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4,0
Publiée le 25 mai 2026
Avec Vera Cruz, Robert Aldrich dynamite les codes classiques du western en injectant une brutalité cynique et une ambiguïté morale qui annoncent déjà le western moderne. Le duo formé par Gary Cooper et Burt Lancaster fonctionne admirablement grâce à l’opposition entre retenue désabusée et ironie flamboyante, donnant au film une tension constante. Aldrich filme la cupidité, la trahison et l’opportunisme avec une sécheresse presque nihiliste, loin de l’héroïsme traditionnel du genre hollywoodien des années 1950. La mise en scène nerveuse et les nombreux mouvements de groupe confèrent aux scènes d’action une énergie remarquable, renforcée par un goût assumé pour le chaos et la violence. Malgré certains stéréotypes liés à son époque, Vera Cruz demeure un western extrêmement influent et audacieux.
.Personnellement, je trouve le scénario pas mal, mais il manque d’originalité et souffre d’une certaine confusion. Cependant, le film tire vraiment son épingle du jeu grâce au duo formé par Burt Lancaster et Gary Cooper. Ernest Borgnine offre également une belle performance dans un rôle secondaire, et même Charles Bronson fait une apparition.
C’est un film qui se laisse regarder et qui a l’avantage d’être assez court, ce qui est appréciable. Cependant, étant donné la renommée de cette réalisation, je m’attendais à quelque chose de bien plus captivant. Au final, c’est une œuvre qui passe le temps, mais qui ne laisse pas une empreinte indélébile. 6/10
Le film sort un peu des sentiers battus du genre, surtout à cette époque du déclin de l'Âge d'Or, ainsi ce western a pour contexte la guerre civile mexicaine jusqu'ici rarement abordée par le cinéma américain, puis parmi les deux héros un personnage loin des canons héroïques contemporains avec Joe Erin/Lancaster qui reste un beau salopard compensé uniquement par le sourire carnassier et fascinant de la star. Le film vaut aussi et surtout, évidemment, pour le face à face entre deux monstres sacrés dans leur unique confrontation. L'icône du courage et de la force à l'américaine Gary Cooper ne peut évidemment pas être autre chose qu'un homme loyal, droit dans ses bottes et idéaliste, face à un Burt Lancaster roublard à souhait avec en prime un des plus beaux duels du western, réaliste, sans chichi, sans esbrouffe, rapide et efficace. La séquence de "violences conjugales" fait aussi son effet, on y croit sans mal par un Joe Erin brutal, par contre on peut sourire aux séquences trop démonstratives presque grotesques du tir à la carabine (qui coûte la dernière étoile). N'oublions pas les seconds couteaux avec le trio Elam-Borgnine-Bronson alors encore peu connus qui ont chacun au moins une séquence marquante. Un grand western. Site : Selenie
Burt Lancaster, une « gueule aux yeux bleus » joue le rôle d’une véritable crapule et Gary Cooper « gentleman aux yeux bleus » n’est pas net que ça. Ensemble, ils forment un sacré duo de mercenaires, dans un mélange épicé de lyrisme et d'humour Gary Cooper, alors vedette « installé « soucieux de son image, exigea des révisions du scénario et réécrit certaines de ses répliques. En face Lancaster, aussi co producteur voulait des héros faillibles, des amitiés masculines où virilité rime avec trahison. Le tournage devint alors une partie de domination. Le réalisateur admettra plus tard que sa collaboration avec Burt Lancaster fut difficile du fait de son pouvoir de producteur Grâce à un scénario bien huilé, Robert Aldrich, jeune réalisateur, dynamite les codes du western classique et brouille la frontière entre le bien et le mal que reprendra ^lus tard le western spaghetti. En effet, ici, la règle du jeu est simple : c'est du chacun pour soi : pas d’honneur, de loyauté ou de morale. Les héros (femmes y compris) se trahissent, s'allient par intérêt, vendent leur âme pour un coffre rempli de pièces d'or.
