Présenté à Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique, "les amitiés maléfiques" suit le parcours de trois étudiants en lettre, les deux plus jeunes, Eloi (Malik Zidi) et Alexandre (Alexandre Steiger) tombant peit à petit sous la coupe intellectuelle et "morale" d'André (Thibault Vinçon), un peu plus âgé, celui que leur prof principal (joué par Jacques Bonnafé) considère comme son meilleur étudiant. Petit à petit, la véritable personnalité d'André va apparaître au grand jour. Ce film démarre très bien, puis ronronne un bon moment avant de se terminer de façon très forte. Il dépeint très bien l'emprise et la fascination que des êtres peuvent excercer sur d'auttres êtres, surtout au moment de l'arrivée à l'âge adulte. C'est un film très français, en particulier au niveau des dialogues et des réflexions (philosophiques ou pseudo-philosophiques). Certains à Cannes l'avait même trouvé prétentieux. On notera la présence d'Eugène Green (le réalisateur de "Le monde vivant" et "le pont des arts") dans un petit rôle. Quant à la B.O., c'est un régal, aussi bien la musique écrite pour le film que les extraits de "la messe en si" de Bach et les chansons du groupe Herman Dünne.
L'incarnation du cinéma qui me débecte...Bobo, vaniteux, pseudo-intello, avec une pléiade d'acteurs qui se la pètent et qui jouent mal...Bref un vrai supplice...j'ai eu beaucoup de mal à tenir jusqu'au bout et j'en suis ressorti agacé comme jamais !! Vraiment pénible... Insupportable...
On pouvait craindre que ce film ne sombre dans une pédanterie pseudo littéraire ennuyeuse. Mais bien au contraire, la présence remarquable des acteurs, l'histoire bien menée, l'ambiance si particulière dégagée, font des Amitiés maléfiques une oeuvre passionnante et élégante. J'ai particulièrement été impressionné par la prestation de Thibault Vinçon qui incarne à merveille un personnage fascinant et trouble. Saluons aussi le très bon scénario - à l'exception de quelques raccourcis un peu faciles - qui sait ne pas se limiter aux sempiternelles histoires de coeur si communes dans le cinéma français.
L'exemple type du film pédant, nombriliste et inintéressant, qui finira par passer sur Arte au beau milieu de la nuit. Ces sorbonnards qui sitent à tout va et qui se prennent la tête sur des questions qui ne sont fondamentales que pour eux ne m'ont en tout cas pas franchement intéressés. D'autant que la chute tant attendue est un éléphant qui accouche d'une souris. Bref, on en retiendra l'interprétation de Malik Zidi, impécable, et celle du trop rare Jacques Bonnaffé. Et on reconnaitra au réalisateur un talent certain, puisqu'il arrive à filmer le vide le plus sidéral pendant plus d'une heure et demie!
Bon film sur les relations qui se nouent entre des étudiants qui se cherchent, se jaugent, s'épient, se jalousent. Le personnage brillamment incarné par Thibault Vinçon apporte, par sa personnalité envahissante, cassante et possessive, un intérêt certain à ce film, qui d'ailleurs repose en grande partie sur cet acteur. Le reste est un peu faible, mais ce météorite qu'est André Morney est fascinant à suivre, de son piédestal jusqu'à sa chute, plus ou moins volontaire. Le prof incarné par Bonnafé est lui aussi bien interprété. Pas le film du siècle, mais pas déplaisant non plus et pas ennuyeux du tout.
Très bonne étude de moeurs qui révèle le talent de metteur en scène d'Emmanuel Bourdieu. Les jeunes acteurs (Thibault Vinçon, Malik Zidi) sont étonnants.
Le jeu des acteurs à lui seul vaut des millions! Dire des phrases si littéraires avec autant d'authenticité, c'est pas donné à tout le monde. Quant à la réalisation, oui le film met du temps pour accrocher le spectateur, mais ne l'ennuie pas entre-temps. Au contraire, il l'intrigue par ce dialogue si recherché et si peu accessible d'où le génie de cette mise en scène. Les personnages évoluent intelligement et subtilement, et laissent place à une cruauté pour certains, innocence et fidélité pour d'autres. On se rend compte alors, que toute action humaine n'est pas dénudée d'intention. C'est un film qui peut-être à la lecture n'avance pas beaucoup, mais la mise en scène est tellement méticuleuse et précise, que chaque mot et chaque détail lui donnent une certaine dimension rare dans le cinéma français. Bref, en 2 mots, c'est un film passionnant, captivant, intelligent et innovant. A voir absolument!
