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Un visiteur
3,5
Publiée le 4 mars 2017
Un récit bouleversant : une histoire d'amour d'ados vivant du temps présent et de rapines, tout en liberté et inconséquence. Mais il y a l'enfant. Le cinéma réaliste et intimiste des frères Dardenne nous tourmente une nouvelle fois avec les facéties de ce jeune père à la gueule d'ange, paumé et dangeureux.
Pour leur deuxième palme d'or en 2005, les frères Dardenne livrent une œuvre dont les avis professionnels / public sont très éloignés (ils suffit de jeter un œil au moyenne d’Allociné…), ce qui n'a en soit rien d'étonnant pour moi, tellement ce type de cinéma s'éloigne de la notion même du cinéma que se fait la plupart des gens, moi compris (c'est accessible, ne pas confondre...). Ce qui n'est pas quelque chose de mal bien au contraire, succès commercial va rarement de paire avec réussite artistique. Mais le problème est que j'ai du mal à trouver “l'art” dans tout ça. Là ou certain cri au génie je trouve la manœuvre facile. Je n'ai rien contre le réalisme et le cinéma social en général, encore faudrait-il un petit supplément d'âme pour faire toute la différence, pour apporter de la vibration visuelle et générale. Avec l’Enfant et ce jeune couple sans repères si ce n'est eux-mêmes c'est certes très appliqué, mais on nous propose une version niaise et improbable d'un milieu, qui ne permet aucune empathie, et pour ma part, un vide total en terme d’émotion. Le scénario demeure ce qu'il a plus de valeur ici, ce que l'on retient et se démarque du reste (prestations et réalisation). La descente aux enfers d'un homme auquel tout échappe, j'ai tendance à y être sensible. Sauf qu'arrive un moment ou ça devient lassant d’observer la Loose personnifiée... Mais toujours cette impression que les réalisateurs cherchent volontairement à supprimer le mythe au cinéma, en forçant une réalité grossière qui ne dégage aucun plaisir visuel (c'est tellement gros, le message…). Seulement même en y restant totalement détaché, je ne considère pas ce film comme un navet, il a le mérite de s'inscrire correctement dans sa démarche, mais si j'ai du mal à y adhérer. Un film qui ne divertit ni ne parle guère mais qui possède un message humaniste. Mais ça n'excuse pas tout (surtout les taquineries amoureuses du couple vedette…).
Le cinéma des frères Dardenne navigue entre le réalisme italien d'après-guerre et le mystique de Bresson. Cet étrange mélange des genres donne des œuvres fortes, d'une humanité sans borne, quasi inépuisable, dénuée de tout faux-semblant. C'est bien le cas ici avec cet "Enfant" qui n'a pas fini de hanter nos esprits bien après que la dernière scène (et quelle scène !) quitte l'écran. Juste, sans fard, souvent brillante avec un mouvement incessant de la caméra, la mise en scène des frères Dardenne crève l'écran. Palme d'or à Cannes en 2005.
Film social au traitement social, presque comme un documentaire. Ken Loach fait la même chose en Angleterre. Ici on a la version belge. On ne parle que d'argent et de combines. On ne sait pas comment on peut se sortir de cette misère mais le choix du jeune homme ici est pathétique. On est pourtant avec lui dans son combat pour survivre.
L'enfant est clairement le sujet trompe l'oeil du film. Il devrait se nommer "Bruno". Personnage bluffant par son irresponsabilité, son incandescence. Esprit juvénile, éducation mortifère, brute de décoffrage selon les Dardenne. C'est leur cinéma, acté et signé. Flamboyant, mais manque de compassion. Je décroche au bout d'une heure. L'enfant est à la foie la clé et le mystère. Mais sans un Jérémie Rénier implacable, le film ne fonctionnerai pas.
C'est un film social fort, prenant, réaliste, intemporel et étonnant! Les Dardenne arrivent avec un certain génie dissimulé à exprimer les travers d'une société qui se donne une image propre, de dénoncer la cruelle pauvreté sociale! A côté de ca les réalisateurs arrivent également à faire ressentir à son spectateur de l'empathie pour un être qui est capable d'actions horribles. Entre le constat social réaliste et fatidique, et le portrait de leurs personnages, ainsi que la représentation de l'erreur assumée suivi du pardon, les Dardenne signent un film puissant!
La vie des gens filmés par les frères Dardenne est d'une tristesse absolue. "L'enfant" ne déroge pas à la règle, et même si les protagonistes sont insoucients, leurs vies n'est pas des plus fun, et que dire du fait d'être inconscient au point de vendre un enfant. Le sujet est vraiment difficile et dommage que le film soit un peu lent, car il aurait été encore meilleur.
Les frères Dardenne: ça passe ou ça casse! là c'est passé mais tout juste! Il faut avouer que c'est toujours aussi dépriment et lent. Mais sur ce dernier point: un peu moins que d'habitude, grâce à une course poursuite avec les flics salvatrice!
