Totally F***ed Up
Note moyenne
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konika0
konika0

37 abonnés 778 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 juillet 2016
Je suis allé fouiller dans le fond de l'armoire Araki, cette cour des miracles où l'amour, l'adolescence, la violence, le désir et l'identité sexuelle se livrent une bataille passionnée. Totally F***ed up, c'est la face sombre et un peu cracra, celle qui veut pas vous divertir mais vous envoyer un coup de poing dans le bide. Sous forme de « found footage », d'interviews mises en scène et de plans pornographiques explicites (mais très courts), Gregg Araki tente d'illustrer la statistique selon laquelle le taux de suicide chez les jeunes gays est 4 fois plus élevé que chez les hétéros du même âge. L'intention est louable et le fond est séduisant. Hélas, Araki semble vouloir tenter l'expérimental sans trop bien savoir où il va. De ce fait, on ne comprend pas tout et le récit perd sa force. Il sera bien meilleur dans d'autres réalisations sur des thèmes proches (The Doom Generation et surtout Mysterious Skin à voir absolument).
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 25 février 2017
Totally Fucked Up est le première volet d'une trilogie, suivi ensuite par The Doom Generation et Nowhere. L'aspect faux documentaire m'a gâché l'appréciation de ce film et je ne me retrouve pas dans les questions que se posent ses jeunes... Surtout dû à un écart de génération, de contexte et de pratique. Personnellement, j'arrête au premier des trois films.
weihnachtsmann

1 622 abonnés 5 745 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 janvier 2017
Constat amer d'une jeunesse qui se cherche.
On sent la recherche de faire des dialogues et des pensées de ces jeunes un matériau filmique qui exprimerait davantage que les mots. Limite documentaire sur les peurs et les angoisses d'une époque, le style est brut et certaines pensées sont lucides. À noter que le titre veut dire "complètement barrés"
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 884 abonnés 8 225 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 mars 2023
Le quotidien d’un groupe d’ados homosexuels à Los Angeles…

Le film s’ouvre sur une coupure de presse stipulant que, Selon l’institut de santé mentale, 30% des jeunes qui se suicident sont gays, qu’ils estiment avoir échoué dans l’hétérosexualité et ont refoulé leur homosexualité à cause de la société. Cette introduction a le mérite d’être claire, tout comme le générique de début qui stipule que nous nous apprêtons à regarder « un autre film gay de Gregg Araki ». Vous l’aurez compris, avec Totally F***ed Up (1994), il est question d’homosexualité et d’une statistique stipulant que le niveau de suicide chez les ados est plus élevé chez les gays que chez les hétéros.

Il s’agit ici du premier opus de la trilogie "Teenage Apocalypse", avant The Doom Generation (1995) & Nowhere (1997). Le film oscille entre le cinéma expérimental, queer et le teen movie. D’une durée de 75min, il est composé de 15 chapitres à travers lesquels on découvre la vie et (surtout) l’errance de six adolescents (4 gays et 2 lesbiennes), entre le sexe, la drogue et la peur du sida.

Gregg Araki (Mysterious Skin - 2004) prend le pouls d’une jeunesse délaissée, incomprise et en proie avec ses angoisses. Filmé avec un mélange de prises de vues en vidéo & 16mm, le tout, alternant entre la fiction et le docu-fiction, le réalisateur peine à convaincre à travers cette immersion chez les adolescents homosexuels. La mise en scène conceptuel n’y est pas pour rien…

