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3,0
Publiée le 25 avril 2014
Après le très rèussi "All the President's Men", Alan J. Pakula s'essaye au western en entraînant avec lui l'un des meilleurs opèrateurs de sa gènèration, celui de "The Godfather I et II" entre-autres, Mr Gordon Willis! D'ailleurs dans ce western mèlancolique, Pakula (le metteur en scène) et Willis (l'opèrateur) s'appliquent à montrer le quotidien des cowboys, les collines verdoyantes, la vie traditionnelle en pleine nature au moment où les magnats des grandes compagnies pètrolières vont venir tout fiche en l'air! Le travail sur la lumière est manifeste en hommage au Montana où tout se passe! L'histoire elle-même part de Jane Fonda, une jeune rancher endettèe qui s'oppose pour imposer ses racines dans la terre qu'elle a conquise et fait fructifier! En soldat dèmobilisè, James Caan va l'aider dans sa « quête » mais le mèchant d'à côtè, incarnè par le cruel Jason Robards, convoite ses terres et les choses s'enveniment encore plus avec une compagnie pètrolière! Nous sommes en 1978, et donc dans l'après western, quand l'Amèrique reconsidère ce qu'elle a perdue en accèdant à la modernitè pour le profit maximum! Fonda et Caan se montrent en parfaite osmose de cavalier, proches des bêtes de la vie pastorale, au dètour de jolis moments d'intimitè (la sèquence amusante du dèjeuner, la scène èmouvante de l'èolienne...). Jugè trop long à l'èpoque par la critique amèricaine, "Comes a Horseman" est pourtant un western qui nous èclaire sur l'esprit et la personnalitè du regrettè Pakula, un film au contre-rythme dèlibèrè qui mèrite le grand ècran contemplatif pour ses grands espaces à couper le souffle! On reconnaîtra dans la sèquence d'ouverture le jeune Mark Harmon, ainsi que Richard Farnsworth qui recevra une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle pour ce film, avant d'èclater au grand jour à la fin de sa vie, avec l'inoubliable "The Straight Story" de David Lynch...
Voila un bien curieux western qui nous est offert par Alan J. Pakula, réalisateur tout aussi curieux et inégal. Pourtant, il faut reconnaitre que le film commence assez bien, avec un ton assez réaliste et sans concession de l'Ouest, fermant à nouveau la porte aux glorifications Fordiennes ou dans une demi-mesure Hawksiennes. Le seul problème, c'est que Pakula est très loin d'avoir le sens du rythme et le talent de ces géants d'Hollywood, tant le film peut paraitre ennuyeux parfois et même assez bavard. Cela dit, il réussit tout de même pendant un certain moment à trouver un petit équilibre et ce réalisme toujours bienvenu. Hélas, et cela alors que le film semblait bien parti pour tenir la route jusqu'au bout, l'oeuvre se termine sur ton totalement anémique, rendant alors ses dernières 40 minutes (tout de même!) particulièrement ennuyeuses et sans aucune saveur. Les qualités qui caractérisaient ainsi le film auparavant s'estompent alors elle aussi pour ne faire ressentir que l'ennui au spectateur. Et c'est bien dommage car même si l'on ne retrouvait jamais la splendeur des grands westerns d'antan, ce "Souffle de la tempête" réussissait tout de même à dégager une certaine personnalité et un ton plutôt original. Que de regrets...