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Un visiteur
1,0
Publiée le 12 janvier 2017
Orson Welles est un étrange personnage mais il en impose par sa grandiloquence et sa présence qui semblent convenir à merveille aux drames dramatico-dramatiques de Willy J'expire dans lesquels (presque) tout le monde expire sur un malentendu instigué par une abjecte félonie d'un odieux félon. Ainsi est Othello, le dindon de la farce et sa princesse ravie de la crèche, la ravissante cruche tête à claques et plus si affinités.
La mise en scène est clairement recherchée, surtout les premières minutes avec cette procession majestueuse sur cette musique digne d'un crépuscule des dieux. Tout est dans la grandeur de ces beaux mouvements de caméra et d'un jeu d'ombres et lumières soignées.
Cela dit, on ne l'apprécie que modérément, empêtré que l'on est dans ce baragouinage d'un vieil anglais sclérosé sorti d'outre-tombe dont la déclamation est incompréhensible. Même les sous-titres désirant coller au plus près à cette soupe ayant dépassé la date limite s'avèrent particulièrement pénibles à suivre.
On peut saluer un louable effort d'adaptation de cette pièce imbuvable de Willy Jesoupire bien que cet effort vain demeure voué à l'échec, tant la lourdeur incommensurable de l'oeuvre originale écrase toute vélléité à cet égard.
En vérité, nous préférons retenir notre respiration pendant 10 mn que de réitérer un autre visionnage de ce somnifère bavard débilitant.
Il y a Orson Welles et les autres. Il est une des seules à utiliser sa caméra. Vous un autre film après montre la pauvreté de ce qu'est devenu le cinéma et combien de cinéastes sont faignants.
Amour platonique entre un chef de guerre vénitien et une douce et charmante épouse mais qui sera détruit par une conspiration diabolique. La manigance, la traîtrise, la jalousie...tout y passe pour pour que la fin soit tragique.
spoiler: [spoiler]C'EST UNE PERSONNALITé QUI S'AFFIRME APPUYER PAR DES IMAGES RENVERçANTES DE LA DOCHE GABANNA;UN SUPPLICE.[/spoiler
Arriver dans sa livraison originale puis décliné pour le public mondain;quelque peu éroder donc il est émousser de clicher très bon chique bon genre mais ne fait pas l'approximation;ou l'amateurisme,un film fort et agréable sans fétichisme des mots.
Othello (1951) n’est pas seulement une adaptation de Shakespeare : c’est une expérience de cinéma qui semble constamment lutter contre ses propres limites matérielles. On sent un film construit dans la contrainte, mais qui transforme cette contrainte en langage esthétique. Là où d’autres productions cherchent à masquer la fragilité du dispositif, celle-ci l’assume et en fait une force. La première impression est celle d’un monde fragmenté. Les décors ne cherchent pas le réalisme académique, mais une sorte de géométrie instable, presque abstraite. Les escaliers, les couloirs, les passages étroits deviennent des instruments dramatiques à part entière. Le récit n’avance pas seulement par les événements, mais par la manière dont les corps sont enfermés, déplacés, coincés dans l’espace. Le personnage d’Othello apparaît moins comme un guerrier que comme une figure progressivement absorbée par son propre regard sur les autres. Sa puissance initiale ne disparaît pas brutalement : elle se retourne contre lui, lentement, comme une énergie qui change de direction. Le film insiste sur cette inversion sans jamais la surligner, laissant au spectateur le soin de sentir le glissement. Iago, lui, est filmé comme une absence active. Il ne domine pas par la force, mais par la circulation. Il traverse les scènes comme une idée qui s’infiltre plutôt qu’un personnage qui agit frontalement. Cette construction rend sa présence presque impossible à saisir complètement, ce qui renforce son efficacité dramatique. Ce qui distingue particulièrement ce film, c’est son rapport au rythme. Rien n’est jamais complètement stable : les scènes semblent respirer de manière irrégulière, avec des accélérations soudaines suivies de moments suspendus. Cette instabilité crée une tension permanente, comme si le récit hésitait entre l’explosion et le repli. La lumière joue un rôle essentiel dans cette impression générale. Elle ne se contente pas d’éclairer, elle découpe. Les visages apparaissent par fragments, parfois incomplets, comme si la vérité des personnages ne pouvait jamais être montrée en entier. Cette fragmentation visuelle reflète directement la fragmentation morale de l’histoire. Au fond, Othello parle moins de jalousie que de perception. Ce n’est pas seulement ce que les personnages vivent qui compte, mais la manière dont ils interprètent ce qu’ils voient. Et dans cet écart entre le réel et l’interprétation, le film installe son tragique le plus profond. On en ressort avec une impression étrange : celle d’avoir vu une tragédie qui ne se joue pas uniquement entre des individus, mais dans la structure même du regard humain.