Mysterious Skin
Note moyenne
4,0
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452 critiques spectateurs

5
221 critiques
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139 critiques
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39 critiques
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24 critiques
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ferdinand75

735 abonnés 4 529 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 août 2026
Un film puissant, dur , assez surprenant de la part de Gregg Araki, plutôt habitué à nous livrer des films déjantés /arty, voir proche de la néo comédie farfelue.
Ici on est dans le Drama , ou plutôt dans l’ultra- réalisme, abordant deux sujets ultra -complexes, sulfureux : la pédophilie et la prostitution homosexuelle de mineurs. Le film est très intelligemment construit mêlant deux destins parallèles, des flashs- backs et l’évolution des personnages dans la temps.
La force de Araki est de traiter de ces sujets, avec un « juste » ton, avec beaucoup de réserve, film âpre , rugueux, mais sans pathos, avec une sorte de distanciation froide, mais avec des images terribles, ou plutôt un montage choc. Car Araki arrive à parler très clairement des actes, même les plus ignobles, sans montrer réellement, avec une force terrible, puisque 2 ou 3 scènes sont pratiquement insoutenables.
C’est probablement le meilleur film sur la pédophilie, le plus culotté, le plus transgressif, car c’est un thème quasiment inabordable, en « images » .Le plus complet, vaste , « intégral » abordant des parties sombres comme : le profil des prédateurs, la soumission passive, voir une forme d’adhésion pour certains, de certain jeune , la violence des rapports.
Tout est dit, aucun tabou, y compris des postures dérangeantes.
Araki produit un film fort , dense, assez unique , et très libre aussi.
Gentilbordelais

405 abonnés 3 618 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 août 2020
Le parcours opposé de deux enfants-adolescents qui ont pourtant un point commun, un lourd secret. Jusqu'a son dénouement, le recit peu desemparer et interroger sur le réel fil conducteur. Une évocation de la pédophilie qui, même si elle reste aussi digne et sage que possible, ne peut laisser indifférente. D'ailleurs, certaines scènes mettent forcément mal à l'aise.
Agnes L.
Agnes L.

233 abonnés 2 050 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 septembre 2025
Le réalisateur Gregg Araki a réussi un film puissant et dérangeant sur le destin de deux garçons dont les pères sont quasi absents du domicile. Il les suit à deux périodes de leur vie avec deux paires de jeunes acteurs. Tout d'abord, à l'âge de huit ans, lorsqu'ils jouent au baseball dans la même équipe. Autant Neil y réussit bien et devient le chouchou de son entraîneur, autant Brian, timoré et maladroit, cire le banc de touche. Il va leur arriver quelque chose de très important à cet âge qui va conditionner la suite de leur existence. Une dizaine d'années plus tard, Neil et Brian ont évolué différemment mais les deux sont très perturbés dans leur vie affective et relationnelle. Le spectateur va comprendre pourquoi avec des scènes crues où les actes sexuels sont cependant plus suggérés que montrés. Celui qui a surtout retenu mon attention, Neil McCormick est joué par Joseph Gordon Lewitt, un acteur qui a vingt trois ans au moment du tournage mais en paraît cinq ans de moins. Rien que pour découvrir son jeu exceptionnel dans ce rôle délicat, je vous conseille ce film remarquable qui n'a pas peur de dénoncer les conséquences des violences faites aux enfants.
Aulanius
Aulanius

