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Un visiteur
5,0
Publiée le 14 septembre 2007
Bluffant, Pervers, terrifiant, excessif, brillant, angoissant .... !!! A VOIR ABSOLUMENT !! c'est enfin un vrai film politique pur (donc polémique). Quel talent !!
Film sur l'entreprise ? Oui et non. Si la première heure décortique avec une froideur clinique les tiraillements au sein d'une boite, véritable aquarium de requins, la suite dérive vers une série de questionnements pas inintéressants mais traités de manière un peu brouillon. L'intrusion de l'Histoire ne semble pas très utile pour montrer l'avilissement de ce personnage broyé de tous côtés et auquel Amalric apporte une belle intensité. Sur le milieu de l'entreprise, on est donc loin du poignant "Sauf le respect que je vous dois" malgré une attention particulière portée aux décors et à la photo qui restituent une austérité malsaine assez saisissante. Ce n'est donc pas le chef d'oeuvre qu'on aurait pu attendre même si l'ensemble se tient malgré sa durée de presque deux heures et demie.
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1,0
Publiée le 24 mars 2021
La question humaine doit être l'un des films les plus ennuyeux, irritants et absurdes que j'aie jamais vus. Il n'a d'égal que deux ou trois autres films que j'ai failli abandonner il y a de nombreuses années. Il n'y a pas d'intrigue, il n'y a pas de développement des personnages, il y a une musique et des angles de caméra irritants, il y a des dialogues grandiloquents, il y a des séquences idiotes et des scènes sans intérêt qui s'éternisent et s'éternisent. Je suis un homme adulte qui apprécie l'art sous toutes ses formes et je ne me considère pas comme opposé aux films artistiques profonds et philosophiques bien au contraire. Mais ce film n'est rien de tout cela. Alors que je regardais péniblement l'ennui s'est transformé en colère pure et simple à l'idée de gaspiller deux heures de ma vie avec ca. Et croyez-moi il m'est arrivé de perdre du temps mais ici c'est tout simplement trop. Je suis presque embarrassé non pire que ca furieux d'être resté assis pendant tout ce temps a le regarder sans aucun résultat...
J'ai vu ce film au second jour d'une rencontre internet. Peu inspiré par les critiques positives (dont j'ai immédiatement reconnu le style à 1000 lieux de mes préoccupations de spectateur), j'ai voulu n'y voir qu'un prétexte pour revoir une rencontre prometteuse. Au lieu d'une salle quasi-vide, j'ai d'abord été surpris de constater que tout le rotary club de Saint-Denis (93) avait fait le déplacement pour assister au film et au débat a suivre (en présence du réalisateur, de sa comparse et de diverses personnes aux titres gargarisants). Comment imaginer pire supplice que ce film vu dans de telles conditions ? Que dire à propos du film ? Faut-il se mettre une balle dans la tête du spectateur pour le sensibiliser au mines anti-personnel ? Faut-il chercher à le faire mourir d'ennui pour lui donner accès au malaise d'une thèse ? Voir de l'a propos dans la forme de ce film ? Défendre ses choix ? Comprendre cette juxtaposition de scènes improbables défendant un message ? Je n'ai aimé que quelques dialogues, quand l'écriture du texte pouvait rejoignait l'interprète (Kalfon, Lonsdale). A se demander si un jour un cinéaste se décidera à dénoncer le cinéma d'auteur. J'ai bien vu qui et comment on aimait ce film ... J'ai bien compris ma différence ... et, si je conçois très bien que le point de croix puisse interresser une fraction de la population, je peux aussi concevoir que certaines personnes apprécient ce genre de film. Mais j'ai également compris ce jour là qu'à aucun prix je ne voudrais vivre le reste de ma vie à coté de l'une d'elles.
Voici un film très pertinent et percutant contre le néolibéralisme totalitaire où les humains deviennent des variables sous le joug élégant de la loi des finances mondialisées.
Je met une étoile comme on met une note de 1/20 à un élève pour l'encre dépensée .. L'envie de partir avant la fin était très forte, et il était dur de lutter pour ne pas s'endormir! D'ailleurs peu de gens dans la salle ont réussi...
Nous aurions tant aimé être transportés vers l'état d'hypnose glacée que ce film semblait promettre... Il n'en fût malheureusement rien! L'Entreprise reste en hors-champ au profit d'un fond virtuel, mis à distance, où seuls des décors carcéraux servent de panneaux d'indication " Ici = Monde du Travail". L'idée même de labeur disparaît sous le flux pénible d'un monologue continu, plombé de propos décousus et obscurs. Les faux-semblants de fantastique sont sans cesse ruinés par un aspect documentaire désolant (on subit notamment un long et ridicule chant flamenco ). Matthieu Almaric opte pour un jeu monocorde bien vide face aux inquiétants comédiens, Lonsdale, Scob et Kalfon. La fin détruit littéralement tout le propos du film! Les critiques semblent avoir unamiment apprécié LA QUESTION HUMAINE... Plutôt troublant...
