Les années 60/70 ont été riches en films de guerre divers, allant d'opérations commando totalement farfelues sur le plan historique, à des fresques plus ou moins réalistes reprenant de célèbres batailles, sur le modèle de "The Longest Day". "Battle of the Bulge" veut clairement jouer dans la seconde catégorie, affichant un panel de stars qu'il est toujours agréable de voir. Par contre, question pertinence historique, on repassera ! La légende raconte que Eisenhower en personne serait sorti de sa retraite au moment de la sortie du film, pour donner une conférence de presse afin de critiquer ce point. Des éléments célèbres de la bataille des Ardennes sont certes bien mentionnés. Forces allemandes handicapées par une pénurie de carburant et des troupes peu expérimentées. Exactions locales. Ou les fameux quelques commandos allemands se faisant passer pour des soldats américains (un fait qui a causé une véritable psychose chez les GI, à tel point que tous les films traitant de cette bataille aborde ces commandos). Mais c'est aussi la fête du slip. Le tournage a été effectué en Espagne, dont la topologie est très éloignée des Ardennes. La météo affiche un temps radieux, et alterne en permanence entre un peu de neige et un terrain aride, alors que les opérations se sont déroulées pendant un brouillard et de fortes chutes de neige. Météo qui d'ailleurs joua un rôle majeur dans la bataille, permettant de clouer au sol l'aviation alliée qui avait alors depuis longtemps acquis la maîtrise du ciel. Chose à peine mentionnée ici. Des chars Shermans "joués" par des M24, et les célèbres panzers allemands ultra-lourds Tigres II "joués" par... des M47 Patton américains ! D'ailleurs les Allemands semblent ici utiliser exclusivement des véhicules américains, ce qui est pour le moins cocasse. Je peux comprendre qu'il est très difficile de se procurer des Tigres II en état de marche pour le tournage, mais tout de même... Tigres II qui au passage combattaient déjà les Alliés depuis la bataille de Normandie, et n'étaient donc pas une nouveauté, contrairement à ce que prétendent les personnages. Sans compter une narration des événements qui n'a pas grand chose à voir avec la réalité. Devant tout ceci, peu étonnant que les noms des personnages aient été changés. Tandis que le message du générique de fin affirme timidement que les producteurs ont pris des libertés avec l'Histoire (!). Néanmoins, au-delà de ce pinaillage historique, le film se laisse suivre avec plaisir. Les personnages sont inégaux, mais étonnement le plus intéressant est peut-être le commandant de panzers incarné par Robert Shaw. Pragmatique, efficace, intelligent, il se révèlera aussi un fou de guerre et un officier implacable ! Et puis il y a des moyens. De nombreux chars (certes pas les bons) sont déployés, pour offrir de sympathiques batailles. Les près de trois heures n'ennuient aucunement, offrant du spectacle qui tient la route.
Il n'y a jamais eu que deux types de films de guerre. Ceux qui prennent le parti de réduire au minimum les scènes de conflits et ceux qui, au contraire, décident que ça doit flamber. Cette "Bataille des Ardennes" fait partie de la seconde catégorie. Et on peut dire qu'elle n'y va pas avec le dos de la cuillère, quoi qu'il lui faille un peu de temps pour déclencher les hostilités. A vrai dire, j'ai toujours été étonné de voir que ce film n'avait pas fait spécialement long feu dans la mémoire cinéphilique. Car s'il est bien entendu qu'il ne boxe pas dans la même catégories que "Le jour le plus long", "The dirty dozen", "Croix de fer" ou "Au-delà de la gloire", il peut regarder droit dans les yeux "De l'or pour les braves", "Les canons de Navarone" ou "Un pont trop loin" et peut donner quelques conseils avisés au "Pont de Remagen", à "Un château en enfer" et à "La bataille pour Anzio", surtout à cette dernière. Le truc dure 2h40, mais on ne les voit pas filer, le rythme est bien géré, même si deux ou trois flottements sont à signaler. La mise en scène n'est pas des plus élaborées, mais témoigne d'un certain savoir faire, offrant même quelques plans en immersion. Et enfin, les 5 grosses pointures du casting peuvent faire valoir leurs atouts, les vieillissants mais toujours vaillants Fonda et Ryan, le blondinet (pour l'occasion) Robert Shaw et les (pas encore grosses vedettes en 1965, mais dont les visages ne ressemblant à aucun autre parlaient déjà un brin aux spectateurs) bestiaux Savalas et Bronson. C'était du cinoche bien charpenté et bétonné, efficace comme un coup de matraque. Comme on en fait plus, ou si peu.