229 abonnés 1 793 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 février 2024
Je crois que c'est un de seuls films que je n'avais pas revu depuis sa sortie. Pour être totalement honnête, je m'attendais à mieux alors qu'à l'époque je l'avais adoré. Comme quoi les goûts évoluent avec le temps et l'âge. Certes l'histoire est touchante et les acteurs ne sont pas mauvais, la partie ou les protagonistes sont enfants est plutôt réussie mais la partie d'après l'est beaucoup moins selon moi. En fait, ce qu'il manque à ce drame, c'est quelque chose de différent car tout le long, c'est assez longiligne et répétitif alors que le sujet est très sérieux. J'ai eu l'impression de voir souvent la même chose et de tourner un peu en rond malgré le potentiel de base. Et il manque aussi cruellement d'une bonne bande originale pour accompagner l'ensemble des scènes car au final, c'est à cause de ses quelques ingrédients que l'on passe pas selon moi dans la catégorie supérieure. En soit "Mysterious Skin" n'est pas raté mais je pense clairement qu'il y avait mieux à faire. Et petit dernier hic, le fait que ce soit pervers dans le sens ou l'on montre beaucoup de choses même si je sais bien que c'est l'effet voulu pour la réalisateur. Enfin voilà, à vous de juger maintenant. 12/20.
Charlotte28
Charlotte28

208 abonnés 2 939 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2023
L'intrigue présente deux formes de déni quant à la réalité d'un viol dans l'enfance, à savoir l'assimilation de cette violence comme un acte d'amour, point de départ d'une vie pourtant dénuée de respect de soi et de sentiment véritable, ou le recours à une explication surnaturelle doublée d'un rejet de toute sexualité. Deux marques d'un trauma indélébile qu'aucun des protagonistes ne réussit à visualiser comme tel jusqu'à la révélation finale. Ne souhaitant nullement épargner la sensibilité du spectateur, le réalisateur nous force à regarder en face cette réalité qu'ils rejettent tout en éprouvant une profonde empathie pour ces jeunes hommes incarnés avec une remarquable force. Dérangeant, intense, inoubliable.
Starwealther
Starwealther

110 abonnés 1 319 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2022
Gregg Araki réussit un film choc sur un sujet assez délicat qui est le viol d'enfants. Le réalisateur suggère beaucoup de choses, rien n'est visible à la caméra, à nous d'imaginer la scène. Le cinéaste apprécie parler du sexe sous toutes ces formes, ce qui est aussi le sujet principal de "Kaboom" que j'avais beaucoup apprécié. Un film assez difficile mais subtilement mené.
l'homme qui murmurait à l'oreille des chameaux
l'homme qui murmurait à l'oreille des chameaux

25 abonnés 166 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 21 mai 2014
On s'ennui à mourir en attendant que le film démarre (chose qui n'arrivera jamais). Ce n'est pas parce qu'on traite un sujet grave, agrémentée d'une voix off mélodieuse qu'il faut y voir de la poésie et lui attribuer une note aussi élevée. J'ai beau chercher la subtilité de ce film, elle m'échappe totalement. J'ai du m'y reprendre à 4 fois pour le terminer (4 repas), car 1 h 40 exclusivement réservé à Mysterious skin c'est impossible tellement le scénario est vide et sans intérêt.
DreamyFramesSeeker
DreamyFramesSeeker

21 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 décembre 2024
Mysterious Skin est, pour moi, une œuvre magistrale qui marie une sensibilité artistique rare à une profondeur thématique fascinante. Gregg Araki signe ici un film d'une poésie visuelle marquée, où la photographie joue avec les couleurs saturées et les ombres pour capturer la dualité des personnages. Le design sonore, mélancolique et envoûtant, amplifie cette immersion, notamment par ses choix musicaux délicats qui renforcent l’intimité de chaque scène.

Les performances de Joseph Gordon-Levitt et Brady Corbet sont exceptionnelles, incarnant avec une sincérité désarmante des trajectoires marquées par la douleur et la résilience. Avec une mise en scène à la fois douce et crue, le film évite le sensationnalisme, sublimant ainsi un récit aussi dur qu’élégant.
Roub E.