Décidément les frères Dardenne ne sont absolument pas pour moi. Ils nous disent que les pauvres ne connaissent pas le préservatif, ne connaissent pas la pilule, ne connaissent pas non plus l'IVG, sont des petites frappes, n'ont pas un sou mais s'achètent quand même des clopes Malboro (qui n'apparaît pas en plus comme étant la cigarette qui coûte le moins cher !!!), sont prêts à vendre leur gosse sans demander en plus l'accord de leur compagne... Ces réalités existent évidemment mais la très fâcheuse habitude des frères de mettre le plus grand nombre possible de tares sur un seul et même individu, à le mettre dans l'ambiance la plus glauque possible, finit par rendre l'ensemble absolument pas crédible. Crédibilité en rien renforcée par un protagoniste absolument tête à claques pour lequel on ne ressent pas le moindre once d'empathie, alors qu'a-priori l'idée de départ s'y prêtait quand même bien, par un personnage féminin joué par la jolie Deborah François lui est quasi-inexistant, et par un scénario qui déboule souvent dans le grand n'importe quoi, la dernière demi-heure étant un chef d'oeuvre à ce niveau. Les Dardenne détestent leurs personnages, et pas uniquement dans ce film, à un point que cela en devient très gênant. Les Dardenne détestent (ce qui est aussi con que de les aimer !!!) les pauvres, on ne sait pas pourquoi mais ils les détestent. Visiblement les jurés à Cannes souffrent aussi du même problème...
Bon ben pas de surprise, L’Enfant est un pur bijou, un film magnifique Si au début je pensais moins accrocher que pour Rosetta (qui nous balançait dans le bain direct), j’ai fini par être porté par la beauté du film, d’une grande justesse, les acteurs sont géniaux, le couple extraordinaire, ils sont tellement beaux tous les deux. Le film est très porté sur le social, et encore une fois c’est particulièrement juste sur la misère sociale, tout sauf manichéen, rempli de merveilleuses scènes de vie avec le couple qui se poursuit et se « bat » sur une aire d’autoroute (pour faire simple, c’est la scène qu’on voit sur l’affiche du film). Jérémie Renier est vraiment un grand acteur, d’une beauté incroyable. Et puis la fin est magistrale, déjà celle de Rosetta envoyait du lourd mais là c’est mieux encore, d’une tristesse infinie, elle fait écho au début du film, mais là où au début on était dans la joie de vivre, à la fin on est dans le désespoir. Et purée, je me répète mais ce qu’elle est belle Déborah François. Ce que le film est beau, simple, la réalisation géniale. Les Dardenne filment très bien la grâce qui émane de leurs personnages. C’est extrêmement réussi d’arriver à montrer et faire ressentir la grâce au cinéma, on accède alors au vrai et au beau. Non c’est vraiment un film qui se résume en un mot : simplicité. Je pense que les films les plus simples sont les meilleurs. Pas besoin de nous faire une parabole un peu lourde sur l’époque ou je ne sais quoi, on a comme dans Rosetta (ou même Le Gamin au vélo), des gens qui essayent de s’en sortir. Vraiment un film assez merveilleux, et la fin est sublime. Vraiment du pur bonheur.
Ce qui frappe encore dans le cinéma des Dardenne c'est la justesse ,l'élégance,l'humilité de leur regard. Aucune leçon de morale ,aucun misérabilisme ici . La charge est réservée à ce monde-marchandise dans lequel se débattent désespérément dans une stratégie de survie les plus démunis ,ou la souffrance et la violence sociale mutilent les corps et les âmes. Filmés souvent de dos à hauteur de nuque,la nuque comme symbole de la vulnérabilité des êtres, les Personnages sont malgré tout en mouvement portés par une irrépressible énergie vitale. En cette période de morgue réactionnaire et de mépris social décomplexé,les Dardenne ont décidément placé la barre très haut.
Les frères Dardenne semblent s’adresser à un public restreint formé d’experts, de professionnels, de cinéphiles chevronnés, de rares amateurs et de quelques bobos, il en faut toujours un peu. En cause un cinéma épuré à l’extrême, dépouillé du moindre artifice, lent, brut, qui pose son œil clinique sur ces destins misérables qu’on croise partout mais ne voit jamais. Précis, juste, sans concession ni fioriture, L’enfant raconte l’arrivée d’un nouveau-né chez un couple bohème, insouciant et sans le sou : comment il redéfinit les lois du couple, cristallise les peurs de l’un, l’amour de l’autre, révèle les extrêmes où les travers de chacun peuvent conduire. On croirait voir un numéro de Strip-tease tant le rendu confine au documentaire, profond discrètement, faussement distant, qui décortique chaque instant, chaque geste dans un même élan de vérité et de détachement feint. Les acteurs sont habités, les plans respirent le vrai à chaque seconde, tour à tour heureux, funestes, passionnés, lancinants, ennuyeux. Car c’est bien là qu’est le trouble : à tant déshabiller l’objectif, on perd un peu l’attention du novice – dont je suis. Reste qu’une observation si pénétrante du monde qui nous entoure méritait bien sa distinction cannoise. Une découverte.
Récit de vies compliquées : les frères Dardenne obligent les spectateurs à suspendre leur propension naturelle à juger. Les choix de jeunes adultes, confrontés à la pauvreté, l'absence de but, l'absurdité de la vie quand elle devient survie. Formidable interprétation de Jérémie Renier, toute en contrastes.
J'aime à penser qu'il n'y a pas de morale à cette fable : une simple contemplation de beaux jeunes gens nés dans une monde moche.