Avec sa critique acerbe du monde estudiantin (en l'occurence son acceptation automatique de la société malgré quelques fausses rébellions), ce film pourvu de personnages-types - la brune passionnée, la blonde parfaite & sans aspérités, le facho paumé, l'intellectuel séducteur - séduit évidemment par sa direction d'acteurs très réaliste; en dépit d'enjeux timides...
Un film qui n'a rien de négligeable, avec une belle et collective performance d'acteurs, et une belle ecriture. Dommage que le résultat ne soit pas plus cruel, car le défaut du film est d'effleurer le sujet sans oser trop l'approfondir, et on reste un peu sur sa faim. J'ai regretté personnellement de trouver le personnage principal plus tête à claques que dérangeant....ce film aurait dû me mettre mal à l'aise, et n'y est pas parvenu. mais c'est le seul bémol.
Sachant qu'Emmanuel Bourdieu avait écrit pour Desplechin, et que l'intrigue Les Amitiés Maléfiques se déroulait dans un milieu universitaire , comme Comment je me suis disputé ..., j'étais assez curieuse de voir à quoi ressemblait un tel film ... et ma curiosité a été joliment récompensée ! Les Amitiés Maléfiques commence comme un film 'banal' sur une vie universitaire 'banale' où un élève est 'moins banal' que les autres ... puis, petit à petit, tout devient de plus en plus complexe, à commencer par le personnage d'André, que l'on croît d'abord cerner, et dont on découvre petit à petit la véritable facette ... D'ailleurs, tout repose sur André, sur son impression de supériorité, qui révèle son incompétence. Le rapport à l'écriture n'est pas présenté comme quelque chose d'"évident" comme de nombreux autres films, ni sous l'aspect "bobo-intello". Emmanuel Bourdieu a crée une ambiance, un monde, avec une parfaite minutie. Bien sûr, n'oublions pas la formidable performance de tous les acteurs, plus vrais que nature, et particulièrement Malik Zidi, incarnant à la perfection une fragile détermination. Les Amitiés Maléfiques est un film inclassable ; il y a un petit quelque chose de Desplechin dans les psychologies complexes des personnages et leurs part d'ombre ... mais il y a de nombreux autres éléments à découvrir qui font de ce film LE film d'Emmanuel Bourdieu et non pas celui du scénariste de Desplechin.
Emmanuel Bourdieu filme des effervescences littéraires dévorées par lambition, par lenvie. Les Amitiés Maléfiques portent les espoirs du cinéma français par un trio de jeunes acteurs, tous admirables.
très intéressant rapport entre un pervers manipulateur et ses victimes. Pervers mais tellement charmeur, beau-parleur , charismatique...excellents acteurs, une vraie construction, un univers passionnant et peu souvent décrit au cinéma. je me suis régalée!
Une très bonne surprise, d'excellents acteurs (mention toute spéciale à Malik Zidi) un très bon scénario, le milieu littéraire étudiant (un peu bobo) bien retranscrit, on ne s'ennuie pas une seconde, on en ressort avec l'envie de lire un livre, ou de créer, une réussite...
Le titre était intrigant et la présence de Malik Zidi au casting plutôt motivante... Au final, le film se révèle être une plongée intéressante au coeur du monde estudiantin parisien. Qui n'a pas connu lors d'un cours en amphi un étudiant brillant et charismatique, semblant s'attirer les bonnes grâces du professeur à chacune de ses interventions ? Tour à tour maître à penser et personnage troublant, celui que tout le monde admire ne s'avère toutefois pas être le "modèle de réussite" auquel on s'attendait... En résumé, des comédiens peu connus mais convaincants pour une peinture acide des aspirations et désillusions de la jeunesse.
Une histoire belle portée par d'excellents comédiens, dont le très séduisant Malik Zidi. C'est assez parisien, sombre, et complexe. Mais tout tient très bien. Ca a même par moments l'ampleur d'un thriller.