1 323 abonnés 5 422 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mars 2023
Il est des films qui marquent, Mysterious Skin fait indéniablement partie de ceux là. En parlant de la pedophilie, de l’enfance trahie et sacrifiée de manière brute et crue il secoue son spectateur de manière désagréable et marquante. Malgré un sujet et un scénario très dense il n’oublie pas de faire du cinéma, sa stylisation lui sera d’ailleurs reprochée de part son sujet. Personnellement c’est plus le déroulé ou j’ai trouvé quelques défauts, le personnage de Brian étant selon moi sous exploité alors que celui de Neil (incroyable Joseph Gordon Levitt) a pour le coup quelques scènes superflues. Un très bon film, audacieux mais imparfait, mais tellement désagréable (notamment son final qui soulève le cœur) que je ne pense pas que je le reverrais un jour.
eldarkstone

306 abonnés 2 440 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 février 2021
Terriblement dramatique et dérangeant, voir fascinant, par son histoire et ses personnages ! Un film qui ne laisse pas de marbre !
g0urAngA
g0urAngA

113 abonnés 1 735 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2014
Mysterious Skin est un petit bijou de cinéma, car traiter la pédophilie, l'homosexualité, la prostitution et la crise d'adolescence avec autant de finesse relève franchement de l'exploit.

Premièrement, la voix off, sensible et poétique, contribue à placer le spectateur au centre de la confidence, mêlant fantastique et films de teenagers, le tout, dans une bourgade américaine. Le réalisateur propose un climat à la fois onirique et terriblement dramatique. Grâce à des acteurs incroyable; Joseph Gordon-Levitt étincelant, le film se laisse voir naturellement.

Mysterious Skin propose le sujet de pédophilie avec une subtilité sidérante. Mêlant nostalgie et amour destructeur, le film ne s'égare jamais et reste un choc sidérant ...
stanley
stanley

84 abonnés 770 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 avril 2011
Un film troublant, vénéneux et intéressant. La force du film tient à sa mise en scène en accord avec le sujet (photo, montage, musique). Elle sauve un scénario parfois inabouti (à la fin du film). Le spectateur ressent longtemps après le générique passé un sentiment de trouble car Greg Araki décrypte bien les mécanismes inconscients de défense (telle la croyance de l'enfant blond). Mysterious skin renvoie aux films de Gus Van Sant et Sofia Coppola (au niveau formel).
Casimirismylegend
Casimirismylegend

64 abonnés 327 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 novembre 2017
Un film sombre et gracieux sur un sujet sensible. Le malaise est palpable, l'émotion également... Une grande réussite artistique.
Cadreum
Cadreum

75 abonnés 826 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 août 2026
Gregg Araki, cinéaste de la « Teen Apocalypse Trilogy », l'homme qui avait fait exploser un amant en cafard géant, adapte le roman de Scott Heim pour signer le film à la tonalité la plus grave de sa carrière. Mysterious Skin suit deux adolescents de Hutchinson, Kansas, que tout oppose et qu'un même été relie à leur insu. Neil (Joseph Gordon-Levitt) se prostitue auprès d'hommes plus âgés et se souvient de son entraîneur de baseball comme du grand amour de ses huit ans. Brian (Brady Corbet) a perdu cinq heures de sa vie ce même été, trou noir, nez en sang, évanouissements, et s'est construit une explication : il a été enlevé par des extraterrestres.

Brian ne ment pas et ne simule pas. Il croit sincèrement à ses aliens, parce que sa psyché d'enfant a réécrit en fiction supportable un événement littéralement impensable. Le spectateur comprend très vite ce que Brian ignore, et cette avance littéralise le mécanisme de la dissociation, où le souvenir traumatique est recouvert d'un récit de substitution. Le film ne raconte donc pas la découverte d'un secret mais le lent démontage d'une fiction protectrice, ce qui est infiniment plus juste et plus cruel : détruire cette fiction, c'est détruire ce qui a permis à Brian de tenir debout.

Encore faut-il voir dans quel magasin d'accessoires cette fiction a été puisée. Brian n'invente pas ses extraterrestres, il les emprunte à l'imaginaire disponible autour de lui, celui de l'Amérique de la fin des années quatre-vingt, de ses talk-shows, de ses témoignages d'abduction, de ses cercles de parole où l'on raconte le ciel plutôt que la maison d'à côté. Le trauma s'habille des mythologies que son époque lui tend. Que le pays ait produit, dans ces années précises, une vague entière de récits d'enlèvement extraterrestre en dit long sur sa préférence : il est infiniment plus confortable de scruter le ciel du Kansas que d'ouvrir les pavillons alignés en dessous. Araki n'a pas besoin d'énoncer cette ironie, il la met en scène en donnant à Brian une communauté de croyants qui l'écoute avec un sérieux que personne, jamais, n'a accordé à ce qu'il aurait pu dire d'autre.

