L'un des plus beaux films d'amour soft sans perversion, ni voyeurisme, l'amour dans tout ce qu'il a de plus beau, de plus sensible, de plus naturel, de plus frais, depuis la première rencontre de Denis et Clotilde, à leur séparation déchirante, tout y est juste, mesuré, y compris le rôle des "méchants" de la Mère Supérieure, immense Marie Dubois, aux parents, Bernard Verley et Pascale Roberts, dépassés par l'histoire de leur enfant dans une société où les moeurs ne permettaient pas qu'une telle passion puisse s'épanouir. Jean-Baptiste Rossi pour sa première réalisation frappait fort et juste, rien de trop, rien ne manque, tout y est à sa place au moment voulu; c'est une quasi copie de son roman publié en 1950, ce qui montre que Sébastien Japrisot était aussi avant-gardiste de premier ordre, soit 19 ans avant l'affaire Gabrielle Russier. Il est dommage que ce film n'ait pas été plus suivi, ni soutenu et soit tombé dans la mémoire de quelques vieux cinéphiles. Merci à Claude-Jean Philippe de l'avoir projeté dans son Ciné-Club, tard le soir, mais dans lequel nous avons vu tant de trésors.
Une petite critique : dans le film, on voit le Préfet des Etudes, Jésuite de bon aloi avec tout ce que cela comporte, déchirer la punition qu'il a infligée quelques temps auparavant à Denis, on pourrait classer cet évènement, aujourd'hui, comme un fake, jamais en 7 ans de Jésuites, je n'ai vu un tel geste commis.