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Yasujirô Rilke
272 abonnés
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4,0
Publiée le 1 mai 2010
Peut-on parler là d’un néo-réalisme ? Appellation au demeurant anachronique, cependant «Le petit lieutenant» (France, 2005) est le fruit d’un travail anthropologique de Xavier Beauvois d’une telle qualité que son réalisme en est remarquable. Image de la police sans emphases excessives, sans fioritures fictionnelles, la communauté policière dans un simple appareil. En retranscrivant fidèlement l’expérience d’une brigade, Beauvois fait le choix de s’opposer aux codes d’un cinéma typique. Par cette position, le cinéaste n’oppose pas seulement le cinéma social au cinéma de genre, c’est tout un «cinéma de verité» qui se confronte à un cinéma de fiction pur. L’œuvre n’est pas que le rendu d’une expérience d’enquête mené par un homme de cinéma, c’est aussi un regard porté sur la justice. Formellement réaliste, la réalisation usant très peu de plan d’ensemble, préférant une promiscuité jusqu’au charnel, Beauvois expose surtout avec génie l’ordre du désordre. Ouverture : des jeunes policiers éparpillés dans une salle formant un maelstrom d’humains, figure du chaos. A ces plans «désordonnés» suivront la remise des diplômes où Beauvois fait montre de l’ordre public. Du désordre ambiant, la justice s’est mue en ordre rationnel. «Le petit lieutenant» permet cette lecture de la structure policière. Beauvois incruste également une fiction au sein du «compte-rendu» réaliste. Or de cette dose de fiction n’en ressort que l’habillage si réaliste qu’il en est transparent. Et c’est cette notion de transparence qui fait l’œuvre fulgurante. Le spectateur semble assister non plus à une mise en scène. C’est de la pur exposition, non pas une exposition absconse et aussi particulière qu’elle est ennuyeuse mais une exposition intelligente, répondant à une volonté artistique. A la différence que la touche artistique de Beauvois ne se trouve pas dans la plastique ou même dans l’usage de faux-codes mais dans une inspiration pur du réel pour en sourdre ce même réel, au cinéma.
Un veritable electrochoc que ce petit lieutenant qui se joue à des années lumieres des nanards emulateurs de serie B americaine comme 36 quai des orfeves ou encore contre enquete plus recemment.Pourvu d'un casting redoutable (nathalie baye certes,mais PUTAIN ROCHDY ZEM!!!!) et servi par une histoire evoluant à mi chemin entre le docu fiction et le reportage,le film de xavier beauvois traite à la fois du lourd fardeau que portent ces flics au quotidien et de la routine mortifere de la fonction,sans jamais tomber dans le miserabilisme ou la demonstration facile.Pudique et profondement humain,une oeuvre digne et sensible,qui nous laisse entrevoir le fossé immense qui separe la realité du terrain,des stereotypes bidon que les gens ont assimilés comme etat de fait!On n'avait pas vu ça depuis "la balance" avec la meme nathalie baye!Du grand cinema!!
Ce film est TRES bien fait ! Je pense que j'ai vu la, le film le plus realiste qu'il ma été permis de voir sur la police. Aucune exagération, pas de poursuites incroyables, etc. Ce film est réel et je le recommande vivement.
Même si le ton du "petit lieutenant" ne semble pas toujours tomber faux et que changer de personnage principal en cours de route est une bonne idée pour briser la linéarité narrative (dommage qu'ici en l'occurrence, on ne gagne pas au change quand N. Baye prend la relève)... on est quand même plus proche du Julie Lescault amélioré que du grand film noir à l'américaine. L'uniforme bleu moche du flic français n'est vraiment pas cinégénique.
Le petit lieutenant est un polar psychologique sans musique lyrique omniprésente, au contraire de 36 Quai des Orfèvres, ni fusillade à outrance. En cela, les esprits simples ont eu le bon goût de taxer ce film comme une pâle copie d'un épisode de Navarro. Ont-ils vraiment vu le film ? L'enquête, meurtres de SDF par des polonais, bien que prenant une part importante dans le film est délaissée au profil d'une analyse sans concession des rapports entre les policiers. Le résultat est beau, tragique, poignant. Rien n'est épargné au spectateur. Nathalie Baye est très crédible dans ce rôle de flic brisée par la mort de son fils, à la fois fragile et forte. L'émotion est à fleur de peau, on est perpétuellement sur le fil du rasoir. Après Selon Matthieu, Beauvois confirme qu'il est un cinéaste-acteur à suivre.