Au-delà du plaisir certain qu’il procure encore, c’est le côté novateur - pour l’époque - du film qui marque. Pas pour la mise en scène à proprement parler, même si elle est tout aussi « vitaminée » que de qualité, mais pour le look et l’esprit général du film. Dans le contexte d’une révolution Mexicaine qui est montrée comme une tuerie, les personnages sont souvent sales (hormis Ben) et brutaux, et encore plus souvent dénués de toute morale. Leur moteur est l’appât du gain (même si la relation entre Ben et Joe - une réussite du film - fait apparaître un attachement amical qui semble les imprégner à leur corps défendant). Ponctuées de touches d’humour (noir), trahisons et perfidies s’enchaînent jusqu’à une fin ou tout apparaitra comme assez dérisoire. On y trouve pal mal d’ingrédients et de caractéristiques de films des années suivantes, ceux de Sergio Leone en premier lieu, mais aussi de Samuel Peckinpah (La horde sauvage) ou même de Joseph Mankiewicz (Le reptile) !
J'ai découvert "Vera Cruz" sur la défensive, n'étant pas un grand amateur du western américain - je préfère largement son cousin italien. A ma grande et agréable surprise, il s'avère que "Vera Cruz" est singulier pour un film américain... voire même séminal en ce qui concerne le western spaghetti, ou d'autres œuvres emblématiques. On y suit deux aventuriers qui se rencontrent au Mexique. Joe (Burt Lancaster), un chef de bande expéditif au sourire ravageur et à la morale absente. Ben (Gary Cooper), un vétéran déchu de la Guerre de Sécession, qui cherche à faire fortune, et qui a gardé un (petit) sens de l'honneur. Tous deux deviendront amis, et seront embauchés par l'empereur du Mexique Maximilien pour convoyer une comtesse (et sa cargaison secrète d'or) vers le port de Vera Cruz. Le parallèle avec le western spaghetti est a posteriori assez éloquent. L'ambiance mexicaine et ensoleillée, la violence et les nombreux morts, les protagonistes qui tirent comme des dieux, ou quelques bonnes têtes que l'on reverra chez Sergio Leone (Charles Bronson, Jack Elam...). Et surtout les fourberies par paquets de douze. Tout le monde cherche à entourlouper tout le monde, même Ben alors qu'il joue parfois au gentleman. Joe ira jusqu'à flinguer certains de ses propres hommes, ou menacer de mort des enfants ! Au-delà de ces inspirations, "Vera Cruz" est en soi une très intéressante aventure. Les nombreux coups fourrés retournent régulièrement le récit. Tandis que la noirceur des personnages leur offrent des choix narratifs profonds : sombrer davantage dans la fourberie, ou tenter de s'en extirper. Le tout porté par de beaux acteurs, tourné dans de jolis décors (dont la cité de Teotihuacan). Et bénéficiant à l'occasion de nombreux figurants, pour des scènes de bataille amples. Dont le final, avec sa gatling, qui augure le futur "Wild Bunch".
Western picaresque de Robert Aldrich qui vaut surtout pour la confrontation entre deux grands acteurs : Gary Cooper, ex-colonel sudiste taciturne, qui a gardé certaines manières et Burt Lancaster, psychopathe sympathique sans foi ni loi ; les deux lancés à la poursuite d'un trésor au Mexique, en cherchant à éliminer l'autre ( ils préfigurent le duo que formeront Eastwood et Eli Wallach dans " Le bon, la brute et le truand..). Ils sont entourés de crapules, dans lesquelles on reconnaît Charles - pas encore - Bronson, Jack Elam, Ernest Borgnine et d'une aristocrate, intrigante à l'accent français à couper au couteau : normal, c'est l'actrice française Denise Darcel, qui tenta sa chance à Hollywood. A noter aussi le ton francophobe du film, durant l'épisode historique de l'intervention de l'armée française au Mexique, avec la volonté de Napoléon III de placer un prince autrichien sur le trône mexicain..
Le principal intérêt du film est de montrer des personnages qui sortent des sentiers bien tracés du manichéisme, entre ambiguïté et hypocrisie. Pour ça le duo Lancaster/Cooper fonctionne bien. On peut même y voir des ébauches pour Sergio Leone et son « Il était une fois la révolution » pour l’histoire, et il y a Bronson précurseur pour « Il était une fois dans l’Ouest » qui joue de l’harmonica. Ce n’est cependant pas un chef d’œuvre, le scénario est pauvre voire confus et il n’y a pas d’émotions particulières. Burt Lancaster surjoue et son sourire carnassier sonne faux, ce qui n’est pas le cas de celui d’Ernest Borgnine. Tout ça manque de consistance et le film a bien vieilli.