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Shawn777

814 abonnés 3 965 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 août 2021
Ce film, réalisé par Gregg Araki, premier de la trilogie de l'apocalypse adolescente, et sorti en 1993, n'est pas mal du tout ! De cette trilogie, je n'ai vu que le dernier, à savoir "Nowhere" mais je suis en revanche un grand fan du travail du réalisateur. Néanmoins, celui-ci m'a toujours un peu laissé de marbre à l'idée de le découvrir car, dans les images que j'ai pu en voir, on sentait trop le côté "amateur" (qui est un effet voulu, je précise), ce qui me dérangeait un peu et surtout, qui me faisait peur. J'ai néanmoins finis par me lancer et j'en suis donc très agréablement surpris ! Le film n'a pas vraiment d'histoire dans le sens où il y n'a pas un début, un milieu et une fin, mais fonctionne plus comme un récit captant un morceau de la vie des jeunes homosexuels présentés. Et, incrustés parmi ce récit, nous avons divers interviews des personnages, captés par un autre personnage voulant réaliser une vidéo sur l'homosexualité chez les adolescents. Je ne peux pas dire pour autant que ce soit spécialement divertissant, il y a même plusieurs temps morts, mais si on adhère à ce style qui se rapproche du documentaire, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Comparé aux teen movies disons "classiques", celui-ci à la particularité de ne pas suivre un schéma précis que l'on retrouve dans les principaux films du genre. On s'éloigne ainsi du grand public pour aller vers un public de niche qui sera, oui ou non, sensible à ce genre de cinéma qui peut être, j'en conviens, difficilement accessible. Le film est avant tout un portrait d'une jeunesse américaine des années 90, qui est lasse de la vie et qui tourne en rond, principalement occupée par ses diverses relations amoureuses. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié la mise en scène qui se rapproche donc du documentaire et qui confronte alors le spectateur à une certaine réalité. Concernant les acteurs, nous avons un très bon casting et nous retiendrons particulièrement James Duval, que l'on retrouvera par ailleurs dans les deux autres films de la trilogie (et accessoirement dans "Kaboom"). "Totally F***ed Up" n'est donc pas le meilleur film du réalisateur mais il reste tout de même intéressant sur de nombreux points, dont notamment le portrait qu'il dresse de la jeunesse des années 90.
Le-Droogie
Le-Droogie

21 abonnés 220 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2011
Amusant de constater les similitudes qui lient Living End et Totally Fucked Up. Pas seulement au niveau de la thématique, évidemment, mais des acteurs, des décors, jusqu’à cette fameuse affiche d’Andy Warhol, la même qui apparaît dans les deux films.
Hormis cette anecdote, que retient-on de ce film, basé sur les traits du documentaire ? Et bien, un sacré témoignage d’une jeunesse américaine descendant tout droit de la Génération X que traite Bret Easton Ellis. Une peinture de jeunes adultes qui porte bien le nom du film, Totally Fucked Up/Complètement paumée.
Araki réalise là un film cru, en proposant, comme stipulé dans les cartons du générique introductif : « Un autre film d’homos par Gregg Araki ». La société conservatrice américaine se prenait ici un véritable missile dans la gueule, et c’est tant mieux !
Côté réa, on se rapproche du cracra de Larry Clark plus que dans les images poétiques de My Own Private Idaho. Faut aimer, certes, mais une fois qu’on se laisse emporter, c’est par un torrent de doigts levés en direction de la Bush/Texan Attitude. Et ça fait comme qui dirait mal au derch’.
Vinz1
Vinz1

274 abonnés 2 845 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 avril 2023
Le premier film de la « Teenage Apocalypse Trilogy » de Gregg Araki (suivront ensuite l’excellent « Doom generation » et le singulier « Nowhere ») entreprend une approche quasi documentaire de l'environnement des jeunes homosexuels américains dans le Los Angeles des années 90. En quinze courtes séquences tournées en vidéo, le réalisateur américain montre le désarroi de protagonistes mal dans leur peau et leur incapacité à être heureux. Ce n’est certes pas son meilleur film car les effets de caméras sont parfois trop stroboscopiques, qu’il y a quelques temps morts et que certains dialogues sonnent creux, mais dans l’ensemble, il dresse un assez bon portrait de cette jeunesse désœuvrée faisant du surplace, blasée avant même d’avoir commencé à travailler ou même d’avoir une vie de famille, donc d’avoir vécu ! Désolant donc, mais réaliste car ô combien d’actualité 30 ans après !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 30 juin 2014
Un film de début de carrière, mais déjà très juste et maîtrisé. Araki a le don de nous mettre dans cette atmosphère glauque, mais néanmoins pas malsaine, pour nous faire suivre le quotidien de ces jeunes homosexuels paumés. Habilement réalisé avec des passages "documentaires" et théâtraux, Araki trouve encore le ton juste pour ne pas nous ennuyer malgré la caricature et la banalité que cette histoire transmet, et non pas dénonce, mais plutôt avise.
Alexandre Mayet
Alexandre Mayet

