Un western à mon sens un peu méconnu et largement sous-estimé, avec Charlton Heston dans le rôle titre, le tout réalisé par un cinéaste qui avait signé des séries B dans les années 50 avant de faire l'essentiel de sa carrière à la télévision (beaucoup de scénarios et de réalisations dans diverses séries) avant de connaître un fin de carrière au cinéma. Tom Gries signe donc le scénario et la réalisation (il ne voulait pas confier la mise en scène à un autre, et c'est le studio Paramount qui lui offrit cette chance), et il trouva en Heston un interprète idéal. L'acteur se met ici en danger, comme aiment à le dire les comédiens, en incarnant ce vieux cowboy solitaire et analphabète (superbe scène où il signe pour récupérer sa paie), surtout qu'à l'époque, c'est déjà une immense star qui a déjà incarné Moïse et Ben-Hur. Alors oui, ce rôle n'est pas vraiment un rôle "à la Heston", surtout que l'acteur se voit offrir une palette de jeu assez étendue, et qu'il se prendra aussi au passage quelques bonnes roustes à l'écran, le tout dans des paysages naturels que l'on devine rugueux et exigeants. On retrouve aussi autour de lui plusieurs 2nds rôles sympathiques du genre, comme Slim Pickens, Anthony Zerbe, Bruce Dern ou bien Ben Johnson, sans oublier les débuts de Lee Majors. Bref, un drame westernien mélancolique, parfois cruel (via le personnage mystique et un brin frappadingue du Prêcheur, campé par un Donald Pleasence qui frise le cabotinage), qui je trouve s'attarde un peu dans les dialogues explicatifs dans son final assez émouvant entre Heston et Joan Hackett. Du réalisme, de l'émotion, de beaux paysages magnifiés par la belle photo naturaliste de Lucien Ballard et une violence froide assez étonnante, pour au final un excellent représentant du genre, qui mérite d'être réévalué. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com