprise, mon coup de coeur c'est la BO hip-hop old-school qui rend vraiment bien. Le scénario est plutôt original et a plusieurs rebondissements : un mafieux qui sort de prison décide de faire quelque chose de "bien", il redouble donc d'intensité dans ses activités mafieuses pour utiliser l'argent pour aider la ville et "nettoyer" la vermine (les autres mafieux). C'est plutôt bien fait car au final le mec est plutôt apprécié du public, et fait en effet des bonnes actions même si le procédé est ignoble, on se demande même s'il n'est pas bien plus efficace que les flics, ça fait réfléchir quoi. :P En gros, énorme casting, bon scénario : excellent film pour ma part.
Trois ans avant son immense "Bad Lieutenant", Abel Ferrara réalisait ce qui est considéré comme son premier film culte, "The King of New York". Film culte par excellence tant il fut dans un premier temps assassiné par la critique cannoise avant d'être sauvé in extremis par une poignée de fans qui depuis n'a cessé de grossir. Suivant le parcours d'un ancien parrain sorti de prison bien décidé à reconquérir le marché de la drogue, l'oeuvre est présentée à juste titre comme l'une des plus accessibles du réalisateur. En effet, on n'y retrouve pas encore la profondeur des enjeux liés à la rédemption ou au péché dont il se fera une spécialité par la suite. Ici au contraire, les références à la religion sont beaucoup plus clairsemées (sans pour autant être anecdotiques), le cinéaste préférant visiblement se concentrer davantage sur son histoire point par point, sans décalages. "The King of New York" est donc un opus qui globalement ne sort pas des grandes lignes du film de gangsters, mais s'avère pour autant un polar très efficace, ancré au coeur d'une cité crépusculaire, teintée même çà et là d'accents baroques mémorables. Avec en prime et sans surprise, un Christopher Walken impérial. Sans doute le film idéal pour aborder sereinement la filmographie du génial Ferrara.