Un film puissant ! Contrairement à de nombreuses critiques positives ou négatives je ne vois pas dans le "monde de l'entreprise" et la Shoah les thèmes principaux du film. L'axe autour duquel tout s'articule serait plutôt le corps. Le corps et ses sécrétions, le corps et ses désirs, le corps et ses souffrances, le corps et ses plaisirs... mais aussi le corps et son contrôle par le pouvoir, son assujettissement, sa mise en conformité planifiée, hygiéniste, soumis, souvent nié au profit d'une pure activité cérébrale. En ce sens la dimension intellectuelle de l'œuvre est très réduite. C'est moins un film à comprendre qu'un film à saisir sensiblement, avec la chair, à expérimenter, et d'abord par notre condition de spectateurs, corps agencés en quinconce, rivés aux fauteuils du cinéma, immobiles, passifs.
Le "monde de l'entreprise" prend sa place en tant que dispositif prééminent de cet assujettissement, le travail comme LE moyen actuel de contrôle et de calibrage des corps, le plus puissant, le plus répandu. Le parallèle avec la Shoah (bien que découlant d'une méthode un peu ambigüe et critiquable) ne sert qu'à mettre en relief cette réalité présente. Il montre le phénomène comme une constante historique, une nécessité pour TOUS les pouvoirs, de contrôler, punir, calibrer les corps, exterminer ce qu'ils contiennent de vivant et de subversifs. L'exemple de l'holocauste étant certainement le plus connu, le plus significatif pour tout le monde, le plus parlant.
Pour ce qui est de la forme du film, je trouve qu'elle sert assez bien le fond. On trouve le temps long à certains moments (mais n'est-ce pas un reflet de la réalité qui veut être représenté?), les cadrages sont parfois un peu spéciaux, ce qui torture l'espace dans lequel se déroulent les dialogues (mais n'y a t'il pas un parallèle à faire avec la déformation, la mutilation des corps ?). Au final, c'est un film plutôt réussi, original. Un film politique comme j'en avais pas vue depuis longtemps. On aimerait juste un peu plus de vie, de joie d'affirmation, de positivité. La vie ne se réduit pas à ce vide, à la superficialité débile d'un cadre, à l'horreur du pouvoir...
Je vois que les critiques sont divisées et cela ne m'étonne pas.
Il s'agit ici d'un film qui ne peut qu'entraîner des réactions tranchées. En effet, tranché est le propos, c'est le moins qu'on puisse dire. La comparaison entre les déshumanisations effectuées par le capitalisme et le nazisme est pour le moins polémique. Néanmoins, pour extrême que soit cette position, elle a le bénéfice de nous pousser à réfléchir sur notre monde et ses vices, notamment ceux que l'on ne souhaite pas, mais alors pas du tout voir.
Je tiens à préciser que l'on peut parfaitement aimer ce film sans adhérer à son propos.
D'ailleurs, il s'agit ici d'un brulôt, pas d'un documentaire. On n'adhère pas à ce type de film, on regarde, on en prend plein la tronche et on réfléchit. C'est là qu'on se dit qu'il y a un peu de vrai même si ça n'est pas réellement comme ça.
Le scénario peut laisser quelque peu perplexe. En effet, le parti est pris de nous laisser dans une certaine confusion... très destabilisante .. tiens tiens, c'est marrant ça ... une construction destabilisante dans un film qui cherche à destabiliser ? Néanmoins, les réponses finissent par venir. C'est d'ailleurs à ce moment que l'on se rend compte du brillot avec lequel ce scenar' est construit. A mesure que le propos se précise, le film nous montre un monde de plus en plus froid et inhumain ... Un héros de plus en plus paumé, seul être vivant au milieu de fantomes de moins en moins présents pour enfin nous emmener vers le dialogue final, face à un interlocuteur hors de ce monde capitaliste, musicien, homme qui vit hors des valeurs du travail et de la productivité dont on tente de nous montrer qu'elles nous poussent au statut de marchandise.
Le film est tranché comme le propos. Il s'assume profondément. Il n'y a absolument aucun répis, sauf lors d'une scène et encore ... L'esthétique est totalement mise à contribution et ça marche!
Je tiens pour finir à saluer chapeau bas le jeu de M. Almaric, époustoufflant!
une usine - de la fumée - qui rejoint les nuages - d'où vient cette fumée - que produit l'usine ? - des morts - des morts vivants - vêtus de noir - qui se jaugent - qui se traquent - s'épient - dans les toilettes - dans les couloirs - dans les rave-parties - des êtres en costume noir - qui s'humilient - un secret - un mot - un secret contenu dans un mot - une mort dans le mot - des millions de morts - l'usine - crache - rejette - l'idée de tuer - et ces êtres - qui se côtoient - pour se mettre à mort dans des mots
Je ne suis pas du tout d accord avec les autres internautes. Je reviens de ce film bouleverser, car étant aller le voir sous bonne foi de Mathieu Amalric et de la musique de Syd Matters et de (Los) Chicros, je ne m 'attendais pas du tout à un thriller qui ose un brillant parallèle entre la Shoah et le monde capitaliste actuel. Avec grâce et intellect.
un film à ne pas mettre sous la dent comme un vulgaire popcorn, il risque de vous exploser au visage, allez le voir, c'est une petite perle (rare de nos jours).