20 abonnés 68 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 septembre 2025
L’idée est bonne, la réalisation un peu moins. Ça n’en reste pas moins un film intéressant du point de vue du dispositif et de ce qu’il raconte. Le bât blesse surtout concernant l’intérêt que l’on porte aux personnages, qui, pour ma part, m’ont tous laissé de marbre.
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 4 décembre 2015
Premier volet d'une trilogie, Totally Fucked Up raconte le quotidien bien terne d'adolescents homosexuels en proie à un mal-être indéfinissable. Si le réalisateur avait su exprimer les tourments de ses personnages avec justesse et authenticité, on aurait pu avoir quelque chose de fort. Malheureusement ce n'est pas le cas, mais quelques éléments permettent au film d'éviter l'échec le plus total. Le long-métrage est entrecoupé d'interviews des personnages, chacun exposant ses questionnements existentiels, ses opinions sur le monde, ses projets futurs, etc. Cela ne développe pas grand chose puisque chaque protagoniste est un quasi-anonyme. Les membres de ce groupe d'ados n'ont pas vraiment de personnalité (en dehors du cliché "rebelle des années 90") et forment plus une masse qu'autre chose. Par conséquent, lorsqu'ils montrent qu'ils sont déprimés et qu'ils pensent au suicide, cela laisse complètement le spectateur de marbre tant cela paraît artificiel et écrit. Pourtant, lorsque qu'ils traînent tous ensemble quelque part, il se passe un truc. Je ne sais pas si cela est dû à l'alchimie des acteurs ou quoi, mais la scène où il jouent à un jeu de société, j'ai trouvé cela totalement crédible. C'est bête de ne pas avoir mis plus de moments de ce genre. De toute évidence, Araki préférait qu'ils explorent chacun de leur côté les problèmes de la communauté LGBT (Sida, infidélités, rapports sexuels à tout-va, etc.), mais tout ce qui est rapporté n'est pas intéressant, on nous expose que des lieux communs et on ne nous apprend rien. Et puis, le côté trash typique du réalisateur sabote tout seul son intention de départ, ça créé un univers faux qui n'existe que dans la tête d'Araki. Finalement, le seul vrai intérêt de Totally Fucked Up c'est son ambiance profondément enracinée dans les années 90. Cela se ressent dans les coupes de cheveux et les vêtements bien sûr, mais aussi dans la sélection musicale qui n'est franchement pas dégueu. Mais bon, ça ne vaut pas le coup de se taper le scénario qui ne va nulle part et tous les clichés LGBT juste pour profiter d'un petit retour en arrière.
Raphaël P.
Raphaël P.

31 abonnés 126 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2014
Premier volet de la teen apocalypse trilogy. Un premier volet qui subit une terrible inspiration de la nouvelle vague et de Godard en particulier. Et ca marche plutot bien. Le film est décale, gay, trash, dote d'une super BO, qu'est ce que vous voulez de plus ?
Simone Gentile
Simone Gentile

12 abonnés 108 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 septembre 2025
Entre expérimentation et fausse chronique documentaire, le film dresse le portrait d’une génération et d’une communauté queer en errance, en quête d’identité. Ici, le passage à l’acte n’a rien de glamour : c’est juste la détresse d’une jeunesse en plein brouillard… et parfois, ça dérape comme une soirée trop arrosée.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 17 mars 2010
Un film touchant sur un groupe de jeunes gays paumés dans le Los Angeles du début des années 90. Ils se cherchent, se sentent mal dans leur peau et Gregg Araki les suit pas à pas dans leurs désillusions, leurs amours incertaines. Filmé en vidéo, court mais assez lent, ce film a visiblement inspiré tout le cinéma indé des Etats-Unis, à commencer par Larry Clark (Another day in paradise). A voir !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 avril 2009
Tous simplement la classe se film !
Émouvant.
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juillet 2026
En pleine hécatombe du sida, à la sortie des années Reagan-Bush, Gregg Araki n'est qu'un jeune réalisateur fauché qui ouvre ce qui deviendra sa « Teen Apocalypse Trilogy » par son film le plus nu. Totally F***ed Up s'ouvre sur un chiffre brandi — la part écrasante des adolescents queer dans les suicides de jeunes aux États-Unis — avant de suivre six amis homosexuels de Los Angeles, dont Andy (James Duval, première collaboration d'une longue série avec le cinéaste), garçon désabusé qui revendique de ne croire ni à l'amour ni à rien. Le film se présente lui-même comme « quinze fragments aléatoires », suite de vignettes où l'on traîne, où l'on parle face caméra, où l'on s'ennuie ensemble, jusqu'à ce que la vie (et le titre) reprennent leurs droits.

