Je naime pas les films de guerre
la mitraille et le sang, cest vraiment pas mon
truc
Mais faire le coup du mépris à Clint, je ne pouvais pas non plus
La guerre est là, sans gloire, presque par hasard, sur lîle dIwa Jima, lunaire comme avant la vie ou après la mort
et elle reste dans la mémoire de nos pères jusquà la mort, que ce soit une heure ou soixante ans après la bombe, après le drapeau
pas de cicatrisation possible, chaque souvenir est comme une autre bataille, la peur au ventre et les tripes à lair, lhorreur jusquà la nausée...Le sable est noir, le sang est sombre, il ny a plus assez de lumière sur le monde quand la guerre transforme la colline en volcan et quand la photo transforme des gamins en héros pour tous ceux qui sont restés là-bas, dans la foule des civils qui a besoin de sexalter avec des symboles qui attirent les dollars qui permettront de tuer encore...
Cest lhistoire dune photo qui fabrique des héros nécessaires pour galvaniser lAmérique qui en redemande, une supercherie pour le showbiz et le marketing
cest lhistoire de ceux qui sont sur la photo et de ceux qui ny sont pas
Eastwood aborde la guerre et les hommes avec pudeur et sensibilité, humblement, il ne veut pas glorifier, il donne sa vérité, cest tout : « Les héros nexistent pas, il faut se souvenir des hommes comme ils étaient dans la mémoire de mon père
», et comme cest lui qui choisit les disques ou qui écrit les partitions, quand il y a de la musique, elle est bonne
et moi, bien sûr, je pleure