L' univers policier est traité différement que dans les films dits policiers classiques , le réalisateur Xavier Beauvois a passé beaucoup de temps avec des policiers au quotidien , il doit donc savoir comment ça se se passe dans les commissariats . Le racisme y est présent , la violence , l' alcool , l' amour et l' amitié aussi. L' enquête ou les enquêtes se suivent facilement , on ne perd pas le fil . Les acteurs sont tous excellents , voila donc un réalisateur à suivre.
J'ai acheté le DVD et j'en suis ravie - ce film est excellent. Les acteurs sont très bons - très naturels et Nathalie Baye a eu le CESAR !!! Je ne comprends vraiment pas les mauvaises critiques injustifiées !! L'ambiance du groupe est bien réelle et nous change des séries policières surfaites.
Un peu décevant au vu des critiques très positives autour de ce film. J'ai tout de même apprécié, même s'il semble être divisé en deux parties: une partie qui se rapproche trop du documentaire, un peu longue et impersonnelle, et qui pense entraîner vers l'ennui lorsque le vrai film commence dans la seconde partie. J'ai aimé voir les décalages entre le film et la plupart des séries télévisées, qu'il approfondit nettement. Deux détails à distinguer: les passages aux Alcooliques Anonymes sont plutôt drôles, et plus anecdotique, je pense que ce film est celui où apparaissent le plus d'affiches d'autres films (de l'enquête corse à seven, en passant par il faut sauver le soldat Ryan). En bref, un cocktail qui fonctionne bien, avec mention spéciale à Nathalie Baye, qui n'a pas volé son César de la meilleure actrice.
Drame policier social et réaliste poignant. Le film brille par son intelligence, tant dans la mise en scène que dans la direction d'acteurs. Les personnages, excellement bien écrits, sont parfaitement interprêtés.
Vu les critiques et les récompenses, j'attendais beaucoup de ce film... Peut-être trop! L'histoire n'est pas du tout captivante, on se désintéresse assez vite de l'intrigue policière, tout ceci est filmé comme un téléfilm, les acteurs assurent le service minimum, le rythme est lent, le film est long... Restent les côtés casi-documentaire et aspect réaliste... Moi je dis bof!
Avec Nathalie Baye et Jalil Lespert qui sont impeccables. Dailleurs tout est parfait dans ce film ! Ce film policier tient plus du documentaire sur le quotidien des flics et fait la part belle aux personnages reléguant au second plan lintrigue (rare), exercice périlleux mais pari réussi, un sans faute. A voir absolument.
je ne vais pas faire long. Un polar d'une très grande qualité qui part d'un fait divers vers une enquête en brossant le portait sans partie pris d'un microcosme social : la vie d'un commissariat de police. Le fond est intimiste grâce à une caméra qui va à l'essentiel et qui filme parfois comme s'il s'agissait d'un docu, suivant par exemple de dos le cheminement du petit lieutenant le long d'un couloir le menant chez les stups, histoire de bavarder un peu avec des collègues qui font le même métier mais dans une spécialité différente. Il y a cette soirée au bar où il fête son intégration avec ses collègues, tous de l'équipe de Caroline. Il y a ces interrogatoires, ces perquisitions, ces portraits-robots...tout ce qui fait le quotidien d'un policier. Et ça donne vraiment du corps au film. Les dialogues sentent l'authenticité...loin...bien loin des imbécillités prononcées par les feuilletons policiers hertziens. A noter une admirable interprétation de Nathalie Baye, en flic combattant au quotidien son passé d'alcoolique et qui tente d'enfouir la perte subite de son fils en s'attachant au petit lieutenant fraîchement arrivé dans l'équipe qu'elle dirige. Un Roschdy Zem qui assure le minimum, dans un rôle légèrement effacé, mais qui montre encore et toujours qu'il est vraiment très bon acteur. Jalil Lespert est mis en valeur par la caméra, car il est peu loquace mais les cadrages le font " parler ". Dans l'ensemble tous les acteurs assurent vraiment, ce qui est signe que ce réalisateur Xavier Beauvois sait diriger sa troupe de comédiens. C'est là un signe avant-coureur d'un grand cinéaste puisqu'il associe à sa bonne direction d'acteurs des cadrages et des plans séquences intimistes de très grande qualité ! Du cinéma policier juste et sincère, comme j'aimerai en voir plus souvent !!