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Brol le chat
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4,0
Publiée le 7 août 2022
Richard Brooks, également scénariste de talent (on lui doit le scénario de "Key Largo", réalisé par John Huston, déjà avec Bogart) entremêle deux intrigues parallèles - l'enquête sur Rienzi et la tentative de sauvetage du journal. Ce faisant, il arrive à rendre parfaitement palpable le stress du bouclage d'un quotidien tout en traitant la vie sentimentale du directeur de la rédaction, interprété magistralement par Bogart
J'ai vu ce film jadis au Studio Parnasse, sorte d'académie du film américain des années cinquante. Il a contribué à forger la légende d'Humphrey Bogart en redresseur de torts. En particulier son dernier film "plus dure sera la chute". Dans les années trente, à la trentaine, Bogart n'avait qu'une notoriété moyenne. A partir de la quarantaine, son visage buriné a commencé à intéresser les producteurs, surtout avec sa compagne Lauren Bacall. Mais pas toujours des héros positifs, parfois des losers ou des déclassés comme dans Ouragan sur le Caine, le Trésor de la Sierra Madre, African Queen, la cuisine des anges. Deadline USA, le titre américain, le montre en Zorro du journalisme, le mec à qui on ne la fait pas, même pas peur de Rienzi, le mafieux sicilien pas le héros wagnérien. Bien sapé, noeud paps qu'il défait puis refait, ce que je ne savais pas faire, il donne des ordres et dirige la manoeuvre. Tout le monde lui obéit. Cela discute beaucoup, au sein du journal, au tribunal, en conseil d'administration, partout. Le bourbon coule à flots. Au journal il console les journalistes, dans une ambiance mai 68. Seul bémol pour Bogey : sa femme Kim Hunter le lâche. Faut dire qu'elle a plus de vingt ans de moins que lui. Kim s'est fait connaître avec Brando dans "un tramway nommé désir". Elle ne fera plus grand chose après sauf "la planète des singes". Elle a une coquetterie dans l'oeil, mais son charme n'est pas irrésistible. Les états d'âme de ces journalistes incorruptibles fait légèrement sourire aujourd'hui. Je sens que je vieillis et tourne au scrogneugneu.
Humphrey dans toute sa splendeur, chapeau et imper de circonstance, en justicier intègre et incorruptible. Un charme certain, même si l'insistance sur la défense de la liberté de la presse (qui atteint son paroxysme dans le plaidoyer final) manque un peu de subtilité. Histoire d'amour parallèle intéressante (surtout au moment où l'homme intègre utilise les moyens d'investigation du journal pour enquêter sur le futur époux de son ex-femme...)