Commencer par une statistique de mortalité, c'est déclarer que le film qui suit n'existe pas pour lui-même mais comme réponse à un réel documenté — et c'est accepter d'être jugé à cette aune. Peu de films assument aussi frontalement leur raison d'être mais cette franchise-là installe aussi le piège dans lequel le film tombera par intermittence : quand on annonce sa thèse en ouverture, chaque scène risque de devenir sa démonstration, et la fiction de se réduire à l'illustration du carton initial. Totally F***ed Up passera quatre-vingt-dix minutes à osciller entre ces deux régimes : la vie qui déborde la thèse et la thèse qui reprend la main.

Ces "quinze fragments célluloïdiques" descendent en droite ligne de Masculin féminin de Godard, jusqu'aux cartons-titres ironiques — dont un, resté célèbre, désigne l'œuvre comme "another homo movie by Gregg Araki". La fragmentation godardienne servait à ausculter les "enfants de Marx et de Coca-Cola" ; Araki la recycle pour les enfants du sida et de MTV, générations pareillement écartelées entre politique et consommation — à ceci près que la sienne meurt, en plus. La forme éclatée épouse ainsi une vie qui ne parvient plus à se raconter en continu, et c'est cohérent. Mais la cohérence théorique ne fait pas tout : là où chez Godard chaque fragment tranche, plusieurs vignettes d'Araki flottent : improvisations qui tournent à vide, scènes qui s'étirent au-delà de ce qu'elles ont à dire.

Le dispositif le plus fort du film est ailleurs, dans l'alternance entre le 16mm de la fiction et les images vidéo que les personnages tournent eux-mêmes, notamment Steven et son journal filmé. Face à cette caméra intradiégétique, les six adolescents disent ce qu'ils taisent partout ailleurs — et Araki capte là, des années avant les webcams et leurs héritières, une génération qui ne parvient à se confier qu'en se filmant, qui remet à l'objectif ce qu'elle ne peut remettre à personne. Vu d'aujourd'hui, le geste est presque prophétique : la solitude médiatisée par l'image, que notre époque a industrialisée jusqu'à en faire une économie entière, est déjà là, à l'état naissant, filmée comme le symptôme qu'elle était avant de devenir la norme qu'elle est devenue.

Car le vrai geste politique du film ne se loge ni dans sa statistique ni dans ses cartons mais dans sa banalité. L'essentiel du métrage montre six adolescents queer qui traînent, mangent, se disputent, s'ennuient ensemble — soit très exactement ce que le cinéma de 1993 ne montrait jamais d'eux, condamnés à l'écran au drame du coming out, à la maladie ou au martyre. Accorder à ces personnages le droit à l'insignifiance, à la vanne, au désœuvrement, c'est leur accorder une existence pleine plutôt qu'une fonction thématique. L'homophobie y fonctionne d'ailleurs selon la même logique : jamais construite en « scène à faire », elle surgit, frappe et passe, parce que la vie continue. Le spectateur comprend par la seule structure ce qu'aucun discours n'énonce : qu'on peut mourir de vivre dans un climat, pas seulement d'un coup porté. C'est la meilleure idée du film, et elle rend d'autant plus regrettables les moments où le didactisme reprend la main — ces dialogues qui énoncent frontalement leur thèse, ces déclarations qui datent davantage que tout le reste, compréhensibles vu l'urgence de 1993, mais qui trahissent une méfiance du film envers sa propre méthode.

Sous le désordre apparent, une ligne dramatique tient pourtant l'ensemble : Andy, le garçon qui ne croit à rien, va tomber amoureux (baisser sa garde une fois, une seule) et ne pas s'en relever. Cette trajectoire donne au film sa colonne vertébrale émotionnelle, et James Duval, malgré l'inégalité générale du jeu qui entoure les six interprètes, porte cette chute avec une justesse qui excède largement les moyens de la production. Cependant, le jeu est inégal, le rythme s'affaisse par plages entières, et la rugosité de la facture — budget dérisoire, lumières naturelles, prises uniques — n'est pas toujours le choix esthétique qu'elle prétend être.

C'est pourquoi la note moyenne qu'appelle honnêtement ce film — pour ses flottements, ses affaissements, son didactisme intermittent, etc. — ne dit pas tout de son importance. Totally F***ed Up est un film inabouti dont les deux suites, plus stylisées et plus maîtrisées, tireront toute leur légitimité : elles pourront pousser l'apocalypse adolescente vers le cartoon et l'hallucination précisément parce que celui-ci l'aura d'abord documentée à hauteur d'êtres. Ainsi, il y a des films qui valent par ce qu'ils sont, et d'autres par ce qu'ils rendent possible.
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