Face à Brian l'amnésique, Neil l'hypermnésique. Cette structure bicéphale cartographie deux réponses possibles au même événement : l'un a tout refoulé, l'autre se souvient de tout ; l'un a verrouillé son corps, l'autre l'offre compulsivement ; l'un fuit dans la fiction, l'autre dans le souvenir. Le film entier devient la lente convergence de ces deux lignes vers la scène où les deux mémoires, enfin réunies, pourront reconstituer ce qu'aucune ne pouvait porter seule.

Ce sujet exigeait d'Araki un sacrifice qui commande tout le reste : il abandonne ici son arsenal complet, cartons sarcastiques, saturations pop, second degré permanent. Cette mue est la condition morale du projet. L'ironie, qui protégeait ses films précédents de la sentimentalité, aurait ici protégé le spectateur de ce qu'il doit éprouver. En renonçant à sa signature au moment où le sujet l'exigeait, Araki démontre qu'un style n'est pas une identité mais un outil, et que le grand cinéaste est celui qui sait reconnaître le moment où le sien devient un obstacle.

Cette rigueur gouverne la mise en scène de l'abus. Les scènes avec l'entraîneur sont filmées à hauteur d'enfant, fragmentées, allusives : une boîte de céréales, un doigt, une photo. Le film ne montre jamais rien et fait pourtant tout comprendre sans équivoque, déplaçant l'horreur de l'image vers la reconstitution mentale du spectateur. C'est la seule position tenable, celle qui refuse à la fois le spectacle de l'abus et son euphémisation. La terreur naît précisément de ce que la caméra épouse la perception de l'enfant, séduite, confuse, incapable de nommer ce qui arrive, ce qui fait éprouver le mécanisme de l'emprise au lieu d'en exposer le résultat. Le film devient alors réellement utile : il montre pourquoi un enfant ne dénonce pas, pourquoi la frontière entre affection et prédation est indiscernable pour le sujet qui la subit.

Il faut ajouter ce que le film place autour de cette chambre. L'entraîneur n'est pas un monstre venu d'ailleurs, c'est une institution locale, un homme à qui une petite ville confie ses fils parce qu'il incarne exactement ce qu'elle vénère, le baseball, l'encadrement viril, l'attention paternelle offerte gratuitement là où les pères manquent. Neil vit avec une mère qui aligne les amants et ne surveille rien, Brian avec un couple en décomposition. La prédation ne s'installe pas malgré la communauté, elle s'installe grâce à elle, dans l'angle mort que crée une société ayant délégué la surveillance de ses enfants au premier adulte qui accepte de s'en occuper. C'est aussi pourquoi Neil ne peut pas rester : le Kansas ne lui propose aucun horizon, ni travail, ni désir avouable, et New York apparaît comme le seul débouché d'une économie qui n'a jamais rien eu à lui offrir sinon son corps.

Reste le point le plus périlleux. Neil dit avoir aimé son entraîneur, se souvient de cet été comme d'un privilège, et Araki ose maintenir ce point de vue sans le corriger par un discours. Représenter la parole d'une victime qui a intégré la grammaire de son agresseur expose à tous les malentendus, à commencer par le pire : celui qui ferait de l'homosexualité de Neil un produit de l'abus. Le film coupe cette lecture à la racine. Neil regardait déjà les hommes avant, il se savait déjà différent, et ce que l'entraîneur a détecté n'est pas une innocence à corrompre mais un désir sans destination dans une ville qui n'en prévoyait aucune. La nuance décide de tout, parce qu'elle sépare le film du discours homophobe qui confond depuis toujours prédation et transmission, et parce qu'elle interdit d'expliquer la prostitution de Neil par une causalité mécanique. Sa trajectoire ne démontre pas qu'il répète l'abus, elle montre un garçon qui négocie avec la seule scène où il se soit jamais senti choisi, jusqu'à cette passe new-yorkaise d'une violence sèche qui marque le point où la négociation cesse d'être maîtrisable. La structure du film se charge ainsi du travail de vérité que Neil ne peut pas faire, sans qu'aucun personnage n'ait à le contredire. Joseph Gordon-Levitt, alors connu pour une sitcom familiale, porte cette opacité avec un magnétisme glaçant, charme félin, regard mort, douceurs soudaines, tandis que Brady Corbet lui oppose un corps rétracté et une panique blanche : deux grammaires corporelles pour deux stratégies de survie, et la réussite du film tient pour beaucoup à ce que ces deux jeux ne se ressemblent en rien.

