Comme c'est agréable parfois de voir un film de studio se battre pour ne pas y ressembler... Car si l'on devine bien que nous ne sommes pas réellement aux Antilles, il faut avouer qu'un soin remarquable a été apporté aux décors, donnant à l'œuvre un aspect presque envoûtant, rendant brillamment l'atmosphère étouffante qui caractérise la situation sur l'île. D'ailleurs, si le scénario en lui-même est correct, c'est bien plus la réalisation et les relations entre les différents personnages qui font le sel de cette aventure presque complexe, faisant la part belle aux enjeux intenses et à plusieurs situations particulièrement séduisantes. Il faut dire qu'Ava Gardner, dans un très beau rôle, est à tomber (qui n'y perdrait pas en grande partie la raison ?), superbement entourée par Robert Taylor, Charles Laughton et Vincent Price dans des registres connus, mais maîtrisés à la perfection. Et comme nous sommes dans une œuvre réussie, le final magnifiquement réalisé (par Vincente Minnelli!) est assez inoubliable, aux frontières du fantastique... Bref, sans être majeur, « L'Ile au complot » n'en reste pas moins une aventure souvent captivante, dont on ressort particulièrement séduit.
Film noir jouant de ses stéréotypes à travers la voix off commentant ses propres paradoxes ou la distance assumée sur les schémas des personnages, ce sympathique thriller d'espionnage mêlé d'une romance crédible suit un scénario classique mais compréhensible (à rebours de nombre de ses congénères!) et se distingue par trois aspects plaisants: un montage très fluide (voire symbolique), un dynamisme narratif qui culmine dans la séquence illuminée seulement par des feux d'artifices, un réjouissant casting (séduisant Robert Taylor, implacable Vincent Price, vendu Charles Laughton, intense Ava Gardner). Un divertissement fort réussi: situation wanted!
Si la scène des requins se range dans un vieux grenier poussiéreux depuis le « Jaws » de Spielberg, la séquence finale (poursuite dans la fête et le feu d’artifice) de « The Bribe » (L’île au complot), réalisée par Vincente Minnelli, reste le seul moment brillamment mis en scène. Pour le reste, à partir d’un scénario plutôt élaboré, Robert Z. Leonard filme avec application, mais sans génie, dans des décors si soignés qu’ils en deviennent réalistes, un quatuor d’acteur central, dominé par la craquante Ava Gardner et l’ambigu Charles Laughton.
Bon, un film noir du type exotique hyper-conventionnel mais à la mise en scène soignée avec la question habituelle : est-ce que la femme fatale du film (ici Ava Gardner évidemment!) est une garce ou pas ? Le duo Robert Taylor-Ava Gardner fonctionne très bien mais ce fait largement écraser par deux seconds rôles géniaux que sont Charles Laughton, dans le rôle du méchant sympathique, et Vincent Price, dans le rôle du méchant vraiment très méchant. Ce sont les scènes mettant en scène ses deux immenses acteurs qui se révèlent de loin les plus intéressantes avec une ou deux autres séquences très réussis comme la poursuite finale lors d'un feu d'artifice. Pas mémorable mais plutôt agréable.
Ava Gardner, Robert Taylor, Charles Laughton, un trio d'enfer dans les iles caraïbes, pour une pêche au gros trafiquants à la traîne ou au harpon. C'est parfaitement réussit. Sans oublier le méchant de service Vincent Price très crédible.