"V pour vendetta" est avant tout un thriller d’anticipation, autrement d’un genre un peu particulier, plantant le décor dans une Angleterre devenue une sombre dictature aux portes du fascisme. Je dois avouer que je suis un peu gêné aux entournures pour rédiger cet avis, car je n’ai pas aimé le film (je m’y suis même ennuyé), alors que je ne vois quasiment aucun défaut à ce film. La mise en scène de James McTeigue est soignée et bien filmée, subjuguée par un éclairage de qualité, offrant l’opportunité à Adrian Biddle de nous offrir une belle photographie. Sous la baguette du réalisateur, Natalie Portman nous offre une bien jolie prestation, surtout lorsque son personnage est en proie au stress et à la peur. Mais il faut compter aussi avec Hugo Weaving, qui réussit la prouesse de faire adhérer le spectateur à la cause de V. Certaines mauvaises langues diront que c’est facile d’interpréter un personnage avec un masque durant tout le film, car ça occulte toute expression scénique. Je suis d’accord, à la différence près qu’il reste le langage du corps, la voix, et ses tirades hors normes, donnant au personnage un charisme fou, et là est sa véritable performance. Autre prestation de taille, celle de John Hurt, formidablement inquiétant sous les traits du chancelier. Quant au scénario, il est ce qu’il est mais je reconnais qu’il est bien construit. Le spectateur est plongé dans le mystère le plus total durant une bonne partie du film, pour ne se voir révéler les vraies raisons de cette vendetta qu’au compte-gouttes au fur et à mesure que l’intrigue avance. C’est une méthode de plus en plus courante pour captiver l’attention du spectateur, mais cela comporte un risque : que le spectateur se détache complètement du film. Alors des fois ça marche, et d’autres fois non. C’est ce qui m’est arrivé, bien que les révélations soient distillées de main de maître, ce qui explique que tant de personnes aient adhéré au film. Ceci a l’avantage d’amener aussi une part de dramaturgie, sans que ça en devienne larmoyant. Evidemment, avec un tel sujet, l’action y a sa place, sans que ça tombe dans le bourrin, loin de là. Les scènes de combat sont particulièrement chorégraphiées, bien que je reproche la présence d’une trop grande abondance d'hémoglobine et exagérée dans la dernière scène de combat, ce qui gâche le côté artistique dont le film est pourtant largement empreint. Et puis les effets spéciaux, je les trouve légèrement surfaits. En regardant la mouture générale, je suis désolé mais c’est du déjà vu et revu, puisqu’au fond, ça traite du régime totalitaire et en même d’un problème d’éthique concernant la médecine, sans parler des diverses manipulations que sont capables de faire les gouvernements ou ceux qui convoitent le pouvoir, sans compter qu’on a ici affaire à une histoire personnelle (V qui veut se venger de ce qu’on lui a fait) plus qu’autre chose. En dépit de ce constat, on peut cependant dire (pour ne pas dire affirmer) que "V pour vendetta" est un film engagé, avec les méchants d’un côté, les gentils de l’autre (qu’on voit peu en définitive), et le super-héros, le vengeur masqué qui entend mettre de l’ordre dans tout ça, en cassant tout pour tout recommencer…