Cette concentration se paie. Heim écrivait à cinq voix, Araki n'en garde que deux, et tout ce qui n'est pas Neil ou Brian se retrouve assigné à une fonction : Wendy est la lucidité, Eric l'accueil, Avalyn la croyance, la mère de Neil l'abandon. Le roman leur donnait un intérieur, le film leur donne un emploi. Le procédé se voit surtout dans la section new-yorkaise, qui procède par vignettes et enchaîne les dangers avec une régularité de programme, comme si le récit devait cocher les étapes d'une dégradation dont il connaît d'avance le terme.

Il faut enfin regarder en face ce dont le film ne se sort pas entièrement. Mysterious Skin est un objet somptueux, nappes ambient de Harold Budd et Robin Guthrie, lumière de miel, corps de Gordon-Levitt filmé avec un désir qui n'a rien d'accidentel. On peut soutenir que cette beauté ouatée est la texture même de la mémoire traumatique, belle d'une beauté qui protège. L'argument n'est recevable qu'à la condition que cette douceur soit attachée à une conscience, qu'elle soit la perception de quelqu'un. Or elle ne l'est jamais. Elle recouvre indistinctement les intérieurs blafards de Brian et les néons de Neil, la petite ville et New York, les scènes de dissociation et celles qui n'en relèvent pas ; elle est appliquée au film entier comme une pellicule uniforme, ce qui la rend impossible à créditer d'un point de vue. Ce qui devrait être un dispositif subjectif est une signature d'auteur. Et une signature ne peut pas se justifier par le trauma qu'elle enveloppe, puisqu'elle envelopperait de la même façon n'importe quoi d'autre.

Reste un seul endroit où la beauté travaille vraiment : les scènes avec l'entraîneur, où la chaleur du salon, la pluie derrière la vitre et l'attention d'un adulte sont belles parce que l'enfant, lui, les trouve belles. Là, l'esthétique est un argument, elle fait éprouver la séduction au lieu de la décrire, et elle interdit au spectateur le confort de reconnaître un monstre au premier plan. Ailleurs, elle lisse ce qu'elle devrait rendre insoutenable, elle offre une position de contemplation là où il faudrait une position de gêne, et elle finit par anesthésier précisément ce qu'elle prétend éclairer. Araki n'a pas eu à choisir entre séduire et répugner — il aurait fallu choisir où séduire, et le film ne le fait pas.

Reste la dernière séquence, une nuit de Noël dans la maison vide de l'entraîneur, où Neil parle enfin et où le film choisit de rester sur les visages plutôt que d'illustrer ce qui se dit. Tout y est renvoyé au récit et à ce qu'il fait à celui qui l'écoute. Aucune catharsis n'est proclamée, aucune guérison promise, et le film a cette honnêteté de ne pas confondre savoir et réparation. Dire ce qui est arrivé n'efface rien. C'est seulement la condition pour que quelque chose, peut-être, commence.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 juin 2015
Gregg Araki adopte une posture de neutralité quant à la façon de traiter son sujet (la monstruosité du viol) en optant pour une démarche analytique étrangère au manichéisme et au parti-pris et ce grâce à une forme de narration bien choisie. C'est là ou réside la belle idée du film et la grande force de ce cinéaste.
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