Décembre 1944 : les Allemands disposent du V2, d'un nouveau char, d'un nouvel avion. Pourtant les alliés avaient débarqué en Normandie six mois plus tôt. Et l'attaque déclenchée par l'armée allemande dans les Ardennes montre qu'elle avait encore de la ressource. Le film montre la confrontation de deux types de blindés qui semblent d'époques différentes tant les chars de l'armée américaine ne font pas le poids face au Tigre allemand. Lequel est si puissant que même les murs des maisons s'effondrent sur son passage ! Quant au bunker du commandement allemand, on croirait un lieu futuriste des méchants dans les James Bond des années 1960, soit vingt ans après les faits. Ce qui donne une idée de l'avance technologique de l'Allemagne. Découvert en 2025, soixante ans après sa sortie et quatre-vingt ans après les faits, La Bataille Des Ardennes se regarde avec une carte pour prendre conscience de la rapidité des événements. Un coup d'œil à la fiche Wikipédia sur la bataille permet de réaliser l'ampleur des forces en présence et malheureusement aussi des pertes de chaque côté.
Les producteurs revendiquent à la fin du film de n'avoir pas relaté dans toute son envergure la fameuse contre-offensive allemande dans les Ardennes belges. De fait, l'action évoquant une des dernières grandes batailles de la seconde guerre mondiale, circonscrite à un seul théâtre d'opération et à quelques personnages m'a semblé tout au long du film un peu étriquée. Cependant, c'est surtout au manque de réalisme humain, commun aux films de guerre érigés en spectacle du cinéma américain, que le film de Ken Annakin doit de n'être pas tout à fait convaincant. Doté de moyens conséquents en matériel militaire qui lui permettent de concevoir de redoutables combats de chars, l'arme déterminante de la bataille, et s'appuyant, d'autre part, sur un décor plutôt réaliste, hivernal et bourbeux, le film s'en remet malheureusement à des personnages archétypaux (Henry Fonda et Robert Ryan en officiers américains, Robert Shaw en colonel allemand au type aryen) incarnant des idées courtes ou convenues sur la guerre. Ainsi le colonel Hessler est-il, jusqu'à la caricature, cet officier allemand de la Wechmacht -pas un nazi donc- militaire psycho-rigide et jusqu'au-boutiste selon l'idée qu'on se fait généralement, grace au cinéma, de la discipline et de l'orgueil allemands. Pourtant, d'un camp à l'autre, on peut pas dire que le récit ennuie; mais cette guerre factice, lisse, aseptisée, constitue un spectacle très ordinaire.
Comme souvent dans ce genre de reconstitution, la distribution est élégante avec, dans les rôles les plus lucratifs, Henry Fonda, Robert Shaw et l'amusant Telly Savalas. Du coup, le réalisateur Ken Annakin en profite et se concentre plus sur certains des acteurs de cette offensive d'une impressionnante division blindée allemande durant l’hiver 1944-1945. Moins regardant sur sa qualité historique, le film évoque le point de vue des deux parties opposées et leurs différentes stratégies mais se fout royalement des paysages choisis pour représenter la région des Ardennes en cette saison.
Un très bon film de guerre, un passage important dans la seconde guerre mondiale car il s’agira de l’une des dernières contre-offensives allemandes. Les batailles sont vraiment réussis. Encore un super casting pour un film de guerre : Henry Fonda, Robert Shaw, Robert Ryan, Charles Bronson ou encore Telly Savalas.
Bon film de guerre, qui malgré sa longueur nous accroche jusqu'à son terme, grâce à une réalisation bien rythmée et un scénario solide. D'un point de vue à l'autre et de rebondissement en rebondissement, on suit l'évolution de cette grande bataille ... telle que la conçoivent les auteurs du film, puisque même sans être au fait de la réalité historique il y a quelques erreurs (géographique notamment) qui éveil des soupçons.
