Bon, il va déjà falloir commencer par faire abstraction du titre, assez abominable quoique somme toute honnête (au moins, on ne vous ment pas sur la marchandise). Ensuite, le film est un tel patchwork que, selon votre disposition, vous choisirez de retenir ce qui vous a plu, ou, au contraire, ce qui vous aura horripilé. En effet, y'en aura pour tout le monde : des gags lourds pas drôles (le héros se trimballe chez lui avec le piquet de tente, et alors ?), de la vulgarité réussie, du romantisme neuneu, quelques dialogues qui font mouche, du puritanisme à l'américaine (l'abstinence avant le mariage reste prôné même dans une comédie basée sur la fesse), des clins d'oeil geeks, du copinage, bref, à boire et à manger. Pour son premier film en vedette, Steve Carrell livre une prestation en demi-teinte dans la mesure où les meilleurs moments du film ne sont pas forcément à mettre à son crédit mais plutôt à celui de certains seconds rôles. A ses côtés, la merveilleuse Catherine Keener, à mille lieues de l'univers de Tom DiCillo (ceux qui ont vu Bad luck s'en féliciteront !), semble s'amuser comme tout, ou fait bien semblant. En dépit de quelques trouvailles, le film apparaît en définitive manquer d'unité (toujours cette satanée tendance à contrebalancer les excès par de la guimauve) et aurait également gagné à être un peu dégraissé (les deux heures paraissent un peu longuettes).