Vera Cruz est un long métrage de Robert Aldrich sorti en 1954.
Ce western est typique des productions de l'époque : des grands espaces bien exploités et impressionnants visuellement, deux acteurs de légende en léger surjeu pour un duel au sommet (Gary Cooper et Burt Lancaster), avec des seconds rôles féminins marquants (Denise Darcel et Sara Montiel), une musique épique donnant un rythme agréable à ce film qui se suit sans aucun problème.
Reste un scénario un peu facile (les deux truands courent après l'or pour des motifs différents, et passent par tous les moyens pour le récupérer) qui part dans tous les sens, les retournements de situation sortent un peu de nulle part ce qui rend l'histoire peu marquante.
Une très belle réalisation avec un scénario un peu léger, ce qui donne un western très sympa à regarder (avec un final grandiose).
Parmi les vieux westerns classiques américains, c'est bien un classique. Il a quand même un peu vieilli, et il n'est pas mon préféré. Assez étonnamment, il est, pour l'époque, d'une violence assez folle, bien que graphiquement très sobre. A voir avec le regard de l'époque, et le plaisir de regarder un joli technicolor.
Amoureux des westerns, j'ai de manière générale plus de mal avec lez classiques du genre dont Vera Cruz n'en démord pas. Le récit est intéressant à suivre, avec un discours sur le chacun pour soi et le choix du camp durant les conflits au Mexique du milieu XIXe siècle, eux bien réels. Tous les ingrédients sont là, mais justement l'ensemble m'apparaît trop peu original pour le considérer comme un grand film. Vera Cruz est donc tout au plus un divertissant western pour les amoureux du genre.
Ce western classique tient des protagonistes charmant-e-s et tient bien la route. On assiste à une virée américaine (donc aussi à l'époque un peu fausse, machiste et raciste) et manichéenne bien construite sans trop de surprises.
Western très décevant ... Le gros souci de ce film c'est surtout son scénario. Il manque terriblement de subtilité narrative et dramatique ; et il y a des séquences qui sont totalement inutiles ... ou tout simplement très mal insérées dans l'histoire. Bref, j'ai perdu mon temps à regarder ce film vieillot et raté.
Réalisé par Robert Aldrich en 1954, Vera Cruz est un western spectaculaire et audacieux, porté par un duo mythique : Gary Cooper et Burt Lancaster. Situé dans le Mexique du XIXᵉ siècle, en pleine guerre, le film suit deux aventuriers américains engagés dans une mission périlleuse, où la cupidité, la trahison et la survie se mêlent à la poudre et au sable.
Le premier atout du film réside dans le tandem charismatique formé par Gary Cooper et Burt Lancaster. Tout oppose leurs personnages : l’un incarne la droiture et la retenue, l’autre le cynisme et la flamboyance. Ce contraste donne au film son dynamisme et sa tension dramatique. Leur affrontement silencieux, ponctué de respect et de rivalité, confère au récit une dimension presque morale, où chaque choix met en jeu la frontière fragile entre loyauté et intérêt personnel.
La réalisation nerveuse de Robert Aldrich apporte une énergie rare pour un western des années 1950. Le film multiplie les scènes d’action bien rythmées, les cadrages audacieux et les affrontements spectaculaires. Cette mise en scène, à la fois musclée et maîtrisée, annonce déjà l’évolution du genre vers le western « spaghetti » des années 1960.
Le ton novateur et ironique de Vera Cruz contribue aussi à son originalité. Les héros y sont loin des figures héroïques habituelles : ici, tout le monde trahit tout le monde, et la morale n’est jamais simple. Aldrich ose présenter un Ouest plus ambigu, plus violent et plus lucide que celui des westerns classiques. Enfin, la photographie magnifique et le tournage au Mexique donnent au film une ampleur visuelle impressionnante, avec des paysages naturels grandioses qui renforcent le souffle épique du récit.
Cependant, Vera Cruz n’est pas sans faiblesses. Son scénario reste relativement simple, centré sur une chasse au trésor sans grands rebondissements, et son rythme se révèle inégal : entre deux moments de bravoure, certains passages paraissent longs ou prévisibles.
Malgré ces limites, Vera Cruz demeure un film marquant, à la fois divertissant et novateur. Il combine l’efficacité d’un grand spectacle hollywoodien à une modernité de ton qui a influencé toute une génération de réalisateurs.