Film qui m'avait marqué dans mon enfance, avec sa pléiade d'acteurs connus, à l'époque, et des scènes de combats un peu surannées mais toujours aussi efficaces.
La bataille des Ardennes est un projet de très grande envergure comme en atteste son casting de haute volet, le déploiement impressionnant de moyens tant humains que matériels et un générique taillé pour une superproduction. Il s'agit bien d'un film réalisé dans un contexte d'après-guerre récent, qui cette fois freine légèrement sur l'aspect héroïque des protagonistes pour esquisser une première réflexion sur le gâchis qu'engendre un tel conflit. Si le déroulé manque parfois d'un peu de rythme, dû à la pluralité des parcours suivis, la vision croisée de la bataille du point de vue américain et allemand est assez bien senti. Le rôle du colonel Hessler offre ainsi à Robert Shaw un de ses rôles les plus marquants, en vétéran nazi ultra-déterminé et fanatisé par la guerre. Pour lui donner le change, on trouve Henry Fonda, tout en nuances et en doutes. On se plait également à voir évoluer Telly Savalas, Robert Ryan ou encore Charles Bronson au plein milieu de cette bataille ultra engagée. Si l'on peut regretter le manque de précision de la reconstitution, le choix du matériel historique et celui des montagnes andalouses à la place des Ardennes, le propos est juste et la réalisation de Ken Annakin, très efficace pour nous offrir un spectacle de qualité.
Ce film n'est pas mal, il se laisse regarder sans ennui malgré sa longueur (2h30) mais je trouve qu'il manque plusieurs choses pour que ce soit un véritable chef d'oeuvre. Premièrement, les combats manquent par moment de souffle, d'entrain,... Ensuite, le scénario reste assez simpliste, trop peu de détails concernant les faits historiques. Et enfin, les paysages qui ne correspondent pas tout à fait à ceux des Ardennes (cf la scène de l'aviation au début du film où l'on peut apercevoir des montagnes et la scène de la locomotive où j'ai eu l'impression que c'était filmé dans les rocheuses aux Etats-Unis). De même que l'absence sidérante de neiges que l'on voit très peu dans le film alors qu'à l'époque, d'après certains, l'Ardenne en était recouverte. Malgré ces défauts, le film n'en reste pas moins divertissant et se laisse regarder facilement. Ce qui m'a le plus plût dans ce film, ce sont les personnages du colonel allemand et de son subalterne que j'ai trouvé les plus intéressants à suivre ainsi que leurs échanges verbaux sur leur propre conception de la guerre digne de sens et d'intérêt.
"La bataille des Ardennes" prend place pendant la seconde guerre mondiale! Le réalisateur choisi comme beaucoup de prendre plusieurs personnages, pour raconter différentes histoires, pour les faire se croiser, et pour éviter la répétition, le meilleur exemple de cette façon de faire se trouve je pense dans "Un pont trop loin" de Attemborought porté par un casting impeccable! Le long métrage à du coûter un bon paquet de dollars étant donné la multitudes d'effets, d'artifices et d'explosions. Non c'est vrai c'est du grand spectacle maîtrisé de bout en bout et superbement bien filmé où chaque figurant est à sa place et où tout est parfaitement coordonné, mais cela n'empêche pas la répetition et les trop nombreuses longueurs pour un film beaucoup trop long! On se souviendra du passage dans les airs où le pilote coupe le moteur de l'avion pour écouter les tanks avancer, jolie moment reposant au milieu du fraca de la guerre!
Sans aucun conteste, le plus fantastique film de guerre du 7è art. La reconstitution d'une stratégie offensive allemande devenant une stratégie défensive et une défaite, suite à la destruction des dépôts de carburant par les Américains!
Malgré ses grosses erreurs (historiques et géographiques), ses combats (en ville, surtout) bidons (avec des colonels et des généraux en première ligne et des hommes qui meurent à cause d'un obus de char tombé à 30 mètres) ce film de guerre n'est pas mineur, notamment par son casting et la vision enfin anti-manichéenne des "2 camps", qui permet des scènes fortes (le chant des jeunes recrues allemandes, par exemple) et une compréhension plus complète de l'Histoire. Et une remarquable interprétation de Robert Shaw en nazi très réaliste. Long, mais on ne s'ennuie pas!